 {"id":765,"date":"2016-02-16T09:36:32","date_gmt":"2016-02-16T08:36:32","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=765"},"modified":"2019-09-25T17:40:15","modified_gmt":"2019-09-25T16:40:15","slug":"numero-4-2011-article-1-sbg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-4-2011-article-1-sbg\/","title":{"rendered":"L\u2019atelier de lecture th\u00e9rapeutique : entre th\u00e9orie litt\u00e9raire et pratique de soin"},"content":{"rendered":"<p><strong><span class=\"gras\">Sar<\/span><span class=\"gras\">a B\u00e9dard-Goulet<\/span><\/strong><br \/>\n<span class=\"fonction\">Doctorante au Laboratoire LLA-CR\u00c9ATIS de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s et au D\u00e9partement de litt\u00e9ratures de langue fran\u00e7aise de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al<br \/>\n<a class=\"lien\" href=\"m&#97;&#x69;&#x6c;to&#58;&#x69;&#x63;hb&#105;&#x6e;&#x73;ar&#x61;&#x40;&#x67;o&#111;&#x67;&#x6c;em&#97;&#x69;&#x6c;&#46;c&#111;&#x6d;\">ichb&#105;&#110;&#x73;&#x61;&#x72;&#x61;&#x40;goog&#108;&#101;&#x6d;&#x61;&#x69;&#x6c;&#x2e;com<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : <span class=\"gras\">B\u00e9dard-Goulet<\/span>, <span class=\"gras\">Sar<\/span><span class=\"gras\">a<\/span>, \u00ab L\u2019atelier de lecture th\u00e9rapeutique : entre th\u00e9orie litt\u00e9raire et pratique de soin. \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b04 \u00ab L\u2019hybride \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des regards crois\u00e9s \u00bb, 2012, mis en ligne en 2012, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-4-2011-article-1-sbg\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article au format PDF<\/p>\n<hr>\n<div class=\"abstract\" style=\"text-align: justify\" lang=\"fr\">\n<h3 class=\"article\">R\u00e9sum\u00e9 :<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Le pr\u00e9sent article fait part d\u2019un projet de recherche qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la litt\u00e9rature et la psychose, et qui allie \u00e9tudes th\u00e9oriques et applicatives, sous la forme d\u2019un atelier de lecture destin\u00e9 aux patients du Centre hospitalier sp\u00e9cialis\u00e9 G\u00e9rard-Marchant de Toulouse. Celui-ci se fonde sur certaines th\u00e9ories litt\u00e9raires et pratiques d\u2019art-th\u00e9rapie et permet, en retour, d\u2019analyser autrement les \u0153uvres litt\u00e9raires, dont celles de Nathalie Sarraute.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s : <\/strong>litt\u00e9rature &#8211; psychiatrie &#8211; langage &#8211; art-th\u00e9rapie &#8211; Nathalie Sarraute &#8211; dysfonctionnements langagiers<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"abstract\" lang=\"en\">\n<h3 class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Abstract :<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">This article presents a research project interested in literature and psychosis, which mixes theoritical and applicative studies in reading sessions with the patients from G\u00e9rard-Marchant specialized hospital in Toulouse. The sessions are based on some literary theories and art-therapy practices which allows, in return, to analyze differently literary works, such as Natalie Sarraute\u2019s.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><strong>Key-words:<\/strong> literature &#8211; psychiatry &#8211; language &#8211; art-therapy &#8211; Nathalie Sarraute &#8211;<strong>&nbsp; <\/strong>language dysfunctions<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div id=\"menuSommaire\" style=\"text-align: justify\">\n<hr>\n<h3><strong>Sommaire<br \/>\n<\/strong><\/h3>\n<p><a href=\"#sect1\">1. Litt\u00e9rature et psychose<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect2\">2. L\u2019atelier de lecture<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect3\">3. R\u00e9sultats pr\u00e9liminaires<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect4\">4. Sarraute et la psychose<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect5\">Notes<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect6\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"colDroite\">\n<div class=\"contenuArticle\">\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect1\"><\/a>1. Litt\u00e9rature et psychose<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Nous avons choisi d\u2019\u00e9tudier les effets th\u00e9rapeutique de la litt\u00e9rature, notamment afin d\u2019aider les patients du Centre hospitalier sp\u00e9cialis\u00e9 G\u00e9rard-Marchant de Toulouse sous la forme d\u2019un atelier hebdomadaire. Nous nous sommes inspir\u00e9s des th\u00e9ories de la litt\u00e9rature et des pratiques d\u2019art-th\u00e9rapie pour cr\u00e9er cet atelier qui, en retour, nous permet de poser un regard diff\u00e9rent sur les \u0153uvres et les \u00e9tudes litt\u00e9raires. \u00c0 la suite de plusieurs th\u00e9oriciens, nous avons consid\u00e9r\u00e9 les fictions litt\u00e9raires comme des mondes parall\u00e8les, actualis\u00e9s par l\u2019activit\u00e9 du lecteur, qui produit un mod\u00e8le mental et symbolique \u00e0 partir du texte. Nous pouvons comparer les mondes fictionnels \u00e0 des simulateurs, au sens courant d\u2019appareil qui permet de repr\u00e9senter artificiellement un fonctionnement