 {"id":753,"date":"2016-02-16T09:34:05","date_gmt":"2016-02-16T08:34:05","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=753"},"modified":"2020-05-06T17:54:13","modified_gmt":"2020-05-06T16:54:13","slug":"numero-3-article-1-monginot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-3-article-1-monginot\/","title":{"rendered":"Babel ou la convergence comme mythe\u00a0: quelle m\u00e9thode pour une connaissance du sens\u00e9\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Beno\u00eet Monginot<\/strong><br \/>\nDoctorant, allocataire moniteur, Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s<br \/>\n<a href=\"&#x6d;&#x61;&#x69;&#x6c;&#116;o:be&#x6e;&#x6f;&#x69;&#x74;&#46;mong&#x69;&#x6e;&#x6f;&#x74;&#64;voil&#x61;&#x2e;&#x66;&#x72;\">benoit.monginot\/@\/voila.fr<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : Monginot, Beno\u00eet, \u00ab Babel ou la convergence comme mythe : quelle m\u00e9thode pour une connaissance du sens\u00e9 ? \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b03 \u00ab Les Interactions II \u00bb, 2010, mis en ligne en 2010, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-3-article-1-monginot\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article au format PDF<\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s :&nbsp;<\/strong>herm\u00e9neutique &#8211; universel &#8211; sens &#8211; th\u00e9orie de la litt\u00e9rature &#8211; transmission &#8211; linguistique<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p><strong>Key-words: <\/strong>hermeneutics &#8211; universal &#8211; meaning &#8211; literary theory &#8211; transmission &#8211; linguistics<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><strong>Sommaire<\/strong><\/h3>\n<p><a href=\"#sect2\">1. S\u00e9mantique interpr\u00e9tative et contingence<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect3\">2. Le dispositif rh\u00e9torique de la litt\u00e9rature<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect4\">3. Les enjeux du dispositif rh\u00e9torique de la litt\u00e9rature&nbsp;: cr\u00e9aturialit\u00e9 et finitude<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect5\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect6\">Notes<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect7\">Bibliographie<\/a><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mon but est de d\u00e9finir ici un positionnement m\u00e9thodologique concernant les sciences de la culture en g\u00e9n\u00e9ral et les \u00e9tudes litt\u00e9raires en particulier. Nos objets d\u2019\u00e9tude partagent tous une m\u00eame caract\u00e9ristique&nbsp;: ils rel\u00e8vent du sens\u00e9. D\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est un grave probl\u00e8me. Cela exclut le d\u00e9sint\u00e9ressement. En m\u00eame temps, la mal\u00e9diction se retourne en b\u00e9n\u00e9diction&nbsp;: il y a une responsabilit\u00e9 dans l\u2019acte de s\u2019approcher de la circulation du sens. Tout le probl\u00e8me est de penser sp\u00e9cifiquement la t\u00e2che qui nous incombe sans tomber dans les deux impasses de l\u2019empathie et de l\u2019objectivit\u00e9. Il faut \u00e0 la fois penser une science du texte et d\u00e9finir une responsabilit\u00e9, une implication subjective. Penser en somme un universalisme de la singularit\u00e9&nbsp;: nous y parviendrons peut-\u00eatre \u00e0 la fin de cette communication en \u00e9voquant l\u2019histoire de la tour de Babel, o\u00f9 la question de l\u2019universel donne lieu \u00e0 une po\u00e9tique de la traduction.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Partons pour l\u2019instant de notre pratique&nbsp;: cette pratique c\u2019est le commentaire. La reformulation. La traduction. \u00c0 partir d\u2019un \u00e9nonc\u00e9, d\u2019un corpus, ou d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne socio-culturel, d\u2019un ensemble de discours, on \u00e9crit une th\u00e8se, un article, une conf\u00e9rence. Avec le plus souvent un imp\u00e9ratif \u00e9trange&nbsp;: il y faut une coh\u00e9rence ; entendons, un ordre, la r\u00e9duction sous un concept, f\u00fbt-il de type apophatique, du divers (multiple) ou de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 (ce qui reste, en droit, inappr\u00e9hendable). L\u2019imp\u00e9ratif de coh\u00e9rence (tenu par certains linguistes pour une mani\u00e8re d\u2019<em>a priori&nbsp;<\/em>de la r\u00e9ception discursive<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/sup>) oriente en fait la critique vers deux errances&nbsp;: 1) l\u2019errance sublime d\u2019une th\u00e9ologie n\u00e9gative, 2) une errance de l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 au ph\u00e9nom\u00e8ne comment\u00e9,&nbsp;qui revient \u00e0 une violation dogmatique de l\u2019objet.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Or, d\u2019o\u00f9 proc\u00e8de radicalement cette double errance, d\u2019o\u00f9 ce soi-disant imp\u00e9ratif de coh\u00e9rence, sinon d\u2019une conception mythique du sens&nbsp;? Laquelle soustrait tout ph\u00e9nom\u00e8ne signifiant \u00e0 son \u00e9v\u00e9nementialit\u00e9, et se fait du sens une image arr\u00eat\u00e9e, intangible. Pr\u00e9sacralis\u00e9, le sens ne d\u00e9pend plus des discours et les actes de subjectivation auxquels il conduit sont effac\u00e9s<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a><\/sup>.&nbsp;Dans le cas de l\u2019\u00e9tude des textes, le sens, devenu objectivable, peut \u00eatre situ\u00e9 dans quelque arri\u00e8re-monde, hors-champ, hors m\u00eame de la langue dans laquelle il s\u2019invente. De la sorte, le texte passe du statut de discours \u00e0 celui de signe. Logique terroriste selon le mot de Paulhan&nbsp;: le texte, signifiant jug\u00e9 inessentiel, est laiss\u00e9 pour mort. Un lecteur parfois le retrouve, spectral et pantelant, aux catacombes des notes de bas de page o\u00f9 le commentaire s\u2019\u00e9reinte, en proie aux longs ennuis.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous voudrions proposer, par le montage de trois univers de pens\u00e9e (la s\u00e9mantique interpr\u00e9tative de Fran\u00e7ois Rastier, la pens\u00e9e de Jean Bessi\u00e8re, une r\u00e9flexion sur le sens \u00e9thique de la sp\u00e9cificit\u00e9 du discours litt\u00e9raire), une issue heureuse \u00e0 cette r\u00e9cup\u00e9ration mythique du texte et de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p><a name=\"sect2\"><\/a><\/p>\n<h4><strong style=\"color: #444444;font-size: 1.5em;line-height: 28.8px\">1. S\u00e9mantique interpr\u00e9tative et contingence<\/strong><\/h4>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La question que nous nous poserons pour commencer est la suivante&nbsp;: qu\u2019opposer \u00e0 la conception mythifiante des ph\u00e9nom\u00e8nes de la culture&nbsp;?