 {"id":771,"date":"2016-02-16T09:37:28","date_gmt":"2016-02-16T08:37:28","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/?p=771"},"modified":"2019-09-25T17:39:05","modified_gmt":"2019-09-25T16:39:05","slug":"numero-4-2011-article-4-jmc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-4-2011-article-4-jmc\/","title":{"rendered":"\u00ab Le Songe, ou l&rsquo;Astronomie lunaire \u00bb de Kepler, \u00ab Les \u00c9tats et Empires du Soleil \u00bb de Cyrano de Bergerac : de l\u2019hybride imagin\u00e9 \u00e0 l\u2019imaginaire hybrid\u00e9 dans le dispositif de repr\u00e9sentation cosmologique post\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9volution copernicienne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jean-Michel Caralp<\/strong><br \/>\n<span class=\"fonction\">Doctorant, Laboratoire LLA-CR\u00c9ATIS, E.D. Allph@, Universit\u00e9 Toulouse &#8211; Jean Jaur\u00e8s<\/span><br \/>\n<a class=\"lien\" href=\"&#x6d;a&#x69;l&#x74;&#111;:&#x6a;m&#x63;&#97;r&#x61;l&#x70;&#64;g&#x6d;a&#x69;l&#x2e;&#x63;o&#x6d;\">&#x6a;&#x6d;&#x63;&#x61;&#x72;&#x61;&#x6c;&#112;&#64;&#103;mail&#46;c&#x6f;&#x6d;<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour citer cet article : Caralp, Jean-Michel, \u00ab \u201cLe Songe, ou l&rsquo;Astronomie lunaire\u201d de Kepler, \u201cLes \u00c9tats et Empires du Soleil\u201d de Cyrano de Bergerac : de l\u2019hybride imagin\u00e9 \u00e0 l\u2019imaginaire hybrid\u00e9 dans le dispositif de repr\u00e9sentation cosmologique post\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9volution copernicienne. \u00bb, <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1508396488352_12506\">Litter@ Incognita <\/i>[En ligne], Toulouse : Universit\u00e9 Toulouse Jean Jaur\u00e8s, n\u00b04 \u00ab L\u2019hybride \u00e0 l\u2019\u00e9preuve des regards crois\u00e9s \u00bb, 2012, mis en ligne en 2012, disponible sur &lt;<a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2016\/02\/16\/numero-4-2011-article-4-jmc\/\">https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/2018\/01\/09\/la-ville-contemp\u2026ite-au-generique\/<\/a>&gt;.<\/p>\n<p>T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article au format PDF<\/p>\n<hr>\n<div class=\"abstract\" lang=\"fr\">\n<h3 class=\"article\" style=\"text-align: justify\">R\u00e9sum\u00e9 :<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">La fracture de la repr\u00e9sentation cosmologique post\u00e9rieure \u00e0 la r\u00e9volution copernicienne a en m\u00eame temps, d\u00e9truit une intrication complexe et stabilis\u00e9e de \u00ab&nbsp;science&nbsp;\u00bb et de symboles tenue pour unique et certaine, en corr\u00e9lation avec une conception supranaturelle de l\u2019humain, et ouvert l\u2019espace \u00e0 des projections d\u00e9sormais conscientes de n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un possible imaginaire au sein d\u2019un r\u00e9el sans cesse plus fuyant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d\u2019\u00eatre saisi avec nettet\u00e9 par le regard scientifique. En projetant des \u00eatres hybrides sur ces astres dont le mouvement nouvellement d\u00e9crit induit des conditions physiques qui g\u00e9n\u00e8rent les facteurs d\u2019une hybridation adapt\u00e9e, Kepler, dans <em>Le Songe, ou l&rsquo;Astronomie lunaire<\/em>, et Cyrano de Bergerac<em>,<\/em> dans <em>\u00c9tats et Empires du Soleil<\/em>, inventent un imaginaire rationalis\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 de la transcendance et de ses paradigmes symboliques. Mais deux voies divergent d\u00e9j\u00e0&nbsp;: d&rsquo;une part celle d\u2019un imaginaire qui serait contenu dans les latitudes ouvertes par le discours scientifique sur l\u2019objet, et d\u2019autre part la prise de pouvoir du sujet imaginant sur la plasticit\u00e9 d\u2019un cosmos atomiste. Ainsi l\u2019astronomie a f\u00e9cond\u00e9 un dispositif de repr\u00e9sentation o\u00f9 l\u2019hybride spatial sera d\u00e9clin\u00e9 selon toutes ses variantes rationnelles par la science-fiction moderne, mais elle devient \u00e0 son tour un dispositif dans la repr\u00e9sentation, gr\u00e2ce auquel Baudelaire expose sa po\u00ef\u00e9tique dans \u00ab&nbsp;Paysage&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><strong>Mots-cl\u00e9s : <\/strong>astronomie &#8211; cosmos &#8211; hybridation &#8211; imaginaire &#8211; philosophie &#8211; r\u00e9el<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"abstract\" lang=\"en\">\n<h3 class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Abstract :<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">The post copernician\u2019s revolution cosmological representation fracture both ended with an intricate, stable, supposed unique and true tissue made of symbols and supposed sciences, linked with a supranatural idea of humankind, and widened space for imaginary shapes henceforth conscious of being no more than a potentiality in the unending intangible real because of the willing of sciences to describe it obviously. While designing hybrid beings on planets which newly described momentus induced physical conditions, themselves generating adapted hybrid factors, Kepler, in <em>Le Songe, ou l&rsquo;Astronomie lunaire<\/em>, and Cyrano de Bergerac, in <em>\u00c9tats et Empires du Soleil,<\/em> invented a rationalized imaginary now freed from transcendence and its symbolical paradigms. But two separate ways already forked : one imagination enclosed in the yet free ranges of the scientific object description and, on the other hand, the imagining subject\u2019s control over an atomistic scale cosmos plasticity. So astronomy gave birth to a representation\u2019s matrix in which a various kind of rational space hybrid beings were to be invented by modern science-fiction, but this science became also a matrix integrated in the representation thanks to which Baudelaire disclosed his <em>po\u00ef\u00e9tique<\/em> in \u201cPaysage\u201d.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><strong>Key-words: <\/strong>astronomy &#8211; cosmos &#8211; hybridism &#8211; imagination &#8211; philosophy &#8211; real<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<hr>\n<h3 id=\"before_body\"><\/h3>\n<div id=\"menuSommaire\">\n<h3>Sommaire<\/h3>\n<p><a href=\"#sect2\">1. Le dispositif astronomique cr\u00e9ateur de \u00ab trou \u00bb<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect3\">2. Le peuplement imaginaire en hybrides<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect4\">3. Les hybrides m\u00e9tamorphiques de Cyrano de Bergerac<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect5\">Conclusion<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect6\">Notes<\/a><br \/>\n<a href=\"#sect7\">Bibliographie<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"colDroite\">\n<div class=\"contenuArticle\">\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><em>Le Songe, ou l&rsquo;Astronomie lunaire<\/em> de Kepler, paru de mani\u00e8re posthume en 1634, et <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> de Cyrano de Bergerac, ouvrage publi\u00e9 aussi apr\u00e8s la mort de son auteur en 1662, explorent un nouvel espace de repr\u00e9sentation au carrefour des sciences, de la philosophie et de la litt\u00e9rature, carrefour d\u2019ailleurs encore mal d\u00e9fini puisque, jusqu\u2019en 1650 environ, la physique, et donc l\u2019astronomie, sont des sous-parties de la philosophie, au m\u00eame titre que la m\u00e9taphysique ou la morale.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Pourquoi rapprocher ces deux \u0153uvres et pourquoi les confronter au concept d\u2019hybride ?<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Elles ont d\u2019abord pour point commun d\u2019\u00eatre des \u0153uvres transgressives, car les cons\u00e9quences tir\u00e9es par les auteurs entrent en violation des fronti\u00e8res symboliques dominantes (avec ce que l\u2019acception de ce dernier adjectif implique de coercition). De ce fait, elles ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es de mani\u00e8re posthume apr\u00e8s avoir circul\u00e9 sous le manteau puisqu\u2019elles n\u2019\u00e9taient pas sans danger pour leurs auteurs, et ont m\u00eame valu \u00e0 Kepler<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\">1<\/a><\/sup> de s\u00e9rieux ennuis. Les deux auteurs ont multipli\u00e9 les filtres g\u00e9n\u00e9riques de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9samorcer les risques que pouvait g\u00e9n\u00e9rer une prise en charge trop personnelle de leurs th\u00e8ses et repr\u00e9sentations : Cyrano de Bergerac utilise le biais du roman comique avec un voyage a\u00e9rien, ou plut\u00f4t spatial, de la Terre au Soleil qui s\u2019apparente \u00e0 une exploration all\u00e9gorique des diff\u00e9rentes th\u00e9ories astronomiques et philosophiques de l\u2019auteur ; Kepler entra\u00eene son personnage-narrateur dans un songe durant lequel le dormeur lit un livre dont le personnage-narrateur de second niveau est lui-m\u00eame transport\u00e9 dans l\u2019espace lunaire par l\u2019entremise d\u2019un d\u00e9mon, en lequel l\u2019auteur laisse reconna\u00eetre une all\u00e9gorie de la connaissance astronomique.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Au-del\u00e0 de leur transgression des codes symboliques, ces deux \u0153uvres d\u00e9veloppent \u00e0 partir d\u2019un substrat astronomique des repr\u00e9sentations imaginaires de et dans l\u2019espace en ent\u00e9rinant une modification des lignes-fronti\u00e8res cosmologiques, celles qu\u2019a boulevers\u00e9 la r\u00e9volution copernicienne. Pr\u00e9cisons d\u2019embl\u00e9e que n\u2019y appara\u00eet pas encore un univers ouvert sur l\u2019infini : l\u2019espace y reste clos par la sph\u00e8re des fixes : celle des \u00e9toiles. Ces voyages imaginaires eux-m\u00eames hybrides, entre science et repr\u00e9sentation, ent\u00e9rinent l\u2019h\u00e9liocentrisme et d\u00e9ploient un espace cosmique que <em>Le<\/em> <em>Songe<\/em> et <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> peuplent d\u2019\u00eatres hybrides respectivement sur la Lune et sur le Soleil. Une vari\u00e9t\u00e9 d\u2019hybridation en particulier se rencontre aussi bien chez Cyrano de Bergerac que chez Kepler&nbsp;: en effet, celui-ci imagine des \u00eatres lunaires hybrides entre le v\u00e9g\u00e9tal et l\u2019animal (ils sortent de pommes de pin) alors que Cyrano de Bergerac met en sc\u00e8ne un arbre dont les fruits sont des min\u00e9raux, puis se transforment en \u00eatres humains. Ce rapprochement initie notre probl\u00e9matique : quelles sont les conditions d\u2019\u00e9mergence de cet imaginaire nouveau d\u2019hybridation ? En quoi ces deux formes pourtant si semblables en leur r\u00e9union du v\u00e9g\u00e9tal et de l\u2019animal divergent-elles radicalement ?<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Et est-il avant toute chose appropri\u00e9 de les qualifier d\u2019hybrides ? Une certaine prudence \u00e9pist\u00e9mologique s\u2019impose.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Le terme \u00ab hybride \u00bb est absent du dictionnaire Fureti\u00e8re de 1690, m\u00eame si sa premi\u00e8re acception date, selon <em>Le Robert,<\/em> de 1596. Si le mot et le concept font d\u00e9faut, l\u2019hybride est connu empiriquement par certaines possibilit\u00e9s naturelles d\u2019hybridation, en particulier celle du mulet chez les animaux, et on sait que le terme appara\u00eet chez Pline, dans une litt\u00e9rature latine qui \u00e9tait famili\u00e8re au XVIIe si\u00e8cle. Ce qu\u2019informe notre regard ne constitue donc pas un anachronisme<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\">2<\/a><\/sup>. L\u2019hybride a exist\u00e9 avant le concept et, de toute fa\u00e7on, pour reprendre la perspective de Philippe Ortel, un mod\u00e8le conceptuel \u00ab est admissible \u00e0 partir du moment o\u00f9 (il) ne pr\u00e9tend pas d\u00e9livrer un savoir mais sert simplement de filtre intellectuel permettant de souligner des niveaux d\u2019analyse dans les objets qu\u2019on \u00e9tudie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\">3<\/a><\/sup>. \u00bb Penser cette hybridation est d\u2019autant plus complexe que les taxinomies sont elles-m\u00eames diachroniquement \u00e9volutives donc probl\u00e9matiques <sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\">4<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Entre concepts en devenir, champs \u00e9pist\u00e9mologiques en recomposition et libert\u00e9 fictionnelle, ces \u0153uvres nous obligent \u00e0 penser dans le relatif de la scientificit\u00e9, \u00e0 partir d\u2019un \u00e9tat de la connaissance qui est dans la palette valid\u00e9e par la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle. Ainsi acceptons-nous que des mers soient sur la Lune ainsi que des mar\u00e9es<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\">5<\/a><\/sup>, comme on le pense depuis Galil\u00e9e, et cette projection a d\u2019ailleurs fond\u00e9 le principe d\u2019identit\u00e9 avec la Terre ; nous acceptons aussi, ainsi que Cyrano de Bergerac le met en sc\u00e8ne dans <em>Les \u00c9tats et empires du Soleil<\/em>, que le Soleil soit une plan\u00e8te o\u00f9 des \u00eatres peuvent vivre, et non, comme nous le savons d\u00e9sormais, un astre dont le rayonnement d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9nergie thermonucl\u00e9aire de l\u2019hydrog\u00e8ne rend impensable tout d\u00e9veloppement biologique. Car le but n\u2019est pas de refaire une histoire des sciences, le serait-elle sous la forme d\u2019une arch\u00e9ologie du savoir, encore moins une histoire des id\u00e9es gorg\u00e9e d\u2019\u00e9rudition<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\">6<\/a><\/sup> mais de cerner deux lignes de force de la repr\u00e9sentation de l\u2019hybride dans cet imaginaire scientifique. De ce fait nous nous contenterons d\u2019une d\u00e9finition a minima du concept d\u2019hybride : la r\u00e9union de deux cat\u00e9gories a priori incompatibles s\u2019intriquant en une entit\u00e9 autonome en sa n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Ces longs mais n\u00e9cessaires pr\u00e9alables tracent notre parcours dans la complexit\u00e9. De la m\u00eame mani\u00e8re que le concept d\u2019hybride nous int\u00e9resse comme outil th\u00e9orique, nous entendons faire \u0153uvrer la th\u00e9orie contemporaine du dispositif \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un champ d\u2019\u00e9rudition (l\u2019astronomie repr\u00e9sent\u00e9e) autour de la notion d\u2019hybride. Car c\u2019est en pensant la connaissance astronomique comme un dispositif&nbsp;que l\u2019on peut comprendre l\u2019\u00e9mergence de repr\u00e9sentations d\u2019\u00eatres hybrides imaginaires qui ne doivent plus essentiellement \u00e0 l\u2019imaginaire t\u00e9ratologique ant\u00e9rieur connot\u00e9 p\u00e9jorativement sur le plan symbolique<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\">7<\/a><\/sup>. Si l\u2019hybride biologique est g\u00e9n\u00e9ralement st\u00e9rile, il n\u2019en va pas de m\u00eame de l\u2019hybridation imaginaire rationalis\u00e9e dont la f\u00e9condit\u00e9 se poursuit au-del\u00e0 de ce point d\u2019\u00e9mergence dans la science-fiction contemporaine, comme nous le verrons avec les \u00eatres intergalactiques de George Lucas, aussi bien que dans la modernit\u00e9 po\u00e9tique baudelairienne, qui r\u00e9invente la subjectivit\u00e9 cr\u00e9atrice \u00e0 partir d\u2019une position de rejet de la r\u00e9alit\u00e9 cosmique, et de recomposition hybrid\u00e9e de ses \u00e9l\u00e9ments par l\u2019imaginaire.