r\u00e9el ; ceux-ci permettent au lecteur d\u2019engager une activit\u00e9 psychique semblable \u00e0 celle employ\u00e9e dans la vie et explique son immersion fictionnelle parfois totale. La simulation n\u00e9cessite une abstraction qui laisse des \u00ab espaces vides \u00bb dans ces mondes, mais qui fait aussi l\u2019int\u00e9r\u00eat esth\u00e9tique du texte selon leur agencement avec les \u00ab&nbsp;espaces pleins \u00bb. Elle permet \u00e9galement un investissement cr\u00e9atif de la part du lecteur allant \u00e0 la rencontre de l\u2019\u0153uvre, qu\u2019il peut choisir de s\u2019approprier ou non mais qui, dans tous les cas, le pousse \u00e0 se d\u00e9finir par rapport au texte. La psychose, quant \u00e0 elle, est caract\u00e9ris\u00e9e selon Alain Manier, par \u00ab l&rsquo;inscription du rat\u00e9 irr\u00e9vocable d&rsquo;une articulation (pens\u00e9e-langage) qui n&rsquo;a pas \u00ab\u00a0pris\u00a0\u00bb chez l&rsquo;enfant \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/sup>. Rappelons que selon Saussure, le signe linguistique unit arbitrairement un concept (ou signifi\u00e9) et une image acoustique (ou signifiant). Cette articulation entre la masse des id\u00e9es (dans laquelle on inclut les percepts) et celle des mots n\u2019existe pas ou peu chez le psychotique. Ces enfants, tributaires de la parole de l\u2019Autre comme tout le monde, ne l\u2019ont pas \u00ab&nbsp;re\u00e7ue&nbsp;\u00bb ; bien qu\u2019ils puissent parler, ils n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019usage social du langage. Ce dysfonctionnement langagier est, le dit Alain Manier, \u00ab une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;\u00ab\u00a0catastrophe\u00a0\u00bb : d\u00e9nouement sans suite qui n&rsquo;ouvre plus \u00e0 aucune forme de vie, de relation, de maturation \u00e0 advenir \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a><\/sup>. Ainsi, nous ne pouvons pas dire qu\u2019il existe une repr\u00e9sentation qui serait de nature psychotique, mais uniquement \u00ab une pr\u00e9sentation imm\u00e9diate, totale, immuable et non langagi\u00e8re \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/sup>.<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect2\"><\/a>2. L\u2019atelier de lecture<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Il nous a sembl\u00e9 que la litt\u00e9rature, parce qu\u2019elle met l\u2019accent sur le langage et les percepts, qu\u2019elle simule psychiquement les interactions de la vie sociale et int\u00e9rieure, pouvait aider ces individus \u00e0 s\u2019approprier la fonction symbolique et \u00e0 d\u00e9velopper leurs aptitudes sociales et personnelles. En nous inscrivant \u00e0 un D.U. de Psychiatrie et art-th\u00e9rapie, nous avons pu appr\u00e9hender les principes des psychoth\u00e9rapies m\u00e9diatis\u00e9es, qui cherchent d\u2019abord \u00e0 cr\u00e9er un espace o\u00f9 peut s\u2019exprimer la cr\u00e9ativit\u00e9 du patient au moyen de divers m\u00e9dias artistiques. L\u2019atelier de lecture est pens\u00e9 comme un cadre d\u2019accompagnement rassurant et stable, d\u00e9limit\u00e9 physiquement par l\u2019espace qui lui est allou\u00e9, rythm\u00e9 par son fonctionnement et anim\u00e9 par les m\u00eames soignants, dans ce cas une ergoth\u00e9rapeute de l\u2019h\u00f4pital et nous-m\u00eames. Contrairement \u00e0 d\u2019autres m\u00e9dias, la lecture litt\u00e9raire fait appel \u00e0 une cr\u00e9ativit\u00e9 int\u00e9rieure de la part du lecteur, qui est difficilement quantifiable, mais dont on peut g\u00e9n\u00e9ralement observer des signes r\u00e9v\u00e9lateurs. Notre atelier d\u00e9bute par la s\u00e9lection, par chacun des participants et des soignants, d\u2019un extrait parmi une vingtaine de livres pos\u00e9s sur la table. La lecture des passages \u00e0 voix haute par chacun des participants permet de les partager avec le groupe et de profiter des sonorit\u00e9s et du rythme de l\u2019\u0153uvre. On s\u2019aper\u00e7oit aussi des difficult\u00e9s de lecture et d\u2019investissement dans le texte, parfois caus\u00e9es par la forte m\u00e9dication qui provoque notamment des troubles de la vue et des tremblements. Chaque lecture est suivie d\u2019un bref commentaire sur le choix de l\u2019extrait et ce qu\u2019il r\u00e9veille : pens\u00e9es, associations, souvenirs, \u00e9motions, images. Le texte devient un contenant de pens\u00e9e qui donne des mots \u00e0 mettre sur les ressentis exprim\u00e9s, une difficult\u00e9 majeure chez les patients. La fiction litt\u00e9raire est con\u00e7ue comme une m\u00e9diatisation du langage incompr\u00e9hensible et angoissant de l\u2019Autre et sa fr\u00e9quentation r\u00e9guli\u00e8re sert \u00e0 introduire le monde de mani\u00e8re indirecte et moins mena\u00e7ante. La lecture est suivie par un moment d\u2019\u00e9criture semi dirig\u00e9, seul ou \u00e0 deux, qui permet de laisser une trace et de s\u2019exprimer. On met l\u00e0 aussi l\u2019accent sur les ressentis \u00e9motionnel et corporel, ainsi que sur la relation aux autres. Contrairement aux productions en ergoth\u00e9rapie r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par les patients \u00e0 la fin de l\u2019atelier, les \u00e9crits sont conserv\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, car consid\u00e9r\u00e9s comme des d\u00e9p\u00f4ts de souffrance. En raison des contraintes de la structure hospitali\u00e8re et du public vis\u00e9, l\u2019\u00e9valuation de l\u2019atelier se fait principalement par des observations et \u00e0 l\u2019aide d\u2019un tr\u00e8s bref questionnaire sur le v\u00e9cu d\u2019atelier \u00e0 la fin de chaque s\u00e9ance.