<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 cette question, il semble qu\u2019il faille r\u00e9pondre, sans h\u00e9siter&nbsp;: leur historicit\u00e9. C\u2019est \u00e0 ce d\u00e9part fondamental, dans la mesure m\u00eame o\u00f9 il constitue un refus d\u2019hypostasier tout fondement an-historique, que s\u2019enracine le projet de Fran\u00e7ois Rastier. De ce projet nous pourrions dire qu\u2019il est une tentative d\u2019inscrire les sciences de la culture dans une pens\u00e9e non-n\u00e9cessitante, dans une pens\u00e9e de la contingence.&nbsp;Cela passe par trois th\u00e8mes incontournables&nbsp;: un anti-dogmatisme, un anti-transcendantalisme, et le th\u00e8me anti-ontologique ou agnostique<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>&#8211; L\u2019anti-dogmatisme<\/strong> entreprend de th\u00e9matiser de fa\u00e7on critique la position du commentaire lui-m\u00eame, sa situation historique, et conduit \u00e0 prendre en compte la distance ou la proximit\u00e9 de ses objets.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>&#8211; L\u2019anti-transcendantalisme<\/strong> passe par un empirisme linguistique radical&nbsp;: a) on ne pensera plus le signe en tant que tel mais la multiplicit\u00e9 de ses occurrences dans des textes, eux-m\u00eames situ\u00e9s dans des corpus, dans une histoire&nbsp;; le sens d\u2019un texte ne d\u00e9pend donc pas des donn\u00e9es d\u2019une s\u00e9miotique qui \u00e9tablirait par avance la compr\u00e9hension et l\u2019extension de signes atomis\u00e9s&nbsp;; b) on ne parlera plus de structures linguistiques immuables mais de normes jouant de fa\u00e7on non n\u00e9cessaire dans l\u2019engendrement et l\u2019interpr\u00e9tation des textes. En effet, le signe consid\u00e9r\u00e9 de fa\u00e7on atomique et la langue pens\u00e9e comme structure sont des fictions.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>&#8211; La d\u00e9s-ontologisation&nbsp;<\/strong>de la recherche implique qu\u2019on ne fera pas d\u00e9pendre le sens d\u2019un texte de r\u00e9alit\u00e9s extra-linguistiques donn\u00e9es pour d\u00e9termin\u00e9es hors-discours. C\u2019est \u00e0 ce prix qu\u2019on peut poser des limites \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation. Cela passe d\u2019abord, par trois cadrages&nbsp;: a) la r\u00e9duction du probl\u00e8me de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celui de l\u2019impression r\u00e9f\u00e9rentielle&nbsp;; b) on ne parlera plus d\u2019\u00e9nonciateur mais de foyer \u00e9nonciatif tel qu\u2019il est repr\u00e9sent\u00e9 dans le texte et\/ou situ\u00e9 par les r\u00e8gles du genre&nbsp;; c) on ne parle plus de destinataire mais de foyer interpr\u00e9tatif. Il y a donc un retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du texte<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/sup>. \u00c0 partir de l\u00e0, il faut abandonner deux modes du commentaire<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/sup> :&nbsp;<em>premi\u00e8rement<\/em>, le commentaire par la cause. On n\u2019a pas affaire, dans l\u2019explication d\u2019un texte, \u00e0 des causes isolables qui se conna\u00eetraient sans reste dans l\u2019effet [ce qui est le postulat des approches psychanalytiques comme celui des cognitivistes&nbsp;: cela rel\u00e8ve toujours d\u2019une affirmation ontologique tonitruante mais refoul\u00e9e, un d\u00e9terminisme universel&nbsp;: tous les niveaux de la r\u00e9alit\u00e9 seraient r\u00e9gis par les m\u00eames lois<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\">6<\/a><\/sup>]. L\u2019explication causale d\u2019un texte, outre le fait qu\u2019elle rel\u00e8ve d\u2019un acte de foi, ne permet pas d\u2019en saisir le sens. <em>Deuxi\u00e8mement<\/em>, le commentaire par la fonction : il faut en effet abandonner une approche instrumentaliste du texte. Ce qui revient \u00e0 critiquer les conceptions du langage comme communication&nbsp;: le langage n\u2019est pas un simple outil de communication, secondaire par rapport au message transmis. Un texte ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la communication de donn\u00e9es qui seraient ind\u00e9pendantes de sa mani\u00e8re de les convoquer.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Conclusion&nbsp;:<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Finalement ce qu\u2019on abandonne en suivant ces propositions c\u2019est une conception non probl\u00e9matique de la circulation du sens (celle par exemple qui semble \u00eatre au c\u0153ur de l\u2019opposition de Proust envers Mallarm\u00e9). Il faut abandonner le postulat de la clart\u00e9 qui est au c\u0153ur du paradigme communicationnel et qui requiert&nbsp;:<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; que le texte est complet, que ses lacunes sont des ellipses pouvant \u00eatre suppl\u00e9\u00e9es par inf\u00e9rence (Wolfgang Iser)<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; que le texte est uniforme et non contradictoire<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; que ses difficult\u00e9s sont appel\u00e9es \u00e0 \u00eatre lev\u00e9es, parce qu\u2019elles ne sont dues qu\u2019\u00e0 une ignorance temporaire de type philologique ou encyclop\u00e9dique<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">&#8211; que l\u2019explication la plus \u00e9conomique est la meilleure (Sperber et Wilson, principe de pertinence)<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\">7<\/a><\/sup><\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab En ne reconnaissant aucune place \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9 on risque fort un discret obscurantisme<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\">8<\/a><\/sup>. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La multiplicit\u00e9 des sujets, des langues, des lieux et des \u00e9poques, doit \u00eatre reconnue. Le sens se tient dans l\u2019\u00e9l\u00e9ment contingent de la norme. Il y a donc un arbitraire du texte.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p><a name=\"sect3\"><\/a><\/p>\n<p><strong style=\"color: #444444;font-size: 1.5em;line-height: 28.8px\">2. Le dispositif rh\u00e9torique de la litt\u00e9rature<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous en sommes rest\u00e9s pour l\u2019instant \u00e0 un plan tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral. Voyons maintenant&nbsp;: 1) s\u2019il est possible de pr\u00e9ciser la notion de litt\u00e9rature&nbsp;en mettant \u00e0 jour un dispositif de normes qui lui seraient sp\u00e9cifiques ; 2) quels sont les enjeux d\u2019un tel dispositif qui semble avoir une certaine permanence (ce second point fera l\u2019objet de notre derni\u00e8re partie).