 {"id":900,"date":"2023-08-30T12:18:55","date_gmt":"2023-08-30T10:18:55","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/?p=900"},"modified":"2023-08-30T12:21:31","modified_gmt":"2023-08-30T10:21:31","slug":"emblemes-et-symboles-antiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/2023\/08\/30\/emblemes-et-symboles-antiques\/","title":{"rendered":"Embl\u00e8mes et symboles antiques"},"content":{"rendered":"<h1><strong>Les <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat\u00a0et la r\u00e9ception humaniste des symboles antiques<\/strong><\/h1>\n<p><em>Texte d\u2019Anne-H\u00e9l\u00e8ne Klinger-Doll\u00e9, Universit\u00e9 Toulouse \u2013 Jean Jaur\u00e8s, PLH<\/em><\/p>\n<p>Ce texte propose d\u2019\u00e9tudier le cas pr\u00e9cis des <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat, en compl\u00e9ment de l\u2019article plus g\u00e9n\u00e9ral sur la r\u00e9ception des symboles antiques par l\u2019humanisme*.<\/p>\n<h2><strong>Les <em>Embl\u00e8mes <\/em>d\u2019Alciat\u00a0: une r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9 par le texte et par l\u2019image<\/strong><\/h2>\n<p>Le recueil po\u00e9tique des <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Andr\u00e9 Alciat (1492-1550), dont la premi\u00e8re \u00e9dition fut publi\u00e9e \u00e0 Aubsbourg en 1531, constitue un champ d\u2019exploration riche pour familiariser les \u00e9l\u00e8ves avec l\u2019humanisme et la r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance. L\u2019<em>Emblematum liber <\/em>(<em>Livre des embl\u00e8mes<\/em>) est pr\u00e9sent\u00e9 par son auteur comme une r\u00e9cr\u00e9ation\u00a0de lettr\u00e9, \u00e9crite \u00e0 ses heures de loisirs par un professeur de droit tr\u00e8s pris\u00e9, dont l\u2019entreprise principale consistait \u00e0 retrouver une compr\u00e9hension historique du droit romain. Passionn\u00e9 d\u2019antiquit\u00e9s, il a laiss\u00e9 des relev\u00e9s manuscrits d\u2019inscriptions antiques de sa ville natale, Milan. Il \u00e9crit dans les <em>Embl\u00e8mes <\/em>des \u00e9pigrammes dont certaines sont des traductions latines d\u2019\u00e9pigrammes grecques antiques extraites de l\u2019<em>Anthologie de Planude<\/em>, red\u00e9couverte au XV<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle, alors que d\u2019autres sont des cr\u00e9ations propres, dont la mati\u00e8re est puis\u00e9e dans l\u2019Antiquit\u00e9. Chaque po\u00e8me est surmont\u00e9 d\u2019un titre, qui prend assez souvent la forme d\u2019une devise. La plupart des \u00e9pigrammes sont aussi accompagn\u00e9es, d\u00e8s l\u2019\u00e9dition de 1531, d\u2019une gravure. \u00c9tait-ce le v\u0153u d\u2019Alciat ou l\u2019initiative de son premier \u00e9diteur, Henri Steyner\u00a0? La question reste disput\u00e9e. Alciat manifeste son m\u00e9contentement quant \u00e0 la qualit\u00e9 de ces gravures. Mais le succ\u00e8s du recueil est tel que les tr\u00e8s nombreuses \u00e9ditions qui se succ\u00e8dent par la suite, et jusqu\u2019au d\u00e9but du XVII<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, conservent le principe d\u2019associer pour chaque \u00ab\u00a0embl\u00e8me\u00a0\u00bb un titre, une gravure et une \u00e9pigramme, auxquels s\u2019ajoutent parfois des commentaires, brefs ou d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces \u00e9pigrammes traitent de sujets vari\u00e9s\u00a0: \u00eatres naturels (plantes, animaux), grandes figures tir\u00e9es de l\u2019histoire ou de la mythologie gr\u00e9co-latines, coutumes, monuments ou \u0153uvres d\u2019art de l\u2019Antiquit\u00e9. Leurs sources sont souvent litt\u00e9raires mais parfois aussi iconographiques. La lecture qui en est propos\u00e9e est fondamentalement symbolique\u00a0: tous les \u00e9l\u00e9ments sugg\u00e9r\u00e9s par l\u2019\u00e9criture