<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect3\"><\/a>3. R\u00e9sultats pr\u00e9liminaires<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Bien qu\u2019on souhaiterait voir des r\u00e9sultats significatifs et rapides, les ateliers d\u2019art-th\u00e9rapie en milieu psychiatrique sont un investissement \u00e0 long terme, soumis aux al\u00e9as du parcours de soin et du fonctionnement de l\u2019institution. Sur les 17 patients qui sont pass\u00e9s par l\u2019atelier en un an (sur une base volontaire, mais sous prescription m\u00e9dicale), 8 ont aujourd\u2019hui quitt\u00e9 l\u2019h\u00f4pital pour rentrer chez eux ou pour \u00eatre replac\u00e9s dans une autre structure. Plusieurs sont arriv\u00e9s en cours d\u2019ann\u00e9e et certains n\u2019ont assist\u00e9 qu\u2019\u00e0 une, deux ou trois s\u00e9ances. Bien que la plupart des patients soient schizophr\u00e8nes, certains souffrent d\u2019autres pathologies avec des probl\u00e9matiques diff\u00e9rentes, notamment des troubles neurologiques et des troubles de l\u2019humeur. Il est donc difficile d\u2019\u00e9valuer quantitativement la port\u00e9e de l\u2019atelier sur une pathologie donn\u00e9e, car il s\u2019inscrit dans un parcours de soin institutionnel et concerne un petit groupe ouvert. Nous pouvons toutefois juger qualitativement de l\u2019\u00e9volution des patients au cours des s\u00e9ances. Pour des patients en grande difficult\u00e9, se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019atelier r\u00e9guli\u00e8rement et y participer pendant une heure est d\u00e9j\u00e0 un effort significatif. M\u00eame si l\u2019on ne peut constater d\u2019am\u00e9lioration visible, l\u2019atelier peut contribuer \u00e0 freiner la d\u00e9gradation de leur \u00e9tat, surtout pour des patients en perte d\u2019autonomie, hospitalis\u00e9s sur une longue p\u00e9riode. Pour la plupart des patients, l\u2019atelier est un lieu d\u2019expression o\u00f9 ils se confient ; ils font spontan\u00e9ment des liens entre leurs lectures et leurs exp\u00e9riences pour parler d\u2019eux-m\u00eames. Ils \u00e9changent avec les soignants et les autres patients autour de probl\u00e9matiques personnelles ou de sujets vari\u00e9s, dont l\u2019appr\u00e9ciation des \u0153uvres et des textes r\u00e9dig\u00e9s. Certains d\u2019entre eux prennent l\u2019initiative d\u2019apporter les livres qu\u2019ils d\u00e9sirent partager avec le groupe et pr\u00e9sentent un ou des passages qu\u2019ils ont particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9s. Au fil des s\u00e9ances, il s\u2019\u00e9tablit une coh\u00e9sion dans le groupe et les patients se pr\u00e9occupent davantage des autres, s\u2019interrogent sur leurs absences par exemple.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Pascal souffre de schizophr\u00e9nie. Hospitalis\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es, il a fait plusieurs longs s\u00e9jours en institution et n\u2019est pas autonome. Il assiste r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019atelier ; m\u00eame s\u2019il dit s\u2019ennuyer, il participe et \u00e9change de plus en plus avec les autres patients. Son timbre de voix tr\u00e8s bas et sa tendance \u00e0 marmonner (qu\u2019il attribue \u00e0 sa m\u00e9dication) rendent sa lecture fastidieuse \u00e0 \u00e9couter, sauf les jours o\u00f9, sans raison visible, il parle plus fort. Interrog\u00e9 sur ses lectures, Pascal fait beaucoup de liens avec son enfance, parfois de mani\u00e8re ironique, comme s\u2019il prenait une attitude moqueuse par rapport au traitement psychanalytique qu\u2019il semble conna\u00eetre et auquel il associe l\u2019atelier. Il cherche aussi \u00e0 provoquer avec des sujets controvers\u00e9s (nazisme, messes noires, cannibalisme, etc.), mais il a une culture \u00e9tendue et une r\u00e9flexion d\u00e9velopp\u00e9e. Dans quelques ateliers o\u00f9 il semble \u00eatre plus pos\u00e9, il \u00e9voque la maladie, la trop lourde m\u00e9dication, l\u2019enfermement, et le suicide. Dans son cas, l\u2019atelier contribue \u00e0 maintenir ses capacit\u00e9s d\u00e9clinantes \u00e0 cause de sa longue hospitalisation, de l\u2019oisivet\u00e9 et de la m\u00e9dication qui lui donne notamment des troubles de la vue et de l\u2019\u00e9locution. Il lui permet aussi de s\u2019exprimer sur ses pr\u00e9occupations, ce qu\u2019il fait en \u00e9crivant des textes montrant son imaginaire tr\u00e8s riche et sa cr\u00e9ativit\u00e9 langagi\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\"><em><strong>Retranscription du texte&nbsp; de Pascal<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Lorsque la mort fut venue<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Lente lente ne l\u2019attendit plus<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Mort-vivant d\u00e9j\u00e0, sans soucis ni amis<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Seul seul au fond de son lit<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Il g\u00e9missait alors