<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous retra\u00e7ons ici aussi bri\u00e8vement et fid\u00e8lement que possible la pens\u00e9e de Jean Bessi\u00e8re Elle traite du statut rh\u00e9torique de l\u2019\u0153uvre. La question d\u2019adh\u00e9rer ou non \u00e0 ces th\u00e8ses viendra ensuite. La litt\u00e9rature se d\u00e9finit, d\u2019apr\u00e8s le critique, comme une dialectique non r\u00e9solutoire du quoi (les constituants informationnels et formels) et de la raison d\u2019\u00eatre (la finalit\u00e9) de l\u2019\u0153uvre. Il est alors possible de caract\u00e9riser l\u2019\u0153uvre comme contingence<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\">9<\/a><\/sup>, en signifiant par l\u00e0 que son rapport au contexte n\u2019est jamais \u00e9lucid\u00e9 par des r\u00e8gles qui en \u00e9tabliraient de fa\u00e7on n\u00e9cessaire la rel\u00e8ve interpr\u00e9tative. Cette contingence n\u2019est plus seulement historique comme chez Rastier. En tant qu\u2019elle est constitutive de la notion d\u2019\u0153uvre, nous la dirons structurelle. Il y a \u0153uvre d\u00e8s qu\u2019il y a un tel dispositif.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cela implique l\u2019apor\u00e9ticit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre&nbsp;: \u00e9tant sa propre pr\u00e9sentation<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\">10<\/a><\/sup>, l\u2019\u0153uvre se caract\u00e9rise comme dualit\u00e9. On indique par l\u00e0 qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019elle-m\u00eame en m\u00eame temps qu\u2019elle se distingue de toute repr\u00e9sentation propre \u00e0 un contexte pragmatique ou communicationnel d\u00e9termin\u00e9. Ainsi \u00e9chappe-t-elle \u00e0 toutes les invalidations comme \u00e0 toutes les validations<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\">11<\/a><\/sup>. En ce sens, si elle se constitue bien par la reprise d\u2019\u00e9l\u00e9ments de ses environnements formels et informationnels (dont elle est constitu\u00e9e), l\u2019\u0153uvre ne fonctionne pas, cependant, selon une d\u00e9notation qui serait celle du signe en contexte pragmatique. Cela exclut d\u2019en faire une r\u00e9f\u00e9rence au r\u00e9el ou \u00e0 la pens\u00e9e sur le mode de l\u2019ad\u00e9quation ou de l\u2019inad\u00e9quation.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Jean Bessi\u00e8re peut alors pr\u00e9ciser l\u2019impossibilit\u00e9 de l\u2019autarcie de l\u2019\u0153uvre&nbsp;: pr\u00e9sentation, quantit\u00e9<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\">12<\/a><\/sup>, l\u2019\u0153uvre est selon son \u00e9vidence et peut \u00eatre dite tautologique. Cependant cette tautologie appelle son d\u00e9passement&nbsp;: selon la quantit\u00e9 qui est figuration de la limite de l\u2019\u0153uvre, l\u2019autonomie ne peut appara\u00eetre que comme une h\u00e9t\u00e9ronomie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\">13<\/a><\/sup>. De fait, par la po\u00efesis<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\">14<\/a><\/sup> l\u2019\u0153uvre est toujours d\u2019un certain rapport \u00e0 ses environnements. En outre, alocale et achrone, elle est toujours susceptible d\u2019\u00eatre lue en cet autre temps, en cet autre lieu, l\u2019<em>hic et nunc<\/em>&nbsp;du lecteur, coordonn\u00e9es tout autres que celles de l\u2019\u00e9criture. La tautologie, parce qu\u2019elle est une action qui a lieu dans le r\u00e9el (elle est reprise d\u2019\u00e9l\u00e9ments des environnements informationnels et formels, elle s\u2019installe dans une situation de communication) et face au r\u00e9el (elle se distingue des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019elle reprend), implique son propre questionnement, l\u2019interrogation de sa pertinence. Il faut affirmer alors qu\u2019en aucun cas l\u2019\u0153uvre n\u2019est autarcique, et qu\u2019elle est la question de sa pertinence.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Donc, en tant qu\u2019elle se distingue de la communication standard et implique une conscience s\u00e9miotique libre<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\">15<\/a><\/sup>, l\u2019\u0153uvre ne peut \u00eatre dite selon le discours propositionnel, selon un argument&nbsp;; en tant qu\u2019elle est indication, passage hors d\u2019elle-m\u00eame, l\u2019\u0153uvre est cependant d\u2019un int\u00e9r\u00eat communicationnel indubitable, en rien autarcique. O\u00f9 appara\u00eet la n\u00e9cessit\u00e9 de penser la r\u00e9f\u00e9rence et la pertinence selon l\u2019\u0153uvre, selon sa pr\u00e9sentation, selon sa quantit\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les remarques de Jean Bessi\u00e8re, on le voit, limitent les pr\u00e9tentions du discours critique en l\u2019invitant \u00e0 reconna\u00eetre le primat de l\u2019\u0153uvre et les conditions de la question de la pertinence. La permanence de cette question fait selon lui le statut du discours litt\u00e9raire<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\">16<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Conclusion&nbsp;:<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 ce point de notre \u00e9tude, nous d\u00e9finissons une m\u00e9thodologie des \u00e9tudes litt\u00e9raires fond\u00e9e sur deux principes&nbsp;: la reconnaissance et la th\u00e9matisation d\u2019une contingence relevant de l\u2019historicit\u00e9 des normes&nbsp;; la reconnaissance et la th\u00e9matisation d\u2019une contingence rh\u00e9torique constitutive de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Remarque<\/strong>&nbsp;: il semble que, faute de noter la seconde contingence, une th\u00e9orie des dispositifs en litt\u00e9rature court le risque de perdre de vue la sp\u00e9cificit\u00e9 de son objet. C\u2019est la remarque de Bernard Vouilloux dans son article \u00ab&nbsp;Du dispositif&nbsp;\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\">17<\/a><\/sup> lorsqu&rsquo;il note que le dispositif permet de porter le commentaire vers ce qui exc\u00e8de les \u0153uvres, en effa\u00e7ant la distinction du dedans et du dehors. Distinction fondamentale pour le maintien de la notion d\u2019\u0153uvre. Il faudrait, pour bien faire, situer les dispositifs dans le dispositif permanent de la rh\u00e9torique litt\u00e9raire. On s\u2019apercevrait que, peut-\u00eatre, en un sens, un dispositif est une donn\u00e9e proche des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9riques. Une sorte de donn\u00e9e g\u00e9n\u00e9rique inconsciente.