 {"id":1193,"date":"2023-07-06T19:30:27","date_gmt":"2023-07-06T17:30:27","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/?page_id=1193"},"modified":"2023-08-04T15:33:51","modified_gmt":"2023-08-04T13:33:51","slug":"transformations","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/transformations\/","title":{"rendered":"Transformation(s) (Conclusion)"},"content":{"rendered":"\n<p>Puisque le temps de la recherche n\u2019est pas le temps social des probl\u00e8mes d\u2019environnement et de sant\u00e9 \u2013 et que ces derniers ont leurs propres trajectoires de controverse et leurs propres futurs \u2013, nous privil\u00e9gions ici, en guise de conclusion, le terme de \u00ab&nbsp;Tansformation(s)&nbsp;\u00bb pour mettre un terme, juste provisoire, \u00e0 ce travail de recherche sur la perception des risques \u00e0 \u00ab\u00a0habiter (avec) la pollution\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de ce travail de recherche nous invitent \u00e0 abonder dans le sens des travaux de sociologie pragmatique des transformations de Chateauraynaud et Debaz, et \u00e0 nous int\u00e9resser ainsi \u00ab&nbsp;<em>tout autant aux r\u00e9cits et aux arguments qu\u2019aux exp\u00e9riences sensibles, aux dispositifs et aux instruments, aux milieux et aux contraintes mat\u00e9rielles de l\u2019action et du jugement dans le monde<\/em>&nbsp;\u00bb (Chateauraynaud et Debaz, 2019, p.127&nbsp;; Chateauraynaud et Debaz, 2017<sup>[1]<\/sup>). Nous consid\u00e9rons, en ce sens, que les r\u00e9cits des habitant\u00b7es, les mises en intrigue, les troubles ou les mises \u00e0 l\u2019\u00e9preuve qu\u2019ils nous relatent\u2026 (et qui jalonnent le rapport de recherche) ne sont pas des narrations marginales ou des anecdotes dont la seule originalit\u00e9 r\u00e9siderait <em>in fine<\/em> dans le caract\u00e8re, \u00ab\u00a0juste cocasse\u00a0\u00bb, des mises en relation entre exp\u00e9riences singuli\u00e8res de vie et milieux pollu\u00e9s. Ils nous obligent, avec modestie, \u00e0 d\u00e9cloisonner-diversifier le sens du monde, dans lequel les habitant\u00b7es vivent, en accordant aux savoirs exp\u00e9rientiels et aux agirs perceptuels, qu\u2019ils\u00b7elles d\u00e9veloppent en \u00e9tant confront\u00e9\u00b7es \u00e0 la pollution, un r\u00f4le central dans l\u2019appr\u00e9hension des risques environnementaux et de sant\u00e9 environnementale. Ils nous obligent aussi \u00e0 identifier quelques transformations, pour certaines, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transformation(s) \u2013 La fabrique des publics \u2013<\/strong>. La recherche PRIOR montre que la \u00ab&nbsp;<em>r\u00e9bellion des milieux<\/em>&nbsp;\u00bb (au sens de Chateauraynaud, 2013<sup>[2]<\/sup>) ne prend pas forme, dans les faits et seulement, dans l\u2019espace publicis\u00e9 ou m\u00e9diatis\u00e9 de la mise en d\u00e9bat des probl\u00e8mes. Notre travail de recherche sur la perception des risques li\u00e9s aux anciennes pollutions mini\u00e8res montre que les habitant\u00b7es \u00ab\u00a0ordinaires\u00a0\u00bb de la vall\u00e9e de l\u2019Orbiel (11) \u2013 celles et ceux qui vivent sur le territoire mais qui n\u2019interviennent pas sp\u00e9cifiquement dans l\u2019espace publicis\u00e9 du d\u00e9bat \u2013 font preuve d\u2019une grande r\u00e9flexivit\u00e9 vis-\u00e0-vis de la situation v\u00e9cue et s\u2019\u00e9rigent, se faisant, en public(s) l\u00e9gitime(s) auquel(s) il faut \u00eatre attentif.