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div class=\"contenuArticle\">\n<h2 class=\"western\"><a name=\"sect2\"><\/a>1. Le dispositif astronomique cr\u00e9ateur de \u00ab trou \u00bb<\/h2>\n<h3>1.1. Penser la repr\u00e9sentation cosmologique comme un dispositif<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Pour comprendre les conditions d\u2019\u00e9mergence de l\u2019hybride moderne, il faut se pencher sur le dispositif astronomique ou penser l\u2019astronomie en tant que dispositif ext\u00e9rieur \u00e0 la repr\u00e9sentation<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\">8<\/a><\/sup> avec le bouleversement engendr\u00e9 \u00e0 la charni\u00e8re du XVIe et du XVIIe si\u00e8cles par la r\u00e9volution copernicienne que l\u2019on limite, \u00e0 tort, \u00e0 un passage du g\u00e9ocentrisme \u00e0 l\u2019h\u00e9liocentrisme. Paradoxalement, en amenant une connaissance un peu plus exacte sur le fonctionnement c\u00e9leste, l\u2019astronomie va \u00eatre cr\u00e9atrice d\u2019une b\u00e9ance, d&rsquo;un \u00ab trou \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\">9<\/a><\/sup>: \u00e0 la fois une d\u00e9chirure dans la repr\u00e9sentation du cosmos admis par la doxa, et la naissance des espaces, l\u2019<em>\u00e9videment<\/em> de l\u2019espace lui-m\u00eame. En g\u00e9n\u00e9rant du savoir, en cartographiant l\u2019inconnu pour y d\u00e9crire une n\u00e9o-r\u00e9alit\u00e9, l\u2019astronomie cr\u00e9e un nouvel inconnu. Cadastrer la r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est faire \u00e9merger le r\u00e9el ou, pour le reformuler selon une perspective plus strictement lacanienne (et sans que la superposition des concepts soit totalement sym\u00e9trique), la science est \u00ab la pulsion dans toute sa puret\u00e9 \u00bb qui constitue un \u00ab oubli de l\u2019\u00catre \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\">10<\/a><\/sup>. \u00ab Le dispositif aussi est une fen\u00eatre ouverte sur le n\u00e9ant \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\">11<\/a><\/sup>, pour reprendre une image de Philippe Ortel. Le dispositif scientifique est \u00e0 l\u2019instar du dispositif de contr\u00f4le foucaldien dans lequel la prison, qui vise \u00e0 contr\u00f4ler les entorses \u00e0 la loi, cr\u00e9e de la d\u00e9linquance. Ainsi, \u00e0 la fin de la Renaissance, le ciel est d\u00e9crit et repr\u00e9sent\u00e9 comme une structure stable, en tout cas \u00e0 peu pr\u00e8s stabilis\u00e9e, totalement cadastr\u00e9e, hi\u00e9rarchis\u00e9e physiquement, verrouill\u00e9e par des superpositions symboliques intriqu\u00e9es (m\u00e9taphysiques et spirituelles). C\u2019est \u00e0 la fois en \u00e9laborant une n\u00e9o-repr\u00e9sentation qui cherche \u00e0 canaliser les d\u00e9bordements g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les bouleversements de la connaissance du cosmos et parce que la nouvelle science est en instance de divorce avec le symbolique<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\">12<\/a> <\/sup>que le nouveau dispositif va paradoxalement g\u00e9n\u00e9rer (ou donner conscience \u00e0) des b\u00e9ances, trous, vides dans le ciel.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">1.2. La d\u00e9chirure<\/h3>\n<div id=\"attachment_1233\" style=\"width: 110px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Art-4_CARALP_Le-songe-ou-astronomie-lunaire-de-Kepler.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1233\" class=\"wp-image-1233 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Art-4_CARALP_Le-songe-ou-astronomie-lunaire-de-Kepler.jpg\" alt=\"Art 4_CARALP_Le songe ou astronomie lunaire de Kepler\" width=\"100\" height=\"122\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1233\" class=\"wp-caption-text\">Fig.01<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_1225\" style=\"width: 110px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Art-4_2CARALP_Le-songe-ou-astronomie-lunaire-de-Kepler.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1225\" class=\"wp-image-1225 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Art-4_2CARALP_Le-songe-ou-astronomie-lunaire-de-Kepler.jpg\" alt=\"Art 4_2CARALP_Le songe ou astronomie lunaire de Kepler\" width=\"100\" height=\"137\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1225\" class=\"wp-caption-text\">Fig.02<\/p><\/div>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Comme il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9, l\u2019astronomie et, plus g\u00e9n\u00e9ralement la physique, ont longtemps \u00e9t\u00e9 confondues dans la philosophie comme domaine, au m\u00eame titre que la morale, et cette science ne va s\u2019autonomiser que vers 1750 en ent\u00e9rinant l\u2019apport cart\u00e9sien (il suffit de consulter les sommaires des ouvrages de philosophie de l\u2019\u00e9poque pour s\u2019en rendre compte) alors qu\u2019une <em>\u00e9pist\u00e9m\u00e8<\/em> stable dominait au moins depuis le Moyen-\u00e2ge, soit depuis trois si\u00e8cles (avec la synth\u00e8se du thomisme) malgr\u00e9 des voix divergentes. Les visions ant\u00e9rieures sont un \u00ab&nbsp;\u00e0-plat&nbsp;\u00bb, un d\u00e9veloppement de la vo\u00fbte c\u00e9leste ainsi qu\u2019en t\u00e9moigne, par exemple, le septi\u00e8me jour de la cr\u00e9ation de la <em>Chronique de Nuremberg<\/em> d\u2019Hartmann Schedel.<br \/>\nTout le visible de la vo\u00fbte s\u2019inscrit dans le continu de la proximit\u00e9 \u00e0 l\u2019image de tout le savoir lui-m\u00eame (en un temps o\u00f9 le langage est lui-m\u00eame partie int\u00e9grante du monde, comme le souligne Foucault<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\">13<\/a><\/sup>). Les repr\u00e9sentations du cosmos sont intriqu\u00e9es et verrouill\u00e9es avec des th\u00e9ories philosophiques comme l\u2019illustre l\u2019enluminure du <em>Liber divinorum operum<\/em> d\u2019Hildegarde Von Bingen superposant l\u2019homme au cosmos ; le discours ontologique y trouve soit un substrat soit un prolongement coh\u00e9rent.<br \/>\nLe continu du cosmos se double d\u2019implications m\u00e9dicales<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\">14<\/a><\/sup> li\u00e9es aux analogies du microcosme et du macrocosme soumises aux influences des \u00e9l\u00e9ments, \u00e0 la hi\u00e9rarchie du macrocosme et du microcosme, aux hi\u00e9rarchies entre monde sublunaire corruptible et supra lunaire incorruptible ayant des incidences dans l\u2019ordre symbolique, l\u2019ensemble asservi \u00e0 une temporalit\u00e9 eschatologique : de la Gen\u00e8se \u00e0 la fin du monde. Ces intrications de continuit\u00e9s peuvent d\u00e9boucher sur des mod\u00e8les extr\u00eamement complexes, comme dans l\u2019ouvrage de Robert Fludd, <em>Utriusque cosmi, maioris scilicet et minoris, metaphysica, physica atque technica historia<\/em>, paru en 1619.<\/p>\n<div id=\"attachment_1226\" style=\"width: 110px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Art-4_3CARALP_Le-songe-ou-astronomie-lunaire-de-Kepler.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1226\" class=\"wp-image-1226 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/Art-4_3CARALP_Le-songe-ou-astronomie-lunaire-de-Kepler.jpg\" alt=\"Art 4_3CARALP_Le songe ou astronomie lunaire de Kepler\" width=\"100\" height=\"169\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1226\" class=\"wp-caption-text\">Fig.03<\/p><\/div>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Cette synth\u00e8se cosmo-m\u00e9taphysique extr\u00eamement structur\u00e9e et stable va voler en \u00e9clat par une conjonction du \u00ab dit \u00bb (De Revolutionibus orbium caelestium, de Copernic, paru de mani\u00e8re posthume en 1543) et de \u00ab&nbsp;non-dit \u00bb, la lunette astronomique gr\u00e2ce \u00e0 laquelle Galil\u00e9e, en v\u00e9rifiant l\u2019hypoth\u00e8se des phases de V\u00e9nus, va fournir la preuve exp\u00e9rimentale que les plan\u00e8tes du syst\u00e8me solaire sont en rotation sur elles-m\u00eames et autour du soleil.<\/p>\n<h3>1.3. La naissance de l\u2019espace<\/h3>\n<div id=\"attachment_1227\" style=\"width: 209px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_4_CARALP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1227\" class=\"wp-image-1227 size-medium\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_4_CARALP-199x300.jpg\" alt=\"art 4_4_CARALP\" width=\"199\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_4_CARALP-199x300.jpg 199w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_4_CARALP.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1227\" class=\"wp-caption-text\">Fig.04<\/p><\/div>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Ainsi, en m\u00eame temps qu\u2019elle produit un savoir nouveau sur le fonctionnement c\u00e9leste, le d\u00e9placement des astres, l\u2019astronomie cr\u00e9e des trous<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\">15 <\/a><\/sup>dans le continu de la repr\u00e9sentation du ciel : d\u00e8s la th\u00e9orie des tourbillons de Descartes, le ciel d\u00e9gag\u00e9 de toute m\u00e9taphysique est r\u00e9duit \u00e0 un fonctionnement, et encore Descartes, trop respectueux du principe d\u2019Aristote selon lequel \u00ab la nature a horreur du vide<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\">16<\/a><\/sup> \u00bb, place-t-il de la mati\u00e8re dans ses tourbillons entre les astres. Mais, en 1646 et 1648, Blaise Pascal va v\u00e9rifier l\u2019exp\u00e9rience de Toricelli et d\u00e9montrer l\u2019existence du vide. Cette \u00e9volution vers l\u2019\u00e9videment est aussi valid\u00e9e par le lexique, le mot \u00ab espace \u00bb tendant \u00e0 s\u2019imposer au milieu du XVIIe si\u00e8cle avec un sens qu\u2019il n\u2019avait gu\u00e8re, alors que le mot \u00ab ciel \u00bb, qui d\u00e9signait soit le s\u00e9jour des dieux, soit la vo\u00fbte c\u00e9leste, tend \u00e0 s\u2019effacer du lexique cosmologique pour se sp\u00e9cialiser comme une m\u00e9tonymie du s\u00e9jour des dieux, et plus tard comme la zone basse de l\u2019atmosph\u00e8re, o\u00f9 se produisent les ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques (le mot y conservant le s\u00e8me d\u2019\u00e0-plat de son sens originel). Telle approche s\u00e9mantique t\u00e9moigne de la d\u00e9construction des r\u00e9al\u00e8mes de la doxa.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">On est en droit de penser que ce creusement de la profondeur cosmique avait aussi \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 par l\u2019\u00e9mergence, d\u00e8s le XVe si\u00e8cle, des lois de la perspective dans la repr\u00e9sentation, perspective qui avait \u00e9t\u00e9 orient\u00e9e vers la verticalit\u00e9 avec les ciels en trompe-l\u2019\u0153il des d\u00f4mes d\u2019\u00e9glises (Mantegna, chambre des \u00e9poux du Castello San Giorgio de Mantoue, vers 1470).<\/p>\n<h3>1.4. F\u00e9condit\u00e9 pour l\u2019imaginaire du n\u00e9o-\u00e9videment de l\u2019espace<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Ces espaces entre les astres (une latitude, un discontinu, un vide) vont rendre plus plausible l\u2019id\u00e9e du voyage interplan\u00e9taire m\u00eame s\u2019il en existait dans les repr\u00e9sentations ant\u00e9rieures du ciel des versions fantasques comme l\u2019\u00e9chelle de Scipion, ou merveilleuses, comme la migration des \u00e2mes. Et s\u2019il n\u2019y a pas voyage concret, il s\u2019op\u00e8re par l\u2019esprit : ainsi, dans le<em> Songe<\/em> de Kepler, ce sont les \u00ab d\u00e9mons \u00bb (de <em>Daemon<\/em>, \u00ab esprit \u00bb), all\u00e9gories de la connaissance scientifique, qui effectuent le voyage de la Terre \u00e0 la Lune.<\/p>\n<div id=\"attachment_1228\" style=\"width: 185px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_5_CARALP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1228\" class=\"wp-image-1228 size-medium\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_5_CARALP-175x300.jpg\" alt=\"art 4_5_CARALP\" width=\"175\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_5_CARALP-175x300.jpg 175w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_5_CARALP.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 175px) 100vw, 175px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1228\" class=\"wp-caption-text\">Fig.05<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_1229\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_6_CARALP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1229\" class=\"wp-image-1229 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_6_CARALP.jpg\" alt=\"art 4_6_CARALP\" width=\"200\" height=\"130\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1229\" class=\"wp-caption-text\">Fig.06<\/p><\/div>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">L\u2019astronomie \u00e9tait au demeurant privil\u00e9gi\u00e9e pour imaginer ce d\u00e9placement entre les astres. Un tel type de d\u00e9centrement de la perspective de repr\u00e9sentation (qui suppose un d\u00e9placement pr\u00e9alable) pouvait d\u2019autant mieux \u00eatre inf\u00e9r\u00e9 par l\u2019astronomie qu\u2019elle poss\u00e9dait un instrument simulant le d\u00e9placement du regard dans l\u2019espace, sa plong\u00e9e dans l\u2019\u00e9paisseur du cosmos : la sph\u00e8re armillaire. Son utilisation par les astronomes peut avoir conditionn\u00e9 un mode de regard qui n\u2019est plus le regard g\u00e9ocentr\u00e9 \u00e0 partir duquel on obtient toutes les cartes du ciel en d\u00e9veloppement \u00e0 plat. Telle id\u00e9e du d\u00e9centrement du regard appara\u00eet d\u00e9j\u00e0 chez Giordano Bruno et Galil\u00e9e. Il est possible que ces deux astronomes, et Kepler en \u00e9crivant le Songe, aient eu l\u2019id\u00e9e du regard d\u00e9centr\u00e9 (se placer en position lunaire, par exemple, pour observer la Terre comme un satellite, nomm\u00e9e Volva par Kepler) par l\u2019utilisation propre aux astronomes du seul instrument tridimensionnel de repr\u00e9sentation de l\u2019univers : la sph\u00e8re armillaire dans certaines desquelles l\u2019astronome devait glisser la t\u00eate pour voir selon un angle particulier la position des plan\u00e8tes<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\">17<\/a><\/sup>.<br \/>\nUne repr\u00e9sentation du plan\u00e9taire du XVIIIe si\u00e8cle permet de prendre conscience de ce d\u00e9placement du regard dans le champ virtuel reproduit par l\u2019instrument et de sa capacit\u00e9 \u00e0 traverser l\u2019espace. Telle hypoth\u00e8se montrerait \u00e0 quel point le dispositif technique informe la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h3><\/h3>\n<h3><\/h3>\n<h3>1.5. L\u2019espace b\u00e9ant comme confrontation au R\u00e9el angoissant<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">L\u2019astronomie ach\u00e8ve ainsi durant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle la d\u00e9chirure de toutes les repr\u00e9sentations coh\u00e9rentes et stables ant\u00e9rieures. Cette instabilit\u00e9 a pu contribuer \u00e0 ce que l\u2019on qualifie d\u2019\u00e2ge baroque. Mais, plus sp\u00e9cifiquement, un grand pan de ciel est d\u00e9chir\u00e9 et instaure la panique<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\">18<\/a><\/sup> car le r\u00e9el est la b\u00e9ance, le vide, le gouffre. \u00ab [\u2026] Le R\u00e9el n\u2019est pas la \u00ab&nbsp;vraie r\u00e9alit\u00e9 \u00bb dissimul\u00e9e derri\u00e8re la simulation virtuelle mais le vide qui rend la r\u00e9alit\u00e9 incompl\u00e8te et inconsistante, la fonction de toute matrice symbolique \u00e9tant de dissimuler cette inconsistance [\u2026]<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\">19<\/a><\/sup> \u00bb. Nous avons du mal \u00e0 prendre pleinement conscience de la radicalit\u00e9 d&rsquo;une telle d\u00e9territorialisation, pour reprendre le concept de Deleuze, un ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9territorialisation qui se produit sans que l\u2019homme ait \u00e9t\u00e9 en quelque mani\u00e8re d\u00e9plac\u00e9 de son territoire terrestre et de sa familiarit\u00e9 au cosmos. Il suffit de se r\u00e9f\u00e9rer au c\u00e9l\u00e8bre texte des \u00ab deux infinis \u00bb de Pascal, fragment 230<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\">20<\/a> <\/sup>des <em>Pens\u00e9es<\/em>, pour percevoir cette perte d\u2019\u00e9quilibre dans la repr\u00e9sentation. On sait quelle exploitation Pascal va faire de ce \u00ab trou \u00bb dans l\u2019univers, non seulement parce que la coupure entre la physique et la m\u00e9taphysique prive l\u2019homme du sens ancien, mais aussi parce que ce vide est de nature \u00e0 susciter le vertige<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\">21<\/a><\/sup> et l\u2019effroi dans la peinture de la repr\u00e9sentation de l\u2019homme dans l\u2019univers, c\u2019est-\u00e0-dire du libertin qui voudrait assurer par la seule connaissance rationnelle le sens de sa pr\u00e9sence au monde.