 {"id":45,"date":"2015-12-12T11:49:47","date_gmt":"2015-12-12T10:49:47","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/mediterranean\/?p=45"},"modified":"2016-03-22T18:12:41","modified_gmt":"2016-03-22T17:12:41","slug":"appel-a-contributions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/mediterranean\/2015\/12\/12\/appel-a-contributions\/","title":{"rendered":"Call for papers"},"content":{"rendered":"<p><strong>The Mediterranean and its Hinterlands:\u00a0<\/strong><strong>Le Pays en Profondeur<\/strong><\/p>\n<p><strong>28-30 September 2016<\/strong><\/p>\n<p><strong>CAS \/ Axe 2 \u00a0<\/strong><strong>DEMA, UFR Lettres Langues<\/strong><\/p>\n<p><strong>Universit\u00e9 Toulouse II \u2013 Jean Jaur\u00e8s<\/strong><\/p>\n<p><strong>NB <\/strong>La date limite pour nous envoyer une proposition est <strong>le 8 mai 2016<\/strong>.<\/p>\n<p>En tant qu\u2019objet de recherche en sciences humaines, la M\u00e9diterran\u00e9e constitue un topos majeur : \u00ab un monde \u00e9norme [\u2026], disloqu\u00e9, contradictoire, et surabondamment \u00e9tudi\u00e9 par les arch\u00e9ologues et les historiens, [\u2026] une masse de connaissance qui d\u00e9fie toute synth\u00e8se raisonnable \u00bb\u00a0 selon F. Braudel, le p\u00e8re des \u00e9tudes m\u00e9diterran\u00e9ennes. C\u2019est pourquoi notre approche se limitera \u00e0 <strong>un aspect pr\u00e9cis<\/strong> du monde m\u00e9diterran\u00e9en, tel qu\u2019il s\u2019exprime dans<strong> les productions scientifiques, litt\u00e9raires et artistiques issues du monde anglophone.<\/strong><\/p>\n<p>La M\u00e9diterran\u00e9e est un espace qui se d\u00e9finit par ses paradoxes : elle est, pour reprendre les mots d\u2019Yves Bonnefoy, \u00ab moins une mer que des rives\u00bb, \u00e0 la fois espace maritime et espace terrestre, mais aussi site g\u00e9ographique, \u00e9conomique, historique et paysage litt\u00e9raire, pictural, po\u00e9tique\u2026 A ce titre, elle le lieu d\u2019une double projection : celle d\u2019un savoir et d\u2019un imaginaire collectif et intime qui investissent simultan\u00e9ment le discours dont on se doit d\u2019interroger les modalit\u00e9s pour comprendre comment il mod\u00e8le ce que Michel Collot appelle \u00ab les espaces de l\u2019avenir \u00bb. Comment les \u00e9crivains et artistes anglophones ont-ils contribu\u00e9 \u00e0 une habitation particuli\u00e8re de la M\u00e9diterran\u00e9e, \u00e0 une po\u00e9thique du lieu qui, dans le passage du r\u00e9el \u00e0 sa repr\u00e9sentation, a fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019espace pour en faire \u201cle lieu d\u2019exercice d\u2019une pens\u00e9e dans l\u2019espace, qui remet en cause la distinction entre la res cogitans et la res extensa\u201d? C\u2019est donc aussi la question du rapport entre la terre et le paysage, ou, pour reprendre la dichotomie analys\u00e9e par l\u2019anthropologue Tim Ingold, entre \u00ab land \u00bb et \u00ab landscape \u00bb qui se trouve soulev\u00e9e dans la mesure o\u00f9 le regard qui se pose (qu\u2019il s\u2019agisse de celui de l\u2019historien, du g\u00e9ographe ou de l\u2019artiste) ne saurait atteindre la terre, entit\u00e9 abstraite, mais seulement ce qui entoure le sujet et que Tim Ingold d\u00e9finit comme \u00ab le domaine familier de notre habitation \u00bb.