languit<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Il pleura pleura la vie la vie<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Le d\u00e9luge diminua puis il s\u00e9cha<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Les yeux humides brillaient au soleil<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Il s\u00e9chait il s\u00e9chait<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Bon sent le sport l\u2019int\u00e9ressait<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Il se mit \u00e0 marcher puis \u00e0 courir<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Jusqu\u2019\u00e0 parcourir le monde en entier<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Il se prenait pour une vedette<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Bon march\u00e9 aux pieds aux pieds<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Le pied le pied cette vie active<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">On aurait dit une f\u00eate sans fin<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">La fin engendre la fin<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">La fin sans d\u00e9tective<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: left\">Am\u00e8ne<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Cet exercice inspir\u00e9 du renku<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/sup> japonais montre n\u00e9anmoins l\u2019attention qu\u2019il porte au dialogue, aux images et au rythme du texte.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Louis, lui, est dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure d\u2019Arts et m\u00e9tiers et a aussi une licence d\u2019histoire ; c\u2019est un grand lecteur et il est tr\u00e8s investi dans l\u2019atelier. Il est hospitalis\u00e9 d\u2019office pour la premi\u00e8re fois et il a plut\u00f4t l\u2019habitude des cliniques priv\u00e9es ; il a eu des difficult\u00e9s \u00e0 s\u2019adapter aux autres patients de son pavillon, g\u00e9n\u00e9ralement plus atteints que lui. Pendant les premi\u00e8res s\u00e9ances, son \u00e9locution est h\u00e9sitante, il a des blancs de m\u00e9moire, puis il devient de plus en plus \u00e0 l\u2019aise. Il parle de sa famille, de ses origines pieds-noires et s\u2019exprime, \u00e0 travers ses textes et ses choix de lecture, sur ses rapports probl\u00e9matiques avec les femmes et sur ses angoisses. Il semble \u00e0 l\u2019aise avec les participants du groupe et les aide parfois dans leurs lectures. Ci-dessous un texte qu\u2019il a \u00e9crit pendant la s\u00e9ance du 19 octobre 2010. Le th\u00e8me de l\u2019\u00e9crit \u00e9tait : \u00ab mon r\u00eave familier \u00bb, que nous avions introduit en lisant le po\u00e8me de Verlaine du m\u00eame titre. Le texte, par sa forme et son contenu, est particuli\u00e8rement riche et touche \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments tr\u00e8s personnels, ce que confirme le questionnaire de cette s\u00e9ance o\u00f9 Louis \u00e9crit se sentir honteux.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><strong><em>Retranscription du texte de Louis<\/em><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Mon r\u00eave familier<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 3 ans, \u00e9mergeant de l\u2019eau telle une ondine.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 13 ans, pleine d\u2019acn\u00e9 et le sourire barr\u00e9 par une ligne de fil de fer barbel\u00e9.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 23 ans, toute \u00e9branl\u00e9e par l\u2019aveu de ma secr\u00e8te passion, elle qui ne voyait pas en moi un homme mais une relation presque asexu\u00e9e de ses parents.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 28 ans, qui se jette dans mes bras apr\u00e8s un chagrin d\u2019amour inflig\u00e9 par un petit con de son \u00e2ge.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 33 ans, qui m\u2019annonce qu\u2019elle me quitte afin d\u2019avoir avec un autre les enfants que je me refuse \u00e0 lui donner de peur de les laisser orphelin avant 20 ans.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 38 ans, me recevant dans sa chambre \u00e0 la maternit\u00e9 pour que je vienne voir sa derni\u00e8re merveille, une fille, apr\u00e8s deux gar\u00e7ons, et qui lui ressemblera.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 43 ans, m\u2019apprenant qu\u2019on vient de lui d\u00e9tecter un cancer du sein et me demandant si elle partait la premi\u00e8re, de veiller sur sa fille.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Maureen, 48 ans, assistant \u00e0 mes obs\u00e8ques tr\u00e8s dignement, moi qui me suis \u00e9teint de mort naturelle \u00e0 78 ans.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Bien qu\u2019on ne puisse \u00e9valuer quantitativement les bienfaits de l\u2019atelier de lecture sur ces patients, il leur alloue clairement un espace d\u2019expression dans lequel ils mettent des mots sur leurs ressentis. Il leur permet aussi d\u2019\u00e9changer au sein du groupe et de respecter certaines r\u00e8gles de l\u2019interaction sociale.