 {"id":436,"date":"2024-02-26T15:09:20","date_gmt":"2024-02-26T14:09:20","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/?p=436"},"modified":"2024-02-29T13:59:01","modified_gmt":"2024-02-29T12:59:01","slug":"atelier-2-seance-dateliers-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/2024\/02\/26\/atelier-2-seance-dateliers-5\/","title":{"rendered":"Atelier 2 \/ S\u00e9ance d&rsquo;ateliers 5"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Apparences de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 :\u00a0(salle E412)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"has-small-font-size wp-block-list\">\n<li>Mathieu Acquier, L\u2019entr\u00e9e dans la vuln\u00e9rabilit\u00e9 : une analyse ontologique :<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-19e250f3 wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>Prenons l\u2019\u00e9tymologie comme point de d\u00e9part. Vuln\u00e9rable est compos\u00e9 de <em>vulnus<\/em>, la&nbsp; blessure, suivie du suffixe <em>-able<\/em>, qui exprime la possibilit\u00e9. La personne vuln\u00e9rable est celle qui&nbsp; \u00ab <em>peut \u00eatre <\/em>frapp\u00e9e d\u2019un mal \u00bb. L\u2019int\u00e9r\u00eat philosophique que j\u2019y vois en tant que r\u00e9animateur&nbsp; n\u2019est pas la blessure en elle-m\u00eame, chose commune \u00e0 l\u2019h\u00f4pital (qui occupe le <em>Cure <\/em>si&nbsp; omnipr\u00e9sent), mais bien ce \u00ab <em>peut \u00eatre <\/em>\u00bb, ce <em>-able<\/em>. Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9ventualit\u00e9 physique,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>psychologique, ontologique, comme possibilit\u00e9 tributaire de la pathologie, du monde mais aussi&nbsp; du soin (en tant que <em>Care)<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comment intervient la vuln\u00e9rabilit\u00e9 dans la prise de d\u00e9cision d\u2019un r\u00e9animateur ? Un de ses r\u00f4les est d\u2019expertiser le niveau d\u2019engagement th\u00e9rapeutique \u00ab \u00e9thiquement raisonnable \u00bb avant une \u00e9ventuelle alt\u00e9ration de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 du patient. Plus simplement, il s\u2019agit de r\u00e9pondre \u00e0&nbsp; la question : \u00ab <em>jusqu\u2019o\u00f9 irions-nous pour le patient ? Intubation, dialyse, massage cardiaque ?<\/em>\u00bb. C\u2019est la perception de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui impose au soignant cette r\u00e9flexion \u00e9thique. Elle se&nbsp; base sur une \u00e9valuation m\u00e9dicale appr\u00e9ciant les caract\u00e9ristiques du malade (son \u00e2ge, ses&nbsp; affections chroniques\u2026) et l\u2019environnement (tension des lit de r\u00e9animation), mais aussi sur les&nbsp; souhaits du patient (qualit\u00e9 de vie acceptable, place accord\u00e9e \u00e0 son autonomie\u2026). Cette prise&nbsp; de conscience de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 du malade exige donc une projection vers des futurs&nbsp; hypoth\u00e9tiques (\u00ab <em>irions-nous ? <\/em>\u00bb), mais aussi un questionnement de la volont\u00e9 du patient en tant&nbsp; que sujet libre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quels aspects philosophiques se jouent alors ? L\u2019entr\u00e9e dans la vuln\u00e9rabilit\u00e9, en tant&nbsp; qu\u2019ouverture sur des possibilit\u00e9s d\u2019alt\u00e9ration, d\u00e9voile des rapports ontologiques fondamentaux.&nbsp; Ce moment d\u00e9cisif est l\u2019occasion de questionner le <em>pouvoir-\u00eatre <\/em>du <em>Dasein<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, elle lie l\u2019histoire de vie du patient \u00e0 la situation dans laquelle il est <em>jet\u00e9 <\/em>(la p\u00e9riode&nbsp; Covid o\u00f9 toute personne de plus de 50 ans \u00e9tait entr\u00e9e dans une vuln\u00e9rabilit\u00e9 en est un exemple&nbsp; frappant). Elle \u00e9claire le patient comme <em>\u00eatre-au-monde<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, l\u2019\u00e9branlement existentiel qu\u2019accompagne la vuln\u00e9rabilit\u00e9 vient de la r\u00e9v\u00e9lation brutale du rapport avec la mort comme la possibilit\u00e9 \u00ab <em>la plus propre <\/em>\u00bb. Elle appelle le patient \u00e0 assumer son <em>\u00eatre-vers-la-mort<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, elle rend possible une r\u00e9int\u00e9gration de la temporalit\u00e9 fondamentale du patient. En&nbsp; r\u00e9v\u00e9lant ce \u00ab <em>peut \u00eatre <\/em>\u00bb, elle donne l\u2019occasion aux protagonistes de la relation de soin de&nbsp; percevoir l\u2019intrication du pass\u00e9 (pr\u00e9carit\u00e9 d\u2019un corps qui a v\u00e9cu), du pr\u00e9sent (moment de la&nbsp; rencontre patient-soignant) et du futur (possibilit\u00e9s impr\u00e9gn\u00e9es de fragilit\u00e9 et de d\u00e9pendance).