<\/p>\n<p>Lieu par excellence de la projection et du d\u00e9ploiement de la sensibilit\u00e9, la M\u00e9diterran\u00e9e rel\u00e8ve, chez les romanciers et po\u00e8tes romantiques anglais (Byron, Shelley, Keats) et, plus tard, les po\u00e8tes modernes tels que W.H. Auden, Stephen Spender, Lawrence Durrell, mais \u00e9galement chez les auteurs am\u00e9ricains (F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Henry Miller, Edith Wharton, Ezra Pound, entre autres) \u00e0 la fois d\u2019un ailleurset d\u2019un ici et se constitue dans cette tension entre d\u00e9paysement et exploration de l\u2019intime. On peut alors s\u2019interroger sur ce que le regard perd et gagne dans un tel rapport \u00e0 l\u2019espace et si la construction imaginaire de la M\u00e9diterran\u00e9e nous \u00e9loigne ou nous rapproche de son essence. Cette question ouvre la r\u00e9flexion aux multiples objets qui disent la M\u00e9diterran\u00e9e : textes et cartes, \u00e9crits ethnologiques, historiques et litt\u00e9raires, po\u00e8mes et fictions, lettres et journaux, clich\u00e9s litt\u00e9raires et photographiques, carnets de voyages d\u2019\u00e9crivains anglophones qui, \u00e0 partir de croquis, de notes de botanique, de g\u00e9ologie ou de zoologie reconstruisent la M\u00e9diterran\u00e9e pour en faire cette terre onirique affranchie des contraintes temporelles et spatiales. Quelle place tiennent, en particulier, les \u00eeles de la M\u00e9diterran\u00e9e qui constituent cet espace arrach\u00e9 \u00e0 l\u2019espace, cette terre flottante, \u00e0 la fois lieu d\u2019ancrage et de fascinante d\u00e9rive, comme chez Shakespeare, Defoe ou Stevenson ? Faut-il y d\u00e9celer une \u00e9chapp\u00e9e hors de l\u2019espace ou un creusement de cet espace dans l\u2019approfondissement de l\u2019\u00eatre qui s\u2019y joue ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>De m\u00eame, comment comprendre les relations linguistiques qui se nouent dans cet espace privil\u00e9gi\u00e9 des passages et des rencontres, o\u00f9 l\u2019homme, de tout temps, a d\u00fb apprendre \u00e0 \u00ab parler avec tout de suite \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de soi la langue des autres\u00bb ? Ainsi, la po\u00e9sie anglophone de la M\u00e9diterran\u00e9e op\u00e8re \u00e0 la fois une traduction et une d\u00e9rivation des langues et des mythes du bassin m\u00e9diterran\u00e9en, m\u00e9nageant ces interstices au c\u0153ur desquels les langues se croisent et se r\u00e9pondent dans une relation linguistique et humaine faite \u00e0 la fois de \u00ab continuit\u00e9 et [de] distance\u00bb qui pose inlassablement la question du langage. On pourra ainsi s\u2019interroger sur les romanciers, po\u00e8tes et traducteurs anglophones de la M\u00e9diterran\u00e9e qui \u00e0 travers la pratique des multiples formes de translation, d\u2019emprunt et d\u2019\u00e9change \u00ab r\u00e9parerai[en]t le d\u00e9sastre de Babel \u00bb. Il ne s\u2019agirait alors plus d\u2019\u00e9crire avec la langue des autres \u00ab \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de soi \u00bb mais en soi, dans une habitation du monde qui se fait proprement po\u00e9tique et par laquelle l\u2019\u00eatre renoue avec la conscience d\u2019un monde qui est, selon Jean-Marc Besse, \u00ab le produit contingent de cette coadaptation entre les sensations venues de l\u2019ext\u00e9rieur et les projections venues de l\u2019int\u00e9rieur de notre cerveau \u00bb, la conscience d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 \u00ab trajective\u00bb.<\/p>\n<p>A travers une parole qui, selon Y. Bonnefoy, \u00ab permet \u00e0 l\u2019esprit d\u2019outrepasser les fronti\u00e8res \u00bb la litt\u00e9rature anglophone fait de la M\u00e9diterran\u00e9e le lieu d\u2019un questionnement \u00e9pist\u00e9mologique qui refonde notre rapport \u00e0 l\u2019ici et \u00e0 l\u2019ailleurs. Le regard litt\u00e9raire restitue ainsi \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e cette part d\u2019humanit\u00e9 dont la cartographie seule ne saurait rendre compte mais dont la g\u00e9ographie, en s\u2019ouvrant depuis les ann\u00e9es 60 aux travaux de la ph\u00e9nom\u00e9nologie, et la g\u00e9ographie critique ont progressivement pris conscience. En int\u00e9grant non seulement les coordonn\u00e9es spatiales, mais aussi les d\u00e9placements de populations et les multiples formes d\u2019habitation et de travers\u00e9e de l\u2019espace (r\u00e9elles, symboliques, mythiques et imaginaires) le discours g\u00e9ographique propose une r\u00e9flexion sur un espace qui, en d\u00e9pit de coordonn\u00e9es stables, demeure r\u00e9solument mouvante, et qui renouvelle \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les perceptions, les repr\u00e9sentations, les conduites vis-\u00e0-vis de l\u2019espace \u00bb.