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Le potentiel de cet espace vide s\u2019associe \u00e0 la transgression des fronti\u00e8res anciennes et l\u2019\u00e9rection de nouvelles fronti\u00e8res par la science. Les conditions de l\u2019\u00e9mergence de l\u2019hybride passaient par une lib\u00e9ration du cosmos de la hi\u00e9rarchie m\u00e9taphysique, par la subordination aux lois de ce que Foucault nomme la <em>math\u00e9sis<\/em> ou \u00ab effort de math\u00e9matisation de l\u2019empirique \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\">22<\/a><\/sup>. L\u2019imaginaire op\u00e8re d\u00e8s lors une reterritorialisation \u00e0 partir des cat\u00e9gories empiriques, d\u00e9plac\u00e9es dans un cosmos aux lois homog\u00e8nes dans la profondeur selon la combinatoire rationalis\u00e9e d\u2019une n\u00e9o-hybridation. Dans le m\u00eame temps, cette combinatoire constitue la limite rationnelle m\u00eame de notre imagination selon les propos de Sagredo que Galil\u00e9e met en sc\u00e8ne dans le <em>Dialogue des deux grands syst\u00e8mes du monde<\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote23sym\" name=\"sdfootnote23anc\">23<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Cette reterritorialisation constitue une forme de r\u00e9appropriation du monde par l\u2019imaginaire&nbsp;; peupler d\u2019\u00eatres un espace dont cette r\u00e9volution astronomique vient r\u00e9v\u00e9ler la continuit\u00e9 des lois et des formes par rapport au discontinu ant\u00e9rieur s\u2019impose comme une prise de possession, par une projection de la familiarit\u00e9 ; et l\u2019homme du XVIIe si\u00e8cle a sans doute eu besoin, comme nous-m\u00eames, d\u2019images pour son \u00e9quilibre psychique, dont la neurobiologie nous explique qu\u2019elle entre dans une dimension pr\u00e9dictive de ma\u00eetrise anxiolytique du milieu. L\u2019\u00e9videment de l\u2019espace autorise le d\u00e9placement du regard et joue un r\u00f4le dynamique dans la mesure o\u00f9 le vide angoissant \u0153uvre comme un appel d\u2019air \u00e0 la repr\u00e9sentation. Le monde dans son abstraction d\u2019espace et de temps est une perspective insoutenable pour qui n\u2019y projette pas soit une <em>libido sciendi<\/em> astronomique, soit des repr\u00e9sentations imaginaires : il suffit de voir combien nous l\u2019avons depuis re-peupl\u00e9 d\u2019un imaginaire composite, serait-il erron\u00e9 comme l\u2019astrologie, ou hypoth\u00e9tique, comme la science-fiction.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div class=\"contenuArticle\">\n<h2 class=\"western\"><a name=\"sect3\"><\/a>2. Le peuplement imaginaire en hybrides<\/h2>\n<h3>2.1. Les \u00eatres hybrides adapt\u00e9s de Kepler<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">C\u2019est dans cette vacuit\u00e9 et cette profondeur uniforme que s\u2019engouffre le premier Kepler dont les premi\u00e8res esquisses du <em>Songe<\/em> datent de 1593. Notons tout d\u2019abord que les hybrides de Kepler ne sont qu\u2019un jeu de l\u2019esprit de l\u2019astronome, un surplus<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\">24<\/a><\/sup> au d\u00e9veloppement astronomique : ils n\u2019apparaissent d\u2019ailleurs que dans les toutes derni\u00e8res pages du <em>Songe<\/em>, dont l\u2019essentiel, au-del\u00e0 des pages liminaires narratives, consiste \u00e0 un d\u00e9veloppement des conditions climatiques suppos\u00e9es r\u00e9gner \u00e0 la surface de la Lune, rebaptis\u00e9e Levania (la d\u00e9territorialisation de la perspective s\u2019accompagnant d\u2019un changement s\u00e9mantique radical dans la d\u00e9signation). Ces conditions de temp\u00e9rature, de dur\u00e9e du jour et d\u2019hygrom\u00e9trie sont induites \u00e0 partir des calculs de rotations des astres que l\u2019on peut observer autour d\u2019elle, et des projections conscientes et argument\u00e9es (la pr\u00e9sence de mers, les crat\u00e8res lunaires suppos\u00e9s \u00eatre des abris pour ses habitants) ou tacites (la pr\u00e9sence d\u2019une atmosph\u00e8re induite du fait que la Lune est une plan\u00e8te). L\u2019ensemble forme ce que nous appellerions aujourd\u2019hui un \u00e9co-syst\u00e8me et l\u2019imaginaire de Kepler s\u2019emploie \u00e0 y penser les conditions \u00e9l\u00e9mentaires du vivant (pour simplifier : une fourchette empirique de temp\u00e9rature et d\u2019humidit\u00e9 autorisant une vie animale).<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Les vivants lunaires sont conformes aux conditions extr\u00eames qui r\u00e8gnent sur l\u2019astre comme ces \u00eatres aux longues jambes (compar\u00e9es \u00e0 celles des dromadaires) pour pouvoir fuir en fonction des mar\u00e9es qui envahissent l\u2019h\u00e9misph\u00e8re de Levania (Kepler stipule que les habitants de la Lune se d\u00e9placent et \u00ab parcourent en groupe tout le globe en une de leur journ\u00e9e \u00bb soit 364 kms en une journ\u00e9e terrestre). D\u2019ailleurs tous les \u00eatres ont des tailles d\u00e9mesur\u00e9es<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote25sym\" name=\"sdfootnote25anc\">25<\/a><\/sup> : \u00ab&nbsp;Tout ce qui pousse ou vit sur cette terre est d\u2019une taille monstrueuse \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote26sym\" name=\"sdfootnote26anc\">26<\/a><\/sup> .<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Les hybrides adapt\u00e9s de Kepler ne rel\u00e8vent pas encore de l\u2019\u00e9volution darwinienne (il n\u2019y a pas de dynamique de changement des esp\u00e8ces) mais proc\u00e8dent en tout cas d\u2019une adaptation au milieu&nbsp;: tous les \u00eatres sont en recherche de ce qu\u2019on n\u2019appelle pas encore leur hom\u00e9ostasie<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote27sym\" name=\"sdfootnote27anc\">27<\/a><\/sup> (la loi de conservation interne de l\u2019\u00e9quilibre de la vie) et ont une forme et des organes pour ce faire \u00e0 la mesure du milieu sp\u00e9cifique dans lequel ils \u00e9voluent : la peau qui tombe comme une \u00e9corce v\u00e9g\u00e9tale car elle est br\u00fbl\u00e9e par la lumi\u00e8re, les \u00eatres qui naissent dans des pignes de pin qui leur sont une protection thermique : \u00ab \u00c7\u00e0 et l\u00e0, on trouve sur le sol des corps dispers\u00e9s qui ont la forme de nos pommes de pin. Dans la journ\u00e9e leur enveloppe br\u00fble superficiellement ; le soir, ces esp\u00e8ces de cachettes s\u2019ouvrent et laissent sortir des \u00eatres vivants \u00bb <sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote28sym\" name=\"sdfootnote28anc\">28<\/a><\/sup> .L\u2019alliance du v\u00e9g\u00e9tal et de l\u2019animal est ainsi justifi\u00e9e par Kepler comme une parade aux amplitudes thermiques suppos\u00e9es tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es sur Levania<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote29sym\" name=\"sdfootnote29anc\">29<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Alors que certains \u00eatres sont pourvus de jambes de dromadaire pour fuir les mar\u00e9es qui envahissent l\u2019h\u00e9misph\u00e8re de Privolva (la face lunaire tourn\u00e9e vers Volva, la Terre), d\u2019autres s\u2019enfoncent dans les profondeurs de l\u2019eau par une forme d\u2019apn\u00e9e prolong\u00e9e<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote30sym\" name=\"sdfootnote30anc\">30<\/a><\/sup> et pr\u00e9sentent des signes partiels d\u2019adaptation aquatique (sans atteindre \u00e0 la capacit\u00e9 amphibie) pour trouver refuge sous l\u2019eau durant les phases d\u2019immersion.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">La nature adaptative est confirm\u00e9e par son caract\u00e8re transg\u00e9n\u00e9rique : le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne appara\u00eet chez les v\u00e9g\u00e9taux et les \u00eatres vivants : \u00ab L\u2019\u00e9corce sur les troncs, la peau chez les animaux et tout ce qui en tient lieu couvre la plus grande partie du corps, elle est spongieuse et poreuse. Si un \u00eatre vivant s\u2019expose au Soleil durant la journ\u00e9e, sa peau se durcit et br\u00fble superficiellement. Le soir, cette enveloppe br\u00fbl\u00e9e tombe \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote31sym\" name=\"sdfootnote31anc\">31<\/a><\/sup>. Notons au demeurant que la mention des \u00eatres hybrides sur la Lune se concentre dans l\u2019ultime page du <em>Songe<\/em>, dans une forme de d\u00e9veloppement progressif et logique des conditions qui r\u00e8gnent \u00e0 la surface de la Lune. Dans ce mod\u00e8le d\u2019imaginaire scientifique, il faut d\u2019abord d\u00e9peindre le milieu avant d\u2019y placer les formes de vie possibles : le milieu g\u00e9n\u00e8re ce qu\u2019on n\u2019appelle pas encore la vie (la vie est un concept moderne comme le rappelle Foucault). En tout cas, le continu de la loi physique s\u2019y est substitu\u00e9 au continu de la repr\u00e9sentation de la physique m\u00e9di\u00e9vale : et c\u2019est cette n\u00e9o-continuit\u00e9 qui g\u00e9n\u00e8re la redistribution du continu ant\u00e9rieur, et non une cr\u00e9ation venue de l\u2019ext\u00e9rieur et de nature transcendante. L\u2019\u00eatre hybride du <em>Songe<\/em> est le produit du milieu<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote32sym\" name=\"sdfootnote32anc\">32<\/a><\/sup> et, s\u2019il se transforme, comme les pommes de pin se muant en \u00eatres, ce n\u2019est que pour ob\u00e9ir \u00e0 un changement dans les conditions du milieu. La forme du sujet est induite seulement par le milieu. L\u2019hybride de Kepler se distingue radicalement des \u00eatres monstrueux que produisait la mythologie antique : les sir\u00e8nes, amphibies mi-homme mi-poisson ; le centaure ; l\u2019hydre de Lerne. La d\u00e9construction astronomique a d\u00e9truit la norme qui rejetait dans le t\u00e9ratologique une hybridation de caract\u00e8res en dehors des hybrides inclus dans le continuum du monde pr\u00e9-scientifique.<\/p>\n<h3>2.2. F\u00e9condit\u00e9 du mod\u00e8le de l\u2019hybride adapt\u00e9<\/h3>\n<div id=\"attachment_1230\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_7_CARALP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1230\" class=\"wp-image-1230 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_7_CARALP.jpg\" alt=\"art 4_7_CARALP\" width=\"200\" height=\"166\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1230\" class=\"wp-caption-text\">Fig.07 a.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_1231\" style=\"width: 110px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_8_CARALP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1231\" class=\"wp-image-1231 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_8_CARALP.jpg\" alt=\"art 4_8_CARALP\" width=\"100\" height=\"127\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1231\" class=\"wp-caption-text\">Fig.07 b.<\/p><\/div>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Et ce d\u00e9placement des fronti\u00e8res symboliques ne nous para\u00eet pas sans incidence sur les repr\u00e9sentations modernes de l\u2019hybride adaptatif, dont un exemple fort similaire et parmi les plus notoires, appara\u00eet dans <em>La&nbsp;Guerre&nbsp;des&nbsp;\u00e9toiles<\/em>, saga cin\u00e9matographique de George Lucas dont le premier \u00e9pisode est sorti \u00e0 l\u2019\u00e9cran en 1977. Parmi tant d\u2019autres robots, \u00eatres galactiques et andro\u00efdes, et pour rester dans la ligne des hybrides de Kepler, nous y rencontrons le Neti ou Ryyk : un \u00eatre hybride, de type \u00ab&nbsp;humano\u00efde-v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;\u00bb, d\u2019une taille de 3 \u00e0 5 m\u00e8tres, couleur de peau brune, originaire de la plan\u00e8te Mykr puis Ryyk, dont le langage est le Neti et le Basic, et qui a pour signe particulier d\u2019\u00eatre une \u00ab esp\u00e8ce m\u00e9tamorphe (sic) de type v\u00e9g\u00e9tal (elle appartient au monde v\u00e9g\u00e9tal et poss\u00e8de la capacit\u00e9 de se m\u00e9tamorphoser)&nbsp;\u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote33sym\" name=\"sdfootnote33anc\">33<\/a><\/sup>.<br \/>\nOn croisera aussi dans l\u2019univers de George Lucas,&nbsp;le F\u00e9lucien&nbsp;: hybride de type humano\u00efde-amphibien \/ aquatique, peau noire et bleue, taille : 1,90 m ; signe particulier : un second bras de trois doigts partant du coude<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote34sym\" name=\"sdfootnote34anc\">34<\/a><\/sup> qui n\u2019est pas sans \u00e9voquer les \u00eatres quasi amphibies que Kepler postule sur Levania.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Les \u00eatres des films de Lucas reprennent donc le principe d\u2019une reconstruction rationnelle \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments composites afin d\u2019obtenir des \u00eatres adapt\u00e9s au milieu ambiant de leur plan\u00e8te. Curieusement, les \u00eatres hybrides des mondes de <em>La Guerre des \u00e9toiles<\/em> demeurent non \u00e9volutifs (ils changent d\u2019astre sans que leur forme ou leurs aptitudes en soient modifi\u00e9s) : ils ne sont pas plus darwiniens que les hybrides de Kepler. Leurs variantes apparaissent comme la multiplication des combinatoires d\u2019un imaginaire rationalis\u00e9, nourri d\u2019une connaissance plus aboutie des lois biologiques et astronomiques et amplifi\u00e9 des capacit\u00e9s d\u2019hybridation avec la robotique.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Notons que ces \u00eatres galactiques de <em>La Guerre des \u00e9toiles<\/em> confirment une r\u00e9orientation du symbolique. Alors que la forme m\u00eame du monstre hybride donnait lieu \u00e0 son rejet symbolique en raison de son a-normalit\u00e9 au Moyen-\u00c2ge, comme le montre Emmanuel Molinet<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote35sym\" name=\"sdfootnote35anc\">35<\/a><\/sup>, les hybrides de Georges Lucas ne sont pas \u00e9valuables sur le plan symbolique par leur forme mais dans leur adh\u00e9sion aux forces du bien et du mal dont le paradigme fonde le r\u00e9cit de <em>La Guerre des \u00e9toiles<\/em>. Le cin\u00e9ma populaire de science-fiction valide l\u2019assertion lacanienne selon laquelle \u00ab&nbsp;la v\u00e9rit\u00e9 a structure de fiction \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote36sym\" name=\"sdfootnote36anc\">36<\/a><\/sup>. Gr\u00e2ce \u00e0 la diversit\u00e9 galactique, le cin\u00e9ma industriel introduit une nouvelle doxa entrant dans un discours de la tol\u00e9rance<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote37sym\" name=\"sdfootnote37anc\">37<\/a><\/sup>. Nous sommes en droit de penser que cette r\u00e9orientation du symbolique s\u2019origine dans la l\u00e9gitimation de l\u2019hybridation par le milieu que commence \u00e0 op\u00e9rer Kepler. On n\u2019est pas responsable de sa forme.