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence d\u2019expression, dans l\u2019espace publicis\u00e9 du d\u00e9bat, ne renvoie pas, en ce sens, \u00e0 un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les enjeux environnementaux et sanitaires des pollutions de leur territoire de vie. Bien au contraire, l\u2019ensemble des habitant\u00b7es se montrent attentif\u00b7ves, sans pour autant \u00eatre visibles, pour la plupart d\u2019entre eux.elles. Ils\u00b7elles construisent leurs points de vue, qualifient certains probl\u00e8mes, en disqualifient d\u2019autres, sans pour autant porter leurs contre-expertises dans l\u2019espace public. Ils\u00b7elles investissent la question des pollutions au regard de leurs exp\u00e9riences de vie et de leurs pratiques en se laissant rarement convaincre, de fa\u00e7on passive ou automatique, ni par les causes port\u00e9es par les associations locales ni m\u00eame par l\u2019action publique qui tend \u00e0 contenir les pollutions ou \u00e0 orienter les comportements dans une logique de sant\u00e9 publique<sup>[3]<\/sup>. Une <em>r\u00e9bellion des milieux \u00e0 bas bruit<\/em> d\u2019un <em>public <\/em>qui fait valoir, dans l\u2019\u00e9valuation des situations v\u00e9cues, \u00ab&nbsp;<em>une mani\u00e8re d\u2019habiter, d\u2019investir, de coproduire un monde<\/em>&nbsp;\u00bb dans lequel ils vivent (Chateauraynaud, 2013, <em>op.cit.<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce r\u00e9sultat s\u2019inscrit dans une appr\u00e9hension pluraliste de la dispute qui s\u2019int\u00e9resse, dans une moindre mesure ici, \u00e0 rendre compte des dynamiques de <em>contestation \u00e0 haut-bruit<\/em>, dans ses formes les plus publicis\u00e9es et controvers\u00e9es, et pour une plus grande part dans cette \u00e9tude, \u00e0 visibiliser, dans les espaces plus informels du quotidien, la capacit\u00e9 des habitant\u00b7es \u00e0 <em>exp\u00e9riencer<\/em><sup>[4]<\/sup><em> \u00e0 bas bruit <\/em>\u00ab\u00a0le fait de vivre sur un territoire pollu\u00e9\u00a0\u00bb et \u00e0 disputer-discuter les situations v\u00e9cues. Ils\u00b7elles s\u2019\u00e9rigent ainsi en public attentif<em>, en communaut\u00e9s d\u2019attention <\/em>(Dewey, 2010<sup>[5]<\/sup>) capables de jauger les probl\u00e8mes au regard des troubles \u00e9prouv\u00e9s, \u00e0 pr\u00e9-enqu\u00eater parfois (au sens de Akrich <em>et.al.<\/em>, 2010<sup>[6]<\/sup>) pour tenter d\u2019\u00e9lucider ces troubles, \u00e0 \u00e9noncer les faits (que les probl\u00e8mes v\u00e9cus soient per\u00e7us ou pas comme pr\u00e9occupants), \u00e0 formuler des attentes et \u00e0 \u00e9changer dans des espaces plus discrets (sans que cela renvoie pour autant \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 absolue de publicisation)&nbsp;: au sein du cercle familial, lors d\u2019\u00e9changes informels dans les espaces de pratiques (notamment dans le domaine du jardinage), voire lors de rencontres avec des chercheurs enqu\u00eatant sur les pollutions de la vall\u00e9e\u2026 Les habitant\u00b7es d\u00e9veloppent se faisant une disposition \u00e0 jauger le caract\u00e8re plausible des probl\u00e8mes d\u2019environnement et de sant\u00e9 environnementale auxquels ils\u00b7elles sont soumis\u00b7es par l\u2019exp\u00e9rience des lieux o\u00f9 ils\u00b7elles vivent et de leurs pratiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui ressort de l\u2019analyse des r\u00e9gimes de perception des risques de sant\u00e9 environnementale, c\u2019est la force du scepticisme attentiste et de l\u2019actionnisme pratique dans le discours des habitant\u00b7es. Ces discours interrogent les probl\u00e8mes de sant\u00e9 et d\u2019environnement. Les habitant\u00b7es demeurent alors en qu\u00eate d\u2019\u00e9tudes permettant de les \u00e9lucider, ils\u00b7elles d\u00e9placent aussi l\u2019enjeu de sant\u00e9 environnementale vers le diagnostic des milieux et l\u2019action visant \u00e0 contr\u00f4ler leur exposition aux pollutions par des adaptations de pratique. Ce sont ces discours et ces enjeux, m\u00eame quand ils sont \u00e9maill\u00e9s de critique, qui semblent aujourd\u2019hui \u00e9merger comme centraux, dans les entretiens r\u00e9alis\u00e9s aupr\u00e8s des habitant\u00b7es de la vall\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est toujours int\u00e9ressant d\u2019observer que les habitant\u00b7es ont une capacit\u00e9 r\u00e9flexive \u00e0 juger-interroger les probl\u00e8mes qu\u2019ils\u00b7elles rencontrent (dans un