 {"id":659,"date":"2023-06-09T10:20:25","date_gmt":"2023-06-09T08:20:25","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/?p=659"},"modified":"2023-06-09T10:55:35","modified_gmt":"2023-06-09T08:55:35","slug":"symboles-antiques-et-humanisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/2023\/06\/09\/symboles-antiques-et-humanisme\/","title":{"rendered":"Symboles antiques et humanisme"},"content":{"rendered":"<h2><strong>Le symbole\u00a0: un objet privil\u00e9gi\u00e9 de la \u00ab\u00a0restitution de l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0\u00bb par les humanistes de la Renaissance<\/strong><\/h2>\n<p><em>Texte d\u2019Anne-H\u00e9l\u00e8ne Klinger-Doll\u00e9 (Universit\u00e9 Toulouse \u2013 Jean Jaur\u00e8s, PLH \/ Institut universitaire de France)<\/em><\/p>\n<h3><strong>La r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9 des humanistes\u00a0: l\u2019ambition d\u2019une \u00ab\u00a0restitution\u00a0\u00bb<\/strong><\/h3>\n<p>Le mouvement humaniste, qui s\u2019amorce d\u00e8s le Trecento en Italie avec des figures comme P\u00e9trarque ou Boccace, et dont l\u2019historiographie actuelle voit les prolongements jusqu\u2019au d\u00e9but du XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, se caract\u00e9rise avant tout par le r\u00f4le fondamental qu\u2019y joue le \u00ab\u00a0retour \u00e0 l\u2019antique\u00a0\u00bb, autrement dit une forme de r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9*. Une des expressions privil\u00e9gi\u00e9es par les acteurs m\u00eames de ce mouvement est celle de \u00ab\u00a0restituer l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0\u00bb. Dans le vocabulaire de l\u2019\u00e9poque, ce n\u2019est pas tant pr\u00e9tendre, comme l\u2019expression le signifierait en fran\u00e7ais aujourd\u2019hui, reconstituer m\u00e9thodiquement une image la plus pr\u00e9cise et compl\u00e8te possible du monde antique, que revendiquer de rendre l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 son \u00e9clat pass\u00e9, en la sauvant des injures suppos\u00e9es des si\u00e8cles ant\u00e9rieurs, dans un attachement souvent patriotique au pass\u00e9 et un rapport pol\u00e9mique \u00e0 la culture m\u00e9di\u00e9vale.<\/p>\n<h3><strong>\u00c9tudier cette \u00ab\u00a0restitution\u00a0\u00bb par le prisme de la passion humaniste pour le symbolisme antique<\/strong><\/h3>\n<p>Cette \u00ab\u00a0restitution\u00a0\u00bb passe par de nombreux travaux savants qui peuvent para\u00eetre d\u2019acc\u00e8s difficile pour des \u00e9l\u00e8ves de l\u2019enseignement secondaire. Il est n\u00e9anmoins un champ qu\u2019on peut aborder de mani\u00e8re fructueuse et plaisante en classe\u00a0: les symboles antiques. Ce prisme permet d\u2019aborder simultan\u00e9ment des textes et des images\u00a0; on peut mobiliser la culture litt\u00e9raire et artistique des \u00e9l\u00e8ves, aiguiser leur sens de l\u2019observation et les initier \u00e0 une forme d\u2019herm\u00e9neutique stimulante.<\/p>\n<h3><strong>Quel sens de \u00ab\u00a0symbole\u00a0\u00bb pour cette \u00e9tude\u00a0?<\/strong><\/h3>\n<p>Le sens pertinent dans le contexte de la Renaissance est avant tout celui d\u2019\u00ab\u00a0objet sensible, fait ou \u00e9l\u00e9ment naturel \u00e9voquant, dans un groupe humain donn\u00e9, par une correspondance analogique, formelle, naturelle ou culturelle, quelque chose d\u2019absent ou d\u2019impossible \u00e0 percevoir\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Deux aspects de cette d\u00e9finition sont \u00e0 souligner\u00a0: le symbole vaut dans \u00ab\u00a0un groupe humain donn\u00e9\u00a0\u00bb. Loin de consid\u00e9rer l\u2019Antiquit\u00e9 comme un monde d\u00e9finitivement r\u00e9volu, les humanistes pensent partager avec les \u00c9gyptiens, les Grecs ou les Romains une m\u00eame humanit\u00e9 et pouvoir ainsi reprendre \u00e0 leur compte leurs symboles et en actualiser la signification. Le deuxi\u00e8me aspect est la \u00ab\u00a0correspondance analogique\u00a0\u00bb postul\u00e9e entre l\u2019\u00e9l\u00e9ment\u00a0sensible\u00a0concret et la signification qu\u2019il est