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div class=\"contenuArticle\">\n<h2 class=\"western\"><a name=\"sect4\"><\/a>3. Les hybrides m\u00e9tamorphiques de Cyrano de Bergerac<\/h2>\n<h3>3.1. M\u00e9tamorphose de la mati\u00e8re<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Kepler avait imagin\u00e9 des pommes de pin d\u2019o\u00f9 naissent des \u00eatres, alliance du v\u00e9g\u00e9tal et de l\u2019animal ; nous observons une configuration d\u2019hybridation en apparence semblable dans <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> de Cyrano de Bergerac. \u00c0 son arriv\u00e9e sur le soleil, le personnage-narrateur s\u2019\u00e9veille :<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">\u00ab [\u2026] sous un arbre en comparaison de qui les plus hauts C\u00e8dres ne para\u00eetraient que de l\u2019herbe. Son tronc \u00e9tait d\u2019or massif, ses rameaux d\u2019argent, et ses feuilles d\u2019\u00e9meraudes qui, dessus l\u2019\u00e9clatante verdeur de leur pr\u00e9cieuse superficie, se repr\u00e9sentaient comme dans un miroir les images du fruit qui pendait alentour. Mais jugez si le fruit ne devait rien aux feuilles : l\u2019\u00e9carlate enflamm\u00e9e d\u2019un gros escarboucle composait la moiti\u00e9 de chacun, et l\u2019autre \u00e9tait en suspens si elle tenait sa mati\u00e8re d\u2019une chrysolite, ou d\u2019un morceau d\u2019ambre dor\u00e9 ; les feuilles \u00e9panouies \u00e9taient de grosses roses de diamant fort larges, et les boutons de grosses perles en poire.<\/p>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">[\u2026]<\/p>\n<p class=\"citation\" style=\"text-align: justify\">Je restai longtemps interdit \u00e0 la vue de ce riche spectacle, et je ne pouvais m\u2019assouvir de le regarder. Mais, comme j\u2019occupais toute ma pens\u00e9e \u00e0 contempler entre les autres fruits une pomme de Grenade extraordinairement belle, dont la chair \u00e9tait un essaim de plusieurs gros rubis en masse, j\u2019aper\u00e7us remuer cette petite Couronne qui lui tient lieu de t\u00eate, laquelle s\u2019allongea pour lui former un col. Je vis ensuite bouillonner au-dessus je ne sais quoi de blanc, qui \u00e0 force de s\u2019\u00e9paissir, de cro\u00eetre, d\u2019avancer et de reculer la mati\u00e8re en certains endroits, parut enfin le visage d\u2019un petit buste de chair. Ce petit buste se terminait en rond vers la ceinture, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il gardait encore par en bas sa figure de pomme. Il s\u2019\u00e9tendit pourtant peu \u00e0 peu, et sa queue s\u2019\u00e9tant convertie en deux jambes, chacune de ces jambes se partagea en cinq orteils. Humanis\u00e9e que fut la Grenade, elle se d\u00e9tacha de sa tige, et d\u2019une l\u00e9g\u00e8re culbute tomba jusqu\u2019\u00e0 mes pieds. Certes je l\u2019avoue, quand j\u2019aper\u00e7us marcher fi\u00e8rement devant moi cette pomme raisonnable, ce petit bout de nain pas plus grand que le pouce, et cependant assez fort pour se cr\u00e9er soi-m\u00eame, je demeurai saisi de v\u00e9n\u00e9ration.<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote38sym\" name=\"sdfootnote38anc\">38<\/a><\/sup><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">La transformation du min\u00e9ral en v\u00e9g\u00e9tal puis en animal m\u00e9rite explication : dans l\u2019\u0153uvre de Cyrano de Bergerac, un changement d\u2019\u00e9chelle s\u2019est op\u00e9r\u00e9 pour la repr\u00e9sentation scientifique du cosmos. Certes <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> int\u00e8gre les derni\u00e8res d\u00e9couvertes astronomiques d\u2019\u00e9chelle macroscopique de d\u00e9placement des astres dans l\u2019espace (le g\u00e9ocentrisme copernicien) ainsi que des apports plus r\u00e9cents (les taches solaires d\u00e9couvertes par Galil\u00e9e), mais la v\u00e9ritable loi de continuit\u00e9 du cosmos est \u00e0 l\u2019\u00e9chelle microscopique dans la mati\u00e8re, l\u2019atome.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Le mat\u00e9rialisme est continu \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019univers propos\u00e9 par Cyrano de Bergerac, et les conditions astronomiques ne peuvent qu\u2019en faire varier la densit\u00e9 : le Soleil, parce qu\u2019il est plus lumineux pr\u00e9sente un \u00e9tat de la mati\u00e8re moins dense (sur sa face \u00e9clair\u00e9e en tout cas) et parce qu\u2019il conna\u00eet une absence de pesanteur faute de centre<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote39sym\" name=\"sdfootnote39anc\">39<\/a><\/sup>, permet \u00e0 la mati\u00e8re, \u00e0 sa surface, de changer d\u2019\u00e9tat et de passer, par exemple, de l\u2019\u00e9tat min\u00e9ral au v\u00e9g\u00e9tal, puis de se muer en animal. Cyrano de Bergerac, en philosophe mat\u00e9rialiste (et impr\u00e9gn\u00e9 des mod\u00e8les alchimiques) descend au niveau microscopique de la mati\u00e8re pour expliquer l\u2019hybridation m\u00e9tamorphique, alors que Kepler observait l\u2019univers, en astronome, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle macroscopique. Curieusement, il anticipe sur la physique quantique : la mati\u00e8re, dans certaines conditions, n\u2019est plus qu\u2019un ensemble de particules, une forme mall\u00e9able en attente de saisie transitoire (de mesure, dirait Schr\u00f6dinger) : c\u2019est la volont\u00e9, ou le d\u00e9sir qui l\u2019habite qui la mod\u00e8lera. Ainsi le narrateur est \u00e9bahi en voyant une pierre pr\u00e9cieuse se muer d\u2019elle-m\u00eame en fruit puis en \u00eatre humain, c\u2019est-\u00e0-dire accomplir la m\u00e9tamorphose du min\u00e9ral au v\u00e9g\u00e9tal puis \u00e0 l\u2019animal, cat\u00e9gories qui structurent la typologie de cet hybride. Le sujet pr\u00e9vaut sur les conditions du milieu qui induisent une marge de possibles pour sa libert\u00e9 formelle. Ces formes m\u00e9tamorphiques que l\u2019on observe sur la face \u00e9clair\u00e9e du Soleil parce que la mati\u00e8re y est moins dense, plus labile, et, partant, plus plastique \u00e0 la volont\u00e9, rel\u00e8vent d\u2019une hybridation dynamique, et non statique : elle est m\u00e9tamorphique car deux cat\u00e9gories se succ\u00e8dent dans le temps au lieu de le faire dans une continuit\u00e9, de se superposer dans l\u2019espace. Telle vision mat\u00e9rialiste fait abstraction de la volont\u00e9 transcendante ant\u00e9rieurement suppos\u00e9e \u00e0 la base du cosmos et des \u00eatres qui le peuplent (il s\u2019agit d\u00e8s lors de chercher les sujets dans la totalit\u00e9 et non un sujet qui soit une unit\u00e9 totalisante). Elle op\u00e8re ou plut\u00f4t perp\u00e9tue la position atomiste d\u2019une \u00e9mancipation du sujet par rapport \u00e0 une toute puissance de cr\u00e9ation sup\u00e9rieure. On observe \u00e0 ce titre une remarquable coh\u00e9rence entre le sujet hybride dans l\u2019univers cosmique repr\u00e9sent\u00e9, et l\u2019\u0153uvre comme lieu de la repr\u00e9sentation pour laquelle le sujet cr\u00e9ateur mod\u00e8le une unit\u00e9 syncr\u00e9tique.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify\">3.2. Une hybridation de la repr\u00e9sentation : le syncr\u00e9tisme th\u00e9orique et philosophique<\/h3>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\"><em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> t\u00e9moignent d\u2019une volont\u00e9 totalisante : car il y a un syncr\u00e9tisme (qui est une forme d\u2019hybridation th\u00e9orique) et celui-ci est projet\u00e9 sur le cosmos : en voyageant dans l\u2019espace, le personnage-narrateur traverse plusieurs visions th\u00e9oriques du monde (celle de Copernic, la th\u00e9orie des \u00e9l\u00e9ments pour le voyage a\u00e9rien (icosa\u00e8dre), l\u2019atomisme, etc.) qui sont plaqu\u00e9es sur un arri\u00e8re-plan astronomique incertain et composite (l\u2019h\u00e9liocentrisme copernicien y c\u00f4toie les th\u00e9ories magiques et alchimiques de Marsile Ficin et Campanella). Le sujet imaginant proc\u00e8de lui-m\u00eame \u00e0 une forme de m\u00e9tamorphose de ses repr\u00e9sentations th\u00e9oriques en fonction des possibles de l\u2019espace sur lequel il les projette au fil de son voyage. Donc, m\u00eame si sont respect\u00e9es, les conditions de l\u2019objet (conditions objectives, ou suppos\u00e9es telles par Cyrano de Bergerac et\/ou la science de son temps), c\u2019est la subjectivit\u00e9 qui pr\u00e9vaut librement. L\u2019astronomie dans sa b\u00e9ance et sa contingence n\u2019est au fond pour Cyrano de Bergerac qu\u2019un pr\u00e9texte puisque<em> in fine<\/em>, le sujet a tout le pouvoir sur la repr\u00e9sentation. Si le voyage a\u00e9rien se faisait chez Kepler par des \u00ab d\u00e9mons \u00bb all\u00e9goriques de la pens\u00e9e scientifique, le vol spatial de Cyrano de Bergerac n\u2019est peut-\u00eatre que la m\u00e9taphore de la puissance de l\u2019esprit sur la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Le sujet a le dernier mot dans cette dynamique de repr\u00e9sentation. Certes, la vision \u00e9picurienne se veut anti-dualiste (la pens\u00e9e, la volont\u00e9 ne sont qu\u2019une \u00e9manation de la mati\u00e8re), mais force est de constater que le sujet domine la forme tout en l\u2019habitant (auto-cr\u00e9ation). Cyrano de Bergerac semble \u00eatre dans une nostalgie de l\u2019unit\u00e9 perdue avec la d\u00e9chirure par la r\u00e9volution copernicienne de l\u2019intrication cosmo-m\u00e9taphysique ant\u00e9rieure, et en qu\u00eate d\u2019une forme d\u2019unit\u00e9 par le syncr\u00e9tisme de th\u00e9ories philosophiques frapp\u00e9es d\u2019interdit et qui trouvent un \u00ab&nbsp;trou&nbsp;\u00bb suffisamment vaste dans la b\u00e9ance ouverte \u00e0 cette r\u00e9volution pour s\u2019y d\u00e9ployer et s&rsquo;y jouer.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">D\u00e8s lors, la cosmologie peut-elle encore se pr\u00e9tendre cadre rationnel dans les marges duquel l\u2019imaginaire explorerait librement les possibles, ou n\u2019est-elle pas phagocyt\u00e9e par la repr\u00e9sentation elle-m\u00eame pour se muer en dispositif de celle-ci, et inscrire une dimension symbolique dans la r\u00e9alit\u00e9 ?<\/p>\n<h3>3.3. De l\u2019astronomie comme dispositif au dispositif dans la repr\u00e9sentation : puissance subjective d\u2019hybridation de l\u2019imaginaire baudelairien<\/h3>\n<h4>3.3.1. Dispositif de la <em>camera obscura<\/em> astronomique dans \u00ab Paysage \u00bb<\/h4>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Si le Soleil mis en sc\u00e8ne par Cyrano de Bergerac n\u2019est plus v\u00e9ritablement un espace scientifique ou utopique, mais un espace de repr\u00e9sentation o\u00f9 se (re)joue la plasticit\u00e9 du r\u00e9el sous la forme de l\u2019hybridation, on peut lui d\u00e9couvrir une \u00e9tonnante post\u00e9rit\u00e9<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote40sym\" name=\"sdfootnote40anc\">40<\/a><\/sup>dans l\u2019\u0153uvre de Baudelaire, plus particuli\u00e8rement dans \u00ab Paysage \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote41sym\" name=\"sdfootnote41anc\">41<\/a><\/sup>.<\/p>\n<div id=\"attachment_1232\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_9_CARALP.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1232\" class=\"wp-image-1232 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/littera-incognita-2\/files\/2016\/06\/art-4_9_CARALP.jpg\" alt=\"art 4_9_CARALP\" width=\"200\" height=\"253\"><\/a><p id=\"caption-attachment-1232\" class=\"wp-caption-text\">Fig.08<\/p><\/div>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Pour assimiler ce vertigineux passage, il faut comprendre que l\u2019astronomie que nous avons initialement postul\u00e9e comme un dispositif scientifique ext\u00e9rieur \u00e0 la repr\u00e9sentation artistique, niant des repr\u00e9sentations anciennes et en g\u00e9n\u00e9rant de nouvelles, va devenir le (en tout cas, un) dispositif interne \u00e0 la repr\u00e9sentation artistique par lequel nous sont d\u00e9livr\u00e9es les clefs de d\u00e9cryptage de la repr\u00e9sentation elle-m\u00eame. Les \u00e9l\u00e9ments du dispositif perdent leur dimension r\u00e9f\u00e9rentielle, au besoin par le biais de l\u2019image, pour devenir les indices d\u2019un autre niveau de lisibilit\u00e9 d\u00e9passant la seule structure textuelle. En l\u2019occurrence, en pla\u00e7ant initialement le regard en position d\u2019\u00ab astrologue \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote42sym\" name=\"sdfootnote42anc\">42<\/a><\/sup> enferm\u00e9 dans la chambre noire o\u00f9 il est, lui-m\u00eame, le p\u00f4le d\u2019inversion (et de m\u00e9tamorphose) de l\u2019image entre la sensation acquise de la r\u00e9alit\u00e9 et la repr\u00e9sentation po\u00e9tique restitu\u00e9e, Baudelaire ne d\u00e9crit pas simplement l\u2019espace de la mansarde propice \u00e0 l\u2019observation du ciel \u00e0 la lunette, il pose les conditions de lisibilit\u00e9 du po\u00e8me, voire une po\u00e9tique de la section <em>Tableaux parisiens<\/em>. Il l\u2019inscrit dans le cadre du dispositif astronomique de la <em>camera obscura,<\/em> qui \u00e9tait originellement pour l\u2019astronome l\u2019outil de la re-pr\u00e9sentation. Le dispositif de l\u2019astronomie s\u2019est int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9sentation dans le po\u00e8me : comme le montre si clairement Philippe Ortel pour le mod\u00e8le optique, \u00ab (il) n\u2019est pas dit par le texte mais montr\u00e9 : disparaissant de l\u2019\u00e9nonc\u00e9, il conditionne l\u2019ordre d\u2019\u00e9nonciation des composants (\u2026) \u00bb, c\u2019est un \u00ab sch\u00e8me imaginaire structurant \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote434sym\" name=\"sdfootnote43anc\">43<\/a><\/sup>.&nbsp;Un dispositif s\u2019int\u00e8gre dans le texte avec ses trois dimensions (technique, pragmatique, symbolique) et s\u2019y dissimule a priori (ou s\u2019y exhibe).<br \/>\nCe dispositif astronomique pos\u00e9 dans \u00ab Paysage \u00bb, Baudelaire va le poursuivre et le d\u00e9velopper en une hybridation m\u00e9tamorphique dans la repr\u00e9sentation du r\u00e9el cosmique. \u00ab Paysage \u00bb, po\u00e8me liminaire de la section <em>Tableaux parisiens<\/em>, dont Philippe Ortel, \u00e0 la suite de Philippe Hamon, a montr\u00e9 qu\u2019il int\u00e8gre le dispositif photographique de la chambre noire (avant tout parce que Baudelaire, par m\u00e9pris de la photographie, r\u00e9introduit la subjectivit\u00e9 au c\u0153ur de la repr\u00e9sentation), a vraisemblablement une fonction programmatique. Mais nous pensons bien plut\u00f4t qu\u2019il s\u2019agit du dispositif astronomique<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote44sym\" name=\"sdfootnote44anc\">44<\/a><\/sup> et non photographique<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote45sym\" name=\"sdfootnote45anc\">45<\/a><\/sup>de la chambre noire, <em>camera obscura<\/em>, qui est pos\u00e9 comme sch\u00e8me structurant de la repr\u00e9sentation : non seulement le deuxi\u00e8me vers du po\u00e8me nous place dans cet univers et la captation du regard est verticale, tourn\u00e9e vers le ciel, mais les champs lexicaux qui pr\u00e9c\u00e8dent comme ceux qui suivent la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la chambre noire, rel\u00e8vent du cosmos. Dans les deux cas, la <em>camera obscura<\/em> inverse l\u2019image dans la repr\u00e9sentation, mais la position du sujet observateur diff\u00e8re. En astronomie, l\u2019observateur se place au centre de la chambre noire, et cela n\u2019est pas anodin. En l\u2019occurrence, le po\u00e8te se repr\u00e9sente en surplomb, tendu vers le ciel, dans la mansarde dont ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es \u00ab porti\u00e8res et volets \u00bb pour obtenir l\u2019obscurit\u00e9 n\u00e9cessaire aux ph\u00e9nom\u00e8nes de canop\u00e9e.