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p><a name=\"sect4\"><\/a><\/p>\n<h3><strong>3. Les enjeux du dispositif rh\u00e9torique de la litt\u00e9rature&nbsp;: cr\u00e9aturialit\u00e9 et finitude<\/strong><\/h3>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">S\u2019il faut s\u2019abstenir de r\u00e9pondre d\u00e9finitivement \u00e0 la question du sens d\u2019une \u0153uvre, ne peut-on, ou plut\u00f4t ne doit-on tenter une interpr\u00e9tation du fait litt\u00e9raire lui-m\u00eame et de sa permanence&nbsp;? L\u2019enjeu du dispositif litt\u00e9raire est peut-\u00eatre insuffisamment th\u00e9matis\u00e9 par Jean Bessi\u00e8re. Sans doute celui-ci ne cesse-t-il de montrer que la litt\u00e9rature est une invention toujours renouvel\u00e9e de la probl\u00e9maticit\u00e9, une perp\u00e9tuelle interrogation des normes de partage du sens, la litt\u00e9rature posant la question \u00e9thique et politique du lieu commun. Mais ce qui fonde cette \u00e9thique&nbsp;semble \u00eatre une conception lib\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur l\u2019entre-limitation des libert\u00e9s individuelles<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\">18<\/a><\/sup> et la reconnaissance tactique de la pluralit\u00e9 des points de vue. Or, le probl\u00e8me est le suivant&nbsp;: une \u00e9thique lib\u00e9rale ne permet pas de penser la notion d\u2019alt\u00e9rit\u00e9. L\u2019alt\u00e9rit\u00e9 d\u2019autrui y est d\u00e9finie \u00e0 partir de ses r\u00e9percussions communicationnelles comme limitation de mon droit ou de mon pouvoir d\u2019agir et de parler. Elle court le risque d\u2019appara\u00eetre selon une n\u00e9gativit\u00e9, ce qui joue finalement contre la probl\u00e9maticit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\">19<\/a><\/sup>. Car, si l\u2019\u0153uvre est une limitation critique des pr\u00e9tentions du discours \u00e0 se dire soi-m\u00eame ou \u00e0 dire le monde, elle l\u2019est en vertu d\u2019une affirmation fondamentale&nbsp;: la transcendance inali\u00e9nable d\u2019un commandement. Qu\u2019elle en h\u00e9rite ou qu\u2019elle l\u2019institue dans sa fiction, ce commandement fonde la rh\u00e9torique litt\u00e9raire.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La position que nous allons tenter de d\u00e9fendre \u00e0 pr\u00e9sent tient en un faisceau de th\u00e8ses m\u00e9taphysiques dans le sens o\u00f9 elles exc\u00e8dent le domaine de l\u2019ontologie et de la gestion des conflits. Ces th\u00e8ses&nbsp;sont les suivantes : la litt\u00e9rature est la transmission d\u2019une pens\u00e9e positive de l\u2019autre&nbsp;; elle est du coup une pens\u00e9e de la transmission et du commandement&nbsp;; mais une pens\u00e9e qui ne se tient pas au-del\u00e0 de la parole. Plut\u00f4t devant la parole pour reprendre un titre proph\u00e9tique de Val\u00e8re Novarina.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Commenter, nous l\u2019avons dit, c\u2019est transmettre. C\u2019est traduire. La litt\u00e9rature, en tant qu\u2019elle est la tradition d\u2019un dispositif probl\u00e9matisant, t\u00e9moigne r\u00e9flexivement pour une \u00e9thique du commentaire. L\u2019\u00e9thique du commentaire quant \u00e0 elle est une \u00e9thique de la distance et de la singularit\u00e9, mais aussi de la filiation et de l\u2019h\u00e9ritage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Rastier \u00e9crit quelque part&nbsp;que :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab La jouissance de l&rsquo;h\u00e9ritage suppose une connaissance et une r\u00e9appropriation du pass\u00e9. S&rsquo;approprier une \u0153uvre ancienne, c&rsquo;est la maintenir pensable, mais aussi transformer ses interpr\u00e9tations. Mais dans l&rsquo;effort m\u00eame de l&rsquo;appropriation, une cr\u00e9ation a lieu qui t\u00e9moigne de la distance et de l&rsquo;impossibilit\u00e9 de la combler<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\">20<\/a><\/sup>. \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\"><\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le commentaire est \u00e0 la fois subjectivation (responsabilit\u00e9) et distance. Distance parce que subjectivation. La litt\u00e9rature, en signalant la probl\u00e9maticit\u00e9 du sens, fait \u0153uvre pour le maintien d\u2019une telle possibilit\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">On ne sera pas surpris de retrouver, dans le travail de Rastier, associ\u00e9 \u00e0 une critique de la m\u00e9taphysique de la pr\u00e9sence, le th\u00e8me l\u00e9vinassien de la trace. Le terme de trace nomme la condition du texte. Dont ne s\u2019accommodent ni le positivisme logique, ni les herm\u00e9neutiques du d\u00e9voilement, subjugu\u00e9s qu\u2019ils sont par l\u2019\u00e9vidence, respectivement, de l\u2019objet ou du sujet<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\">21<\/a><\/sup>. Mais si la r\u00e9flexion sur la trace chez Rastier est l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9flexion sur la distance \u00e9thique, sur l\u2019\u00e9gard, ce th\u00e8me, selon nous fondamental, n\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 que comme une contrainte interpr\u00e9tative parmi d\u2019autres<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\">22<\/a><\/sup>. Pourtant, lui seul peut donner sens aux contraintes de l\u2019interpr\u00e9tation critique. L\u2019originalit\u00e9 de la pens\u00e9e de Rastier est de substituer une d\u00e9ontologie \u00e0 une ontologie des textes, de replacer l\u2019activit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e8te dans l\u2019espace des normes de partage du sens en rempla\u00e7ant le besoin de comprendre par le d\u00e9sir d\u2019interpr\u00e9ter<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote23sym\" name=\"sdfootnote23anc\">23<\/a><\/sup>. Or, c\u2019est en ce d\u00e9sir que s\u2019enracine toute la d\u00e9marche critique&nbsp;: rien, sinon ne l\u2019appellerait.