&nbsp;Par ce choc ontologique qu\u2019est l\u2019entr\u00e9e dans la vuln\u00e9rabilit\u00e9, le patient a l\u2019opportunit\u00e9 de se&nbsp; r\u00e9approprier sa situation et son rapport au monde. Elle est aussi l\u2019occasion d\u2019assumer son pass\u00e9&nbsp; pour se porter vers un champ nouveau de possibilit\u00e9, et ainsi de se ressaisir en tant que projet&nbsp; co\u00efncident avec son <em>pouvoir-\u00eatre <\/em>authentique. Le r\u00f4le du soin est d\u2019accompagner cette&nbsp; r\u00e9solution. Si le patient n\u2019en a pas la force, du moins le soignant pourra tenter d\u2019exploiter les&nbsp; potentialit\u00e9s existentielles de la situation afin de revaloriser le patient en tant que <em>Dasein<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<ul class=\"has-small-font-size wp-block-list\">\n<li>Julia Tinland, Est-il pertinent de mobiliser le concept de vuln\u00e9rabilit\u00e9 en \u00e9thique de la pr\u00e9vention ?<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-19e250f3 wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>The concept of vulnerability does not necessarily play a central role in the ethics of prevention. Indeed, this field lends itself particularly well to referencing other closely-related but distinctive terms, such as <em>risk <\/em>or <em>susceptibility<\/em>. These do not share the same drawbacks as vulnerability, the paternalistic undertones of which have been highlighted on several occasions (Mackenzie 2014; Levine et al. 2004), but they still allow for the examination of deeply relevant normative considerations. Indeed, the ethical acceptability of preventive measures is often thought to lie in the ratio between their (medical, monetary, political, psychological, social, etc.) risks\/costs and the health benefits they can bring about (Khaw and Marmot 2008).&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>More recently, however, beyond being used as a label for individuals and groups whose capacity for informed consent is jeopardized and who need to be protected from exploitation (Ruof 2004), the concept of vulnerability has been referenced in connection to care and medicine more broadly (Held 2006; Gilson 2014). Understood as a universal marker of the precariousness of human life, health and autonomy, vulnerability underlines our inescapable interdependence. As we may all in turn care for and be cared for by others throughout various stages of our lives, we need to promote kindness, attentiveness, and beneficence both in our interpersonal relationships and our (political, medical, social) institutions (Straehle 2017). This new perspective allows us to question when and how vulnerable persons and bodies are \u201cidentified\u201d, \u201ctargeted\u201d and \u201ctreated\u201d in the context of preventive care.&nbsp;This paper contends that mobilizing the concept of vulnerability in the ethics of prevention is highly pertinent for three reasons: 1) it can remedy some of the shortfalls of cut-and-dried risk\/benefit calculi; 2) it allows for a more complete overview of what our responses to individuals or populations who face increased risks of deteriorating health ought to be; and 3) it could play a crucial role in reconciling prevention as a public health concern and personalized approaches to prevention.