 {"id":721,"date":"2016-02-16T09:14:54","date_gmt":"2016-02-16T08:14:54","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=721"},"modified":"2020-01-17T10:26:57","modified_gmt":"2020-01-17T09:26:57","slug":"numero-1-2005-article-3-malgouzou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-1-2005-article-3-malgouzou\/","title":{"rendered":"M\u00e9moire et transmission de l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire : la m\u00e9diologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des camps"},"content":{"rendered":"<p><a name=\"haut2\"><\/a><strong>Yannik Malgouzou<\/strong><br \/>\nDoctorant, allocataire moniteur,\u00a0 Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s<br \/>\n<a href=\"&#x6d;&#x61;&#x69;&#x6c;&#x74;&#x6f;&#x3a;&#x6d;&#x61;&#x6c;&#x67;&#x6f;&#x75;&#x7a;&#x6f;&#x75;&#x5f;&#x79;&#x61;&#x6e;&#x6e;&#x69;&#99;&#107;&#64;&#121;&#97;&#104;&#111;&#111;&#46;fr\">malgouzou_yannick\/@\/yahoo.fr<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : Malgouzou, Yannik, \u00ab M\u00e9moire et transmission de l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire : la m\u00e9diologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des camps. \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b01 \u00ab Commencements \u00bb, 2005, mis en ligne en 2005, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-1-2005-article-3-malgouzou\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article au format PDF<\/p>\n<div id=\"menuSommaire\" dir=\"ltr\">\n<hr \/>\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong> : m\u00e9moire &#8211; litt\u00e9rature &#8211; m\u00e9diologie &#8211; Shoah &#8211; \u00e9v\u00e8nementialit\u00e9<\/p>\n<p><strong>Keywords:<\/strong> memory &#8211; literature &#8211; <em>m\u00e9diologie<\/em> &#8211; Shoah &#8211; <em>\u00e9v\u00e8nementialit\u00e9<\/em><\/p>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify\">Sommaire<\/h3>\n<p><a href=\"#sect2\">1. De l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 la m\u00e9diologie, il n\u2019y a qu\u2019un pas\u2026<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect3\">2. \u00c0 mi-chemin, une petite pause en guise de bilan\u2026<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect4\">3. Quelques applications pratiques<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect5\">4. En guise de conclusion, le chemin est encore long \u2026<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect6\">Notes<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect7\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"colDroite\" dir=\"ltr\">\n<p style=\"text-align: justify\">Pr\u00e9cisons d\u2019embl\u00e9e que les quelques pages que vous allez lire (ou pas !) ne pr\u00e9tendent en aucun cas r\u00e9soudre un quelconque probl\u00e8me critique, ou disons plut\u00f4t que les seules r\u00e9ponses que vous y trouverez seront elles-m\u00eames \u00e0 l\u2019origine de nouvelles interrogations, devenues ossature de cet horrible objet du d\u00e9sir qu\u2019est la probl\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale de recherche ! Loin de livrer certaines conclusions qui demandent encore \u00e0 \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9es, il nous semble plus opportun de vous faire partager l\u2019esprit et les cadres m\u00e9thodologiques de notre d\u00e9marche. L\u2019enjeu serait double : montrer comment certaines notions et probl\u00e9matiques ext\u00e9rieures aux \u00e9tudes litt\u00e9raires peuvent enrichir notre appr\u00e9hension et notre d\u00e9finition du fait litt\u00e9raire (et par l\u00e0 m\u00eame de notre propre activit\u00e9 critique) et parall\u00e8lement, comment, adapt\u00e9es \u00e0 cet objet de recherche particulier qu\u2019est la m\u00e9moire des camps nazis, elles peuvent fournir un parfait appui th\u00e9orique pour saisir l\u2019impact d\u2019un \u00e9v\u00e9nement historique sur les d\u00e9bats litt\u00e9raires et esth\u00e9tiques qui constituent l\u2019histoire litt\u00e9raire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais, pour plagier Roland Barthes, \u00ab par