sens ou un autre) et \u00e0 adapter, le cas \u00e9ch\u00e9ant, leurs pratiques afin d\u2019\u00e9loigner les risques, gardons \u00e0 l\u2019esprit que cette capacit\u00e9 s\u2019impose comme une n\u00e9cessit\u00e9 critique face \u00e0 la difficult\u00e9 des probl\u00e8mes et des solutions \u00e0 \u00eatre circonscrits localement, en d\u2019autres termes face \u00e0 la difficult\u00e9 de r\u00e9duction des incertitudes environnementales et sanitaires qui p\u00e8sent sur leur condition de vie. Cette n\u00e9cessit\u00e9 critique s\u2019impose aussi face \u00e0 la difficult\u00e9 des habitant\u00b7es \u00e0 atteindre l\u2019espace public de la mise en d\u00e9bat des probl\u00e8mes d\u00e8s lors que les controverses locales leur paraissent occuper l\u2019ensemble de la sc\u00e8ne locale et op\u00e9rer un effet de filtrage de leurs propres questions et attentes. Tous les publics ont une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 \u00eatre entendus, faut-il certainement que des espaces d\u2019\u00e9change leur soient accessibles afin que les \u00ab&nbsp;<em>publics<\/em> <em>fant\u00f4mes<\/em>&nbsp;\u00bb (Lippmann, 2008 [1925]<sup>[7]<\/sup>), ne le deviennent pas, <em>in fine<\/em>, malgr\u00e9 eux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transformation(s) \u2013 La diversification des formes d\u2019expertise \u2013<\/strong>. La recherche PRIOR montre aussi que des formes diff\u00e9renci\u00e9es d\u2019expertise coexistent dans l\u2019\u00e9valuation des probl\u00e8mes d\u2019environnement et de sant\u00e9 environnementale (Corburn, 2005<sup>[8]<\/sup>). L\u2019appr\u00e9hension des risques par les habitant\u00b7es ne se conforme pas \u00e0 l\u2019expertise scientifique et technique, elle se nourrit d\u2019expertise citoyenne. L\u2019expertise est citoyenne quand elle se constitue \u00e0 partir de savoirs situ\u00e9s issus de l\u2019exp\u00e9rience des lieux, des pratiques ordinaires et des parcours de vie (en d\u2019autres termes quand elle se fonde sur des savoirs exp\u00e9rientiels). L\u2019expertise scientifique et technique s\u2019appuie, quant \u00e0 elle, sur des savoirs professionnels, elle oriente l\u2019action publique et fonde sa l\u00e9gitimit\u00e9. Or, bien souvent ces formes d\u2019expertise coexistent et sont mises en dialogue par les habitant\u00b7es ordinaires qui \u00e9valuent leur environnement de vie. Cette mise en dialogue g\u00e9n\u00e8re de la dispute ou de la critique. La critique la plus vive advient quand l\u2019expertise scientifique et technique contrevient \u00e0 l\u2019expertise citoyenne des situations v\u00e9cues par les habitant\u00b7es&nbsp;: que l\u2019expertise scientifique et technique \u00e9tablisse une absence de risque, alors d\u00e9nonc\u00e9e par l\u2019expertise citoyenne, ou qu\u2019\u00e0 l\u2019inverse elle \u00e9nonce un risque non reconnu par les habitant\u00b7es et g\u00e9n\u00e8re de l\u2019incompr\u00e9hension. Si les formes d\u2019expertise sont ainsi diversifi\u00e9es, c\u2019est le caract\u00e8re relationnel de leur mise en dialogue qui est source de tension ou de dispute.<\/p>\n\n\n\n<p>Les habitant\u00b7es ne s\u2019y trompent pas. Ils\u00b7elles sont g\u00e9n\u00e9ralement en recherche d\u2019une expertise situ\u00e9e au plus proche des enjeux et des probl\u00e8mes pratiques qu\u2019ils\u00b7elles ont \u00e0 r\u00e9gler (on le voit notamment dans le jardinage). En d\u2019autres termes, ils\u00b7elles sont en qu\u00eate d\u2019<em>expertises s\u00e9rieuses<\/em>, s\u00e9rieuses au sens o\u00f9 elles mobiliseraient des savoirs professionnels, toujours plus diversifi\u00e9s et accessibles, sensibles aux savoirs exp\u00e9rientiels des habitant\u00b7es. Ce qui s\u2019exprime alors est que les savoirs se confrontent \u2013 qu\u2019ils se combinent pour se transformer et s\u2019hybrider ou qu\u2019ils s\u2019homog\u00e9n\u00e9isent, mais jamais dans un m\u00eame sens \u2013. Ce qui s\u2019exprime aussi est que les espaces, dans lesquels