<\/p>\n<p>Il semble alors que la litt\u00e9rature a toute sa place dans l\u2019invention au quotidien de ce que Jean-Marc Besse appelle un \u00ab espace du sentir\u00bb, un espace qui interroge notre \u00eatre au monde et qui pourrait bien constituer, comme pour les r\u00e9fugi\u00e9s vu par le po\u00e8te L. MacNeice, \u00ab the hinterland of their own future \u00bb. La M\u00e9diterran\u00e9e, creuset culturel, ethnologique et mythique, appara\u00eet comme ce lieu commun qui fonde notre modernit\u00e9 en bouleversant notre rapport \u00e0 l\u2019espace et \u00e0 la conscience, en nous engageant dans une relation sensible \u00e0 l\u2019autre et au monde, en retournant notre regard.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes propos\u00e9es partiront de la proposition qu\u2019une bonne partie de ce qui donne vie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un monde r\u00e9el ou d\u2019un monde imagin\u00e9, vient des chemins qui y m\u00e8nent. Le regard port\u00e9 sur cette r\u00e9gion tant \u00e9tudi\u00e9e se renouvelle si on l\u2019inverse, si on part non pas d\u2019une mer int\u00e9rieure mais des terres int\u00e9rieures, d\u2019<strong>un arri\u00e8re-pays<\/strong>, de ces marges floues qui la caract\u00e9risent sans jamais la d\u00e9limiter. Il s\u2019agira d\u2019examiner de plus pr\u00e8s les parcours de ceux\u00a0 qui voyagent vers et depuis la M\u00e9diterran\u00e9e, de ceux qui sont venus chercher, parfois loin de ses rives, un ailleurs que la culture classique leur rendait familier mais dont la singuli\u00e8re \u00e9tranget\u00e9 les a cependant profond\u00e9ment marqu\u00e9s.<\/p>\n<p>En adoptant cette <strong>perspective invers\u00e9e<\/strong>, nous ne faisons qu\u2019embo\u00eeter le pas au po\u00e8te, lui qui voit dans la M\u00e9diterran\u00e9e \u00ab un pays en profondeur, [\u2026] scell\u00e9 comme l\u2019inconscient \u00bb et dont les diff\u00e9rents r\u00e9seaux de routes et de voies d\u2019eau ouvrent l\u2019errance de l\u2019esprit autant que du corps et constituent autant d\u2019appels au lointain. Ainsi, le colloque sera l\u2019occasion de rendre hommage \u00e0 l\u2019\u0153uvre d\u2019Yves Bonnefoy en r\u00e9fl\u00e9chissant aux relations po\u00e9tiques et politiques entre la M\u00e9diterran\u00e9e et son arri\u00e8re-pays, toutes les r\u00e9gions non-riveraines d\u2019o\u00f9 partent tous ceux attir\u00e9s par une certaine id\u00e9e qu\u2019ils se font du monde m\u00e9diterran\u00e9en, et plus particuli\u00e8rement ceux venus des \u00eeles britanniques, de l\u2019Am\u00e9rique du Nord et des pays du Commonwealth. Si de telles pr\u00e9occupations \u00e9manent en premi\u00e8re instance de chercheurs en \u00e9tudes anglophones, elles n\u2019excluent pas ceux d\u2019autres disciplines telles qu\u2019\u00e9tudes hispaniques, \u00e9tudes du monde arabe, lettres modernes et classiques, histoire et g\u00e9ographie, sociologie et anthropologie.<\/p>\n<p>La publication d\u2019articles choisis, en fran\u00e7ais et en anglais, est pr\u00e9vue en juin 2017 au sein d\u2019un ouvrage collectif dans la revue <em>Caliban, French Journal of English Studies<\/em>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The Mediterranean and its Hinterlands:\u00a0Le Pays en Profondeur 28-30 September 2016 CAS \/ Axe 2 \u00a0DEMA, UFR Lettres Langues Universit\u00e9 Toulouse II \u2013 Jean Jaur\u00e8s NB La date limite pour nous envoyer une proposition est le 8 mai 2016. 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