o\u00f9 commencer ? \u00bb, comment d\u00e9buter un travail de recherche sur un sujet qui fait aujourd\u2019hui couler beaucoup d\u2019encre et passionne de plus en plus de chercheurs ? Comment s\u2019emparer de cet objet sans courir le risque de la redite critique ? Questions d\u2019une banalit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve mais qui permettent de r\u00e9p\u00e9ter cette \u00e9vidence : ce seront la probl\u00e9matisation, la m\u00e9thode et les outils de recherche choisis qui d\u00e9termineront la nature et les enjeux de l\u2019objet de recherche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, c\u2019est par un chemin de traverse philosophique que s\u2019est initi\u00e9e notre r\u00e9flexion, la lecture de <em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement et le temps<\/em> de Claude Romano venant fournir un cadre th\u00e9orique satisfaisant \u00e0 cette intuition qui voulait que l\u2019exp\u00e9rience des camps devait se penser avant tout sous l\u2019angle de la rupture et de la perturbation. Sa d\u00e9finition ph\u00e9nom\u00e9nologique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement permettait ainsi de donner un contenu conceptuel \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience des camps d\u00e9sormais d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire\u00a0\u00bb, appellation qui transformait le moment historique en objet de recherche, en une notion \u00e0 d\u00e9plier et \u00e0 parcourir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Justement, quel est le contenu de cette notion d\u2019\u00e9v\u00e9nement ? L\u2019\u00e9v\u00e9nement se pense dans un premier temps par opposition au fait qui, lui, s\u2019inscrit toujours dans une continuit\u00e9 causale et temporelle au point de ne jamais faire rupture puisqu\u2019il se rattache \u00e0 l\u2019horizon d\u2019un sens commun et norm\u00e9. Sa caract\u00e9ristique premi\u00e8re sera donc naturellement son impr\u00e9visibilit\u00e9 : en survenant, il ouvre dans le possible la faille de la surprise<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En d\u2019autres termes, l\u2019\u00e9v\u00e9nement bouleverse le cours du monde dans lequel il advient et en lib\u00e8re des virtualit\u00e9s insoup\u00e7onn\u00e9es. Or, nous retrouvons justement cette surprise, cette sid\u00e9ration \u00e0 travers le topos commun\u00e9ment r\u00e9pandu de la naissance de la barbarie au c\u0153ur de la civilisation allemande. Cet \u00e9tonnement, ce paradoxe indiquent bien qu\u2019il y a rupture \u00e0 la fois d\u2019un point de vue historique mais aussi intellectuel puisque l\u2019\u00e9v\u00e9nement vient se loger dans un monde socioculturel jusque l\u00e0 rassurant mais qui, du fait de l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, s\u2019opacifie, devient \u00e9nigmatique car en d\u00e9saccord avec l\u2019univers de sens qui lui \u00e9tait jusqu\u2019alors rattach\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e de bouleversement, il n\u2019y a donc qu\u2019un pas et poursuivant notre marche pas \u00e0 pas, nous arrivons tr\u00e8s rapidement \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un traumatisme \u00e9v\u00e9nementiel dont on pourra essayer de prendre la mesure. L\u2019image de l\u2019onde de choc en d\u00e9cline le sens et devient ce concept heuristique, cette boussole th\u00e9orique que l\u2019on peut suivre en toute confiance : l\u2019\u00e9v\u00e9nement r\u00e9sonne, se propage et c\u2019est cette propagation et ses cons\u00e9quences qu\u2019il faut essayer de suivre, de mesurer. L\u2019onde de choc parvient-elle \u00e0 \u00ab secouer \u00bb le petit monde des Lettres ? Cette secousse a-t-elle un impact sur les d\u00e9bats esth\u00e9tiques et litt\u00e9raires de l\u2019apr\u00e8s guerre ? La notion d\u2019\u00e9v\u00e9nement ouvre un ensemble d\u2019interrogations qui font \u00e9chos \u00e0 sa d\u00e9finition pr\u00e9alable\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Autre caract\u00e9ristique importante de l\u2019\u00e9v\u00e9nement : il a une structure r\u00e9sultative, close et