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Si, chez le s\u00e9mioticien, ce th\u00e8me n\u2019est pas suffisamment d\u00e9velopp\u00e9, si ses implications ne sont pas assez pr\u00e9cis\u00e9es, il nous faut essayer d\u2019y pallier, \u00e0 l\u2019aide des concepts de la pens\u00e9e de L\u00e9vinas. Nous rappellerons d\u2019abord que la trace est une rupture dans la ph\u00e9nom\u00e9nalit\u00e9, une rupture avec ce qui se montre, et se th\u00e9matise dans un discours de savoir. C\u2019est le surgissement positif de ce qui ne rel\u00e8ve pas du monde. La trace est l\u2019exposition du sujet \u00e0 la dimension de la parole, cette dimension qui n\u2019est pas en son pouvoir, et qui rel\u00e8ve de l\u2019exp\u00e9rience bouleversante du commandement et de l\u2019assignation.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il faut alors r\u00e9p\u00e9ter la question cruciale de L\u00e9vinas :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Le langage est-il transmission et \u00e9coute des messages qui seraient pens\u00e9s ind\u00e9pendamment de la communication [\u2026] ? Ou, au contraire, le langage comporterait-il un \u00e9v\u00e9nement positif pr\u00e9alable de la communication qui serait approche et contact du prochain et o\u00f9 r\u00e9siderait le secret de la naissance de la pens\u00e9e elle-m\u00eame et de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 verbal qui la porte ?<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\">24<\/a><\/sup> \u00bb <sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\"><\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui se transmet, c\u2019est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des normes, la transmissibilit\u00e9 elle-m\u00eame. On pourrait nous objecter que L\u00e9vinas tient un discours universel sur le langage, et qu\u2019il y a l\u00e0 une contradiction avec les th\u00e8ses que nous avions pr\u00e9c\u00e9demment expos\u00e9es, notamment avec les propositions de Rastier&nbsp;: mais il ne s\u2019agit plus ici de l\u2019universel englobant et impersonnel du concept. L\u2019universel de L\u00e9vinas est un universel de l\u2019assignation. Il rel\u00e8ve d\u2019une pens\u00e9e du <em>Nom propre<\/em>. Il faut rappeler avec Benny L\u00e9vy que \u00ab&nbsp;Le langage des noms est \u00e0 proprement parler celui de la transcendance, celui qui passe la \u00ab&nbsp;capacit\u00e9&nbsp;\u00bb du concept<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote25sym\" name=\"sdfootnote25anc\">25<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La litt\u00e9rature transmet une pens\u00e9e de l\u2019autre et de la distance&nbsp;; elle est en elle-m\u00eame la tradition d\u2019une telle transmission. Comme toute tradition elle vit de sa fragilit\u00e9. Conscience du fait qu\u2019\u00e0 tout moment le miracle du sens pourrait s\u2019effacer ou s\u2019oublier, elle se d\u00e9ploie sur l\u2019ab\u00eeme d\u2019une contingence radicale&nbsp;: cela explique qu\u2019elle puisse aussi bien se croire absolue que redouter son essoufflement.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La litt\u00e9rature comme tout discours rel\u00e8ve d\u2019une contingence historique&nbsp;; elle r\u00e9fl\u00e9chit et radicalise cette premi\u00e8re contingence en la signalant par la mise en place d\u2019une contingence rh\u00e9torique&nbsp;; pourtant, la litt\u00e9rature et son \u00e9tude ainsi d\u00e9finies restent m\u00e9comprises tant qu\u2019on ne les d\u00e9finit pas \u00e9galement comme exposition de soi et inqui\u00e9tude quant \u00e0 la fragilit\u00e9 du domaine du sens\u00e9&nbsp;: en quoi elles rejoignent une pr\u00e9occupation m\u00e9taphysique majeure&nbsp;dont l\u2019Europe aura h\u00e9rit\u00e9 de par sa source juive et son origine platonicienne :<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Ce qui a fait la philosophie grecque ce qu\u2019elle est, disait Patocka, le fondement de la vie europ\u00e9enne tout enti\u00e8re, c\u2019est d\u2019avoir d\u00e9duit de la d\u00e9tresse la plus fondamentale, un projet de vie, quelque chose qui transforme la mal\u00e9diction en grandeur<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote26sym\" name=\"sdfootnote26anc\">26<\/a><\/sup>. \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect5\"><\/a><strong>Conclusion<\/strong><\/h3>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous lirons \u00e0 pr\u00e9sent l\u2019\u00e9pisode de la Tour de Babel<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote27sym\" name=\"sdfootnote27anc\">27<\/a><\/sup>. Comme un \u00e9cho, car au d\u00e9faut des langues <em><span style=\"color: #ff0000\">s\u2019ente<\/span><\/em> <span style=\"color: #339966\">[s&rsquo;entend ?]<\/span> la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La tradition juive interpr\u00e8te parfois l\u2019\u00e9pisode de Babel de la fa\u00e7on suivante&nbsp;: les hommes se m\u00e9fient de Dieu, mettent en doute sa promesse de ne plus les an\u00e9antir (cf. l\u2019alliance noahique). La concentration en un seul lieu est alors une revendication d\u2019autonomie. Il y a l\u00e0 une r\u00e9volte de la cr\u00e9ature (la cr\u00e9aturialit\u00e9 est cette relation singuli\u00e8re avec quelque chose qui n\u2019est pas en mon pouvoir&nbsp;: c\u2019est Dieu ou l\u2019\u00eatre jet\u00e9), r\u00e9volte qui se traduit en m\u00eame temps par l\u2019instauration d\u2019une universalit\u00e9 qui gomme les diff\u00e9rences. Les hommes ont confondu la langue Une (la langue de l\u2019exposition \u00e0 autre chose, celle de l\u2019assignation) et la langue de l\u2019universel, de l\u2019imp\u00e9rialisme.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quel est alors le sens de la r\u00e9action divine&nbsp;? Un&nbsp;<em>midrach<\/em>&nbsp;nous dit que D. plonge les hommes dans l\u2019oubli de la langue Une. Celle-ci subsiste alors, \u00e0 travers l\u2019\u00e9parpillement des langues, dans l\u2019oubli. Se souvenir d\u2019elle serait risquer de r\u00e9it\u00e9rer Babel. L\u2019oublier c\u2019est peut-\u00eatre apprendre \u00e0 l\u2019\u00e9couter. La langue n\u2019est Une que si l\u2019unit\u00e9 peut s\u2019y oublier, ne pas s\u2019int\u00e9grer dans l\u2019ordre d\u2019un dit qui identifie, d\u2019une revendication th\u00e9matique de l\u2019Un, ne venir \u00e0 la conscience que sous la forme d\u2019une communication de l\u2019ignorance (selon le propre terme de Bessi\u00e8re, orient\u00e9 dans un sens vers o\u00f9 il n\u2019irait peut-\u00eatre pas lui-m\u00eame)<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote28sym\" name=\"sdfootnote28anc\">28<\/a><\/sup>. L\u2019Unit\u00e9 n\u2019est pas pr\u00e9sence. L\u2019universel englobant du concept s\u2019oppose \u00e0 l\u2019universel rayonnant de l\u2019assignation<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote29sym\" name=\"sdfootnote29anc\">29<\/a><\/sup>, comme la centralisation du sens s\u2019oppose au travail du commentaire et de la traduction.