cens\u00e9 rec\u00e9ler. Alors que \u00ab\u00a0symbole\u00a0\u00bb dans la langue contemporaine peut d\u00e9signer des signes qui repr\u00e9sentent autre chose par pure convention (le symbole math\u00e9matique ou chimique), les humanistes sont convaincus que les symboles antiques sont toujours motiv\u00e9s par des correspondances analogiques fond\u00e9es dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<h3><strong>Des sources antiques et des productions humanistes qui m\u00ealent textes et images<\/strong><\/h3>\n<p>De nombreux humanistes s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 des symboles antiques. Leurs sources sont bien s\u00fbr textuelles. Mais s\u2019y ajoutent aussi des sources iconographiques, \u00e0 mesure que l\u2019on collecte et \u00e9tudie l\u2019iconographie des monnaies antiques*, le d\u00e9cor qui accompagne certaines inscriptions, les vestiges de reliefs sculpt\u00e9s, le petit mobilier arch\u00e9ologique tels que cam\u00e9es*, intailles*, vases, lampes\u2026 Cet int\u00e9r\u00eat se concr\u00e9tise par des investigations \u00e9rudites, des cr\u00e9ations litt\u00e9raires et artistiques aliment\u00e9es par ces recherches. On peut observer comment cette passion permet une meilleure connaissance de l\u2019Antiquit\u00e9 tout en contribuant \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un imaginaire, au prix d\u2019erreurs d\u2019interpr\u00e9tation. Il s\u2019agit d\u2019\u00ab\u00a0erreurs f\u00e9condes\u00a0\u00bb n\u00e9anmoins, dans la mesure o\u00f9 elles permettent l\u2019\u00e9closion de formes litt\u00e9raires et artistiques originales. Jean Guillemain s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019une de ces m\u00e9prises dans la plastique de la Renaissance, dans un domaine qui ne rel\u00e8ve pas du symbolisme : il s\u2019agit de la mode du \u00ab\u00a0m\u00e9daillon \u00e0 l\u2019antique \u00bb, orn\u00e9 d\u2019une t\u00eate de profil. Cet ornement sculpt\u00e9, inspir\u00e9 des profils mon\u00e9taires, n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 pas fr\u00e9quent dans les bas-reliefs antiques<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<h3><strong>Le <em>symbolon<\/em> antique\u00a0: une riche constellation de sens<\/strong><\/h3>\n<p>Certains textes humanistes mettent en \u00e9vidence la richesse anthropologique, litt\u00e9raire et esth\u00e9tique de ce que l\u2019Antiquit\u00e9 a compris comme relevant du \u00ab\u00a0symbole\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Le commentaire des termes grecs <em>symbol\u00e8<\/em> et <em>symbolon<\/em> donn\u00e9 par le premier grand hell\u00e9niste fran\u00e7ais, Guillaume Bud\u00e9, dans ses <em>Commentaires de la langue grecque<\/em> (1529), part ainsi de sens concrets li\u00e9s \u00e0 des pratiques sociales caract\u00e9ristiques du monde antique. Il s\u2019agit du tesson de c\u00e9ramique, coup\u00e9 en deux moiti\u00e9s, dont le rapprochement sert \u00e0 authentifier le porteur comme ayant des liens d\u2019hospitalit\u00e9 avec le d\u00e9tenteur de l\u2019autre moiti\u00e9. Le terme peut aussi d\u00e9signer le mot de passe entre initi\u00e9s dans les cultes \u00e0 myst\u00e8res, la contribution apport\u00e9e par chacun pour la c\u00e9l\u00e9bration d\u2019un repas communautaire au sein d\u2019une confr\u00e9rie religieuse ou encore les enseignes militaires. Mais la notion antique de symbole se d\u00e9ploie \u00e9galement sur le terrain rh\u00e9torique, philosophique et litt\u00e9raire. Elle est en effet proche de\u00a0la figure de style appel\u00e9e <em>allegoria <\/em>dans les trait\u00e9s de rh\u00e9torique antique, qui consiste \u00e0 produire un \u00e9nonc\u00e9 \u00e0 double sens, concret et cach\u00e9. Cette all\u00e9gorie rh\u00e9torique doit \u00eatre \u00e0 la fois distingu\u00e9e et mise en relation avec la d\u00e9marche herm\u00e9neutique que l\u2019on d\u00e9signe par l\u2019expression de \u00ab\u00a0lecture all\u00e9gorique\u00a0\u00bb, laquelle consiste \u00e0 pr\u00eater \u00e0 un texte une signification seconde, dissimul\u00e9e\u00a0; certains courants philosophiques (sto\u00efciens, n\u00e9oplatoniciens) en font un usage important dans leur lecture des grands textes po\u00e9tiques et mythiques.