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify\"><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify\">3.3.2. L\u2019hybridation m\u00e9tamorphique comme cl\u00e9 de la po\u00e9tique baudelairienne<\/h4>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">L\u2019hybridation m\u00e9tamorphique (et de nature magique), qui \u00e9tait inh\u00e9rente, dans <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil,<\/em> \u00e0 la volont\u00e9 du sujet repr\u00e9sent\u00e9 agissant sur sa propre mati\u00e8re \u00ab d\u00e9li\u00e9e \u00bb car \u00e9tant dans l\u2019espace solaire d\u2019une moindre densit\u00e9, se r\u00e9v\u00e8le chez Baudelaire l\u2019\u0153uvre du sujet-po\u00e8te qui, en se pla\u00e7ant au c\u0153ur de l\u2019instrument de repr\u00e9sentation, au point de divergence des faisceaux qui s\u2019inversent dans la chambre noire, interrompt et nie le flux de la repr\u00e9sentation en miroir exact bien qu\u2019invers\u00e9 du cosmos, pour le recomposer en fonction de ses propres lois subjectives qui deviennent le p\u00f4le m\u00eame d\u2019inversion\/m\u00e9tamorphose. Le d\u00e9sir et la volont\u00e9 de forme qui habitaient le sujet hybride m\u00e9tamorphique de Cyrano de Bergerac deviennent chez Baudelaire inh\u00e9rents \u00e0 la <em>po\u00ef\u00e9tique<\/em><sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote46sym\" name=\"sdfootnote46anc\">46<\/a><\/sup> de repr\u00e9sentation du sujet cr\u00e9ateur. Avec le dispositif de la chambre noire astronomique, le sujet cr\u00e9ateur s\u2019expose imaginant. Et l\u2019hybridation rel\u00e8ve d\u00e9sormais de la puissance de la m\u00e9taphore<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote47sym\" name=\"sdfootnote47anc\">47<\/a><\/sup> qui inclut le macrocosme dans le microcosme (\u00ab&nbsp;tirer un soleil de mon c\u0153ur \u00bb dont nous pouvons penser qu\u2019il r\u00e9f\u00e8re d\u2019ailleurs \u00e0 d\u2019antiques superpositions cosmologiques \u2013 voir la position du c\u0153ur sur la vignette 3 \u2013 tout en revendiquant son caract\u00e8re novateur), tout en s\u2019exhibant par des m\u00e9taphores <em>in praesentia<\/em> dont les verbes d\u2019action (\u00ab b\u00e2tir \u00bb, \u00ab tirer \u00bb, \u00ab \u00e9voquer \u00bb, \u00ab faire \u00bb) renvoient \u00e0 la volont\u00e9 cr\u00e9atrice. Ces m\u00e9taphores m\u00e9tamorphosent la mati\u00e8re par des r\u00e9f\u00e9rents humains (\u00ab les jets d\u2019eau pleurant dans les alb\u00e2tres \u00bb). Le passage par la <em>camera obscura<\/em> scelle le passage entre deux r\u00e9gimes de l\u2019image : du visible au visuel. Le sujet cr\u00e9ateur baudelairien a autrement r\u00e9solu la d\u00e9territorialisation que l\u2019astronomie avait fait subir \u00e0 l\u2019humain du XVIIe si\u00e8cle : en hybridant par la puissance de l\u2019image son propre sujet \u00e0 un monde int\u00e9rieur recompos\u00e9, non dans le r\u00e9alisme photographique, mais au terme d\u2019une impr\u00e9gnation initiale (non exclusive de la vue puisque int\u00e9grant aussi la m\u00e9moire de sensations visuelles) d\u2019un univers dont il faut se couper pour mieux l\u2019imaginer. \u00ab \u00c9voquer<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote48sym\" name=\"sdfootnote48anc\">48<\/a><\/sup> le printemps \u00bb, c\u2019est faire \u0153uvre magique par la \u00ab volont\u00e9 \u00bb de la m\u00eame mani\u00e8re que les sujets-objets de Cyrano de Bergerac se m\u00e9tamorphosaient par la leur. \u00c0 celui qui n\u2019a pas encore \u00e9crit <em>Le Gouffre<\/em> (ni fait l\u2019exp\u00e9rience terrible du r\u00e9el qui en a suscit\u00e9 l\u2019\u00e9criture), la puissance m\u00e9tamorphique de l\u2019imaginaire peut toujours para\u00eetre la condition d\u2019habiter le monde (le chiasme \u00ab les pensers br\u00fblants en une ti\u00e8de atmosph\u00e8re<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote49sym\" name=\"sdfootnote49anc\">49<\/a><\/sup> \u00bb, superposant dans la transformation sur le mode de l\u2019inversion inh\u00e9rent \u00e0 la <em>camera obscura<\/em> les r\u00e9alit\u00e9s physiques et cosmiques \u00e0 la vie psychique pour poser les marges de tol\u00e9rance du vivable). Le sujet n\u2019abdique que par un pouvoir sur le monde que la science \u00e9tait venue lui d\u00e9nier en cr\u00e9ant du trou dans la repr\u00e9sentation : il le recompose en parall\u00e8le<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote50sym\" name=\"sdfootnote50anc\">50<\/a><\/sup> par fragmentation d\u2019objets hybrid\u00e9s au sujet. L\u2019image est bien plus essentielle \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre psychique du sujet que la perception exacte de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div class=\"contenuArticle\">\n<h2 class=\"western\"><a name=\"sect5\"><\/a>Conclusion<\/h2>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Cerner une origine impose d\u2019analyser les conditions d\u2019une \u00e9mergence et de tracer les (des) lignes de force d\u2019une f\u00e9condit\u00e9 que l\u2019hybride imaginaire poss\u00e8de a contrario de la plupart de ses homologues biologiques.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Les \u00eatres hybrides de Kepler et ceux de Cyrano de Bergerac nous montrent un &#8211; sinon le &#8211; point d\u2019\u00e9mergence de la notion moderne et normalis\u00e9e de l\u2019\u00eatre hybride dans une arch\u00e9ologie de la repr\u00e9sentation, laquelle a d\u00fb faire face \u00e0 l\u2019angoissante b\u00e9ance du R\u00e9el impos\u00e9e par la science nouvelle par un dispositif qui int\u00e8gre l\u2019hybridation. Se cristallisent avec ces \u00eatres astraux deux mod\u00e8les divergents de repr\u00e9sentations par rapport au possible imaginaire g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par la fracture du ciel que la nouvelle astronomie post\u00e9rieure \u00e0 Copernic et, surtout, \u00e0 Galil\u00e9e, a op\u00e9r\u00e9. Alors que l\u2019un d\u00e9duit d\u2019une patiente analyse des conditions sur la Lune, des formes de vie adapt\u00e9es qui r\u00e9investissent avec rigueur de mani\u00e8re hybrid\u00e9e les connaissances biologiques encore empiriques de la Renaissance, l\u2019autre, tout en int\u00e9grant le substrat scientifique de la nouvelle astronomie, projette dans l\u2019espace libre du cosmos une synth\u00e8se de syst\u00e8mes philosophiques disparates o\u00f9 l\u2019atomisme antique trouve dans la pens\u00e9e magique la clef d\u2019une \u00e9nerg\u00e9tique de la m\u00e9tamorphose : ce sont deux matrices distinctes du r\u00e9el, m\u00eame si elles prennent appui sur la \u00ab r\u00e9alit\u00e9 \u00bb astronomique. L\u2019un postule une r\u00e9introduction du sujet dans les marges laiss\u00e9es vacantes par le red\u00e9coupage scientifique de l\u2019objet, et en fonction de celles-ci ; l\u2019autre, tout en prenant en compte les r\u00e9sultats de l\u2019astronomie, revendique ce champ comme le terrain de puissance du d\u00e9sir et de l\u2019imaginaire, d\u2019une volont\u00e9 capable de m\u00e9tamorphoser la mati\u00e8re pour lui donner forme.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Avec Kepler, l\u2019hybride recompose les donn\u00e9es du symbolique en s\u2019\u00e9cartant de la t\u00e9ratologie et l\u00e9gitimant d\u00e9j\u00e0 une pens\u00e9e moderne de la tol\u00e9rance, la diff\u00e9rence n\u2019\u00e9tant que le produit objectif du milieu sur le sujet. La science-fiction moderne s\u2019emparera de cette recette pour en d\u00e9cliner de multiples possibles. Avec Cyrano de Bergerac s\u2019ouvre le champ d\u2019une reterritorialisation plus libre par le sujet au sein de la repr\u00e9sentation, pouvoir du sujet que revendiquera plus vigoureusement encore Baudelaire. Car, tout en gardant le r\u00e9f\u00e9rent astronomique dans \u00ab Paysage \u00bb, le po\u00e8te le transforme en dispositif de repr\u00e9sentation afin de poser le fondement vital de sa po\u00e9tique, la \u00ab ti\u00e8de atmosph\u00e8re \u00bb o\u00f9 s\u2019accomplit le sujet en sa volont\u00e9 cr\u00e9atrice capable de m\u00e9tamorphoser la r\u00e9alit\u00e9 pour, ainsi que le souligne Philippe Ortel, \u00ab jeter un pont sur l\u2019ab\u00eeme, [\u2026] construire un lien avec l\u2019incompr\u00e9hensible auquel une part de la po\u00e9sie moderne s\u2019affronte<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote51sym\" name=\"sdfootnote51anc\">51<\/a><\/sup> \u00bb. Un pas majeur est ainsi franchi par la perte du r\u00e9f\u00e9rent vers la d\u00e9construction post moderne du sujet en regard du symbolique.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">L\u2019hybride dans la repr\u00e9sentation s\u2019av\u00e8re en tous les cas une r\u00e9appropriation, une acrobatie \u00ab&nbsp;n\u00e9cessaire \u00bb dans un monde o\u00f9 les rep\u00e8res transcendants qui fondaient le sens se sont progressivement estomp\u00e9s : nos facult\u00e9s cognitives<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote52sym\" name=\"sdfootnote52anc\">52<\/a><\/sup> peuvent avec lui se raccrocher \u00e0 un axe composite dans l\u2019<em>immanence<\/em> d\u2019une vacuit\u00e9 laiss\u00e9e b\u00e9ante par le monde scientifique (cette profondeur sans fin dans la mati\u00e8re du monde ayant \u00e9t\u00e9 initialement n\u00e9cessaire pour \u00e9tablir des relations disparates entre ce qui apparaissait, dans son \u00e0-plat ant\u00e9rieur stabilis\u00e9, de la nature du continu hi\u00e9rarchis\u00e9). Resterait \u00e0 savoir si telle parade de la repr\u00e9sentation face \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9volution scientifique copernicienne op\u00e8rerait encore \u00e0 l\u2019\u00e2ge quantique, ce dont Slavoj \u017di\u017eek doute<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote53sym\" name=\"sdfootnote53anc\">53<\/a><\/sup>. Les travaux de Grit Ruhland, de Laurence Ressier, de Giancarlo Faini et Michel Paysant pr\u00e9sent\u00e9s lors du colloque \u00ab Images et mirages @ Nanosciences \u00bb<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote54sym\" name=\"sdfootnote54anc\">54<\/a><\/sup> t\u00e9moignent du d\u00e9sir des artistes d\u2019investir par des formes subjectives (fatalement hybrides) ces nouvelles dimensions du r\u00e9el.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">Cet imaginaire hybrid\u00e9, nous dit-on<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote55sym\" name=\"sdfootnote55anc\">55<\/a><\/sup>, puise sa f\u00e9condit\u00e9 dans les repr\u00e9sentations topographiquement organis\u00e9es de notre cerveau qui mobilisent le disparate de nos m\u00e9moires sensitives. Aussi tirerions-nous grand b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 croiser nos approches esth\u00e9tiques et philosophiques et, par-dessus tout, psychanalytiques, avec les conclusions de la neurobiologie sur la g\u00e9n\u00e9ration psychique des images et sur l\u2019\u00e9quilibre vital<sup><a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote56sym\" name=\"sdfootnote56anc\">56<\/a><\/sup> que ces repr\u00e9sentations nous assurent avec le monde.<\/p>\n<hr>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"notesBasPage\">\n<p><a name=\"sect6\"><\/a><\/p>\n<h3>Notes<\/h3>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Dans la note 8, p. 53 (le <em>Songe<\/em> est accompagn\u00e9 d\u2019un consid\u00e9rable appareil de notes de Kepler), l\u2019astronome impute clairement le proc\u00e8s en sorcellerie intent\u00e9 \u00e0 sa m\u00e8re, et dont il mettra plus de six ans \u00e0 l\u2019arracher, \u00e0 diffusion de son Songe sous forme manuscrite. En effet, le personnage-narrateur, dans son sommeil, y lit un ouvrage dont le personnage, Duracotus, va \u00eatre initi\u00e9 aux secrets du monde lunaire au cours d\u2019un rituel d\u2019apparence magique par l\u2019entremise de sa m\u00e8re, la magicienne Fiolxhilde. Entre autres pratiques, celle-ci cueille le soir de la Saint Jean \u00ab des herbes avec toutes sortes de rites et, chez elle, en faisait des d\u00e9coctions. \u00bb Selon Kepler, des lecteurs contemporains superstitieux et malveillants auraient identifi\u00e9 la Fiolxhilde de la fiction \u00e0 sa propre m\u00e8re. <em>Le Songe ou astronomie lunaire<\/em> (Somniun sive astronomia lunaris),(posth. 1634, Francfort), \u00e9d. et trad. Mich\u00e8le Ducos, Nancy, Presses universitaires de Nancy, 1984.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a> &#8211;&nbsp; Pour r\u00e9pondre \u00e0 la question pos\u00e9e par Emmanuel Molinet dans <em>L\u2019hybridation, un processus d\u00e9cisif dans le champ des arts plastiques,<\/em> Le Portique [En ligne], 2-2006. Consultable sur <a href=\"http:\/\/leportique.revues.org\/index851.html\">ce lien<\/a>. (Consult\u00e9 le 10 avril 2011)<\/p>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a> &#8211;&nbsp; Philippe Ortel, <em>Vers une po\u00e9tique du dispositif<\/em>, in <em>Penser la repr\u00e9sentation II<\/em>, Paris, \u00e9d. L\u2019Harmattan, 2008, p. 44.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a> &#8211;&nbsp; Les deux \u0153uvres s\u2019entent dans les cat\u00e9gories de la premi\u00e8re partie du XVII\u00e8me si\u00e8cle durant laquelle le processus de rationalisation et de classement de la connaissance n\u2019a pas encore produit les taxinomies pr\u00e9-modernes. \u00c0 titre d\u2019exemple, le dictionnaire de Fureti\u00e8re, un demi-si\u00e8cle environ apr\u00e8s ces deux \u0153uvres, stipule \u00e0 l\u2019article \u00ab V\u00e9g\u00e9taux \u00bb : \u00ab On classe les corps naturels sublunaires en m\u00e9taux, min\u00e9raux, v\u00e9g\u00e9taux et animaux. \u00bb Par ailleurs, l\u2019animal est aussi qualifi\u00e9 de \u00ab genre \u00bb. On observe donc un certain flottement des cat\u00e9gories chez le lexicographe, sans compter des divisions qui vont dispara\u00eetre dans une taxinomie post\u00e9rieure (entre \u00ab m\u00e9taux \u00bb et \u00ab&nbsp;min\u00e9raux&nbsp;\u00bb). Le mot \u00ab r\u00e8gne \u00bb (v\u00e9g\u00e9tal, animal, etc.) n\u2019appara\u00eetra qu\u2019en 1762 selon <em>Le Rober<\/em>t. Nous n\u2019approfondirons pas cette r\u00e9flexion car le but de ce travail est de penser l\u2019hybridation \u00e0 un stade dat\u00e9 de la connaissance, non de mettre en cause celle-ci.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a> &#8211;&nbsp; Kepler n\u2019est pas dupe lorsqu\u2019il d\u00e9veloppe l\u2019hypoth\u00e8se des mar\u00e9es lunaires et stipule non sans humour dans la note 202,<em> op. cit<\/em>., p. 115 : \u00ab Contentons-nous d\u2019y croire jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un explorateur aille voir ce qu\u2019il en est. \u00bb<\/p>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a> &#8211;&nbsp; L\u2019\u00e9rudition ne nous para\u00eet pas devoir \u00e2tre une fin, mais un moyen de la pens\u00e9e dans une transdisciplinarit\u00e9 lucide.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a> &#8211;&nbsp; Emmanuel Molinet rappelle que les \u00e9mergences m\u00e9di\u00e9vales de ce qu\u2019on n\u2019appelle pas encore l\u2019hybride ont servi dans une dimension symbolique au rejet de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 religieuse des Musulmans. <em>Op. cit<\/em>..