les savoirs communs adviennent, se situent au plus pr\u00e8s du terrain et des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s par les habitant\u00b7es afin que les savoirs produisent une expertise hybride<sup>[9]<\/sup> sur la pollution et ses risques sanitaires. Cette expertise vise \u00e0 penser diff\u00e9remment les probl\u00e8mes et \u00e0 les traiter dans un processus d\u2019int\u00e9gration et non d\u2019homog\u00e9n\u00e9isation <em>a priori<\/em> qui s\u2019op\u00e9rerait au d\u00e9triment syst\u00e9matique de l\u2019expertise citoyenne des questions environnementales et de sant\u00e9-environnementale, dans le cas qui nous occupe.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu n\u2019est pas ais\u00e9. L\u2019hybridation de l\u2019expertise impose certainement, comme pr\u00e9alable, de renoncer \u00e0 la primaut\u00e9 de l\u2019expertise scientifique sur l\u2019expertise citoyenne et d\u2019int\u00e9grer, aux processus d\u2019expertise, des espaces communs d\u2019\u00e9change et de participation entre habitant\u00b7es-expert\u00b7es et expert\u00b7es scientifiques et techniques. Le processus d\u2019expertise pourrait alors avoir pour vis\u00e9e une d\u00e9finition partag\u00e9e des protocoles de suivi et de ce que l\u2019expertise produit comme connaissances pour l\u2019action. L\u2019hybridation n\u00e9cessite de fait que l\u2019expertise scientifique et technique prenne au s\u00e9rieux des savoirs exp\u00e9rientiels dont les logiques de preuve \u00e9chappent parfois \u00e0 la science en contrevenant, <em>a priori<\/em>, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 scientifique des faits qu\u2019elles tendent \u00e0 v\u00e9rifier. Et inversement que les savoirs des habitant\u00b7es-expert\u00b7es, fond\u00e9s sur le primat de l\u2019exp\u00e9rience, soient perm\u00e9ables aux savoirs professionnels. En d\u2019autres termes, l\u2019hybridation de l\u2019expertise inviterait \u00e0 une <em>nouvelle <\/em>dialectique des savoirs qui pourrait faciliter \u00ab&nbsp;<em>des modifications de la mani\u00e8re dont nos savoirs sont cultiv\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb (Stengers, 2019, p. 21<sup>[10]<\/sup>). Les attentes des habitant\u00b7es, dans les r\u00e9gimes de perception du scepticisme attentiste et de l\u2019actionnisme pratique, montrent que cette co-construction est possible et souhait\u00e9e pour qualifier les risques d\u2019environnement et de sant\u00e9-environnementale d\u00e8s lors que les savoirs exp\u00e9rientiels mobilis\u00e9s, pour \u00e9noncer les r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues de la pollution, sont en qu\u00eate d\u2019\u00e9tudes d\u2019environnement et de sant\u00e9 publique, ou d\u2019accompagnement des pratiques adaptatives adopt\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette quette d\u2019\u00e9lucidation et d\u2019accompagnement est, dans les faits, certainement li\u00e9e \u00e0 la logique des savoirs exp\u00e9rientiels. La logique du raisonnement sur lequel les savoirs exp\u00e9rientiels se fondent est, principalement, abductive (Pierce cit\u00e9 par Chauvir\u00e9<sup>[11]<\/sup>, 2004&nbsp;; 2010). Le cas du \u00ab&nbsp;<em>chat errant<\/em>&nbsp;\u00bb narr\u00e9 par Genevi\u00e8ve [en page 178] en est l\u2019illustration. Revenons sur cette narration. Genevi\u00e8ve est troubl\u00e9e par un chat errant au \u00ab&nbsp;<em>visage tout brul\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb (C). Or si les ressources naturelles, notamment l\u2019eau, sont r\u00e9ellement pollu\u00e9s (A), cela expliquerait les brulures occasionn\u00e9es au chat (C) par l\u2019eau de la rivi\u00e8re qu\u2019il boit. Donc Genevi\u00e8ve \u00e0 toutes les raisons de soup\u00e7onner que les ressources en eau sont pollu\u00e9es (A). Quand bien m\u00eame les liens de causalit\u00e9 sont hypoth\u00e9tiques, le raisonnement est construit et robuste. Il administrerait la preuve que l\u2019eau est