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nous proposerons pour finir l\u2019\u00e9nigme de deux citations, l\u2019une commentant l\u2019autre, dans la distance d\u2019une traduction \u00e0 reprendre, sans cesse&nbsp;:<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Walter Benjamin dans<em> La t\u00e2che du traducteur<\/em> \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Mais le rapport ainsi con\u00e7u, ce rapport tr\u00e8s intime entre les langues, est celui d\u2019une convergence originale. Elle consiste en ce que les langues ne sont pas \u00e9trang\u00e8res les unes aux autres, mais,&nbsp;<em>a priori<\/em> et abstraction faite de toutes relations historiques, apparent\u00e9es en ce qu\u2019elles veulent dire<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote30sym\" name=\"sdfootnote30anc\">30<\/a><\/sup>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Jacques Derrida commentant Benjamin&nbsp;:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab \u00c0 travers chaque langue quelque chose est vis\u00e9 qui est le m\u00eame et que pourtant aucune des langues ne peut atteindre s\u00e9par\u00e9ment. Elles ne peuvent pr\u00e9tendre l\u2019atteindre, et se le promettre, qu\u2019en co-employant ou co-d\u00e9ployant leurs vis\u00e9es intentionnelles, \u00ab le tout de leurs vis\u00e9es intentionnelles compl\u00e9mentaires \u00bb. Ce co-d\u00e9ploiement vers le tout est un reploiement, car ce qu\u2019il vise \u00e0 atteindre, c\u2019est \u00ab le langage pur \u00bb (die reine Sprache) ou la pure langue. Ce qui est alors vis\u00e9 par cette co-op\u00e9ration des langues et des vis\u00e9es intentionnelles n\u2019est pas transcendant \u00e0 la langue, ce n\u2019est pas un r\u00e9el qu\u2019elles investiraient de tous c\u00f4t\u00e9s comme une tour dont elles tenteraient de faire le tour. Non, ce qu\u2019elles visent intentionnellement chacune et ensemble dans la traduction, c\u2019est la langue m\u00eame comme \u00e9v\u00e9nement bab\u00e9lien, une langue qui n\u2019est pas la langue universelle au sens leibnizien, une langue qui n\u2019est pas davantage la langue naturelle que chacune reste de son c\u00f4t\u00e9, c\u2019est l\u2019\u00eatre-langue de la langue, la langue ou le langage en tant que tels, cette unit\u00e9 sans aucune identit\u00e9 \u00e0 soi qui fait qu\u2019il y a des langues et que ce sont des langues<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote31sym\" name=\"sdfootnote31anc\">31<\/a><\/sup>. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<hr>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><strong><a name=\"sect6\"><\/a>Notes<\/strong><\/h3>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote0sym\">1<\/a>&#8211;&nbsp; CHAROLLES Michel, \u00ab Les \u00e9tudes sur la coh\u00e9rence, la coh\u00e9sion et la connexit\u00e9 textuelles depuis la fin des ann\u00e9es 1960 \u00bb, colloque \u00ab Texts and text processing \u00bb, Poitiers, 1986.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> &#8211;&nbsp; Cf. MESCHONNIC Henri, \u00ab La po\u00e9sie et les livres saints \u00bb, <em>L\u2019Utopie du Juif<\/em>, Descl\u00e9e de Brower, 2001.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> &#8211;&nbsp; RASTIER Fran\u00e7ois, <em>Arts et sciences du&nbsp;<\/em>texte, P.U.F, 2001, p. 100.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Op. cit.&nbsp;<\/em>p. 18.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Op. cit.&nbsp;<\/em>pp. 15-16.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Op. cit.&nbsp;<\/em>p. 115.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Op. cit.&nbsp;<\/em>p. 119.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Jean Bessi\u00e8re,&nbsp;<em>Principes de la th\u00e9orie litt\u00e9raire<\/em>,&nbsp;<em>op. cit.<\/em>, pp. 67 et 115.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; \u00ab&nbsp;La pr\u00e9sentation est pour l\u2019auteur et le lecteur la caract\u00e9ristique minimale qui assure l\u2019identification de l\u2019\u0153uvre&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>op. cit.&nbsp;<\/em>p. 20.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Op. cit.&nbsp;<\/em>p. 33.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Jean Bessi\u00e8re appelle \u00ab&nbsp;quantit\u00e9&nbsp;\u00bb une certaine valeur absolue de l\u2019\u0153uvre, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle celle-ci s\u2019impose \u00e0 la conscience. La quantit\u00e9 rel\u00e8ve ainsi d\u2019une totalit\u00e9 constitutive de l\u2019\u0153uvre ainsi que d\u2019une unicit\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Elle rel\u00e8ve donc d\u2019une r\u00e8gle qu\u2019elle instaure express\u00e9ment comme&nbsp;<em>l\u2019autre<\/em>&nbsp;des principes pragmatiques r\u00e9gulant l\u2019\u00e9change informationnel courant tout en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 eux.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Par&nbsp;<em>poiesis&nbsp;<\/em>il faut entendre le fait que l\u2019\u0153uvre est toujours la reprise des donn\u00e9es des environnements formels et informationnels. \u00c0 la fois reprise et&nbsp;<em>action<\/em>&nbsp;de cette reprise, la&nbsp;<em>poiesis<\/em>&nbsp;est tautologie et d\u00e9passement, actualisation des structures de ces environnements, et singularisation.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Le rapport rh\u00e9torique que l\u2019\u0153uvre institue avec son lecteur est \u00e9tranger au jeu de la persuasion&nbsp;: Jean Bessi\u00e8re le nomme \u00ab&nbsp;adh\u00e9sion&nbsp;\u00bb (<em>op. cit.<\/em>&nbsp;p. 39), c\u2019est ce que nous entendons ici par \u00ab&nbsp;conscience s\u00e9miotique libre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Une telle permanence n\u2019emp\u00eache d\u2019ailleurs pas la notation d\u2019une historicit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre. Cette historicit\u00e9 n\u2019est pas la place de telle \u0153uvre dans une histoire de la litt\u00e9rature, ni m\u00eame dans une histoire des formes. On doit entendre par historicit\u00e9 la mani\u00e8re d\u2019am\u00e9nager le lieu du questionnable. En tant que cette mani\u00e8re n\u2019est pas interpr\u00e9table par une simple description, en tant que son fait redouble le fait de l\u2019\u0153uvre, elle engendre la question du <em>comment<\/em> de la question de la pertinence, et du <em>pourquoi<\/em> de ce <em>comment<\/em>. En ce sens, l\u2019historicit\u00e9 n\u2019est pas la seule singularit\u00e9, le seul jeu de l\u2019occurrence et du type&nbsp;: il en va plut\u00f4t d\u2019un rapport au sens entendu comme interrogativit\u00e9.