<\/p>\n<h3 class=\"western\"><a name=\"sect4\"><\/a>4. Sarraute et la psychose<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">L\u2019atelier de lecture et la clinique de la psychose nous ont permis en retour d\u2019analyser des textes litt\u00e9raires sous un angle nouveau, notamment l\u2019\u0153uvre de Nathalie Sarraute. Celle-ci est port\u00e9e par une m\u00e9fiance originelle qu\u2019\u00e9prouve l\u2019auteure pour les mots, dont le traitement t\u00e9moigne d\u2019un effondrement s\u00e9miotique semblable \u00e0 celui qu\u2019on rencontre dans la psychose et dont Sarraute donne, involontairement, un aper\u00e7u frappant. <em>Dans L\u2019Usage de la parole<\/em>, on retrouve une image de l\u2019articulation entre id\u00e9e et mot d\u00e9crite par Saussure \u00e0 propos de la r\u00e9flexion d\u2019un personnage :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Et aussit\u00f4t, comme toujours, son esprit alert\u00e9 appelle, fait accourir, s\u00e9lectionne, rassemble tout ce qu\u2019il poss\u00e8de de plus habile, de mieux entra\u00een\u00e9, de plus apte \u00e0 attraper ce qu\u2019on lui lance\u2026 une id\u00e9e\u2026 par un bout il la saisit\u2026 Mais que lui arrive-t-il&nbsp;? Elle lui \u00e9chappe comme tir\u00e9e en arri\u00e8re\u2026 comme par un effet de boomerang elle revient \u00e0 son point de d\u00e9part\u2026 la voici l\u00e0-bas, retrouvant son \u00e9l\u00e9ment, s\u2019animant, devenant un \u00eatre vivant, [Puis plus loin\u2026] impossible de s\u2019en emparer, elle joue \u00e0 cache-cache, se dissimule dans des d\u00e9dales, se perd dans des m\u00e9andres\u2026<\/p>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Et puis revient, se tend de nouveau, s\u2019offre, se propose, veut s\u2019imposer\u2026 [Puis plus loin\u2026] Les mots qui la rev\u00eatent, \u00e0 part quelques inversions seyantes, quelques brisures, sont dispos\u00e9es dans l\u2019ordre qu\u2019impose la raison, ils remplissent d\u00fbment leur fonction.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Nous observons ici que les id\u00e9es forment une masse distincte qui s\u2019articule \u00e0 la masse des mots compris dans la langue, pour \u00e9ventuellement se transmettre \u00e0 des interlocuteurs. Ce travail de ma\u00eetrise du langage, Natacha l\u2019exp\u00e9rimente dans <em>Enfance<\/em> lorsqu\u2019elle va au cours Br\u00e9bant et qu\u2019elle apprend \u00e0 contr\u00f4ler son \u00e9criture alors illisible : \u00ab petit \u00e0 petit \u00bb, dit-elle, \u00ab&nbsp;\u00e0 force d\u2019application, mon \u00e9criture s\u2019assagit, se calme&#8230;\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\">6<\/a><\/sup> Au chapitre suivant, les id\u00e9es incontr\u00f4lables qui s\u2019emparaient d\u2019elle jusqu\u2019alors sans qu\u2019elle puisse s\u2019en d\u00e9barrasser ne la tourmentent plus :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Je n\u2019y pense plus jamais, je peux dire que cela m\u2019est compl\u00e8tement \u00ab sorti de la t\u00eate \u00bb. [\u2026] Comment est-il possible que j\u2019aie pu \u00e9prouver cela il y a si peu de temps, il y a \u00e0 peine un an, quand elles arrivaient, s\u2019introduisaient en moi, m\u2019occupaient enti\u00e8rement\u2026 \u00ab mes id\u00e9es \u00bb que j\u2019\u00e9tais seule \u00e0 avoir, qui faisaient tout chavirer, je sentais parfois que j\u2019allais sombrer\u2026 un pauvre enfant fou, un b\u00e9b\u00e9 d\u00e9ment, appelant \u00e0 l\u2019aide&#8230;<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\">7<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Natacha, comme la plupart des enfants, apprend \u00e0 articuler les mots et les id\u00e9es \u00e0 partir d\u2019un syst\u00e8me symbolique de r\u00e9p\u00e9tition du r\u00e9el d\u00e9j\u00e0 en place. Le risque pour ceux qui n\u2019y arrivent pas est de rester, comme elle le dit, \u00ab un pauvre enfant fou \u00bb. En repoussant les limites du langage, Sarraute expose des situations qui font ressortir l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de nos relations avec les mots. La structure psychotique, en raison de son immaturation langagi\u00e8re intrins\u00e8que, se pr\u00eate particuli\u00e8rement \u00e0 cette illustration. Sarraute semble d\u2019ailleurs pressentir qu\u2019\u00e0 ce point de vue, tout se joue pendant l\u2019enfance, bien que les sympt\u00f4mes \u00e9vidents apparaissent souvent plus tard.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Pour d\u00e9noncer les mots comme des masques vides, Sarraute les montre sous diverses figures mat\u00e9rialis\u00e9es parfois violentes et \u00e9touffantes, personnifi\u00e9es ou non, et qui s\u2019\u00e9rigent comme des \u00e9crans. \u00ab Car la parole <em>mutil\u00e9e<\/em> est le plus souvent une parole<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\">8<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb rappelle Arnaud Rykner. Pour un fils de L\u2019Usage de la parole, les paroles de sa m\u00e8re, comme une gifle, \u00ab l\u2019ont frapp\u00e9e au passage avec une telle force<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\">9<\/a><\/sup>\u2026 \u00bb Un peu plus loin, ses mots \u00ab&nbsp;glac\u00e9s et durs<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\">10<\/a><\/sup>\u2026 \u00bb, elle \u00ab les lui prom\u00e8ne sur le visage<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\">11<\/a><\/sup>\u2026 \u00bb comme si elle lui (im)posait un masque form\u00e9 de mots. Ailleurs, les paroles \u00e9touffent les personnages comme des masques d\u2019anesth\u00e9sie, les remplissent d\u2019une substance fausse qui d\u00e9robe la pens\u00e9e authentique. Dans <em>Tropismes<\/em>, un petit gar\u00e7on est gav\u00e9 de ces paroles par son grand-p\u00e8re, comme si elles \u00e9taient plaqu\u00e9es sur son visage :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Et le petit sentait que quelque chose pesait sur lui, l\u2019engourdissait. Une masse molle et \u00e9touffante, qu\u2019on lui faisait absorber inexorablement, en exer\u00e7ant sur lui une douce et ferme contrainte, en lui pin\u00e7ant l\u00e9g\u00e8rement le nez pour le faire avaler, sans qu\u2019il p\u00fbt r\u00e9sister \u2013 le p\u00e9n\u00e9trait.