achev\u00e9e, il se conjugue au parfait : il est ce qui est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9, advenu au moment de sa d\u00e9couverte et de sa publicit\u00e9. La question r\u00e9currente du \u00ab que savait-on ? \u00bb, les diff\u00e9rentes interrogations sur la non-intervention de la R\u00e9sistance ou des alli\u00e9s sont la preuve de ce retard \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire : ces interrogations naissent de l\u2019impossible retour en arri\u00e8re, de la difficult\u00e9 \u00e0 accepter une impossible r\u00e9paration du tort inflig\u00e9. En ce sens, rappelons qu\u2019il n\u2019y a pas eu \u00e0 proprement parler de lib\u00e9ration des camps comme on n\u2019a cess\u00e9 de le r\u00e9p\u00e9ter durant les c\u00e9l\u00e9brations mais bien plut\u00f4t leur d\u00e9couverte fortuite puisque ce qu\u2019on d\u00e9couvre, ce sont des camps laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019abandon, images p\u00e9rim\u00e9es d\u2019un \u00e9v\u00e9nement achev\u00e9 dont on ne peut que constater les d\u00e9g\u00e2ts et l\u2019horreur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Or, cette cl\u00f4ture de l\u2019\u00e9v\u00e9nement est d\u2019une importance capitale puisqu\u2019elle revient \u00e0 condamner l\u2019id\u00e9e de v\u00e9rit\u00e9 int\u00e9grale au sens d\u2019une capacit\u00e9 \u00e0 re-pr\u00e9senter de mani\u00e8re transparente l\u2019\u00e9v\u00e9nement, d\u2019en donner une r\u00e9p\u00e9tition pure et simple (fantasme qui traverse certains discours historiques et certains t\u00e9moignages). Cette cl\u00f4ture nous oblige \u00e9galement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le statut et la d\u00e9finition de la r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut d\u00e9s lors plus se penser comme objective et ind\u00e9pendante des moyens de sa saisie : chaque medium va produire ses propres crit\u00e8res de r\u00e9alit\u00e9 et de croyance, chaque tentative de re-pr\u00e9sentation sera une m\u00e9diation, une redite imparfaite de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En ce sens, l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire se d\u00e9termine sous l\u2019angle de la perte et du manque : on ne pourra jamais le rejoindre compl\u00e8tement et en donner un \u00e9quivalent purement mim\u00e9tique et c\u2019est justement ce manque, cette question d\u2019une impossible saisie du r\u00e9f\u00e9rent qui est au centre des d\u00e9bats litt\u00e9raires ouverts par l\u2019exp\u00e9rience des camps. L\u2019histoire des camps est cet impr\u00e9visible qui met en d\u00e9faut les capacit\u00e9s traditionnelles de repr\u00e9sentation litt\u00e9raire et verbale.<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect2\"><\/a>1. De l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 la m\u00e9diologie, il n\u2019y a qu\u2019un pas\u2026<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Si l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire n\u2019advient au public que par le truchement de m\u00e9diations, la m\u00e9diologie peut alors nous proposer de bons appuis m\u00e9thodologiques puisque dans sa d\u00e9finition la plus simple, elle est l\u2019\u00e9tude des m\u00e9diations c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9tude de l\u2019ensemble des moyens de communication et de transmission aptes \u00e0 donner corps et existence \u00e0 une m\u00e9moire (rappelons cette \u00e9vidence : un \u00e9v\u00e9nement ne peut exister dans l\u2019espace social que par la m\u00e9moire qu\u2019il initie).