<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9, et durant tout le Moyen \u00c2ge, le christianisme s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 aux mythes et fictions po\u00e9tiques pa\u00efens par le prisme de la lecture all\u00e9gorique. Il a aussi d\u00e9velopp\u00e9 ses propres conceptions du symbole. Il n\u2019est ainsi pas \u00e9tonnant que Bud\u00e9 s\u2019appuie sur un \u00e9crivain \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 encore tr\u00e8s reconnue \u00e0 la Renaissance\u00a0: Denys l\u2019Ar\u00e9opagite. Sa \u00ab\u00a0th\u00e9ologie symbolique\u00a0\u00bb pr\u00e9tend donner la cl\u00e9 de nombreux symboles contenus dans les \u00c9critures bibliques et la liturgie chr\u00e9tienne, dans une d\u00e9marche paradoxale (mais typique), puisqu\u2019il vulgarise des secrets pr\u00e9tendument r\u00e9serv\u00e9s aux initi\u00e9s. Mais le paradigme antique par excellence du symbole est \u00e0 chercher ailleurs\u00a0: Bud\u00e9 donne une place de choix aux hi\u00e9roglyphes \u00e9gyptiens. Ceux-ci suscitent un v\u00e9ritable engouement \u00e0 travers toute l\u2019Europe lettr\u00e9e, alors m\u00eame que leur r\u00e9ception par l\u2019humanisme est fond\u00e9e sur un contresens. Ils sont en effet compris comme une \u00e9criture faite uniquement d\u2019id\u00e9ogrammes, un langage sacr\u00e9 fond\u00e9 sur l\u2019image, \u00e9chappant \u00e0 l\u2019arbitraire des signes verbaux\u00a0; ils seraient le r\u00e9ceptacle d\u2019une sagesse universelle. Les humanistes ne connaissent que peu d\u2019inscriptions hi\u00e9roglyphiques concr\u00e8tes. Les formes qu\u2019ils font circuler comme s\u2019il s\u2019agissait de hi\u00e9roglyphes sont parfois emprunt\u00e9es \u00e0 des vestiges sculpt\u00e9s romains. Elles s\u2019appuient surtout sur une source textuelle tardive, \u00e9crite en un temps o\u00f9 les hi\u00e9roglyphes \u00e9gyptiens ne sont plus compris dans leur valeur originelle : les <em>Hieroglyphica<\/em>, attribu\u00e9s \u00e0 un certain Horapollon, dont le nom m\u00eame laisse entendre la charge imaginaire attach\u00e9e \u00e0 ce texte. Retrouv\u00e9 en 1419, ce texte circule sous forme manuscrite dans l\u2019Italie du Quattrocento, d\u00e9pourvu d\u2019image. Il fait par la suite l\u2019objet d\u2019\u00e9ditions imprim\u00e9es illustr\u00e9es. Il en inspire aussi d\u2019autres, dont le plus c\u00e9l\u00e8bre est l\u2019<em>Hypnerotomachia<\/em> <em>Poliphili <\/em>(<em>Songe de Poliphile<\/em>), d\u2019un myst\u00e9rieux Francesco Colonna. Cette fiction magistrale, publi\u00e9e en 1499 par le grand \u00e9diteur v\u00e9nitien Alde Manuce, est illustr\u00e9e de tr\u00e8s nombreuses gravures qui jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans le roman. Le lecteur du <em>Songe de Poliphile<\/em> se voit confront\u00e9 \u00e0 plusieurs \u00ab\u00a0pseudo-hi\u00e9roglyphes\u00a0\u00bb. Ce sont autant d\u2019\u00e9nigmes qui supposent, pour \u00eatre d\u00e9chiffr\u00e9es, des cl\u00e9s que le roman ne donne que partiellement. Formes et significations propos\u00e9es par cette fiction vont se m\u00ealer \u00e0 d\u2019autres sources textuelles et formelles antiques pour alimenter l\u2019imaginaire symbolique des \u00e9crivains et artistes de la Renaissance.<\/p>\n<h3><strong>Un exemple de symbole antique r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 la Renaissance\u00a0: l\u2019ancre et le dauphin<\/strong><\/h3>\n<p>Cet exemple a l\u2019int\u00e9r\u00eat de partir d\u2019une source iconographique. Il s\u2019agit du revers d\u2019un denier d\u2019argent \u00e9mis sous l\u2019empereur Titus, dont la t\u00eate laur\u00e9e figure \u00e0 l\u2019avers avec l\u2019inscription <em>Titus Caesar Vespasianus Augustus Pontifex Maximus<\/em> (\u00ab\u00a0Titus C\u00e9sar Vespasien Auguste Grand Pontife\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Nous savons par \u00c9rasme que l\u2019humaniste et collectionneur v\u00e9nitien Pietro Bembo en poss\u00e9dait un exemplaire\u00a0: c\u2019est par lui qu\u2019\u00c9rasme a pu voir cette monnaie. Or l\u2019imprimeur Alde Manuce donne une grande notori\u00e9t\u00e9 \u00e0 ce motif\u00a0: il le choisit en effet comme marque d\u2019imprimeur, c\u2019est-\u00e0-dire comme une sorte de logo commercial, appos\u00e9 sur la page de titre, et \u00a0qui identifie les livres sortis de son officine (fig. 1).