d\u2019Alciat, qui prennent une forme concr\u00e8te par le fait de la gravure, sont pens\u00e9s comme dot\u00e9s d\u2019un sens motiv\u00e9 par l\u2019analogie. Le titre met d\u2019ailleurs souvent sur la voie le lecteur, tandis que le po\u00e8me permet de comprendre ce qui est repr\u00e9sent\u00e9 sur la gravure, au moins en grande partie, et le sens all\u00e9gorique qu\u2019elle recouvre. N\u00e9anmoins, Alciat a con\u00e7u ses textes ind\u00e9pendamment des gravures que nous voyons, ajout\u00e9es par la suite et sans son contr\u00f4le pour certaines \u00e9ditions. Elles pr\u00e9sentent de nombreux d\u00e9calages avec le texte d\u2019Alciat. En effet, les graveurs ont une compr\u00e9hension in\u00e9gale de ses po\u00e8mes et de l\u2019arri\u00e8re-plan antique qui les nourrit. Par ailleurs, ils s\u2019inspirent de types iconographiques pr\u00e9existants, sans toujours respecter la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre pour laquelle la gravure est cr\u00e9\u00e9e. Dans les ateliers, les dessinateurs et graveurs s\u2019inspirent de livres illustr\u00e9s d\u00e9j\u00e0 parus. On observe ainsi une grande permanence dans les partis pris iconographiques au fil des \u00e9ditions d\u2019Alciat, alors m\u00eame que les lieux de production et les artistes changent. Certes, les techniques et les artistes mobilis\u00e9s gagnent en qualit\u00e9 au cours du XVI<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle, avec des graveurs renomm\u00e9s comme Bernard Salomon et Pierre Eskrich \u00e0 Lyon. Mais souvent, on peut se livrer \u00e0 un jeu amusant de ressemblances et de diff\u00e9rences, d\u2019une \u00e9dition \u00e0 l\u2019autre. Les diff\u00e9rences peuvent venir d\u2019une plus grande ma\u00eetrise des artistes, du soin apport\u00e9 aux costumes et aux paysages, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. Cependant, les diff\u00e9rences les plus int\u00e9ressantes sont celles qui tiennent \u00e0 un d\u00e9sir de plus grande fid\u00e9lit\u00e9 au texte, et de ce fait \u00e0 la \u00ab\u00a0mati\u00e8re antique\u00a0\u00bb dont s\u2019inspire Alciat. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019argumentaire d\u00e9velopp\u00e9 par Lorenzo Pignoria (1571-1631), un antiquaire (ce qui signifie pour l\u2019\u00e9poque moderne un \u00e9rudit qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9 par le biais de ses vestiges mat\u00e9riels) collectionneur de sculptures et de gemmes antiques. Il propose des rectifications par rapport aux gravures des <em>Embl\u00e8mes<\/em> parues jusque-l\u00e0 au nom de cette double fid\u00e9lit\u00e9, \u00e0 Alciat et \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9. Les gravures inspir\u00e9es de ses remarques figurent notamment dans la grosse \u00e9dition savante publi\u00e9e \u00e0 Padoue en 1621 par Pietro Paulo Tozzi. Cette \u00e9dition cumule \u00e9galement le savoir d\u00e9ploy\u00e9 par diff\u00e9rents commentateurs au cours du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, comme le Fran\u00e7ais Claude Mignault (1536-1606) et l\u2019Espagnol Francisco S\u00e1nchez de las Brozas (1523-1600)<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Nous y ferons r\u00e9f\u00e9rence car c\u2019est une mine pour rechercher les sources antiques des <em>Embl\u00e8mes<\/em>, tant litt\u00e9raires qu\u2019iconographiques, en m\u00eame temps que cette \u00e9dition s\u2019interroge explicitement sur des questions de r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9 par l\u2019image*.