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais qu\u2019entend-t-on par m\u00e9diations ? Elles sont tous les v\u00e9hicules qui permettent le transport d\u2019une information et la formation d\u2019une m\u00e9moire. On peut ainsi citer :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; les diff\u00e9rents types de m\u00e9dias (cin\u00e9ma, \u00e9crit, radio etc.) qui donnent forme \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; bien \u00e9videmment les t\u00e9moignages \u00e9crits ou oraux mais \u00e9galement les t\u00e9moins en tant que personnes et corps vivants,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; \u00e9galement, toutes les institutions qui implantent la m\u00e9moire et la font exister (cf. CDJC, les amicales d\u2019anciens d\u00e9port\u00e9s, etc.),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; mais aussi tous les descendants de d\u00e9port\u00e9s (transmission d\u2019une m\u00e9moire familiale comme chez Perec, dans <em>W ou le souvenir d\u2019enfance<\/em>) ou tous les individus qui ont une exp\u00e9rience intime de cette histoire (on peut citer Duras, compagne de Robert Antelme, d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Buchenwald et qui en ramena ce chef-d\u2019\u0153uvre qu\u2019est <em>L\u2019esp\u00e8ce humaine<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 ce niveau, la probl\u00e9matique et l\u2019enjeu de notre recherche seraient de remonter de ces supports, de ces m\u00e9diations et en particulier de certaines d\u00e9terminations techniques aux discours qui cat\u00e9gorisent et font entrer cet \u00e9v\u00e9nement dans certains sch\u00e9mas d\u2019intelligibilit\u00e9 et plus particuli\u00e8rement dans certains d\u00e9bats \u00e9thiques et esth\u00e9tiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Prenons un exemple concret : c\u2019est la d\u00e9faillance des capacit\u00e9s traditionnelles de repr\u00e9sentation (mais aussi d\u2019intelligibilit\u00e9\u2026) face \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement qui font qu\u2019on l\u2019a cat\u00e9goris\u00e9 sous l\u2019angle de l\u2019inimaginable et de l\u2019indicible. Pourtant, il existe des images des camps (photographies de journalistes, de l\u2019arm\u00e9e, films des actualit\u00e9s fran\u00e7aises) et des centaines de t\u00e9moignages oraux ou \u00e9crits. D\u00e9s lors, pourquoi ces notions persistent-elles quand on aborde cette exp\u00e9rience\u00a0? L\u2019impossibilit\u00e9 de la repr\u00e9sentation, l\u2019indicible (vulgate des \u00e9tudes litt\u00e9raires sur la question qui a, entre autres, \u00e9t\u00e9 remise en question par Karla Grierson dans son imposant <em>Discours d\u2019Auschwitz<\/em> et dans un article important \u00ab Indicible et incompr\u00e9hensible dans le r\u00e9cit de d\u00e9portation \u00bb paru dans la revue La licorne, num\u00e9ro intitul\u00e9 \u00ab Les camps et la litt\u00e9rature \u00bb) ne cachent-ils pas d\u2019autres enjeux (\u00e9thiques, m\u00e9moriels) que celui apparemment simpliste du compte-rendu, du reportage ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui prime, c\u2019est donc la mani\u00e8re et les moyens employ\u00e9s pour informer le public de l\u2019existence des camps : c\u2019est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment que na\u00eet la m\u00e9moire repr\u00e9sentationnelle de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et c\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 que s\u2019ouvrent les d\u00e9bats autour de l\u2019indicible et de l\u2019inimaginable. Il ne s\u2019agit plus de postuler a priori un indicible ou un irrepr\u00e9sentable mais plut\u00f4t d\u2019examiner la valeur de ces notions lorsqu\u2019on les confronte \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 \u00ab m\u00e9diologique \u00bb (que Debray nous pardonne cette audace lexicale\u2026)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le recours \u00e0 la ligne de partage qu\u2019\u00e9tablit la m\u00e9diologie entre communication et transmission devient alors essentiel pour saisir la naissance et la formation d\u2019une m\u00e9moire concentrationnaire. Rappelons bri\u00e8vement les d\u00e9finitions et champs d\u2019application de ces deux termes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La communication est du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019information, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle s\u2019inscrit dans le contexte pr\u00e9cis de la r\u00e9v\u00e9lation de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Elle privil\u00e9gie par cons\u00e9quent les notions d\u2019espace (comment faire circuler l\u2019information et la faire partager par le plus grand nombre ?) et parall\u00e8lement la notion de performance (quel est le medium le mieux adapt\u00e9 pour jouer ce r\u00f4le de diffusion, mais aussi et plus particuli\u00e8rement pour les camps, quel est le medium le plus appropri\u00e9 pour faire taire le scepticisme initial et surtout <em>restituer la r\u00e9alit\u00e9 de<\/em> l\u2019existence de l\u2019\u00e9v\u00e9nement ?). Notons au passage que l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire marque la rencontre de la photographie avec une exp\u00e9rience qui bouleverse le rapport \u00e0 l\u2019image que peut avoir l\u2019homme envers lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La transmission doit quant \u00e0 elle se penser par opposition \u00e0 la logique de la communication. Son domaine : l\u2019histoire, la dimension temporelle ; son interrogation : comment faire exister l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans le temps ? Ici, il ne s\u2019agit plus de se cantonner \u00e0 un contexte particulier, mais de prendre en consid\u00e9ration des contextes particuliers et \u00e9volutifs, d\u00e9termin\u00e9s par des variantes id\u00e9ologiques (l\u2019illustration la plus probante de ces variations est bien entendu l\u2019\u00e9mergence du g\u00e9nocide dans l\u2019espace public fran\u00e7ais des ann\u00e9es 70, \u00e9mergence qui succ\u00e8de \u00e0 une longue p\u00e9riode de silence et de refoulement). La transmission impliquant des variations id\u00e9ologiques, l\u2019usage des r\u00e9f\u00e9rences aux camps sera en retour des plus variables (rappelons le passage progressif du paradigme politique symbolis\u00e9 par Buchenwald au paradigme racial symbolis\u00e9 par Auschwitz).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Or, l\u2019un des impens\u00e9s de la m\u00e9diologie demeure la place de la litt\u00e9rature (Debray le reconna\u00eet lui-m\u00eame dans colloque de Cerisy consacr\u00e9 \u00e0 la transmission) dans les faits de transmission. Dans les deux cas (communication et transmission), il nous faudra nous interroger sur la place de la litt\u00e9rature et plus largement des discours esth\u00e9tiques dans l\u2019\u00e9laboration de la m\u00e9moire des camps mais aussi dans la cr\u00e9ation d\u2019un topique repr\u00e9sentationnel et th\u00e9orique.<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect3\"><\/a>2. \u00c0 mi-chemin, une petite pause en guise de bilan\u2026<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce rapide parcours m\u00e9thodologique nous invite \u00e0 recenser quatre ensembles de questions :<\/p>\n<p>1 &#8211; Quel r\u00f4le peut jouer la litt\u00e9rature dans la logique de communication et de transmission ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">2 &#8211; Comment peut-on prouver le point de d\u00e9part de notre recherche \u00e0 savoir que l\u2019exp\u00e9rience des camps a un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans les pr\u00e9occupations esth\u00e9tiques et litt\u00e9raires de la seconde moiti\u00e9 du si\u00e8cle ? Autrement dit, par quels relais et quelles m\u00e9diations cet \u00e9v\u00e9nement a-t-il pu p\u00e9n\u00e9trer la sph\u00e8re litt\u00e9raire ? L\u2019exemple de Perec est sans doute le plus \u00e9loquent. Dans ses articles critiques de <em>La Ligne G\u00e9n\u00e9rale<\/em>, il fait en effet une r\u00e9f\u00e9rence constante \u00e0 <em>L\u2019esp\u00e8ce humaine<\/em> d\u2019Antelme comme exemple d\u2019une forme et d\u2019une fonction nouvelle de la litt\u00e9rature. C\u2019est donc un texte qui fait lien avec l\u2019\u00e9v\u00e9nement et c\u2019est par ce truchement qu\u2019on peut parler de son impact (indirect) sur l\u2019esth\u00e9tique de Perec et plus largement sur le fait litt\u00e9raire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">3 &#8211; De m\u00eame, comment les probl\u00e9matiques pos\u00e9es par l\u2019\u00e9v\u00e9nement (en particulier les probl\u00e9matiques testimoniales et d\u2019interpr\u00e9tation) et les diff\u00e9rents discours port\u00e9s sur