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> &#8211;&nbsp; VOUILLOUX Bernard, \u00ab Du dispositif \u00bb, DANS<em>&nbsp;<\/em>Ortel, Philippe, Rykner, Arnaud et Centre de recherche La Sc\u00e8ne, <em>Discours, image, dispositif, <\/em>L&rsquo;Harmattan, 2008, pp. 15-31.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a> &#8211;&nbsp; Cf. BESSI\u00c8RE Jean, \u00ab Petite terminologie \u00bb,&nbsp; dans<em>&nbsp;<\/em>Krysinski, Wladimir, \u00e9d.&nbsp;<em>Canadian review of comparative literature &#8211; Jean Bessi\u00e8re : Literature and Comparative Literature revisited<\/em>, Toronto, Published by University of Toronto Press for the Canadian Comparative Literature Association, 2005, &nbsp;p. 21: \u00ab&nbsp;l\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire figure le fait d\u2019autrui selon le jeu de la dualit\u00e9 du&nbsp;<em>consensus<\/em>&nbsp;et du&nbsp;<em>disensus&nbsp;<\/em>\u2013 ce que la critique contemporaine a not\u00e9 par les termes d\u2019interdiscursivit\u00e9 et de dialogisme&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; En r\u00e9alit\u00e9, la question est plus complexe. Dans&nbsp;<em>Quel statut pour la litt\u00e9rature&nbsp;?&nbsp;<\/em>Jean Bessi\u00e8re pr\u00e9sente bien l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 comme l\u2019enjeu de la litt\u00e9rature. Dans cet ouvrage le concept d\u2019alt\u00e9rit\u00e9 oscille entre une d\u00e9termination communicationnelle et la notation d\u2019une transcendance&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire est par la reconnaissance de la proximit\u00e9 et de la transcendance des autres discours, et par le commun que constituent ces autres discours. La litt\u00e9rature se constitue par un jeu d\u2019alternative&nbsp;; elle tient son droit des autres, des autres discours qui font de leur ind\u00e9cidable commun la convention de l\u2019en-commun, selon le jeu de l\u2019autre sans autre.&nbsp;\u00bb (p.60.) Communicationnelle, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 engage des pratiques communes du discours caract\u00e9risables comme anti-dogmatiques, et non-auto-fond\u00e9es&nbsp;: la litt\u00e9rature par l\u2019inach\u00e8vement du sens que porte ses \u0153uvres invite \u00e0 une pragmatique de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 (p.90). Transcendante, l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 est ce qui n\u2019\u00e9tant justifiable par aucune finalit\u00e9 pratique produit sans s\u2019y r\u00e9duire le jeu irr\u00e9solu du consensus et du&nbsp;<em>dissensus<\/em>.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a> &#8211;&nbsp; RASTIER Fran\u00e7ois, \u00ab Communication ou transmission ? \u00bb,<em>&nbsp;C\u00e9sure<\/em>, n\u00b0 8, 1995, p. 181.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Idem<\/em>,&nbsp;<em>Arts et sciences du texte<\/em>,&nbsp;<em>op. cit.<\/em>,&nbsp;p. 122: \u00ab&nbsp;En revanche, le mode de l\u2019absence reste celui de la trace, toujours probl\u00e9matique, et de la distance historique que la philologie r\u00e9fl\u00e9chit. Le texte \u00e9crit, constitutivement priv\u00e9 de pr\u00e9sence, instaure une distance qui r\u00e9cuse ce mode compulsif et non r\u00e9fl\u00e9chi d\u2019interpr\u00e9tation que nous appelons la clart\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Rastier mentionne des contraintes critiques (explicitation de la m\u00e9thodologie), herm\u00e9neutiques (enrichissement et am\u00e9nagement d\u2019un espace pour les interpr\u00e9tations \u00e0 venir), et historiques&nbsp;:&nbsp;<em>op. cit.<\/em>,p. 128.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote23\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote23anc\" name=\"sdfootnote23sym\">23<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp;&nbsp;<em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote24\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote24anc\" name=\"sdfootnote24sym\">24<\/a> &#8211;&nbsp; LEVINAS Emmanuel, <em>En d\u00e9couvrant l\u2019existence avec Husserl et Heidegger<\/em>, Vrin, 1949, Vrin, 2006, pp. 327-328.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote25\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote25anc\" name=\"sdfootnote25sym\">25<\/a> &#8211;&nbsp; L\u00c9VY Benny , <em>Visage continu \u2013 La pens\u00e9e du retour chez Emmanuel Levinas<\/em>, Verdier, 1998, p. 78.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote26\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote26anc\" name=\"sdfootnote26sym\">26<\/a> &#8211;&nbsp; PATOCKA Jan, <em>Platon et l\u2019Europe<\/em>, 1973, Verdier, 1983, trad. Erika Abrams, p. 43. Cf. aussi pp. 68-69.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote27\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote27anc\" name=\"sdfootnote27sym\">27<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Nous renvoyons \u00e0 la traduction de Henri Meschonnic&nbsp;:&nbsp;<em>Au commencement, traduction de la Gen\u00e8se<\/em>, Paris, Descle\u0301e de Brouwer, 2002.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote28\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote28anc\" name=\"sdfootnote28sym\">28<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; On pourrait soutenir une th\u00e8se proche mais diff\u00e9rente&nbsp;: l\u2019\u00e9pisode de Babel serait oubli de la Torah noahique, de la Torah donn\u00e9e \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 (ha-adam). La Torah sina\u00eftique serait alors le rappel des&nbsp;<em>mitsvot&nbsp;<\/em>enjointes \u00e0 l\u2019ensemble des nations du monde&nbsp;: l\u2019universel serait ainsi \u00e0 penser comme rapport des nations du monde \u00e0 la nation d\u2019Isra\u00ebl, pens\u00e9e elle-m\u00eame comme rappel de la Torah adamique, universelle. Sur cette interpr\u00e9tation, cf. Gilles Hanus,&nbsp;<em>L\u2019un et l\u2019universel &#8211; Lire L\u00e9vinas avec Benny L\u00e9vy<\/em>, Verdier, 2007, p. 60.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote29\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote29anc\" name=\"sdfootnote29sym\">29<\/a> &#8211;&nbsp; Cf. DERRIDA Jacques,<em>&nbsp;Adieu \u00e0 Emmanuel L\u00e9vinas<\/em>, Galil\u00e9e, 1997.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote30\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote30anc\" name=\"sdfootnote30sym\">30<\/a> &#8211;&nbsp; BENJAMIN Walter, \u00ab La t\u00e2che du traducteur \u00bb (1923), <em>\u0152uvres I<\/em>, trad. M. de Gandillac, Gallimard, 2000, p. 248.