pollu\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9 ainsi \u00e9prouv\u00e9e de son impact sur les animaux et certainement aussi, par induction, sur l\u2019homme. La dimension pragmatique de l\u2019abduction (Chateauraynaud, 2016<sup>[12]<\/sup>) r\u00e9side fondamentalement dans ses effets pratiques pour l\u2019action. Genevi\u00e8ve fait analyser le sang du chat afin de trouver des signes de la contamination (sans succ\u00e8s, le chat ayant pu \u00eatre, selon elle, contamin\u00e9 par d\u2019autres polluants non analys\u00e9s) et d\u00e9veloppe une vigilance accrue sur les pollutions et ses impacts, aussi plausibles mais incertains soient-ils.<\/p>\n\n\n\n<p>Le raisonnement de la logique abductive (ou celui de l\u2019abduction) maintient dans un univers incertain les habitant\u00b7es qui enqu\u00eatent. Et c\u2019est sur la r\u00e9duction partielle des incertitudes que l\u2019expertise hybride pourrait avoir une prise. La prise ne consiste pas \u00e0 homog\u00e9n\u00e9iser, de fa\u00e7on descendante et syst\u00e9matique, les savoirs exp\u00e9rientiels de Genevi\u00e8ve par des savoirs scientifiques, dans le but d\u2019en minimiser la port\u00e9e (inf\u00e9rentielle hypoth\u00e9tique), mais invite certainement \u00e0 la co-construction, entre scientifiques et citoyens, de dispositifs d\u2019\u00e9tudes sur la contamination des animaux errants, des animaux sauvages, voire des animaux de rente et de compagnie\u2026 (mais aussi sur les effets multiplicateurs de risque de sant\u00e9 de la consommation des l\u00e9gumes du jardin ou des herbes aromatiques sauvages, \u2026), pour am\u00e9liorer la connaissance (conjointe) des impacts environnementaux et sanitaires de la pollution, ceci afin d\u2019orienter l\u2019action et de donner la possibilit\u00e9 aux habitant\u00b7es d\u2019op\u00e9rer des choix raisonn\u00e9s. Et si Genevi\u00e8ve avait eu \u00ab\u00a0une intuition g\u00e9niale\u00a0\u00bb, sans avoir les moyens d\u2019en administrer la preuve&nbsp;? Ou pas, d\u2019ailleurs&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Puisque cette attente d\u2019expertise hybride s\u2019exprime et qu\u2019elle peut favoriser les connaissances sur la pollution et ses impacts, autant y pr\u00eater une oreille attentive. L\u2019absence d\u2019\u00e9coute participe(rait) \u00e0 maintenir, dos-\u00e0-dos, des \u00ab\u00a0risques per\u00e7us comme des non-risques\u00a0\u00bb, et des \u00ab\u00a0non-risques per\u00e7us comme des risques\u00a0\u00bb, en d\u2019autres termes participe(rait) \u00e0 enfermer les expertises (scientifique et technique vs. citoyenne) dans une pol\u00e9mique sans fin. On observe d\u00e9j\u00e0 cette dynamique dans la vall\u00e9e de l\u2019Orbiel, concernant notamment les \u00e9tudes d\u2019impr\u00e9gnation des enfants \u00e0 l\u2019arsenic, les expertises g\u00e9n\u00e8rent des contre-expertises, et les contre-expertises de nouvelles expertises, et ce de fa\u00e7on disjointe, dans une spirale inflationniste (et pol\u00e9mique) ne permettant ni d\u2019\u00e9noncer une r\u00e9alit\u00e9 commune (m\u00eame incertaine) sur l\u2019\u00e9tat des milieux et les risques encourus par les populations, ni d\u2019orienter commun\u00e9ment l\u2019action collective (publique et citoyenne) pour r\u00e9guler le probl\u00e8me (de fa\u00e7on m\u00eame imparfaite) et \u00ab\u00a0habiter (avec) la pollution\u00a0\u00bb (autant que faire se peut).