<\/p>\n<p>Il est possible de faire d\u00e9couvrir le recueil d\u2019Alciat \u00e0 travers une petite s\u00e9lection d\u2019embl\u00e8mes. On peut privil\u00e9gier une des \u00e9ditions des <em>Embl\u00e8mes<\/em>, tout en proposant de comparer avec les gravures d\u2019autres \u00e9ditions marquantes<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. L\u2019exercice permet de solliciter la sagacit\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves pour juger de l\u2019ad\u00e9quation de chaque gravure au texte et saisir le sens symbolique construit par les diff\u00e9rentes composantes de l\u2019embl\u00e8me. Une plong\u00e9e dans les sources diverses de chaque embl\u00e8me, textuelles et figur\u00e9es, permet de mieux entrer dans la fabrique\u00a0de cette \u0153uvre qui s\u2019appuie sur une symbolique pens\u00e9e comme commune aux \u00c9gyptiens, aux Grecs, aux Romains et au monde biblique, mais qui est\u00a0en r\u00e9alit\u00e9 souvent adapt\u00e9e et actualis\u00e9e selon les pr\u00e9occupations et les go\u00fbts des XVI<sup>e<\/sup>-XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles.<\/p>\n<h2><strong>La cigogne, symbole antique de la vertu de <em>pietas<\/em><\/strong><\/h2>\n<div id=\"attachment_901\" style=\"width: 468px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-901\" class=\"wp-image-901 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-1.jpg\" alt=\"\" width=\"458\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-1.jpg 458w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-1-275x300.jpg 275w\" sizes=\"auto, (max-width: 458px) 100vw, 458px\" \/><p id=\"caption-attachment-901\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 : Gravure de l\u2019embl\u00e8me Gratiam referendam dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Paris chez Ch. Wechel en 1534, p. 9 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019un des embl\u00e8mes d\u2019Alciat s\u2019intitule <em>Gratiam referendam\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Il faut rendre le bienfait re\u00e7u\u00a0\u00bb.\u00a0 La gravure de l\u2019\u00e9dition parisienne de 1534 repr\u00e9sente deux cigognes en plein vol, l\u2019une portant et nourrissant l\u2019autre (fig. 1). Celle de 1621 \u00e0 Padoue figure trois cigogneaux dans leur nid, que leur m\u00e8re vient nourrir (fig. 2). L\u2019\u00e9pigramme de six vers aide \u00e0 mieux comprendre ces sc\u00e8nes\u00a0et leur rapport \u00e0 la devise<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0:<\/p>\n<div id=\"attachment_902\" style=\"width: 414px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-902\" class=\"wp-image-902 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-2.jpg\" alt=\"\" width=\"404\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-2.jpg 404w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-2-300x300.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-2-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 404px) 100vw, 404px\" \/><p id=\"caption-attachment-902\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 : Gravure de l\u2019embl\u00e8me Gratiam referendam dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Padoue chez P. P. Tozzi en 1621, p. 172 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p><em>Aerio insignis pietate ciconia nido<\/em><\/p>\n<p><em>Inuestes pullos pignora grata fouet,<\/em><\/p>\n<p><em>Taliaque expectat sibi munera mutua reddi,<\/em><\/p>\n<p><em>Auxilio hoc quoties mater egebit anus.<\/em><\/p>\n<p><em>Nec pia spem soboles fallit, sed fessa parentum<\/em><\/p>\n<p><em>Corpora fert humeris, praestat et ore cibos. <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Connue pour sa pi\u00e9t\u00e9, la cigogne, dans un nid en hauteur<\/p>\n<p>Prend soin de ses petits d\u00e9plum\u00e9s, gages ch\u00e9ris de son amour,<\/p>\n<p>Et elle s\u2019attend \u00e0 ce que de tels services lui soient rendus r\u00e9ciproquement,<\/p>\n<p>Chaque fois que, m\u00e8re devenue vieille, elle aura besoin de cette aide.