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<ul class=\"has-small-font-size wp-block-list\">\n<li>Oc\u00e9ane Paris, Soigner \u00e0 cr\u00e9dit : Penser la sensibilit\u00e9 \u00e9thique des soignants dans un contexte de vuln\u00e9rabilit\u00e9 chimique : <\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-small-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-container-core-group-is-layout-19e250f3 wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>Mme S vivait en centre d\u2019h\u00e9bergement, elle disait souvent \u00ab Si vous me cherchez, vous me trouverez dehors sauf si c\u2019est pour les traitements \u00bb. Mme S avait une h\u00e9patite au stade terminal et aucune chance de gu\u00e9rir. Aucune chance de gu\u00e9rir, mais se sentait quand bien <em>corps -objet <\/em>quand il s\u2019agissait de prendre une ribambelle de traitements pour le reste. Le reste, c\u2019\u00e9tait les crises d\u2019\u00e9pilepsie et les douleurs chroniques en cascade. Son quotidien tournait autour de l\u2019alcool, le trottoir, la peur des hommes et la fuite. Dans la mani\u00e8re de Mme S a vouloir \u00eatre cherch\u00e9e, mais dans le fait de rester introuv\u00e9e, les soignant.e.s interrogeaient le risque d\u2019un abus de pouvoir (Heaslip &amp; Ryden, 2013) et de non-maltraitance face aux refus de soins.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de l\u2019application d\u2019un travail prescrit face \u00e0 ses r\u00e9sistances, nous chercherons \u00e0 comprendre les liens entre vuln\u00e9rabilit\u00e9 chimique et sensibilit\u00e9 \u00e9thique soignante. Nous pouvons reconna\u00eetre dans cette situation clinique, trois formes de vuln\u00e9rabilit\u00e9s partag\u00e9es et \u00ab mutuelles \u00bb (Langlois, 2012) que l\u2019on pourrait qualifier de chimique :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Une vuln\u00e9rabilit\u00e9 chimique dans un effet s\u00e9datif recherch\u00e9 vis \u00e0 vis d\u2019une souffrance du <em>corps-v\u00e9cu<\/em>. L\u2019effet de s\u00e9dation li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;alcoolisation chronique alt\u00e9rait&nbsp;la conscience de Mme S : une difficult\u00e9 des soignants \u00e9tait d\u2019\u00e9valuer sa capacit\u00e9 \u00e0 affirmer ou non son consentement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Une vuln\u00e9rabilit\u00e9 chimique dans le cadre de la non-observance th\u00e9rapeutique. Mme S ne voulait pas prendre de traitements plus que n\u00e9cessaire et le n\u00e9cessaire \u00e9tait le moins : si ce refus venait interroger une rationalit\u00e9 m\u00e9dicale avec ses id\u00e9aux, cela signifiait aussi \u00ab ne pas faire ce que l\u2019on peut encore faire, quand il n\u2019y a plus rien \u00e0 faire \u00bb pour les soignants dans un contexte de fin de vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Une vuln\u00e9rabilit\u00e9 chimique dans le cadre de l\u2019inertie clinique. Mme S ne parlait pas de ces sympt\u00f4mes, cela cr\u00e9ait une \u00ab incertitude concernant son \u00e9tat r\u00e9el \u00bb (Reach, 2012). L\u2019inertie clinique induite par une difficult\u00e9 \u00e0 modifier le traitement et \u00e0 quantifier la dose n\u00e9cessaire cr\u00e9ait une faille symptomatique et une impossibilit\u00e9 pour le soignant d\u2019agir en fonction de ses connaissances.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De cette mani\u00e8re, les vuln\u00e9rabilit\u00e9s chimiques, que pourrait occasionner la r\u00e9flexion Butlerienne autour du corps vuln\u00e9rable, viennent induire une \u00ab contrainte de r\u00e9ciprocit\u00e9 \u00bb (Honneth, 2002) dans l\u2019agir-soignant face \u00e0 une incapacit\u00e9 \u00e0 dire un consentement affirmatif (Garcia, 2020) ou dans un d\u00e9sir de soin changeant. La reconnaissance d\u2019une vuln\u00e9rabilit\u00e9 chimique probl\u00e9matique (Garrau, 2018) interroge le d\u00e9veloppement d\u2019une sensibilit\u00e9 \u00e9thique et d\u2019une r\u00e9flexion autour de valeurs en conflit par la recherche de justesse \u00e9thique de pratique soignante s\u2019inscrivant dans le collectif d\u2019une \u00e9quipe.&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apparences de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 :\u00a0(salle E412)<\/p>\n","protected":false},"author":405,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-436","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/users\/405"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=436"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/436\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":467,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/436\/revisions\/467"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=436"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/penserlasante\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}