<\/p>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a> &#8211;&nbsp; Cette nuance m\u00e9riterait de plus amples d\u00e9veloppements que ceux que l\u2019objet de cet article nous permet de faire. D\u2019une mani\u00e8re grossi\u00e8re, nous pourrions dire que la pr\u00e9sentation qu\u2019op\u00e8re la science dans le R\u00e9el diverge plus clairement en ce d\u00e9but de XVII\u00e8me si\u00e8cle de la repr\u00e9sentation n\u00e9cessaire tout autant au discours ontologique qu\u2019\u00e0 la perception vulgaris\u00e9e du discours scientifique.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a> &#8211;&nbsp; Ce pour quoi la science, au lieu d\u2019\u00eatre une trame totalitaire de lois verrouillant la r\u00e9alit\u00e9 qui fait peur \u00e0 certains artistes, s\u2019av\u00e8re plut\u00f4t productrice de \u00ab trous \u00bb dans la r\u00e9alit\u00e9, lib\u00e9rant ainsi des latitudes et des champs dans le r\u00e9el pour l\u2019art. La science peut cr\u00e9er des espaces libres et des profondeurs h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes pour y voyager par la repr\u00e9sentation au service du sens et des sens.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a> &#8211;&nbsp; \u00ab Pr\u00e9cis\u00e9ment dans la mesure o\u00f9 la science \u00ab ne pense pas \u00bb, elle sait ; hors la dimension de la v\u00e9rit\u00e9, et repr\u00e9sente, en tant que telle, la pulsion dans toute sa puret\u00e9. \u00bb Slavoj \u017di\u017eek, <em>La Subjectivit\u00e9 \u00e0 venir<\/em>, trad. Fran\u00e7ois Th\u00e9ron, Paris, \u00e9d. Flammarion, coll. Champs essais, 2006, p.58.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a> &#8211;&nbsp; Philippe Ortel, <em>La Litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019\u00e8re de la photographie<\/em>, Enqu\u00eate sur une r\u00e9volution invisible, Paris, Jacqueline Chambon, collection \u00ab Rayon photo \u00bb, 2002, p. 98.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a> &#8211;&nbsp; Slavoj \u017di\u017eek, rappelle les nuances \u00e9tablies par Lacan \u00e0 ce propos : \u00ab Il faut ici \u00e9viter un malentendu : Lacan est loin de relativiser la science en en faisant un r\u00e9cit arbitraire parmi d\u2019autres r\u00e9cits arbitraires, dans une hi\u00e9rarchie comparable aux mythes politiquement corrects. Lacan tient que la science \u00ab touche au R\u00e9el \u00bb, le savoir qu\u2019elle construit EST \u00ab un savoir du R\u00e9el \u00bb ; l\u2019impasse r\u00e9side simplement aujourd\u2019hui dans le fait que le savoir scientifique ne nous sert plus de \u00ab grand Autre \u00bb SYMBOLIQUE. \u00bb <em>La Subjectivit\u00e9 \u00e0 venir<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p.102-103.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a> &#8211;&nbsp; \u00ab Il s\u2019agit d\u2019abord de la non-distinction entre ce qu\u2019on voit et ce qu\u2019on lit, entre l\u2019observ\u00e9 et le rapport\u00e9, donc de la constitution d\u2019une nappe unique et lisse o\u00f9 le regard et le langage s\u2019entrecroisent \u00e0 l\u2019infini ; et il s\u2019agit aussi, \u00e0 l\u2019inverse, de la dissociation imm\u00e9diate de tout langage que d\u00e9double, sans jamais aucun terme assignable, le ressassement du commentaire. \u00bb Michel Foucault, <em>Des Mots et des choses. Une arch\u00e9ologie des sciences humaines<\/em>, Paris, Gallimard, collection \u00ab T\u00e9l \u00bb, 1966, p. 54.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a> &#8211;&nbsp; Michel Foucault rappelle comment la m\u00e9decine du XVII\u00e8me si\u00e8cle prend appui sur un syst\u00e8me d\u2019analogies entre l\u2019homme et le monde, la temp\u00eate dans celui-ci \u00e9quivalent \u00e0 la maladie dans celui-l\u00e0, avec une r\u00e9ciprocit\u00e9 des effets. \u00ab Cette r\u00e9versibilit\u00e9, comme cette polyvalence, donne \u00e0 l\u2019analogie un champ universel d\u2019application. Par elle, toutes les figures du monde peuvent se rapprocher. Il existe cependant, dans cet espace sillonn\u00e9 en toutes les directions, un point privil\u00e9gi\u00e9 : il est satur\u00e9 d\u2019analogies (chacune peut y trouver l\u2019un de ses points d\u2019appui) et, en passant par lui, les rapports s\u2019inversent sans s\u2019alt\u00e9rer. Ce point, c\u2019est l\u2019homme ; il est en proportion avec le ciel, comme avec les animaux et les plantes, comme avec la terre, les m\u00e9taux, les stalactites ou les orages. Dress\u00e9 entre les faces du monde, il a rapport au firmament (son visage est \u00e0 son corps ce que la face du ciel est \u00e0 l\u2019\u00e9ther ; son pouls bat dans ses veines, comme les astres circulent selon leur voies propres ; les sept ouvertures forment dans son visage ce que sont les sept plan\u00e8tes du ciel) ; mais tous ces rapports, il les fait basculer, et on les retrouve, similaires, dans l\u2019analogie de l\u2019animal humain avec la terre qu\u2019il habite : sa chair est une gl\u00e8be, ses os des rochers, ses veines de grands fleuves ; sa vessie, c\u2019est la mer, et ses sept membres principaux, les sept m\u00e9taux qui se cachent au fond des mines. Le corps de l\u2019homme est toujours la moiti\u00e9 possible d\u2019un atlas universel. \u00bb <em>Op. cit<\/em>., p. 37.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a> &#8211;&nbsp; Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle gagnait en pr\u00e9cision dans la description de la mati\u00e8re, la physique moderne n\u2019a fait qu\u2019accro\u00eetre ce processus d\u2019\u00e9videmment, d\u2019espace : en physique quantique, l\u2019\u00e9lectron n\u2019est plus qu\u2019une probabilit\u00e9 de pr\u00e9sence. M\u00eame le plein de la mati\u00e8re s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un mythe m\u00e9taphysique.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a> &#8211;&nbsp; Des repr\u00e9sentations du ciel bien post\u00e9rieures \u00e0 la r\u00e9volution copernicienne continuent \u00e0 postuler des orbes (sph\u00e8res sur lesquelles sont accroch\u00e9s les astres) translucides mais solides (le plus souvent en cristal). Si le regard pouvait traverser l\u2019espace tel qu\u2019il \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9, tout d\u00e9placement physique y \u00e9tait inconcevable.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a> &#8211;&nbsp; . Pour les instruments d\u2019astronomie et leur usage avant l\u2019invention de la lunette astronomique, se rapporter \u00e0 <em>Voir et r\u00eaver le monde,<\/em> p. 42.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a> &#8211;&nbsp; D\u00e9chirure dans la repr\u00e9sentation qu\u2019Arnaud Rykner a d\u00e9crite \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du texte : \u00ab Le pan est cette fa\u00e7on dont la lumi\u00e8re du r\u00e9el rentre dans le langage et fait un trou dans l\u2019\u00e9cran du texte. \u00bb <em>Pans. Libert\u00e9 de l\u2019\u0153uvre et r\u00e9sistance du texte<\/em>, Paris, \u00e9d. Jos\u00e9 Corti, 2004, p. 21.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a> &#8211;&nbsp; Analyse de Slavoj \u017di\u017eek \u00e0 propos du film Matrix dans<em> La Subjectivit\u00e9 \u00e0 veni<\/em>r, <em>op. cit<\/em>., p. 100.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a> &#8211;&nbsp; Dans le c\u00e9l\u00e8bre fragment 230, Pascal utilise la repr\u00e9sentation du monde de l\u2019astronomie nouvelle pour cr\u00e9er le sentiment du vertige. Ce fragment est une r\u00e9\u00e9criture de deux passages des <em>Essais<\/em> de Montaigne (livre I, chap 26, p 157, et livre 2, chap 12, p. 450) or si l\u2019id\u00e9e d\u2019infini y appara\u00eet une unique fois, et de fa\u00e7on secondaire, Montaigne utilise la repr\u00e9sentation du ciel pour rabattre les pr\u00e9tentions d\u2019anthropocentrisme ou de vanit\u00e9 de l\u2019homme par rapport \u00e0 l\u2019univers, et non pour engendrer le sentiment du vertige face \u00e0 l\u2019immensit\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019en rabattre, non de fr\u00e9mir. Notons que si Montaigne fait mention de la th\u00e9orie de Copernic dans les <em>Essais<\/em>, ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019appui du scepticisme dont les th\u00e9ories contradictoires et toutes valides en apparence lui donnent la preuve&nbsp;: il n\u2019adopte pas l\u2019h\u00e9liocentrisme copernicien car \u00ab Que prendrons-nous de l\u00e0, sinon qu\u2019il ne nous doit chaloir le quel ce soit des deux ? \u00bb Michel de Montaigne, <em>Essais<\/em>, II, 12, 570 \u2013 strate A du texte, 1580, \u00e9dition Villey, P.U.F., collection \u00ab Quadrige \u00bb, 1965.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a> &#8211;&nbsp; Avec une r\u00e9f\u00e9rence explicite \u00e0 Pascal, Baudelaire reprendra (et nous verrons que ce n\u2019est pas un hasard) cet angoissant vertige de la cosmologie dans \u00ab Le Gouffre \u00bb, dans la troisi\u00e8me \u00e9dition, en 1868, du recueil <em>Les Fleurs du Mal<\/em>, p. 220. C\u2019est bien par le n\u00e9ant que le gouffre est angoissant et non par sa profondeur.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a> &#8211;&nbsp; Michel Foucault, Des Mots et des choses. <em>Op. cit<\/em>., p. 70.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote23\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote23anc\" name=\"sdfootnote23sym\">23<\/a> &#8211;&nbsp; Dans son ouvrage Dialogue sur les deux grands syst\u00e8mes du monde, Galil\u00e9e oppose les deux grandes th\u00e9ories cosmologiques, le g\u00e9ocentrisme et l\u2019h\u00e9liocentrisme. Il est remarquable qu\u2019alors que le g\u00e9ocentriste Simplicio r\u00e9fute la pr\u00e9sence de vie sur la Lune au motif religieux qu\u2019il ne saurait y avoir de mouvements s\u2019ils ne sont aux fins de l\u2019homme (\u00a7 126, p. 160), il fasse d\u00e9fendre \u00e0 Sagredo, partisan de l\u2019h\u00e9liocentrisme, la th\u00e8se d\u2019une possible pr\u00e9sence de vie sur la lune, d\u2019une forme que nous ne pouvons pas imaginer : \u00ab J\u2019en suis certain, jamais quelqu\u2019un qui serait n\u00e9 et aurait grandi dans une immense for\u00eat, au milieu des b\u00eates et des oiseaux, ignorant compl\u00e8tement l\u2019\u00e9l\u00e9ment de l\u2019eau, ne pourrait arriver \u00e0 imaginer que, dans la nature, il y ait un monde diff\u00e9rent de l\u2019\u00e9l\u00e9ment terrestre, un monde rempli d\u2019animaux capables d\u2019avancer, et m\u00eame de rester immobiles o\u00f9 il leur pla\u00eet, ce que ne peuvent faire les oiseaux dans l\u2019air ; il n\u2019imaginerait pas non plus que les hommes habitent l\u00e0, y \u00e9difient des palais et des cit\u00e9s et peuvent facilement voyager, allant sans fatigue en des pays tr\u00e8s lointains, avec toute leur famille, toute leur maisonn\u00e9e, avec des cit\u00e9s enti\u00e8res. Cet homme, avec l\u2019imagination la plus vive, n\u2019arriverait jamais \u00e0 se repr\u00e9senter les poissons, l\u2019oc\u00e9an, les navires, les flottes, les armadas. \u00c0 plus forte raison sur la Lune, si \u00e9loign\u00e9e de nous, faite peut-\u00eatre d\u2019une mati\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rente de la Terre, il pourrait exister des substances et se produire des op\u00e9rations difficiles et m\u00eame impossibles \u00e0 imaginer ; parce que ne ressemblant absolument pas \u00e0 ce que nous connaissons, elles sont totalement impensables : nous ne pouvons imaginer en effet qu\u2019une chose que nous avons d\u00e9j\u00e0 vue, ou compos\u00e9e de choses ou de parties de choses d\u00e9j\u00e0 vues, par exemple les sphinx, les sir\u00e8nes, les chim\u00e8res, les centaures, etc. \u00bb Galil\u00e9e, <em>Dialogue sur les deux grands syst\u00e8mes du monde,<\/em> traduit de l\u2019italien par Ren\u00e9 Fr\u00e9reux et Fran\u00e7ois de Gandt, Paris, Seuil, Points Sciences, 1992, \u00a7 129, p. 161.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote24\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote24anc\" name=\"sdfootnote24sym\">24<\/a> &#8211;&nbsp; \u00ab Dans un songe, on a besoin d\u2019inventer en toute libert\u00e9 m\u00eame ce qui n\u2019est pas donn\u00e9 par les sens. \u00bb, Note 116 de Kepler, p. 85.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote25\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote25anc\" name=\"sdfootnote25sym\">25<\/a> &#8211;&nbsp; Kepler justifie cette taille d\u00e9mesur\u00e9e dans la note 212 : \u00ab Je pensais que les \u00eatres vivants ressemblaient aux montagnes ; [\u2026] Ce rapport ne vaut pas seulement pour le physique (compar\u00e9 \u00e0 celui de nos cr\u00e9atures terrestres) mais pour les fonctions : respirer, se nourrir, boire, veiller, dormir, travailler, se reposer. La grandeur de leurs ouvrages, surtout visibles dans l\u2019appendice, en t\u00e9moigne ; l\u2019exc\u00e8s constant dans la chaleur et dans le froid en t\u00e9moignent aussi ainsi que la raret\u00e9 des moments de radoucissement. [\u2026] \u00bb.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote26\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote26anc\" name=\"sdfootnote26sym\">26<\/a> &#8211;&nbsp; P. 47.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote27\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote27anc\" name=\"sdfootnote27sym\">27<\/a> &#8211;&nbsp; Une hom\u00e9ostasie tout \u00e0 fait empirique et \u00e9l\u00e9mentaire mais une hom\u00e9ostasie tout de m\u00eame : pour se pr\u00e9server de la noyade, les \u00eatres doivent soit avoir de longues jambes pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre rattrap\u00e9s par la mar\u00e9e, ou pouvoir rester sous l\u2019eau suffisamment longtemps en apn\u00e9e ; pour rester dans un \u00e9quilibre thermique avec le milieu, le corps doit se pr\u00e9server avec une peau \u00e9paisse, v\u00e9g\u00e9tale, sujette \u00e0 d\u00e9gradation dans la journ\u00e9e. Kepler envisage aussi une vie troglodytique, mais ce n\u2019est plus de l\u2019hybridation (et l\u2019hypoth\u00e8se est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e de l\u2019ext\u00e9rieur par le fait que l\u2019on observe de grands trous qui semblent \u00eatre des grottes sur la Lune, et que l\u2019on en voit pas de mouvement \u00e0 sa surface).<\/p>\n<div id=\"sdfootnote28\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote28anc\" name=\"sdfootnote28sym\">28<\/a> &#8211;&nbsp; Notre analyse de l\u2019hybridation touche ici les limites de la scientificit\u00e9 relative des cat\u00e9gories dont elle proc\u00e8de. Car, paradoxalement, cette hybridation adaptative des \u00eatres mi-v\u00e9g\u00e9taux mi-animaux est nourrie par un savoir tir\u00e9 de ce que Michel Foucault rapporte aux connaissances pr\u00e9scientifiques de la Renaissance, compos\u00e9es selon les r\u00e8gles de la rationalit\u00e9 mais aussi en vertu d\u2019un pittoresque fantasque. Kepler accompagne son Songe d\u2019une glose et justifie en effet ainsi son hybride imaginaire : \u00ab Sous l\u2019effet de la chaleur du Soleil, la r\u00e9sine sort des poutres des navires et s\u2019agglom\u00e8re en une boule, d\u2019o\u00f9 naissent les canards. Leur bec est la derni\u00e8re partie de leur corps \u00e0 se d\u00e9velopper ; quand il est d\u00e9gag\u00e9, ils se jettent \u00e0 l\u2019eau, comme le dit Scaliger dans ses Exercices. On conna\u00eet aussi un arbre d\u2019Ecosse fr\u00e9quemment cit\u00e9, qui donne naissance aux m\u00eames animaux. En 1615, pendant un \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s sec, j\u2019ai vu \u00e0 Linz une branche de gen\u00e9vrier qui venait des plaines d\u00e9sertes de la Traun. Elle avait donn\u00e9 naissance \u00e0 un insecte d\u2019une forme \u00e9trange, qui avait la couleur du scarab\u00e9e cornu. L\u2019insecte se tenait au milieu de la branche et bougeait lentement. Sa partie post\u00e9rieure qui adh\u00e9rait \u00e0 l\u2019arbre \u00e9tait faite de r\u00e9sine de gen\u00e9vrier. \u00bb Note 221, p. 121. Simplement, l\u2019explication de Kepler porte sur la <em>possibilit\u00e9<\/em> du passage du v\u00e9g\u00e9tal \u00e0 l\u2019animal, tenue pour scientifique d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, mais les composantes de son hybride lunaire sont tir\u00e9es sp\u00e9cifiquement de cat\u00e9gories disparates <em>en fonction des<\/em> conditions de milieu auxquelles elles sont adapt\u00e9es. Ce n\u2019est plus la transmutation qui importe, mais le rapport que les \u00e9l\u00e9ments discontinus ont avec les conditions h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes du milieu.