<\/p>\n<div id=\"attachment_660\" style=\"width: 690px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-660\" class=\"wp-image-660 size-large\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-776x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"680\" height=\"897\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-776x1024.jpg 776w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-227x300.jpg 227w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-768x1014.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-1164x1536.jpg 1164w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-1552x2048.jpg 1552w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-560x739.jpg 560w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-260x343.jpg 260w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-160x211.jpg 160w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Symboles-et-humanisme1-scaled.jpg 1940w\" sizes=\"auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><p id=\"caption-attachment-660\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1. Page de titre de l&rsquo;\u00e9dition de 1508 des <em>Adages<\/em> d&rsquo;Erasme, parue \u00e0 Venise chez Alde Manuce. La marque d&rsquo;imprimeur y est bien visible. L&rsquo;ouvrage est l&rsquo;exemplaire (Biblioth\u00e8que humaniste de S\u00e9lestat K 1007) que l&rsquo;humaniste Beatus Rhenanus a re\u00e7u en cadeau en 1511 de l&rsquo;imprimeur strasbourgeois Matthias Sch\u00fcrer, chez lequel il a donn\u00e9 une petite \u00e9dition des <em>Adages<\/em> d&rsquo;Erasme quelques ann\u00e9es auparavant \u00a9BHS.<\/p><\/div>\n<p>C\u2019est \u00c9rasme cependant qui donne \u00e0 cette association de signes graphiques une signification approfondie. Il les mobilise en effet pour \u00e9clairer l\u2019adage antique <em>Festina lente<\/em>, qu\u2019il place en t\u00eate de la deuxi\u00e8me chiliade (deuxi\u00e8me millier) d\u2019adages, dans l\u2019\u00e9dition des <em>Adages <\/em>tr\u00e8s enrichie qu\u2019il publie en 1508 chez le m\u00eame Alde Manuce. Ce texte, d\u2019une quinzaine de pages dans l\u2019\u00e9dition bilingue r\u00e9cente parue aux Belles Lettres, est un v\u00e9ritable essai avant la lettre<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Selon le principe m\u00eame des <em>Adages<\/em>, \u00c9rasme donne d\u2019abord l\u2019expression figur\u00e9e, le <em>prouerbium<\/em> qu\u2019il va commenter\u00a0: <em>Festina lente<\/em>, et son \u00e9quivalent grec\u00a0: <em>Speude brade\u00f4s<\/em>. Puis il en commente l\u2019origine suppos\u00e9e dans les textes de l\u2019Antiquit\u00e9. Il en propose aussi diverses applications possibles dans des contextes rh\u00e9toriques vari\u00e9s. Le commentaire s\u2019autorise plusieurs digressions volontaires\u00a0: un \u00e9loge dithyrambique de l\u2019entreprise intellectuelle et commerciale d\u2019Alde Manuce, doubl\u00e9 d\u2019une diatribe contre les mauvais imprimeurs.<\/p>\n<p>D\u2019embl\u00e9e, \u00c9rasme souligne les qualit\u00e9s rh\u00e9toriques remarquables de l\u2019adage\u00a0: il s\u2019agit d\u2019un oxymore, qui allie bri\u00e8vet\u00e9 et caract\u00e8re \u00e9nigmatique. Il propose, pour cette raison, d\u2019en user comme d\u2019une devise (<em>insignia<\/em>), ce qui dans le langage de la Renaissance signifie l\u2019association d\u2019une repr\u00e9sentation figur\u00e9e et d\u2019une sentence qu\u2019un individu choisit pour le repr\u00e9senter ou exprimer une ligne de conduite fondamentale. \u00c9rasme sugg\u00e8re que ses contemporains pourraient y recourir et l\u2019int\u00e9grer dans le d\u00e9cor d\u2019\u00e9difices ou sur des objets de pouvoir (anneaux de pr\u00e9lats, sceaux, sceptres). C\u2019est alors