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Transformation(s) \u2013 De la \u00ab\u00a0r\u00e9paration\u00a0\u00bb dans la gouvernance des probl\u00e8mes publics \u2013<\/strong>. Nul ne peut ignorer les fortes pol\u00e9miques ayant cours dans la vall\u00e9e de l\u2019Orbiel et l\u2019histoire territoriale des controverses portant sur les pollutions. Si les transformations esquiss\u00e9es sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre, elles sont loin d\u2019\u00eatre stabilis\u00e9es du fait \u00e0 la fois du contexte pass\u00e9, mais aussi de son incidence sur les situations actuelles v\u00e9cues. La pollution est ainsi une dette du pass\u00e9 minier, pesant ici et maintenant sur les habitant\u00b7es et les pouvoirs publics, et future si les parties-prenantes ne se saisissent pas des transformation(s) \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Il ne faut pas se tromper sur le sens des transformations \u00e9clair\u00e9es par le travail de recherche. La fabrique des publics \u2013 au sens o\u00f9, elle figure l\u2019\u00e9mergence de communaut\u00e9s d\u2019attention et d\u2019activit\u00e9s perceptuels permettant d\u2019agir face (et avec) la pollution \u2013 et la diversification des formes d\u2019expertise \u2013 au sens o\u00f9, elle illustre toute l\u2019inventivit\u00e9 du social \u00e0 interagir avec son environnement de vie (au sens de Ingold, 2000&nbsp;; 2011<sup>[13]<\/sup>) et \u00e0 r\u00e9clamer que ces mises en relation soient prise en compte dans l\u2019\u00e9valuation des risques \u2013 participent \u00e0 r\u00e9parer des situations v\u00e9cues comme probl\u00e9matiques, comme peut l\u2019\u00eatre d\u2019ailleurs, la judiciarisation des responsabilit\u00e9s et la demande de r\u00e9paration des pr\u00e9judices v\u00e9cus par certain\u00b7es habitant\u00b7es.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9parations, quel que soit le chemin qu\u2019elles empruntent \u2013 des attentes d\u2019\u00e9tudes de sant\u00e9, des attentes d\u2019accompagnement des adaptions de pratique adopt\u00e9es, une recherche judiciaris\u00e9e de responsabilit\u00e9 \u2013 donnent \u00e0 voir toute la capacit\u00e9 critique d\u2019analyse et d\u2019action des habitant\u00b7es quand ils\u00b7elles per\u00e7oivent les risques d\u2019environnement et de sant\u00e9 environnementale et font-avec. En ce sens, elles rendent compte d\u2019actes de r\u00e9sistance et de coexistence avec la pollution bien plus que qu\u2019elles ne traduisent une simple r\u00e9silience. On saisit alors pleinement les enjeux de la m\u00e9tamorphose de l\u2019expertise dans sa dimension relationnelle \u2013 une m\u00e9tamorphose plus aboutie que celle \u00e9nonc\u00e9e par Granjou et Barbier (Granjou et Barbier, 2010<sup>[14]<\/sup>) \u2013 quand on consid\u00e8re \u00e0 la fois son poids dans la gouvernance des risques d\u2019environnement et de sant\u00e9 environnementale mais aussi que l\u2019on prend au s\u00e9rieux la remarque formul\u00e9e par Brice Laurent \u00e0 la lecture de leurs travaux&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>la r\u00e9flexivit\u00e9 s\u2019exp\u00e9rimente en acte, dans les pratiques des experts, et [qu\u2019]elle ne peut donc \u00eatre sans dommage \u00e9rig\u00e9e en crit\u00e8re ext\u00e9rieur aux acteurs qui la rendent possible<\/em>&nbsp;\u00bb (Laurent, 2013, p.392<sup>[15]<\/sup>), en d\u2019autres termes \u00e0 l\u2019ensemble notamment des contributeurs-destinataires de l\u2019expertise, et donc aussi des habitant\u00b7es, d\u00e8s lors que l\u2019on consid\u00e8re de fa\u00e7on pragmatique qu\u2019ils\u00b7elles sont parties-prenantes du monde dans lequel ils\u00b7elles vivent, de la fabrique des risques et de leur gouvernance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le futur appartient aux habitant\u00b7es du territoire de la vall\u00e9e et aux pouvoirs publics, et \u00e0 des modes de coordination et de traduction permettant de les lier. Nous esp\u00e9rons que ce travail aura permis, modestement, d\u2019\u00e9clairer la diversit\u00e9 des points de vue et des attentes, et les fa\u00e7ons \u00ab\u00a0d\u2019habiter (avec) la pollution\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0vivre avec le trouble\u00a0\u00bb (Haraway, 2010<sup>[16]<\/sup>).<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[1] Chateauraynaud F. et J. Debaz, 2017, <em>Aux bords de l\u2019irr\u00e9versible. Sociologie pragmatique des transformations<\/em>, Paris, P\u00e9tra&nbsp;; Chateauraynaud, F. et J., Debaz, 2019, \u00ab&nbsp;Agir avant et apr\u00e8s la fin du monde, dans l\u2019infinit\u00e9 des milieux en interaction&nbsp;\u00bb, <em>Multitudes<\/em>, vol.76, n\u00b03, pp. 126-132.