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<div id=\"sdfootnote31\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote31anc\" name=\"sdfootnote31sym\">31<\/a> &#8211;&nbsp; DERRIDA Jacques, \u00ab Des tours de Babel \u00bb, dans<em>&nbsp;Psych\u00e9 \u2013 Inventions de l\u2019autre<\/em>, Galil\u00e9e, 1987\/1998, p. 232.<\/p>\n<hr>\n<h3 style=\"text-align: justify\"><a name=\"sect7\"><\/a><strong><a name=\"sect7\"><\/a>Bibliographie<\/strong><\/h3>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BENJAMIN Walter, \u00ab La t\u00e2che du traducteur \u00bb (1923) dans<em>&nbsp;\u0152uvres &#8211; Tome I. Tr<\/em>aduit par Maurice De Gandillac et Pierre Rusch, Paris, Gallimard, \u00ab Folio Essais \u00bb, 2000, 400p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BESSI\u00c8RE Jean, <em>Principes de la th\u00e9orie litt\u00e9raire.<\/em> Paris, Presses Universitaires de France, \u00ab L&rsquo;interrogation philosophique \u00bb, 2005, 268p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">BESSI\u00c8RE Jean, <em>Quel statut pour la litt\u00e9rature ?,<\/em> Paris, Presses Universitaires de France, \u00ab L&rsquo;interrogation philosophique \u00bb, 2001, 259p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">DERRIDA Jacques, \u00ab Des tours de Babel \u00bb dans<em> Psych\u00e9 : inventions de l&rsquo;autre, <\/em>Paris, Galil\u00e9e, La Philosophie en effet, 1987, 656p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">HANUS Gilles, <em>L&rsquo;un et l&rsquo;universel : lire L\u00e9vinas avec Benny L\u00e9vy, <\/em>&nbsp;Lagrasse, Verdier, \u00ab&nbsp; Verdier philosophie \u00bb, 2007, 90p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">HELLER-ROAZEN Daniel, <em>\u00c9cholalies : essai sur l&rsquo;oubli des langues, <\/em>Traduit par Justine Landau, Paris, E\u0301ditions du Seuil, \u00ab La Librairie du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00bb, 2007, 292p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">KRYSINSKI Wladimir, Ed. <em>Canadian review of comparative literature &#8211; Jean Bessi\u00e8re : Literature and Comparative Literature revisited,<\/em> Toronto, University of Toronto Press for the Canadian Comparative Literature Association, 2005.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LEVINAS Emmanuel,<em> Autrement qu&rsquo;\u00eatre ou au-del\u00e0 de l&rsquo;essence,<\/em> La Haye, M. Nijhoff, 1978, 233p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LEVINAS Emmanuel,&nbsp;<em>En d\u00e9couvrant l&rsquo;existence avec Husserl et Heidegger, <\/em>\u00e9dition suivie d&rsquo;<em>Essais nouveaux, <\/em>Paris, Vrin, \u00ab Biblioth\u00e8que d&rsquo;histoire de la philosophie \u00bb, 2001, 330p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">LEVY Benny, <em>Le meurtre du pasteur : critique de la vision politique du monde,<\/em> Paris, Le livre de poche, \u00ab Biblio Essais \u00bb, 2004, 318p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>LEVY Benny, Visage continu : la pens\u00e9e du retour chez Emmanuel L\u00e9vinas,<\/em>&nbsp;Lagrasse, Verdier, \u00ab Verdier philosophie \u00bb 1998, 138p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MESCHONNIC Henri (trad.),&nbsp; <em>Au commencement : traduction de la Gen\u00e8se,<\/em> Paris, Descl\u00e9e de Brouwer, 2002, 370p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">MESCHONNIC Henri, <em>L&rsquo;utopie du juif,<\/em> Paris, Descl\u00e9e de Brouwer, collection Midrash, 2001, 428p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">ORTEL Philippe (\u00e9d.), Centre de recherche \u00ab\u00a0La Sc\u00e8ne\u00a0\u00bb (laboratoire LLA &#8211; Lettres, Langages et Arts, Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s) (\u00e9d.)<em>. Discours, image, dispositif, <\/em>colloque international organis\u00e9 par Arnaud Rykner et le Laboratoire de recherche LLA, Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s, Paris, L&rsquo;Harmattan, Champs visuels, 2008, 263p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">PATOCKA&nbsp; Jan, <em>Platon et l&rsquo;Europe : s\u00e9minaire priv\u00e9 du semestre d&rsquo;\u00e9t\u00e9 1973, T<\/em>raduit par Erika ABRAMS, Lagrasse, Verdier, 1997, 316p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RASTIER Fran\u00e7ois, <em>Arts et sciences du texte, <\/em>Paris, Presses Universitaires de France, Formes s\u00e9miotiques, 2001, 303p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RASTIER Fran\u00e7ois, \u00ab Communication ou transmission ? \u00bb, <em>C\u00e9sure<\/em>, no. 8 (1995), 151-195.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">RASTIER Fran\u00e7ois, <em>S\u00e9mantique interpr\u00e9tative, <\/em>Paris, Presses Universitaires de France, Formes s\u00e9miotiques, 2009, 248p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">SPERBER Dan, WILSON Deirdre, <em>La pertinence : communication et cognition, <\/em>Traduit par Abel GERSCHENFELD, Paris, les E\u0301ditions de Minuit, \u00ab Propositions \u00bb, 1989, 396p.<\/p>\n<p><a name=\"sect1\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">UTAKER Arild, \u00ab Babel et la diversit\u00e9 des langues \u00bb, <em>Revue Texto<\/em> [en ligne], 2004, vol. 2, n\u00b02, p.29-39. Disponible sur <a href=\"http:\/\/www.revue-texto.net\/1996-2007\/Lettre\/Lettre.html\">ce lien<\/a>.<\/p>\n<p>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Beno\u00eet Monginot Doctorant, allocataire moniteur, Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s benoit.monginot\/@\/voila.fr Pour citer cet article : Monginot, Beno\u00eet, \u00ab Babel ou la convergence comme mythe : quelle m\u00e9thode pour une connaissance du sens\u00e9 ? \u00bb, Litter@ Incognita [En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b03 \u00ab Les Interactions II \u00bb, 2010, mis en ligne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[46745,46602,13687,46554,46661,46662,9180,46660],"class_list":["post-753","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-babel","tag-hermeneutique","tag-linguistique","tag-n3","tag-sens","tag-theorie-de-la-litterature","tag-transmission","tag-universel","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=753"}],"version-history":[{"count":58,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/753\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4559,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/753\/revisions\/4559"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}