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\">12<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Dans un autre tropisme, des paroles d\u2019adultes se m\u00ealent \u00e0 l\u2019air et se posent sur le visage d\u2019un autre gar\u00e7on comme une mati\u00e8re :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Leurs paroles, m\u00eal\u00e9es aux inqui\u00e9tants parfums de ce printemps ch\u00e9tif, pleines d\u2019ombres o\u00f9 s\u2019agitaient des formes confuses, l\u2019enveloppaient. L\u2019air dense, comme gluant de poussi\u00e8re mouill\u00e9e et de s\u00e8ves, se collait \u00e0 lui, adh\u00e9rait \u00e0 sa peau, \u00e0 ses yeux.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\">13<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La conversation des parents h\u00e9b\u00e8te l\u2019enfant, il refuse d\u2019aller jouer avec les autres dans le pr\u00e9 et reste aupr\u00e8s d\u2019eux \u00e0 absorber ce qu\u2019ils disent. Les paroles fausses, plut\u00f4t que de cr\u00e9er des liens, s\u2019interposent et mettent le personnage \u00e0 distance. Ces \u00e9vocations rappellent \u00e9trangement les difficult\u00e9s langagi\u00e8res du psychotique, pour qui les mots, d\u00e9sarticul\u00e9s de la pens\u00e9e, sont des choses et composent, dit Alain Manier, une \u00ab&nbsp;construction qui d\u00e9passe le locuteur et l&rsquo;envahit<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\">14<\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb, ce qui g\u00e9n\u00e8re angoisse et isolement.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">M\u00eame s\u2019ils permettent d\u2019\u00e9changer plus clairement, les mots comportent toujours le danger d\u2019\u00e9dulcorer l\u2019expression jusqu\u2019\u00e0 la faire mourir. Le caract\u00e8re mortif\u00e8re du mot est bien marqu\u00e9 dans la premi\u00e8re partie de <em>L\u2019Usage de la parole<\/em>. On assiste \u00e0 la mort de l\u2019\u00e9crivain russe Anton Tchekhov, qu\u2019il annonce lui-m\u00eame par les mots \u00ab Ich sterbe \u00bb avant de retomber sur son lit. Le lecteur saisit n\u00e9anmoins la complexit\u00e9 du passage de la vie \u00e0 la mort r\u00e9duite \u00e0 ces deux mots dans cette description :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Ce qui en moi flotte\u2026 flageole\u2026 vacille\u2026 tremble\u2026 palpite\u2026 fr\u00e9mit\u2026 se d\u00e9lite\u2026 se d\u00e9fait\u2026 se d\u00e9sint\u00e8gre\u2026 Non, pas cela\u2026 rien de tout cela\u2026 Qu\u2019est-ce que c\u2019est ? Ah voil\u00e0, c\u2019est ici, \u00e7a vient se blottir ici, dans ces mots nets, \u00e9tanches. Prend leur forme. Des contours bien trac\u00e9s. S\u2019immobilise. Se fige. S\u2019assagit. S\u2019apaise. Ich sterbe.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\">15<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">La vie s\u2019arr\u00eate dans ces deux mots qui font office de masque mortuaire pour l\u2019\u00e9crivain. Or, la catastrophe langagi\u00e8re qui frappe le psychotique dans son d\u00e9veloppement le rapproche du personnage de Tchekhov, en ce qu\u2019il devient alors un enfant mort (vivant). Sans acc\u00e8s au langage, il est priv\u00e9 de subjectivit\u00e9, de vie int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure, puisqu\u2019il ne peut pas r\u00e9ellement \u00e9changer avec son entourage<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\">16<\/a><\/sup>. Si les mots peuvent marquer la mort, comme c\u2019est le cas pour le personnage de Tchekhov, leur absence peut \u00e9galement causer la mort d\u2019un sujet en devenir, n\u00e9anmoins condamn\u00e9 \u00e0 \u00ab vivre \u00bb.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">L\u2019entreprise de Sarraute a pour effet de faire ressortir le c\u00f4t\u00e9 brut du langage, le non-dit qui, selon Arnaud Rykner, \u00ab fait revenir \u00e0 la surface du texte un <em>regard<\/em> [\u2026] le regard de la repr\u00e9sentation sur celui qui la regarde<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\">17<\/a><\/sup>. Lorsque l\u2019\u00e9crivain cesse de ma\u00eetriser les objets repr\u00e9sent\u00e9s par un langage normatif, ceux-ci apparaissent dans toute leur mat\u00e9rialit\u00e9 et, dans une impression d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9, semblent observer \u00e0 leur tour le lecteur. Le scopique, en devenant op\u00e9rationnel \u00e0 la surface des choses, pr\u00eate des yeux au texte, qui devient alors sujet derri\u00e8re son masque de papier. Comme ce personnage de <em>Tropismes<\/em> qui r\u00eave de sortir du cadre des convenances, le texte \u00e9chappe \u00e0 l\u2019emprise des mots alors que la repr\u00e9sentation se d\u00e9chire :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">[\u2026] non, c\u2019\u00e9tait trop t\u00f4t, elle n\u2019allait pas se lever d\u00e9j\u00e0, partir, elle n\u2019allait pas se s\u00e9parer d\u2019eux, elle allait rester l\u00e0, pr\u00e8s d\u2019eux, [\u2026] oh, non, ils pouvaient \u00eatre tout \u00e0 fait rassur\u00e9s, elle ne bougerait pas, oh, non, pas elle, elle ne pourrait jamais rompre cela tout \u00e0 coup. Se taire ; les regarder ; et juste au beau milieu de la maladie de la grand\u2019m\u00e8re se dresser et, faisant un trou \u00e9norme, s\u2019\u00e9chapper en heurtant les parois d\u00e9chir\u00e9es et courir en criant au milieu des maisons qui guettaient accroupies tout au long des rues grises, s\u2019enfuir en enjambant les pieds des concierges qui prenaient le frais assises sur le seuil de leurs portes, courir la bouche tordue, hurlant des mots sans suite, tandis que les concierges l\u00e8veraient la t\u00eate au-dessus de leur tricot et que leurs maris abaisseraient leur journal sur leurs genoux et appuieraient le long de son dos, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle tourne le coin de la rue, leur regard.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\">18<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Le trou \u00e9vacue la repr\u00e9sentation qui ne peut plus s\u2019inscrire dans un espace repr\u00e9sentable et laisse le hors-code appara\u00eetre \u00e0 la surface du texte, regarder le lecteur par ce trou transform\u00e9 en \u0153il. Celui-ci est redoubl\u00e9 par la bouche du personnage, qui hurle des mots insens\u00e9s (\u00e9chappant aux r\u00e8gles de la langue et du sens), et qui forme un autre \u0153il par lequel le r\u00e9el sous le masque du texte regarde le lecteur. En fracassant l\u2019ordre de la repr\u00e9sentation, l\u2019exp\u00e9rience panique du cri pr\u00e9cipite l\u2019effondrement s\u00e9miotique. Les maisons et les maris semblent, eux, appartenir \u00e0 la repr\u00e9sentation contr\u00f4l\u00e9e, leurs regards appuy\u00e9s au dos de la jeune fille pr\u00e9cipitant sa fuite qui perturbe la repr\u00e9sentation, comme si elle d\u00e9rangeait la structure en place en exprimant son angoisse d\u00e9chirante. Cette image de l\u2019ali\u00e9nation rappelle la situation du psychotique, contraint dans un syst\u00e8me langagier auquel il est parfaitement \u00e9tranger et qui g\u00e9n\u00e8re chez lui incompr\u00e9hension, angoisse et sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9. On peut rapprocher les \u00ab&nbsp;mots sans suite&nbsp;\u00bb hurl\u00e9s par le personnage aux constructions sonores produites dans la psychose, qui nous paraissent insens\u00e9es puisqu\u2019elles sont produites hors des signes et de toute repr\u00e9sentation. De la m\u00eame mani\u00e8re, la structure psychotique fait \u00ab un trou \u00e9norme \u00bb dans notre soci\u00e9t\u00e9 cod\u00e9e. Celle-ci r\u00e9pond par des dispositifs de contr\u00f4le suppl\u00e9mentaires (d\u00e9crits par Michel Foucault) qui guettent aussi l\u2019\u00e9cart \u00e0 la norme. Malgr\u00e9 ces dispositifs, la psychose continue de percer la surface lisse du syst\u00e8me social et d\u2019interroger sa l\u00e9gitimit\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 se retrouve inconfortablement devant un regard autre qui, comme pour le lecteur du texte sarrautien, le place devant un sujet qu\u2019elle consid\u00e9rait jusqu\u2019alors comme un objet. Le g\u00e9nie de Sarraute r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 \u00e0 montrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9sistance sous la forme litt\u00e9raire, en laissant au lecteur la libert\u00e9 de se l\u2019approprier ou non. Elle rappelle aussi que la parole vraie est l\u2019unique protection contre l\u2019ali\u00e9nation. C\u2019est vraisemblablement en raison du conflit visc\u00e9ral entre l\u2019univers langagier et elle-m\u00eame<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\">19<\/a><\/sup>que l\u2019auteure a pu donner un aper\u00e7u si juste de la structure psychotique, \u00e9galement fond\u00e9e sur un rapport probl\u00e9matique au langage.<\/p>\n<\/div>\n<hr>\n<h3 class=\"contenuArticle\"><a name=\"sect5\"><\/a>Notes<\/h3>\n<\/div>\n<div id=\"notesBasPage\">\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a> &#8211;&nbsp; Manier Alain, <em>Le Jour o\u00f9 l&rsquo;espace a coup\u00e9 le temps<\/em>, Planco\u00ebt, Diabase, coll. \u00ab Entendre l&rsquo;archa\u00efque \u00bb, 2006, p.&nbsp;46<\/p>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a>&#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;120.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Sur l\u2019utilisation th\u00e9rapeutique de cet exercice de po\u00e9sie japonaise, voir Tamura, Hiroshi, \u00ab Poetry therapy for schizophrenia : a linguistic psychotherapeutic model of renku (linked poetry) \u00bb, <em>The Arts in psychotherapy,<\/em> vol.&nbsp;28, 2001, p.&nbsp;319-328.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> &#8211;&nbsp; Sarraute Nathalie, <em>L\u2019Usage de la parole<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab Folio \u00bb, 1980, p.&nbsp;144.