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote29\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote29anc\" name=\"sdfootnote29sym\">29<\/a> &#8211;&nbsp; La note 70 de Kepler, page 69, d\u00e9veloppe, pour une tout autre raison, une th\u00e9orie de nature \u00e0 expliquer telle rugosit\u00e9 de la peau : \u00ab Nos corps restent chauds gr\u00e2ce \u00e0 la chaleur produite par une \u00e9vaporation continuelle qui provient des profondeurs de la terre ; elle tombe sous forme de pluie, ou la nuit, quand les chauds rayons du Soleil ont disparu, sous forme de ros\u00e9e ou de gel\u00e9e blanche. La peau, priv\u00e9e de cette chaude vapeur ext\u00e9rieure, devient peu \u00e0 peu rugueuse [\u2026] \u00bb Kepler explique par ailleurs que les deux h\u00e9misph\u00e8res de Levania (La Lune) ont des conditions climatiques tr\u00e8s oppos\u00e9es, Subvolva (l\u2019h\u00e9misph\u00e8re qui fait constamment face \u00e0 la Terre) \u00e9tant plut\u00f4t temp\u00e9r\u00e9, alors que Privolva (l\u2019h\u00e9misph\u00e8re lunaire qui n\u2019a jamais la Terre dans son ciel) conna\u00eet des conditions de froid et de chaleur extr\u00eames.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote30\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote30anc\" name=\"sdfootnote30sym\">30<\/a> &#8211;&nbsp; Cette adaptation peut int\u00e9grer des \u00e9l\u00e9ments physiques des amphibiens, mais Kepler pr\u00e9cise clairement dans sa note qu\u2019il leur donne \u00ab la facult\u00e9 de nager et de s\u2019adapter \u00e0 l\u2019eau, mais sans se transformer en poissons. Aucun de ces d\u00e9tails n\u2019est incroyable, quand on conna\u00eet l\u2019histoire du Sicilien Cola, l\u2019homme-poisson \u00bb, note 214, page 119. Selon Cardan, ce plongeur pouvait rester trois ou quatre heures sous l\u2019eau, ce qui l\u2019apparenterait davantage aux facult\u00e9s d\u2019un mammif\u00e8re marin qu\u2019\u00e0 celles d\u2019un homme.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote31\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote31anc\" name=\"sdfootnote31sym\">31<\/a> &#8211;&nbsp; Op cit., p. 47.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote32\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote32anc\" name=\"sdfootnote32sym\">32<\/a>&nbsp;&#8211;&nbsp; Au moment o\u00f9 le livre lu en r\u00eave \u00e9voquait le climat de Levania, le personnage-narrateur de premier niveau est \u00e9veill\u00e9 par le vent et la pluie. Il est stipul\u00e9 que le livre n\u2019est pas achev\u00e9. D\u2019o\u00f9 la perplexit\u00e9 pour le lecteur de premier niveau que nous sommes : Kepler se moquait-il de d\u00e9velopper au-del\u00e0 du strict n\u00e9cessaire induit par l\u2019astronomie l\u2019\u00e9co-syst\u00e8me du monde lunaire (aucun \u00e9l\u00e9ment sur l\u2019organisation politique, par exemple, n\u2019appara\u00eet) ? ou avait-il eu la prescience des cons\u00e9quences f\u00e2cheuses pour lui-m\u00eame de la g\u00e9n\u00e9ration de cr\u00e9atures lunaires par les conditions scientifiques ? Il nous para\u00eet probable qu\u2019il n\u2019ait pas voulu, en sus du d\u00e9veloppement p\u00e9rilleux de l\u2019astronomie copernicienne, poursuivre l\u2019audace en r\u00e9\u00e9crivant la Gen\u00e8se \u00e0 l\u2019envers, cr\u00e9ant les \u00eatres \u00e0 partir des conditions scientifiques du milieu en contradiction avec le dogme religieux d\u2019une cr\u00e9ation des hi\u00e9rarchis\u00e9e des \u00eatres. L\u2019obscurit\u00e9 de la math\u00e9matisation de l\u2019astronomie pouvait \u00eatre une relative \u00e9gide.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote33\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote33anc\" name=\"sdfootnote33sym\">33<\/a> &#8211;&nbsp; Biologie et apparence : Les Netis, \u00e9galement appel\u00e9s Ryyks sont originaires de la plan\u00e8te Mykr puis Ryyk. \/ C\u2019est une esp\u00e8ce \u00e0 part, appartenant au monde v\u00e9g\u00e9tal et poss\u00e9dant la capacit\u00e9 de se m\u00e9tamorphoser. Ils ont une peau dure et grise semblable \u00e0 l\u2019\u00e9corce des arbres. Ils poss\u00e8dent de nombreux bras comparables \u00e0 des branches et un corps fin assimil\u00e9 au tronc d\u2019un arbre. Ils poss\u00e8dent un feuillage dont la couleur tend vers le brun et parfois le gris et le noir. \/ Ils sont capables de changer de forme et de taille. Ils semblent pouvoir le faire \u00e0 volont\u00e9. \/ Les plus habiles d\u2019entre eux peuvent ainsi prendre une apparence humano\u00efde avec une taille pouvant aller de 2 \u00e0 9,5 m de haut, tout en gardant leur couleur v\u00e9g\u00e9tale. \/ Sous leur forme humano\u00efde, ils n\u2019ont pas besoin de respirer. \/ Au repos, ils arborent une taille variant de 3,5 \u00e0 5 m. Lorsqu\u2019ils sont inconscients, apr\u00e8s avoir re\u00e7u un coup ou lorsqu\u2019ils dorment, ils arrivent \u00e0 conserver la forme qu\u2019ils avaient choisit (sic) juste avant l\u2019\u00e9tat d\u2019inconscience. \/ \u00c9tant une esp\u00e8ce v\u00e9g\u00e9tale, ils se nourrissent par photosynth\u00e8se et n\u2019ont comme seul besoin de survie qu\u2019un peu d\u2019eau et lumi\u00e8re naturelle. Leur long\u00e9vit\u00e9 s\u2019entend (sic) sur plusieurs centaines d\u2019ann\u00e9es. \/ Leur reproduction s\u2019effectue une fois tous les cent ans ou plus. (\u2026) \u00bb <a href=\"http:\/\/www.starwars-universe.com\/espece-124-neti.html\">Source<\/a>. (Consult\u00e9 le 7 avril 2011)<\/p>\n<div id=\"sdfootnote34\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote34anc\" name=\"sdfootnote34sym\">34<\/a> &#8211;&nbsp; Biologie et apparence : Les F\u00e9luciens sont les habitants de la plan\u00e8te fongique Felucia. Ils portent un masque en permanence dissimulant leur vrai visage. Ils ont une peau noire et bleue et n\u2019ont pas de cheveux, bien que leur masque en donne l\u2019impression. \/ Ce sont des amphibiens, ce qui leur permet d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019aise aussi bien dans l\u2019eau que sur terre et de traverser les marais sans difficult\u00e9. \/ Ils sont grands, environ 1.9 m\u00e8tres, et leur corps leur permet de jouir d\u2019un camouflage naturel qui leur permet de dispara\u00eetre dans la v\u00e9g\u00e9tation de la plan\u00e8te. \/ Leurs mains et leurs pieds se terminent par quatre membres palm\u00e9s et ventous\u00e9s, ils peuvent ainsi s\u2019accrocher aux surfaces et nager avec aisance. \/ Au niveau de leur avant-bras, ils ont une protub\u00e9rance, une sorte de second bras, dont l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 se termine par trois doigts agiles. (\u2026) \u00bb <a href=\"http:\/\/www.starwars-universe.com\/espece-200-felucien.html\">Source<\/a>. (Consult\u00e9 le 7 avril 2011)<\/p>\n<div id=\"sdfootnote35\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote35anc\" name=\"sdfootnote35sym\">35<\/a> &#8211;&nbsp; II.4) L\u2019hybride comme originaire comme forme n\u00e9gative en occident, \u00a7 43 \u00e0 46&nbsp;; III.1) La question du politique, \u00a7 65 et 66. Consultable sur<a href=\"http:\/\/leportique.revues.org\/index851.html\"> ce lien<\/a>. (Consult\u00e9 le 10 avril 2011)<\/p>\n<div id=\"sdfootnote36\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote36anc\" name=\"sdfootnote36sym\">36<\/a> &#8211;&nbsp; Cit\u00e9 par Slavoj \u017di\u017eek, <em>La Subjectivit\u00e9 \u00e0 venir<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 66. \u00c0 propos des dessins anim\u00e9s dans lesquels \u017di\u017eek prend l\u2019exemple de la s\u00e9rie de films d\u2019animation de Spielberg intitul\u00e9e <em>Le petit Dinosaure<\/em> pour expliquer qu\u2019\u00ab ils r\u00e9v\u00e8lent en effet bien plus directement l\u2019identit\u00e9 de notre soci\u00e9t\u00e9 que ne le font les films traditionnels et le jeu \u00ab&nbsp;r\u00e9aliste \u00bb de leurs acteurs \u00bb.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote37\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote37anc\" name=\"sdfootnote37sym\">37<\/a> &#8211;&nbsp; Rappelons que c\u2019est en 1980 que sortira sur les \u00e9crans <em>Elephant Man<\/em>, de David Lynch, qui porte une m\u00eame r\u00e9flexion morale par rapport \u00e0 la monstruosit\u00e9.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote38\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote38anc\" name=\"sdfootnote38sym\">38<\/a> &#8211;&nbsp; Cyrano de Bergerac, <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil,<\/em> Paris, Garnier-Flammarion, 2003, p. 116.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote39\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote39anc\" name=\"sdfootnote39sym\">39<\/a> &#8211;&nbsp; \u00ab Alors je commen\u00e7ai de comprendre qu\u2019en effet l\u2019imagination de ces Peuples Solaires, laquelle \u00e0 cause du climat doit \u00eatre plus chaude, leurs corps, pour la m\u00eame raison, plus l\u00e9gers, et leurs individus plus mobiles (n\u2019y ayant point, en ce Monde-l\u00e0 comme au n\u00f4tre, d\u2019activit\u00e9 de centre qui puisse d\u00e9tourner la mati\u00e8re du mouvement que cette imagination lui imprime) je con\u00e7us, dis-je, que cette imagination pouvait produire sans miracle tous les miracles qu\u2019elle venait de faire. \u00bb,<em> op. cit<\/em>., p. 125.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote40\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote40anc\" name=\"sdfootnote40sym\">40<\/a> &#8211;&nbsp; Nous aurions pu \u00e9tudier la post\u00e9rit\u00e9 moderne de cette hybridit\u00e9 m\u00e9tamorphique avec les feux d\u2019artifices esth\u00e9tiquement spectaculaires de Groupe F pour mettre en sc\u00e8ne <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> \u00e0 Versailles en 2008 mais nous risquions de n\u2019\u00e9voquer que le spectaculaire esth\u00e9tisant d\u2019un spectacle pyrotechnique.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote41\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote41anc\" name=\"sdfootnote41sym\">41<\/a> &#8211;&nbsp; Paysage Je veux, pour composer chastement mes \u00e9glogues,Coucher aupr\u00e8s du ciel, comme les astrologues,Et, voisin des clochers, \u00e9couter en r\u00eavant Leurs hymnes solennels emport\u00e9s par le vent.Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,Je verrai l\u2019atelier qui chante et qui bavarde&nbsp;;Les tuyaux, les clochers, ces m\u00e2ts de la cit\u00e9,Et les grands ciels qui font r\u00eaver d\u2019\u00e9ternit\u00e9.Il est doux, \u00e0 travers les brumes de voir na\u00eetre L\u2019\u00e9toile dans l\u2019azur, la lampe \u00e0 la fen\u00eatre,Les fleuves de charbon monter au firmament Et la lune verser son p\u00e2le enchantement.Je verrai les printemps, les \u00e9t\u00e9s, les automnes&nbsp;;Et quand viendra l\u2019hiver aux neiges monotones,Je fermerai partout porti\u00e8res et volets Pour b\u00e2tir dans la nuit mes f\u00e9\u00e9riques palais.Alors je r\u00eaverai des horizons bleu\u00e2tres,Des jardins, des jets d\u2019eau pleurant dans les alb\u00e2tres,Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,Et tout ce que l\u2019Idylle a de plus enfantin.L\u2019\u00c9meute, temp\u00eatant vainement \u00e0 ma vitre,Ne fera pas lever mon front de mon pupitre&nbsp;;Car je serai plong\u00e9 dans cette volupt\u00e9 D\u2019\u00e9voquer le Printemps avec ma volont\u00e9,De tirer un soleil de mon c\u0153ur, et de faire De mes pensers br\u00fblants une ti\u00e8de atmosph\u00e8re.T<em>ableaux parisiens<\/em> LXXXVI, in <em>Les Fleurs du Mal<\/em>, pp 114-115.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote42\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote42anc\" name=\"sdfootnote42sym\">42<\/a> &#8211;&nbsp; Le mot ne nous para\u00eet pas substitu\u00e9 \u00e0 \u00ab astronome \u00bb pour la seule rime. Astronomie et astrologie ont longtemps \u00e9t\u00e9 confondues (le tr\u00e8s s\u00e9rieux Kepler, par exemple, pratiquait les deux) avant que le caract\u00e8re fantaisiste de l\u2019astrologie ne soit rejet\u00e9 par la scientificit\u00e9 d\u2019une astronomie toujours plus rigoureusement attach\u00e9e \u00e0 d\u00e9crire objectivement les causalit\u00e9s des ph\u00e9nom\u00e8nes cosmiques. L\u2019astrologue se donnant pour but de tirer du sens de ph\u00e9nom\u00e8nes physiques, cette figure forme image de la po\u00e9tique baudelairienne dans laquelle le po\u00e8te revendique la puissance du sujet sur l\u2019objet pouvant aller, d\u2019ailleurs, jusqu\u2019\u00e0 la pr\u00e9vision de l\u2019avenir \u00ab&nbsp;\u00e9voquer le printemps avec ma volont\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote43\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote43anc\" name=\"sdfootnote43sym\">43<\/a> &#8211;&nbsp; Philippe Ortel, <em>La Litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019\u00e8re de la photographie<\/em>, p. 61-62.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote44\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote44anc\" name=\"sdfootnote44sym\">44<\/a> &#8211;&nbsp; Kepler nous a mis sur la piste de cette pratique de la chambre noire chez les astronomes, gr\u00e2ce \u00e0 la note 49 du Songe : \u00ab Nous avons pratiqu\u00e9 ce rite (oui, ce rite si magiquement magique&nbsp;!) pour observer \u2013 peu avant que je n\u2019aie l\u2019id\u00e9e de ce livre \u2013 une \u00e9clipse de Soleil le 2\/12 Octobre 1605. [\u2026] Dans les jardins de l\u2019empereur, il n\u2019y avait pas de chambre noire sur le balcon du pavillon et nous nous sommes prot\u00e9g\u00e9s de la lumi\u00e8re du jour en nous couvrant la t\u00eate de nos manteaux. \u00bb <em>Le Songe ou astronomie lunaire<\/em>, <em>op. cit<\/em>., p. 63. Notons que Kepler est le premier \u00e0 avoir utilis\u00e9 le terme de camera obscura.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote45\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote45anc\" name=\"sdfootnote45sym\">45<\/a> &#8211;&nbsp; Cet amalgame entre la chambre noire et l\u2019appareil photographique tend \u00e0 se syst\u00e9matiser. Martine Bubb le rel\u00e8ve chez Jonathan Crary et souligne \u00e0 juste titre que l\u2019appareil ne sera pas dans les deux cas au m\u00eame point de perception (et que l\u2019\u00e9nonciation s\u2019en trouve selon nous modifi\u00e9e) : \u00ab Reconnaissons cependant que la fonction \u201cd\u2019innervation\u201d, au sens de W.&nbsp;Benjamin, de la <i>camera obscura<\/i> est tr\u00e8s justement relev\u00e9e par J.Crary lorsqu\u2019il \u00e9voque le statut hybride d\u2019un appareil qui pose comme ins\u00e9parables la machine, qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la \u00ab mat\u00e9rialit\u00e9 d\u2019un objet technique \u00bb (X, p.59), et l\u2019observateur, qui n\u2019a rien d\u2019une entit\u00e9 abstraite mais qui est au contraire sensibilis\u00e9 par l\u2019appareil \u2013 et ce dans un processus historique. C\u2019est pour cette raison que des appareils apparemment tr\u00e8s proches du point de vue de certains \u00e9l\u00e9ments de structure, tels que la <i>camera obscura<\/i> et la photographie, ne se ressemblent fondamentalement pas, car l\u2019articulation de l\u2019observateur au dispositif ne s\u2019\u00e9tablit pas selon les m\u00eames lois. \u00bb La <em>camera obscura,<\/em> au-del\u00e0 du \u201cdispositif foucaldien\u201d propos\u00e9 par Jonathan Crary dans L\u2019art de l\u2019observateur.