qu\u2019il r\u00e9interpr\u00e8te v\u00e9ritablement le symbole antique figurant sur la monnaie de Titus. Le sens qu\u2019il avait \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Titus ne nous est pas connu de mani\u00e8re explicite\u00a0; on peut penser qu\u2019il est en relation avec l\u2019id\u00e9e de domination, notamment maritime. Les motifs iconographiques des revers de monnaie peuvent \u00eatre compris comme v\u00e9hiculant un message politique qui c\u00e9l\u00e8bre le souverain mis en valeur \u00e0 l\u2019avers. Mais \u00c9rasme, comme d\u2019autres humanistes, projette sur l\u2019iconographie mon\u00e9taire antique la pratique contemporaine des m\u00e9dailles que commanditent des artistes ou \u00e9rudits de la Renaissance. Sur l\u2019avers de ces m\u00e9dailles figure le profil de l\u2019individu \u00e0 l\u2019origine de la commande, au revers sa \u00ab\u00a0devise\u00a0\u00bb, symbole graphique et sentence associ\u00e9s. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00c9rasme pense pouvoir interpr\u00e9ter le revers du denier de Titus comme une traduction en image de l\u2019adage <em>Festina lente<\/em>. \u00c0 l\u2019appui de sa lecture, il cite un chapitre des <em>Nuits attiques <\/em>d\u2019Aulu-Gelle<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, lequel explique combien l\u2019empereur Auguste prenait <em>Festina lente <\/em>comme une sentence appropri\u00e9e \u00e0 l\u2019homme politique, lui prescrivant d\u2019allier d\u00e9termination et prudence. \u00c9rasme, d\u00e9crit comme suit le revers du denier\u00a0: \u00ab\u00a0une ancre, dont le milieu ou vergue est envelopp\u00e9 par un dauphin qui l\u2019embrasse\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><em>. <\/em>Il introduit imm\u00e9diatement apr\u00e8s le terme de <em>symbolum<\/em> et l\u2019associe \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e9nigmatique des hi\u00e9roglyphes\u00a0: \u00ab\u00a0Or que cette forme de symbole ne signifie rien d\u2019autre que le mot d\u2019ordre de l\u2019empereur Auguste <em>Speude brade\u00f4s<\/em>, les lettres hi\u00e9roglyphiques, t\u00e9moins du pass\u00e9, en sont la preuve\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c9rasme, dans la suite de l\u2019adage, indique deux grandes voies pour r\u00e9soudre les \u00ab\u00a0\u00e9nigmes\u00a0\u00bb\u00a0du langage hi\u00e9roglyphique, et cela est vrai du symbolisme antique en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0: la connaissance des propri\u00e9t\u00e9s naturelles des choses et l\u2019ensemble des \u00ab\u00a0disciplines lib\u00e9rales\u00a0\u00bb h\u00e9rit\u00e9es des Anciens. Il pr\u00e9tend ainsi d\u00e9crypter le symbole de l\u2019ancre entour\u00e9e d\u2019un dauphin\u00a0par sa connaissance de l\u2019animal (qu\u2019il tire en r\u00e9alit\u00e9 des livres sur les animaux d\u2019Aristote ou d\u2019Oppien) et \u00e0 la lumi\u00e8re de diff\u00e9rents passages de Virgile, Su\u00e9tone et Aulu-Gelle qui pr\u00f4nent une forme d\u2019\u00e9quilibre entre fermet\u00e9 d\u2019action et sage pr\u00e9m\u00e9ditation. Il s\u2019appuie aussi sur de suppos\u00e9s hi\u00e9roglyphes \u00e9gyptiens\u00a0: un cercle, une ancre et le dauphin \u2013 s\u00e9quence tir\u00e9e du <em>Songe de Poliphile <\/em>\u2013 \u00a0qu\u2019il interpr\u00e8te comme une formule augment\u00e9e de la sentence\u00a0: \u00ab\u00a0Toujours, h\u00e2te-toi lentement\u00a0\u00bb (<em>Aei speude brade\u00f4s<\/em>)<em>, <\/em>le cercle exprimant l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9ternit\u00e9 (fig. 2).<\/p>\n<div id=\"attachment_661\" style=\"width: 783px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-661\" class=\"wp-image-661 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile.jpg\" alt=\"\" width=\"773\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile.jpg 773w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile-300x170.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile-768x434.