celui-ci se sont-ils transpos\u00e9s dans le discours litt\u00e9raire ? Ces interrogations pr\u00e9supposent une croyance, un acte de foi pourrait-on dire, qui consiste \u00e0 affirmer la capacit\u00e9 de la litt\u00e9rature \u00e0 synth\u00e9tiser et \u00e0 int\u00e9grer dans sa propre d\u00e9marche diff\u00e9rents r\u00e9gimes discursifs (\u00e9thique, historique et id\u00e9ologique\u2026) et diff\u00e9rents d\u00e9bats ouverts par l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Il n\u2019 y a qu\u2019\u00e0 citer le nom de Blanchot qui, durant les ann\u00e9es 1980, fait un usage abondant de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Auschwitz pour th\u00e9oriser l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab \u00e9criture du d\u00e9sastre \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous suivons l\u00e0 l\u2019id\u00e9e ma\u00eetresse et fondatrice de Claude Romano :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"refn2\"><\/a>Inexplicable \u00e0 partir de possibilit\u00e9s pr\u00e9alablement donn\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du monde qui rendraient compte de son surgissement, [l\u2019\u00e9v\u00e9nement] apporte avec soi l\u2019horizon de possibilit\u00e9s interpr\u00e9tatives \u00e0 la lumi\u00e8re duquel son sens se dessine et se d\u00e9cide<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a><\/sup>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Il existe donc bien une tension entre ceux pour qui cet \u00e9v\u00e9nement peut \u00eatre signifiant, explicable selon des grilles d\u2019interpr\u00e9tation traditionnelles, et ceux pour qui son unicit\u00e9 absolue ne peut que faire rupture avec tous les sch\u00e9mas d\u2019explication (citons une nouvelle fois Blanchot). Notre int\u00e9r\u00eat doit donc se porter sur la mani\u00e8re dont on cherche \u00e0 r\u00e9soudre la forte charge herm\u00e9neutique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">4 &#8211; Enfin, dernier ensemble d\u2019interrogations : comment d\u2019autres m\u00e9dias et support techniques ont-ils pouss\u00e9 \u00e0 une red\u00e9finition du geste litt\u00e9raire : que reste-il \u00e0 la litt\u00e9rature quand d\u2019autres m\u00e9dias prennent en charge sa pr\u00e9tention r\u00e9aliste ? Comment l\u2019institution litt\u00e9raire se red\u00e9finit-elle par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement ? Ce moment historique est alors l\u2019occasion de renouveler l\u2019interrogation de Genette dans son ouvrage <em>Fiction et diction<\/em> sur l\u2019opposition entre constitutif et conditionnel (qu\u2019appelle-t-on litt\u00e9rature ?) \u00e0 travers le probl\u00e8me de la r\u00e9ception litt\u00e9raire de certains t\u00e9moignages (en particulier Antelme et Delbo) tout comme il sera l\u2019occasion de repenser le lien entre fiction et r\u00e9alit\u00e9 : cette opposition suffit-elle \u00e0 opposer t\u00e9moignage et litt\u00e9rature ?<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect4\"><\/a>3. Quelques applications pratiques<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce qui est de la communication de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, nous avons pu remarquer que le support \u00e9talon de r\u00e9f\u00e9rence pour le t\u00e9moignage \u00e9tait la photographie (mention chez Antelme, Rousset, r\u00e9flexion sur l\u2019image chez Delbo). Comment expliquer cette mise en avant du medium photographique ? Par sa force ontologique, sa capacit\u00e9 \u00e0 attester une r\u00e9alit\u00e9, il \u00e9tait le medium le mieux adapt\u00e9 \u00e0 une logique de la preuve et de l\u2019existence. Le geste litt\u00e9raire doit donc se repositionner par rapport \u00e0 celui-ci en explorant sa propre sp\u00e9cificit\u00e9 ou ses propres limites. L\u2019image devient \u00e9galement centrale dans les discussions sur la repr\u00e9sentation de la Shoah (probl\u00e9matique autour de l\u2019image absente de l\u2019int\u00e9rieur des chambres \u00e0 gaz, qui est \u00e9galement au c\u0153ur de certains discours n\u00e9gationnistes) mais aussi dans les discussions sur