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote46\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote46anc\" name=\"sdfootnote46sym\">46<\/a> &#8211;&nbsp; Nous noterons que le verbe \u00ab r\u00eaver \u00bb est utilis\u00e9 deux fois, de mani\u00e8re intransitive dans le processus initial d\u2019impr\u00e9gnation du cosmos, de tension vers l\u2019ouvert, puis de mani\u00e8re transitive dans le processus final de repr\u00e9sentation po\u00e9tique dans Paysage. La structure textuelle n\u2019est interpr\u00e9table que par le biais du dispositif.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote47\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote47anc\" name=\"sdfootnote47sym\">47<\/a> &#8211;&nbsp; Foucault d\u00e9crit fort sens\u00e9ment dans l\u2019autonomisation du langage dans la repr\u00e9sentation \u00e0 partir du XVII\u00e8me si\u00e8cle un point d\u2019\u00e9mergence de la litt\u00e9rature moderne. Il suffit de lire \u00ab Paysage \u00bb de Baudelaire pour constater comment la repr\u00e9sentation s\u2019est autonomis\u00e9e par rapport \u00e0 Cyrano de Bergerac qui la projette et la tisse encore sur la toile de fond de l\u2019astronomie. L\u2019int\u00e9gration du dispositif dans la repr\u00e9sentation peut \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la s\u00e9paration du langage et du monde, le langage devenant le lieu d\u2019un monde second structur\u00e9 par des dispositifs.L\u2019hybridation r\u00e9side dans la plasticit\u00e9 m\u00e9tamorphique (suffixe \u00ab -\u00e2tre \u00bb qui porte l\u2019approximation) et dans le renversement du compar\u00e9 en comparant (\u00ab soleil \u00bb [voir vignette 4], \u00ab atmosph\u00e8re \u00bb), m\u00e9taphore qui rel\u00e8ve de la capacit\u00e9 du langage \u00e0 l\u2019hybridit\u00e9. Approcher Baudelaire sans l\u2019histoire des sciences, et le dispositif astronomique au c\u0153ur de la repr\u00e9sentation, pourrait donc \u00eatre appauvrissant.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote48\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote48anc\" name=\"sdfootnote48sym\">48<\/a> &#8211;&nbsp; Le sens premier du mot \u00e9tant li\u00e9 \u00e0 l\u2019action magique d\u2019appel des esprits.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote49\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote49anc\" name=\"sdfootnote49sym\">49<\/a> &#8211;&nbsp; En termes d\u2019\u00e9rudition, rien n\u2019interdit de penser que Baudelaire ait pu \u00eatre lecteur du Songe de Kepler. L\u2019\u0153uvre, en latin (mais Baudelaire \u00e9tait un latiniste \u00e9m\u00e9rite), \u00e9tait tr\u00e8s lue au XIX\u00e8me si\u00e8cle. Mich\u00e8le Ducos, dans sa pr\u00e9sentation du Songe, page 18, rappelle que Flammarion le fait figurer \u00ab en bonne place \u00bb dans Les Mondes imaginaires et les mondes r\u00e9els (1864). L\u2019id\u00e9e d\u2019une atmosph\u00e8re o\u00f9 \u00e9voluaient les hybrides chez Kepler peut tr\u00e8s bien \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de cette atmosph\u00e8re dans laquelle les \u00ab pensers br\u00fblants \u00bb, m\u00e9taphore de l\u2019angoisse, trouvent des conditions vivables pour le sujet gr\u00e2ce \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019hybridation m\u00e9taphorique de l\u2019imaginaire subjectif.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote50\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote50anc\" name=\"sdfootnote50sym\">50<\/a> &#8211; Baudelaire incarne, par rapport \u00e0 ce dispositif, le stade final du \u00ab processus d\u2019autonomisation du champ \u00bb dont Emmanuel Molinet fait remonter l\u2019origine au romantisme en litt\u00e9rature, mais que nous imputons au d\u00e9doublement du langage par rapport \u00e0 la repr\u00e9sentation dont Foucault voit l\u2019origine au XVIIe si\u00e8cle. <a href=\"http:\/\/leportique.revues.org\/index851.html\">Source<\/a>.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote51\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote51anc\" name=\"sdfootnote51sym\">51<\/a> &#8211;&nbsp; L\u2019hybride a, selon nous, un b\u00e9n\u00e9fice semblable \u00e0 celui que Philippe Ortel impute \u00e0 la machine dans l\u2019esth\u00e9tique romantique : \u00ab Toutefois, parce qu\u2019elle surmonte l\u2019opposition entre \u00eatre et non-\u00eatre, la machine permet aussi \u00e0 l\u2019\u00e9crivain de jeter un pont sur l\u2019ab\u00eeme, de construire un lien avec l\u2019incompr\u00e9hensible auquel une part de la po\u00e9sie moderne s\u2019affronte. \u00bb <em>La Litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019\u00e8re de la photographie,<\/em><em>op. cit<\/em>., p. 98.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote52\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote52anc\" name=\"sdfootnote52sym\">52<\/a> &#8211;&nbsp; Nous \u00e9viterons le terme d\u2019esprit, qui renvoie \u00e0 des conceptions dualistes.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote53\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote53anc\" name=\"sdfootnote53sym\">53<\/a> &#8211;&nbsp; \u00ab Le foss\u00e9 entre la science moderne et le bon sens aristot\u00e9licien de l\u2019ontologie philosophique est ici insurmontable : si un premier signe de ce foss\u00e9 se rep\u00e8re avec Galil\u00e9e, il se creuse de mani\u00e8re extr\u00eame avec la physique quantique, lorsque nous avons affaire \u00e0 des lois et \u00e0 des r\u00e8gles qui fonctionnent dans le r\u00e9el bien qu\u2019elles ne puissent plus \u00eatre retraduites dans notre exp\u00e9rience de la r\u00e9alit\u00e9 repr\u00e9sentable. \u00bb Slavoj \u017di\u017eek, <em>La Subjectivit\u00e9 \u00e0 venir<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 103.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote54\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote54anc\" name=\"sdfootnote54sym\">54<\/a> &#8211;&nbsp; Manifestation internationale ayant eu lieu du 8 au 16 d\u00e9cembre 2010 \u00e0 La Fabrique \u00e0 Toulouse.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote55\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote55anc\" name=\"sdfootnote55sym\">55<\/a> &#8211;&nbsp; Antonio R. Damasio, L\u2019Erreur de Descartes. <em>La Raison des \u00e9motions<\/em>, trad. M. Blanc, Paris, Odile Jacob, 1994.<\/p>\n<div id=\"sdfootnote56\">\n<p class=\"sdfootnote-western\" style=\"text-align: justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote56anc\" name=\"sdfootnote56sym\">56<\/a> &#8211;&nbsp; \u00c9quilibre psychique d\u2019apparence moins vital que l\u2019hom\u00e9ostasie physiologique pour le maintien de la vie, mais les nombreux suicides professionnels dans l\u2019entreprise France T\u00e9l\u00e9com, dans la police et dans bien d\u2019autres milieux socioprofessionnels permettraient pourtant de d\u00e9montrer la radicalit\u00e9 de cette perte d\u2019\u00e9quilibre, m\u00eame si elle passe par des rapports de cause \u00e0 effet moins visiblement et mat\u00e9riellement m\u00e9canistes. Une fracture de nos repr\u00e9sentations (et des paradigmes symboliques qu\u2019elles portent) est vraisemblablement aussi traumatique quoique de nature diff\u00e9rente qu\u2019une fracture de la bo\u00eete cr\u00e2nienne. Nous avons tendance \u00e0 penser que l\u2019hybridation des repr\u00e9sentations est aussi vitale \u00e0 notre hom\u00e9ostasie (qui ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la notion traditionnelle un peu floue d\u2019\u00ab \u00e9quilibre psychique \u00bb) que les hybridations technologiques (technologies de la virtualit\u00e9 comme la t\u00e9l\u00e9vision ou les jeux vid\u00e9os, ou de la communication comme le t\u00e9l\u00e9phone) qui entretiennent un rapport de plus en plus \u00e9troit avec notre corporalit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<hr>\n<div id=\"liens_bp\" style=\"text-align: justify\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<div id=\"toi\">\n<h2>Table des illustrations<\/h2>\n<blockquote><p>Fig.01 \u2013 Le 7\u00e8me jour de la Cr\u00e9ation, extrait de Hartmann Schedel, Chronique de Nuremberg (1493) \u2013 BnF, Paris.<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Fig.02 \u2013 Hildegarde de Bingen, Liber Divinorum Operum (vers 1180), Paris, BnF (extrait de Voir et r\u00eaver le monde, \u00e9d. Larousse).<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Fig.03 \u2013 Robert Fludd, Utriusque cosmi, maioris scilicet et minoris, metaphysica, physica atque technica historia. (1619), Paris, Biblioth\u00e8que de l\u2019Institut (extrait de Figures du ciel, \u00e9d. Seuil\/BnF).<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Fig.04 \u2013 Ren\u00e9 Descartes, Principia philosophiae (1644), Amsterdam, chez L. Elzevier, in-4\u00b0, Paris, Bnf.<\/p><\/blockquote>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Fig.05 \u2013 Sph\u00e8re armillaire&nbsp;: dispositif astronomique d\u00e9centrant le regard et ayant pu contribuer \u00e0 penser le cosmos comme un espace. Sph\u00e8re armillaire (syst\u00e8me de Ptol\u00e9m\u00e9e), r\u00e9alisation de J\u00e9r\u00f4me Martinot, fin XVII\u00e8me s. Paris, BnF, Cartes et plans (extrait de Figures du ciel, \u00e9d. Bnf\/Seuil)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote><p>Fig.06 \u2013 Le Plan\u00e9taire (1766), tableau de Joseph Wright, Mus\u00e9e et galerie d\u2019art de Derby (Royaume-Uni)<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Fig.07 a. \u2013 Neti, personnage hybride de La Guerre des \u00e9toiles (source&nbsp;: http:\/\/www.starwars-universe.com\/espece-124-neti.html )<\/p><\/blockquote>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Fig.07 b. &#8211; Type \u00ab&nbsp;humano\u00efde-v\u00e9g\u00e9tal&nbsp;\u00bb \/ Taille de 3 \u00e0 5 m\u00e8tres \/ couleur de peau&nbsp;: brun \/ originaire de la plan\u00e8te Mykr puis Ryyk \/ langages&nbsp;: Neti et Basic \/ Signe particulier&nbsp;: \u00ab&nbsp;esp\u00e8ce m\u00e9tamorphe de type v\u00e9g\u00e9tal (il appartient au monde v\u00e9g\u00e9tal et poss\u00e8de la capacit\u00e9 de se m\u00e9tamorphoser)&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Fig.08 &#8211; F\u00e9lucien, personnage hybride de La Guerre des \u00e9toiles (source http:\/\/www.starwars-universe.com\/espece-200-felucien.html). Origine&nbsp;: plan\u00e8te Felucia \/ Langue&nbsp;: felucianese \/ type&nbsp;: humano\u00efde \u2013 amphibien \/ aquatique \/ couleur&nbsp;: noire et bleue \/ taille&nbsp;: 1,9 m \/ signe particulier&nbsp;: un second bras de trois doigts partant du coude.<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<hr>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<h2 class=\"western\"><a name=\"sect7\"><\/a>Bibliographie<\/h2>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">BAUDELAIRE Charles. <em>Les Fleurs du Mal<\/em>. 1857. Paris : Gallimard, Po\u00e9sie, 1972, 352p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">BUBB Martine. \u00ab La camera obscura, au-del\u00e0 du \u201cdispositif foucaldien\u201d propos\u00e9 par Jonathan Crary dans L\u2019art de l\u2019observateur\u00bb. <em>Revue Appareil<\/em> [En ligne], Varia, mis \u00e0 jour le : 20\/06\/2008, <a href=\"http:\/\/revues.mshparisnord.org\/appareil\/index.php?id=461\">URL<\/a> (Consult\u00e9 le 15 avril 2011).<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">CYRANO (de) BERGERAC (de) Savinien. <em>Les \u00c9tats et Empires du Soleil<\/em> (posth. 1662). Paris : \u00e9d. Garnier-Flammarion, 2003, 273p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">DAMASIO Antonio R. <em>L\u2019erreur de Descartes. La Raison des \u00e9motions.<\/em> Trad. M. Blanc, Paris : \u00e9d. Odile Jacob, 1994, 368p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">FOUCAULT Michel. <em>Les Mots et les choses, une arch\u00e9ologie des sciences humaines.<\/em> Paris : \u00e9d. Gallimard, collection Tel, 1966, 400p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">FURETIERE Antoine. <em><a class=\"lien\" title=\"Aller \u00e0 'http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k50614b.r=.langFR'\" href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k50614b.r=.langFR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Dictionnaire universel<\/a>, contenant g\u00e9n\u00e9ralement tous les mots fran\u00e7ois tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts<\/em>. 1690, La Haye. (Consult\u00e9 le 8 avril 2011).<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">GALILEI Galileo. <em>Dialogue sur les deux grands syst\u00e8mes du monde<\/em> (1632) (Dialogo supra i due sistemi del mondo tolemaico e copernicano). Trad. R. Fr\u00e9reux et F. De Gandt, Paris : Ed. du Seuil, 1992, 656p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">KEPLER Johann. <em>Le Songe ou astronomie lunaire<\/em> (Somniun sive astronomia lunaris), (posth. 1634, Francfort). Ed. et trad. Mich\u00e8le Ducos, Nancy : Presses universitaires de Nancy, 1984, 222p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">KOYRE Alexandre. <em>Du Monde clos \u00e0 l\u2019univers infini<\/em> (From the closed World to the infinite Universe, 1957). Trad. Raissa Tarr, Paris : \u00e9d. Gallimard, coll. Tel,1966, 350p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">LACHIEZE-REY Marc, LUMINET Jean-Pierre<em>. Figures du ciel :&nbsp;de l&rsquo;harmonie des sph\u00e8res \u00e0 la conqu\u00eate spatiale.<\/em> Paris : \u00e9d. du Seuil\/Biblioth\u00e8que nationale de France, 1998, 207p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">MOLINET Emmanuel.&nbsp; \u00ab L\u2019hybridation : un processus d\u00e9cisif dans le champ des arts plastiques&nbsp;\u00bb. Le Portique [En ligne], 2-2006. <a href=\"http:\/\/leportique.revues.org\/index851.html\">URL<\/a> (Consult\u00e9 le 10 avril 2011).<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">MONTAIGNE (de) Michel. <em>Essais<\/em>. (1580\/1592), \u00e9d. de Pierre Villey, Paris : PUF, coll. Quadrige, 1992, 150p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">ORTEL Philippe. Vers une po\u00e9tique des dispositifs, in <em>Discours, image, dispositif. <\/em>Paris : \u00e9d. L\u2019Harmattan, 2008, 263p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">ORTEL Philippe. <em>La Litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019\u00e8re de la photographie. Enqu\u00eate sur une r\u00e9volution invisible. <\/em>Paris : Jacqueline Chambon, coll. Rayon photo, 2002, 382p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">PASCAL Blaise. <em>Pens\u00e9es<\/em> (posth.1670), \u00e9d. Philippe Sellier, Paris : Classiques Garnier, \u00c9d. Bordas, 1991.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">RYKNER Arnaud. <em>Pans. Libert\u00e9 de l\u2019\u0153uvre et r\u00e9sistance du texte. <\/em>Paris : \u00e9d. Jos\u00e9 Corti, 2004, 222p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">VERDET Jean-Pierre. <em>Voir et r\u00eaver le monde<\/em>. Paris : Larousse, 2002, 240p.<\/p>\n<p class=\"article\" style=\"text-align: justify\">\u017dI\u017dEK Slavoj. <em>La Subjectivit\u00e9 \u00e0 venir.<\/em> Trad. Fran\u00e7ois Th\u00e9ron, Paris : \u00e9d. Flammarion, coll. Champs essais, 2006, 212p.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean-Michel Caralp Doctorant, Laboratoire LLA-CR\u00c9ATIS, E.D. 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