<\/p>\n<p>Et sa pieuse descendance ne d\u00e9\u00e7oit pas son esp\u00e9rance, mais le corps \u00e9puis\u00e9 de ses parents,<\/p>\n<p>Elle le porte sur ses \u00e9paules, et de sa bouche elle offre \u00e0 manger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La cigogne incarne donc une forme d\u2019entraide familiale, de la m\u00e8re aux enfants, puis de ces derniers devenus adultes \u00e0 leurs parents \u00e2g\u00e9s. Alciat emploie l\u2019adjectif <em>pius <\/em>(vers 5) et le nom <em>pietas <\/em>(vers 1). Il s\u2019agit d\u2019une des vertus cardinales de la soci\u00e9t\u00e9 romaine, qui recouvre le respect qu\u2019on doit \u00e0 ceux auxquels on est li\u00e9\u00a0: dieux mais aussi famille. Alors que la cigogne, aujourd\u2019hui, n\u2019est plus gu\u00e8re associ\u00e9e \u00e0 cette valeur, de nombreuses sources antiques convergent pour faire de la cigogne le symbole de la <em>pietas<\/em>. L\u2019\u00e9dition des <em>Embl\u00e8mes<\/em> de 1621 le fait bien appara\u00eetre, proposant une multiplicit\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences. Elle commence par les <em>Hi\u00e9roglyphes<\/em> d\u2019Horapollon, texte grec de l\u2019Antiquit\u00e9 tardive retrouv\u00e9 au XV<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, et compris comme donnant la signification de certains hi\u00e9roglyphes \u00e9gyptiens<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Mais elle mentionne aussi les grands textes encyclop\u00e9diques\u00a0: l\u2019<em>Histoire des animaux<\/em> d\u2019Aristote, l\u2019<em>Histoire naturelle<\/em> de Pline, <em>La Nature des animaux <\/em>d\u2019\u00c9lien. S\u2019appuyant sans le dire explicitement sur l\u2019un des <em>Adages<\/em> d\u2019\u00c9rasme relatif \u00e0 la cigogne<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, elle cite aussi Aristophane, Platon ou encore la huiti\u00e8me hom\u00e9lie de Basile de C\u00e9sar\u00e9e sur l\u2019<em>Hexam\u00e9ron<\/em>. Or c\u2019est bien ce texte patristique qui para\u00eet avoir inspir\u00e9 le plus directement Alciat, insistant sur les services rendus par la cigogne adulte \u00e0 ses parents\u00a0: les porter et m\u00eame les nourrir en plein vol. Quant au d\u00e9tail des petits \u00ab\u00a0d\u00e9plum\u00e9s\u00a0\u00bb, il appara\u00eet chez Elien. L\u2019\u00e9dition de 1621 rappelle aussi que la cigogne figure sur certaines monnaies romaines, justement pour symboliser la <em>pietas<\/em>, qui recouvre alors un sens large qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 la vie politique<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. L\u2019embl\u00e8me d\u2019Alciat, lui, insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de la gratitude. L\u2019\u00e9dition de 1621 d\u00e9veloppe une interpr\u00e9tation all\u00e9gorique de chaque embl\u00e8me. Pour <em>Gratiam referendam<\/em>, elle se concentre sur l\u2019amour des parents, soulignant la convergence entre ce symbole antique et le commandement biblique d\u2019honorer son p\u00e8re et sa m\u00e8re. Le commentaire fait aussi le parall\u00e8le avec la figure antique du <em>Pius Aeneas <\/em>et l\u2019embl\u00e8me d\u2019Alciat qui le met en sc\u00e8ne. Celui-ci peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 avec les \u00e9l\u00e8ves en compl\u00e9ment de l\u2019embl\u00e8me <em>Gratiam referendam. <\/em>En effet, la valeur qu\u2019il incarne est la m\u00eame, comme l\u2019indique son titre\u00a0: <em>Pietas filiorum in parentes<\/em> (\u00ab\u00a0Pi\u00e9t\u00e9 des fils \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs parents\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. C\u2019est aussi une figure de la <em>pietas<\/em> tr\u00e8s pr\u00e9sente dans la litt\u00e9rature et l\u2019art de la Rome antique. Les \u00e9l\u00e8ves peuvent la d\u00e9couvrir \u00e0 la fois