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> &#8211;&nbsp; Sarraute Nathalie, <em>Enfance<\/em>, Paris, Gallimard, coll. \u00ab Folio \u00bb, 1983, p.&nbsp;134.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;135.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> &#8211;&nbsp; Rykner Arnaud, <em>Nathalie Sarraute<\/em>, Paris, Seuil, coll. \u00ab Les contemporains \u00bb, 1991, p.&nbsp;26.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> &#8211;&nbsp; Sarraute Nathalie, <em>L\u2019Usage de la parole<\/em>, p.&nbsp;50.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> &#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;59.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> &#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> &#8211;&nbsp; Sarraute Nathalie, <em>Tropismes<\/em>, Paris, Minuit, 1957 [1939], p.&nbsp;53.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;104.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> &#8211;&nbsp; Manier, Alain, p.&nbsp;60.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> &#8211;&nbsp; <em>Ibid<\/em>., p.&nbsp;13.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> &#8211;&nbsp; Manier Alain, p.&nbsp;97.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> &#8211;&nbsp; Rykner Arnaud, <em>Pans&nbsp;: libert\u00e9 de l\u2019\u0153uvre et r\u00e9sistance du texte,<\/em> Paris, Jos\u00e9 Corti, coll.&nbsp;\u00ab&nbsp;Les essais&nbsp;\u00bb, 2004, p.&nbsp;170.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Sarraute Nathalie, <em>Tropismes<\/em>, p.&nbsp;122-123.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> &#8211;&nbsp; Rykner Arnaud, \u00ab&nbsp;Narcisse et les mots-miroirs&nbsp;\u00bb, <em>The Romanic review<\/em>, vol.&nbsp;83(1), 1992, p.&nbsp;88.<\/p>\n<hr>\n<\/div>\n<h3><a name=\"sect6\"><\/a>Bibliographie<\/h3>\n<div id=\"notesBasPage\">\n<p class=\"article\">MANIER Alain. <em>Le Jour o\u00f9 l&rsquo;espace a coup\u00e9 le temps<\/em>. Planco\u00ebt : Diabase, coll. \u00ab Entendre l&rsquo;archa\u00efque \u00bb, 2006, 189p.<\/p>\n<p class=\"article\">RYKNER Arnaud. <em>Pans : libert\u00e9 de l\u2019\u0153uvre et r\u00e9sistance du texte.<\/em> Paris : Jos\u00e9 Corti, coll. \u00ab&nbsp;Les essais \u00bb, 2004, 218p.<\/p>\n<p class=\"article\">RYKNER Arnaud. \u00ab&nbsp;Narcisse et les mots-miroirs&nbsp;\u00bb. <em>The Romanic review<\/em>. 1992, vol. 83(1), p.&nbsp;81-93.<\/p>\n<p class=\"article\">RYKNER Arnaud. <em>Nathalie Sarraute.<\/em> Paris&nbsp;: Seuil, coll. \u00ab Les contemporains \u00bb, 1991, 205p.<\/p>\n<p class=\"article\">SARRAUTE Nathalie. <em>Enfance<\/em>. Paris : Gallimard, coll. \u00ab Folio \u00bb, 1983, 276p.<\/p>\n<p class=\"article\">SARRAUTE Nathalie.<em> L\u2019Usage de la parole<\/em>. Paris : Gallimard, coll. \u00ab Folio \u00bb, 1980, 149p.<\/p>\n<p class=\"article\">SARRAUTE Nathalie. <em>Tropismes<\/em>. 1939. Paris : Minuit, 1957, 144p.<\/p>\n<p class=\"article\">TAMURA Hiroshi. \u00ab&nbsp;Poetry therapy for schizophrenia : a linguistic psychotherapeutic model of renku (linked poetry) \u00bb. <em>The Arts in psychotherapy.<\/em> 2001, vol.&nbsp;28, p.&nbsp;319-328.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"liens_bp\">\n<hr>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div><strong>Pour citer cet article :<\/strong><\/div>\n<div>\n<p>Sara B\u00e9dard-Goulet, \u00ab L\u2019atelier de lecture th\u00e9rapeutique&nbsp;: entre th\u00e9orie litt\u00e9raire et pratique de soin \u00bb, <em>Litter@incognita<\/em>, n\u00b04 (2011-2012) &#8211; Num\u00e9ro 2011, p. 1 &#8211; 8, mis en ligne le 03\/10\/2012.<br \/>\nURL : http:\/\/e-revues.pum.univ-tlse2.fr\/sdx2\/littera-incognita\/article.xsp?numero=4&amp;id_article=art-SBG-809.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sara B\u00e9dard-Goulet Doctorante au Laboratoire LLA-CR\u00c9ATIS de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s et au D\u00e9partement de litt\u00e9ratures de langue fran\u00e7aise de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al &#x69;&#x63;&#x68;&#x62;&#105;nsar&#x61;&#x40;&#x67;&#x6f;&#111;glem&#x61;&#x69;&#x6c;&#x2e;&#99;om Pour citer cet article : B\u00e9dard-Goulet, Sara, \u00ab L\u2019atelier de lecture th\u00e9rapeutique : entre th\u00e9orie litt\u00e9raire et pratique de soin. \u00bb, Litter@ Incognita [En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":33,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[46549],"tags":[46700,46702,51772,200,46555,46703,46735],"class_list":["post-765","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-article","tag-art-therapie","tag-dysfonctionnements-langagiers","tag-langage","tag-litterature","tag-n4","tag-nathalie-sarraute","tag-psychiatrie","post-preview"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/765","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/users\/33"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=765"}],"version-history":[{"count":58,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/765\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4129,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/765\/revisions\/4129"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=765"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=765"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=765"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}