le r\u00f4le et l\u2019utilit\u00e9 de l\u2019\u00e9crit par rapport \u00e0 l\u2019image. Citons quelques phrases de R\u00e9gis Debray, p\u00e8re fondateur de la m\u00e9diologie et qui nous livre ici des pistes de r\u00e9flexions f\u00e9condes :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"refn3\"><\/a>Ce qui para\u00eet constant et in\u00e9vitable c\u2019est que l\u2019enrichissement d\u2019une facult\u00e9 porte \u00e0 son envers l\u2019appauvrissement de l\u2019autre. Un medium n\u2019est pas bon ou mauvais en soi. Il est bon \u00e0 quelque-chose et \u00e0 quelques-uns, mauvais pour le reste<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/sup>.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ou encore :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\"><a name=\"refn4\"><\/a>Le progr\u00e8s technique signifie aussi l\u2019incessant rajeunissement de l\u2019ancien par le nouveau<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le medium le plus performant dynamise et recadre ceux qui le sont moins<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/sup>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Autrement dit, chaque medium pousse les m\u00e9dias concurrents \u00e0 se d\u00e9finir dans leur sp\u00e9cificit\u00e9. Il existe une interaction des m\u00e9dias qui nous pousse \u00e0 nous interroger sur la place de la litt\u00e9rature au milieu de m\u00e9dias concurrents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour ce qui est de la transmission, nous pourrons \u00e9tudier le passage du statut de fait historique \u00e0 celui de symbole : pourquoi et \u00e0 quoi sert la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Auschwitz et \u00e0 la d\u00e9portation ? Auschwitz, Buchenwald ne sont-ils pas des signifiants dont le signifi\u00e9 est en perp\u00e9tuelle \u00e9laboration ? Quels usages en fait la litt\u00e9rature ? On rencontre en effet la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Auschwitz chez Simon et Duras, le motif concentrationnaire est par exemple utilis\u00e9 par Fran\u00e7ois Bon dans <em>Le crime de Buzon<\/em> ou plus r\u00e9cemment par Am\u00e9lie Nothomb dans <em>Acide sulfurique<\/em>\u2026 Pourquoi ces r\u00e9f\u00e9rences et comment fonctionnent-elles ?<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect5\"><\/a>4. En guise de conclusion, le chemin est encore long \u2026<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous sommes conscients du caract\u00e8re abstrait voire opaque de cette rapide pr\u00e9sentation. De m\u00eame, nous regrettons de ne pas avoir \u00e9voqu\u00e9 la question si importante de l\u2019existence de deux paradigmes sous l\u2019\u00e9tiquette d\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire, puisqu\u2019on n\u2019abordera pas de la m\u00eame mani\u00e8re le paradigme politique (d\u00e9portation en camp de concentration) et le paradigme racial (d\u00e9portation en camp d\u2019extermination). N\u00e9anmoins, nous esp\u00e9rons avoir suffisamment illustr\u00e9 la possibilit\u00e9 de nous servir de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et de l\u2019onde de choc qu\u2019il produit comme d\u2019un outil herm\u00e9neutique apte \u00e0 \u00e9clairer notre lecture de certains textes et de certains enjeux implicites. Nous parlions un peu plus haut d\u2019un acte de foi, de cette croyance que le litt\u00e9raire est un r\u00e9ceptacle unique et particulier des secousses historiques et des diff\u00e9rents discours qui y trouvent une origine, et c\u2019est sur cette m\u00eame id\u00e9e que nous voudrions achever ces quelques pages. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 nous \u00e9prouvons de plus en plus de mal \u00e0 justifier notre existence scientifique, o\u00f9 le livre cherche sa place dans un environnement culturel, m\u00e9diatique et technique in\u00e9dit, il est peut-\u00eatre temps de recr\u00e9er du lien entre litt\u00e9rature et contextes historique et sociologique pour d\u00e9montrer \u00e0 l\u2019instar de Perec que \u00ab la litt\u00e9rature est, indissolublement, li\u00e9e \u00e0 la vie, le prolongement n\u00e9cessaire de l\u2019exp\u00e9rience, son aboutissement \u00e9vident, son compl\u00e9ment indispensable \u00bb, qu\u2019en somme, la litt\u00e9rature occupe encore et toujours cette place privil\u00e9gi\u00e9e dans la connaissance de l\u2019homme, de son monde et de son histoire.