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile-560x317.jpg 560w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile-260x147.jpg 260w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/06\/Ancre-Poliphile-160x90.jpg 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 773px) 100vw, 773px\" \/><p id=\"caption-attachment-661\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2. Inscription en pseudo-hi\u00e9roglyphes dans le <em>Songe de Poliphile<\/em>, Venise, Alde Manuce, 1499. BnF, RES G-Y2-41, f. 22r.<\/p><\/div>\n<p>\u00c9rasme met en avant deux aspects fascinants de ces images hi\u00e9roglyphiques\u00a0: leur grande aura (<em>dignitatis plurimum<\/em>), sans doute li\u00e9e \u00e0 leur anciennet\u00e9, leur origine sacr\u00e9e et leur exotisme, et le plaisir non n\u00e9gligeable (<em>uoluptatis non parum<\/em>) qu\u2019occasionne leur d\u00e9chiffrement pour l\u2019interpr\u00e8te. Car il y a une forme de jouissance herm\u00e9neutique, sensible \u00e0 la lecture de l\u2019adage, \u00e0 faire converger divers t\u00e9moignages antiques. Il y a aussi une satisfaction intellectuelle \u00e0 actualiser l\u2019adage antique. Ainsi pour \u00c9rasme, la r\u00e9cup\u00e9ration de ce symbole comme marque par Alde Manuce donnerait \u00e0 voir la domination intellectuelle d\u2019un homme du livre, acteur de la nouvelle culture humaniste, alors que dans l\u2019Antiquit\u00e9, le symbole c\u00e9l\u00e9brait le pouvoir politique et militaire d\u2019un empereur. Que les armes le c\u00e8dent \u00e0 la presse\u00a0!<\/p>\n<h3><strong>Un jeu entre inscription dans une culture partag\u00e9e entre \u00ab\u00a0initi\u00e9s\u00a0\u00bb et invention de nouvelles significations<\/strong><\/h3>\n<p>Comme on le voit \u00e0 travers l\u2019exemple de l\u2019ancre et du dauphin, l\u2019humaniste, mais aussi le lecteur jouent le r\u00f4le valorisant d\u2019interpr\u00e8te de ce langage symbolique, connu des initi\u00e9s.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes humanistes consacr\u00e9es \u00e0 ces formes symboliques, abondantes, furent dans un premier temps d\u00e9pourvues d\u2019images, du moins dans les livres imprim\u00e9s, pour des raisons notamment financi\u00e8res et techniques. \u00c0 mesure que le co\u00fbt des gravures diminue, les repr\u00e9sentations figur\u00e9es se multiplient dans le livre imprim\u00e9, ce qui permet par ricochet \u00e0 ce langage symbolique de se diffuser de plus en plus dans la peinture, la sculpture ou les arts d\u00e9coratifs. <em>Festina lente<\/em> se retrouve ainsi sur les plafonds de palais, dans les livres d\u2019embl\u00e8mes, quitte \u00e0 adopter d\u2019ailleurs d\u2019autres formes graphiques (association de la fl\u00e8che et du r\u00e9mora, poisson connu pour arr\u00eater la navigation des bateaux, ou encore d\u2019une voile gonfl\u00e9e et d\u2019une tortue)<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour le lecteur d\u2019aujourd\u2019hui, retrouver les cl\u00e9s de ces \u00ab\u00a0\u00e9nigmes\u00a0\u00bb demande une initiation certes exigeante. Il est cependant possible d\u2019\u00e9tudier avec les \u00e9l\u00e8ves la pr\u00e9sence de quelques motifs r\u00e9currents\u00a0: Fortune, la corne d\u2019abondance, \u00ab\u00a0Hercule Gaulois\u00a0\u00bb, les symboles de <em>pietas <\/em>que sont la cigogne ou \u00c9n\u00e9e portant Anchise<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. On s\u2019int\u00e9ressera \u00e0 leur circulation sur diff\u00e9rents supports, dans des contextes et milieux diff\u00e9rents, et \u00e0 leur res\u00e9mantisation. Ce \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb initie au fonctionnement du symbole, de l\u2019all\u00e9gorie et de l\u2019\u00e9nigme. Il permet aussi d\u2019observer la tension qui s\u2019instaure entre le d\u00e9sir de s\u2019inscrire dans un symbolisme culturel partag\u00e9, en sollicitant des formes et des sens d\u00e9j\u00e0 admis, et l\u2019envie de surprendre, de cr\u00e9er du neuf, de d\u00e9placer les significations. Car il y a une forme de \u00ab\u00a0tour de passe-passe\u00a0\u00bb dans ces pratiques humanistes sur le symbolisme antique\u00a0: sous couvert de tirer leur caution de l\u2019Antiquit\u00e9, elles