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[2] Chateauraynaud F., 2013, \u00ab&nbsp;De la formation des publics \u00e0 la r\u00e9bellion des milieux&nbsp;\u00bb, <a href=\"https:\/\/concertation.hypotheses.org\/911\">https:\/\/concertation.hypotheses.org\/911<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[3] Nos enqu\u00eates de terrain, aupr\u00e8s des habitants de la vall\u00e9e, montrent la vari\u00e9t\u00e9 et l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des points de vue, de ce qui fait probl\u00e8me (ou pas), des logiques d\u2019argumentation et d\u2019administration de la preuve permettant d\u2019\u00e9tayer le jugement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[4] Pour l\u2019usage du n\u00e9ologisme <em>exp\u00e9riencer<\/em> issu de l\u2019anglais <em>to experience<\/em> dans la sociologie pragmatique se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019article de Mathias Girel (2014)&nbsp;: Girel, M., 2014, \u00ab&nbsp;L\u2019exp\u00e9rience comme verbe&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>\u00c9ducation permanente<\/em>, n\u00b0198\/2014 &#8211; 1, pp.23-34.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[5] Dewey J., 2010 [1927], <em>Le Public et ses probl\u00e8mes<\/em>, trad. Jo\u00eblle Zask, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[6] Akrich M., Barthe Y. et C. R\u00e9my, 2010, <em>Sur la piste environnementale, menaces sanitaires et mobilisations profanes<\/em>, Paris, Presses des Mines.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[7] Lippmann, W., 2008 [1925], <em>Le public fant\u00f4me<\/em>, traduit par Laurence Decr\u00e9au, pr\u00e9sent\u00e9 par Bruno Latour, Paris, D\u00e9mopolis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[8] Corburn, J., 2005, <em>Street Science : Community Knowledge and Environmental Health Justice<\/em>, Cambridge, MIT Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[9] L\u2019hybridation des savoirs, et les combinaisons homog\u00e9n\u00e9isantes des savoirs les uns par rapport autres, sont des questions qui traversent la sociologie des sciences, notamment les <em>sciences studies<\/em>. Pour exemple, Robert Frank et Gunnar Stollberg (2004) ont travaill\u00e9 sur les savoirs m\u00e9dicaux et les combinaisons entre m\u00e9decines asiatiques et biom\u00e9decine. Ils identifient des dynamiques d\u2019homog\u00e9n\u00e9isation des savoirs de la m\u00e9decine au profit de la biom\u00e9decine (et inversement) mais aussi d\u2019hybridation (transformative et contextuelle) des savoirs et donc de l\u2019expertise m\u00e9dicale. Ils plaident pour une approche qui permette d\u2019int\u00e9grer \u00e0 l\u2019analyse des transformations des savoirs m\u00e9dicaux, le patient dans sa relation au praticien. Frank R., et G., Stollberg, 2004, \u00ab&nbsp;Conceptualizing hybridization. On the diffusion of asian medical knowledge to Germany&nbsp;\u00bb, <em>International Sociology<\/em>, vol.19, n\u00b01, p. 71-88.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[10] Stengers I., 2019, <em>R\u00e9sister au d\u00e9sastre : Dialogue avec Marin Schaffner<\/em>, postface d\u2019Emilie Hache, Wildproject Editions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[11] \u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Le fait surprenant C est observ\u00e9. Or si A \u00e9tait vrai, C irait de soi. Donc il y a une raison de soup\u00e7onner que A est vrai<\/em>&nbsp;\u00bb, Pierce cit\u00e9 par Chauvir\u00e9 C., 2004, \u00ab&nbsp;Aux sources de la th\u00e9orie de l\u2019enqu\u00eate&nbsp;: La logique de l\u2019abduction chez Peirce&nbsp;\u00bb, dans Karsenti B. et L. Qu\u00e9r\u00e9 (dir.), <em>La croyance et l\u2019enqu\u00eate&nbsp;: Aux sources du pragmatisme<\/em>, Paris, \u00c9ditions de l\u2019EHESS [en