<\/p>\n<hr \/>\n<\/div>\n<div id=\"notesBasPage\" dir=\"ltr\">\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect6\"><\/a>Notes<\/h3>\n<div id=\"sdfootnote0\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> &#8211;\u00a0 ROMANO Claude, L\u2019\u00e9v\u00e9nement et le temps, Paris, PUF, 1999, p. 164.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote0\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>\u00a0&#8211;\u00a0 <i>Ibid.<\/i>, p. 162.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote0\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> &#8211; DEBRAY R\u00e9gis, <i>Cours de m\u00e9diologie g\u00e9n\u00e9rale<\/i>, Paris, Gallimard, \u00ab\u00a0Folio essais\u00a0\u00bb, 2001, p. 286.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote0\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> &#8211;\u00a0 <i>Ibid<\/i>, p. 116.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote0\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> &#8211;\u00a0 DEBRAY R\u00e9gis, <i>Introduction \u00e0 la m\u00e9diologie<\/i>, Paris, PUF, 2000, p. 46.<\/p>\n<hr \/>\n<\/div>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect7\"><\/a>Bibliographie<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify\">ANTELME Robert, <em>L\u2019esp\u00e8ce humaine, <\/em>Paris, Gallimard, \u00ab TEL \u00bb, cop. 1957, impr. en 1978, 306p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BON Fran\u00e7ois, <em>Le crime de Buzon<\/em>, Paris, \u00c9ditions de Minuit, 1986, 208p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DEBRAY R\u00e9gis, <em>Introduction \u00e0 la m\u00e9diologie, <\/em>Paris, PUF, 2000, 223p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DEBRAY R\u00e9gis, <em>Cours de m\u00e9diologie g\u00e9n\u00e9rale, <\/em>Paris,\u00a0Gallimard, 2001, 555p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DURAS Marguerite, <em>La douleur,<\/em> Paris, POL, \u00ab Folio \u00bb, 1985, 217p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">GRIERSON Karla, <em>Discours d\u2019Auschwitz. Litt\u00e9rarit\u00e9, repr\u00e9sentation, symbolisation,<\/em> Paris, Honor\u00e9 Champion, 2003, 526p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">NOTHOMB Am\u00e9lie, <em>Acide Sulfurique,<\/em> Paris, Albin Michel, 2005, 192p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">ROMANO Claude, <em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement et le temps, <\/em>Paris, PUF, \u00ab \u00c9pim\u00e9th\u00e9e \u00bb, 1999, 313p.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yannik Malgouzou Doctorant, allocataire moniteur,\u00a0 Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s malgouzou_yannick\/@\/yahoo.fr Pour citer cet article : Malgouzou, Yannik, \u00ab M\u00e9moire et transmission de l\u2019\u00e9v\u00e9nement concentrationnaire : la m\u00e9diologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des camps. \u00bb, Litter@ Incognita [En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b01 \u00ab Commencements \u00bb, 2005, mis en ligne en 2005, disponible sur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[46629,46665,200,46626,228,46552,46627],"class_list":["post-721","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-barthes","tag-evenementialite","tag-litterature","tag-mediologie","tag-memoire","tag-n1","tag-shoah","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/721","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=721"}],"version-history":[{"count":42,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/721\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4509,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/721\/revisions\/4509"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=721"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}