r\u00e9inventent souvent leur objet en fonction de pr\u00e9occupations collectives ou purement personnelles. L\u2019humaniste est ainsi comme l\u2019\u00e9crivain qui pr\u00e9tend d\u00e9voiler le sens all\u00e9gorique d\u2019un texte et qui, selon la formule d\u2019Anne Rolet, \u00ab\u00a0s\u2019efforce de couvrir sous la loi naturelle le caract\u00e8re arbitraire et conventionnel de sa d\u00e9marche, que sous-tend g\u00e9n\u00e9ralement une ambition\u00a0: plier l\u2019objet \u00e9tudi\u00e9 aux exigences de ses propres convictions doctrinales\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Pour aller plus loin<\/strong><\/p>\n<p>\u00c9RASME DE ROTTERDAM, <em>Les Adages<\/em>, dir. Jean-Christophe Saladin, Paris, Les Belles Lettres, 2011, adage 1001 \u00ab\u00a0Festina lente\u00a0\u00bb, vol. 1, p. 1-17.<\/p>\n<p>KLINGER-DOLL\u00c9, Anne-H\u00e9l\u00e8ne (dir.), \u00ab\u00a0Restituer l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance\u00a0: entre \u00e9rudition et cr\u00e9ativit\u00e9 imaginative\u00a0\u00bb, <em>Anabases<\/em> 17 (2013), p. 43-162, <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/anabases\/4065\">https:\/\/journals.openedition.org\/anabases\/4065<\/a>. En particulier les articles qui abordent des questions iconographiques (Bruno TOLLON, \u00ab\u00a0Le ch\u00e2teau de Bournazel, l\u2019Antiquit\u00e9 retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb, Jean GUILLEMAIN \u00ab\u00a0L\u2019invention de la numismatique\u00a0: des arts d\u00e9coratifs aux sciences auxiliaires de l\u2019histoire\u00a0\u00bb, Ginette VAGENHEIM, \u00ab\u00a0Pirro Ligorio (1512-1583) et les v\u00e9hicules antiques\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>KLINGER-DOLL\u00c9, Anne-H\u00e9l\u00e8ne, ressources p\u00e9dagogiques en ligne sur le site <em>Imago. Lire du latin illustr\u00e9<\/em> autour de la devise <em>Festina Lente<\/em>. Dossier \u00e9toff\u00e9 pour l\u2019enseignement sup\u00e9rieur\u00a0: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/devises\/marques-imprimeurs\/festina-lente\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/devises\/marques-imprimeurs\/festina-lente\/<\/a> et page p\u00e9dagogique pour le secondaire\u00a0: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/litterature\/festina-lente\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/litterature\/festina-lente\/<\/a><\/p>\n<p>LAURENS, Pierre, introduction \u00e0 Andr\u00e9 ALCIAT, <em>Emblemata. Les Embl\u00e8mes<\/em>, Paris, Les Belles Lettres, 2016, p. ix-xxxvii.<\/p>\n<p>ROLET, Anne, dir., <em>All\u00e9gorie et symbole, voies de dissidence\u00a0? De l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance<\/em>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Premier sens donn\u00e9 dans le deuxi\u00e8me grand ensemble de d\u00e9finitions du mot \u00ab\u00a0symbole\u00a0\u00bb par le Centre national de ressources lexicales et textuelles.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Voir son article \u00ab\u00a0L\u2019invention de la numismatique : des arts d\u00e9coratifs aux sciences auxiliaires de l\u2019histoire \u00bb, <em>Anabases<\/em> 17 (2013), <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/anabases\/4116#text\">https:\/\/journals.openedition.org\/anabases\/4116#text<\/a> (consult\u00e9 le 08\/06\/2023).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Toute cette section s\u2019appuie sur l\u2019introduction d\u2019Anne Rolet au volume collectif <em>All\u00e9gorie et symbole, voies de dissidence\u00a0? De l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance<\/em>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2012 et \u00e0 son \u00e9dition des <em>Questions symboliques d\u2019Achille Bocchi<\/em>. Symbolicae quaestiones, 1555, Tours, Presses Universitaires Fran\u00e7ois Rabelais \/ Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, 2 volumes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> On peut voir l\u2019avers et le revers de ce dernier sur un site marchand de monnaies antiques\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.cgb.fr\/titus-denier-ttb,brm_386421,a.html\">https:\/\/www.cgb.fr\/titus-denier-ttb,brm_386421,a.html<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> L\u2019adage 1001 est maintenant facilement accessible\u00a0: \u00c9rasme de Rotterdam, <em>Les Adages<\/em>, dir. Jean-Christophe Saladin, Paris, Les Belles Lettres, 2022, vol. 2, p. 1-17. On se m\u00e9fiera cependant de la traduction des termes <em>symbolum, insignia, prouerbium, dictum<\/em>\u2026 qui tiennent trop peu compte \u00e0 notre avis de l\u2019\u00e9paisseur s\u00e9mantique de ces termes sous la plume d\u2019\u00c9rasme.