ligne] <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/editionsehess\/11194\">http:\/\/books.openedition.org\/editionsehess\/11194<\/a> [g\u00e9n\u00e9r\u00e9 le 30 juin 2023]&nbsp;; Chauvir\u00e9, C., 2010, <em>Wittgenstein en h\u00e9ritage&nbsp;: Philosophie de l\u2019esprit, \u00e9pist\u00e9mologie, pragmatisme<\/em>, \u00ab&nbsp;Philosophie en cours&nbsp;\u00bb, \u00c9ditions Kim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[12] Chateauraynaud F., 2016, \u00ab&nbsp;Pragmatique des transformations et sociologie des controverses&nbsp;: les logiques d\u2019enqu\u00eate face au temps long des processus&nbsp;\u00bb, dans Chateauraynaud F. et Y. Cohen, <em>Histoires pragmatiques<\/em>, Paris, \u00c9ditions de l\u2019EHESS [en ligne] <a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/editionsehess\/12327\">http:\/\/books.openedition.org\/editionsehess\/12327<\/a> [g\u00e9n\u00e9r\u00e9 le 30 juin 2023].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[13] Ingold T., 2000, <em>The Perception of the Environment : Essays on Livelihood<\/em>, Dwelling and Skill, Londres, Routledge&nbsp;; Ingold T., 2011, <em>Being Alive : Essays on Movement, Knowledge and Description<\/em>, Londres, Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[14] Granjou C., et M. Barbier, 2010, <em>M\u00e9tamorphoses de l\u2019expertise : pr\u00e9caution et maladies \u00e0 prions<\/em>, Paris, \u00c9ditions de la Maison des sciences de l\u2019homme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[15] Laurent B., 2013, \u00ab&nbsp;M\u00e9tamorphoses de l\u2019expertise&nbsp;: pr\u00e9caution et maladies \u00e0 prions&nbsp;\u00bb, Granjou, C. et M. Barbier\u201d, <em>Sociologie du travail<\/em>, Vol.55, n\u00b03, pp.391-392<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[16] Haraway, D.-J., 2020 [2016], <em>Vivre avec le trouble<\/em>, Vaulx-en-Velin, Les \u00e9ditions des mondes \u00e0 faire, Trad. de l\u2019anglais (\u00c9-U) par Vivien Garc\u00eda.<em> Staying with the Trouble&nbsp;: Making Kin in the Chthulucene<\/em>, Durham et Londres, Duke University Press, 2016. Le travail de Dona Haraway, mais aussi de Anna Tsing, sans oublier Bruno Latour (et bien d\u2019autres) ont permis d\u2019ouvrir de nombreuses perspectives d\u2019analyse sur le rapport au monde, aux micro-mondes alt\u00e9r\u00e9s, ou \u00e0 l\u2019habitabilit\u00e9 alt\u00e9r\u00e9e des territoires pour reprendre la formule de Christelle Gramaglia,&nbsp;<em>Habiter la pollution. Exp\u00e9riences et m\u00e9trologies citoyennes de la contamination<\/em>, Paris, Presses des Mines, coll. \u00ab&nbsp;Sciences sociales&nbsp;\u00bb, 2023, 270&nbsp;p., pr\u00e9f. Florian Charvolin, postf. Philippe Chamaret<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Puisque le temps de la recherche n\u2019est pas le temps social des probl\u00e8mes d\u2019environnement et de sant\u00e9 \u2013 et que ces derniers ont leurs propres trajectoires de controverse et leurs propres futurs \u2013, nous privil\u00e9gions ici, en guise de conclusion, le terme de \u00ab&nbsp;Tansformation(s)&nbsp;\u00bb pour mettre un terme, juste provisoire, \u00e0 ce travail de recherche &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/transformations\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Transformation(s) (Conclusion)&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":882,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1193","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1193","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/users\/882"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1193"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1193\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1222,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1193\/revisions\/1222"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/prior\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1193"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}