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Livre X, chap. 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> <em>ancoram, cuius medium ceu temonem delphin obuolutus complectitur<\/em>. Nous retraduisons.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> <em>Id autem symboli nihil aliud sibi velle quam illud Augusti Caesaris dictum, <\/em>speude bradeos, <em>indicio sunt monumenta litterarum hieroglyphicarum.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>[9] On en trouvera des exemples sur le site <em>Imago. Lire du latin illustr\u00e9<\/em>, page p\u00e9dagogique sur <em>Festina lente<\/em>\u00a0: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/litterature\/festina-lente\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/litterature\/festina-lente\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Voir notre \u00e9tude de cas \u00ab Symboles antiques dans les <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat\u00a0\u00bb et les nombreux exemples, illustr\u00e9s, donn\u00e9s sur le site <em>Imago. Lire du latin illustr\u00e9<\/em>, dans la rubrique \u00ab\u00a0<em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat\u00a0\u00bb\u00a0: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/<\/a> ou dans la partie \u00ab\u00a0Secondaire\u00a0\u00bb, la page consacr\u00e9e \u00e0 Hercule Gaulois\u00a0: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/vie-politique\/empire\/hercule-gaulois\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/vie-politique\/empire\/hercule-gaulois\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Anne Rolet, <em>All\u00e9gorie et symbole<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 28.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le symbole\u00a0: un objet privil\u00e9gi\u00e9 de la \u00ab\u00a0restitution de l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0\u00bb par les humanistes de la Renaissance Texte d\u2019Anne-H\u00e9l\u00e8ne Klinger-Doll\u00e9 (Universit\u00e9 Toulouse \u2013 Jean Jaur\u00e8s, PLH \/ Institut universitaire de France) La r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9 des humanistes\u00a0: l\u2019ambition d\u2019une \u00ab\u00a0restitution\u00a0\u00bb Le mouvement humaniste, qui s\u2019amorce d\u00e8s le Trecento en Italie avec des figures comme P\u00e9trarque ou Boccace, et dont l\u2019historiographie actuelle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1264,"featured_media":661,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"categories":[1,29,30,53,27,28,54,24],"tags":[],"class_list":["post-659","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-categorie","category-histoire","category-histoire-de-lart","category-images-et-reception-de-lantiquite","category-lettres-classiques","category-lettres-modernes","category-litterature-et-illustration","category-moderne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/659","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1264"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=659"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/659\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":669,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/659\/revisions\/669"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/media\/661"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=659"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=659"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=659"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}