par l\u2019<em>\u00c9n\u00e9ide<\/em> et par des repr\u00e9sentations figur\u00e9es de l\u2019\u00e9poque r\u00e9publicaine et imp\u00e9riale\u00a0: monnaies, bas-reliefs sculpt\u00e9s, terres cuites (voir l\u2019article d\u2019Alexandra Dardenay <em>Images de la fondation de Rome<\/em>*). La confrontation entre ces images et la gravure d\u2019une des \u00e9ditions d\u2019Alciat (fig. 3) permettra aux \u00e9l\u00e8ves de saisir le resserrement qui se fait dans le texte de celui-ci et la signification qu\u2019il donne \u00e0 \u00c9n\u00e9e\u00a0: le h\u00e9ros troyen ne tient plus le Palladion ni Ascagne, il porte seulement Anchise.<\/p>\n<div id=\"attachment_903\" style=\"width: 416px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-903\" class=\"wp-image-903 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-3.jpg\" alt=\"\" width=\"406\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-3.jpg 406w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-3-244x300.jpg 244w\" sizes=\"auto, (max-width: 406px) 100vw, 406px\" \/><p id=\"caption-attachment-903\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 : Gravure de l\u2019embl\u00e8me Pietas filiorum in parentes dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Paris chez Ch. Wechel en 1534, p. 73 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>De m\u00eame, le titre de l\u2019embl\u00e8me et l\u2019\u00e9pigramme, inspir\u00e9e d\u2019ailleurs d\u2019une \u00e9pigramme de l\u2019<em>Anthologie de Planude<\/em>, se focalise exclusivement sur la <em>pietas<\/em> d\u2019\u00c9n\u00e9e envers son vieux p\u00e8re, qui doit imposer le respect \u00e0 ses ennemis. La dimension politique d\u2019\u00c9n\u00e9e dispara\u00eet au profit de la seule vertu familiale.<\/p>\n<h2><strong>Le \u00ab\u00a0Symbole de la <em>Fides<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0ou les m\u00e9tamorphoses humanistes d\u2019une source iconographique antique<\/strong><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Beaucoup d\u2019embl\u00e8mes d\u2019Alciat s\u2019inspirent de textes antiques, en particulier d\u2019\u00e9pigrammes ekphrastiques, qui \u00e9voquent souvent des \u0153uvres d\u2019art r\u00e9elles ou fictives de l\u2019Antiquit\u00e9<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>, auxquelles les gravures donnent une forme de traduction plastique (la figuration d\u2019Occasion attribu\u00e9e \u00e0 Lysippe, le tableau suppos\u00e9 de \u00ab\u00a0l\u2019Hercule gaulois\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9 par Lucien de Samosate<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>). Mais certaines, plus rares, puisent leur inspiration dans une source iconographique antique, retrouv\u00e9e \u00e0 la Renaissance et connue d\u2019Alciat. C\u2019est ainsi le cas de l\u2019embl\u00e8me <em>Fidei Symbolum <\/em>(\u00ab\u00a0Symbole de la Fid\u00e9lit\u00e9\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><em>Stet depictus Honor tyrio uelatus amictu,<\/em><\/p>\n<p><em>Eiusque iungat nuda dextram Veritas.<\/em><\/p>\n<p><em>Sitque Amor in medio castus, cui tempora circum<\/em><\/p>\n<p><em>Rosa it, Diones pulchrior Cupidine.<\/em><\/p>\n<p><em>Constituunt haec signa fidem, reuerentia Honoris<\/em><\/p>\n<p><em>Quam fouet, alit Amor, parturitque Veritas.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Que soit repr\u00e9sent\u00e9 debout Honneur, voil\u00e9 dans un manteau teint de pourpre,<\/p>\n<p>Et que V\u00e9rit\u00e9, nue, lui serre la main droite.<\/p>\n<p>Qu\u2019Amour se tienne au milieu, chaste, dont les tempes soient couronn\u00e9es<\/p>\n<p>De roses, Amour plus beau que le Cupidon de V\u00e9nus.<\/p>\n<p>Ces signes symbolisent la fid\u00e9lit\u00e9, que le respect d\u2019Honneur<\/p>\n<p>R\u00e9chauffe, que nourrit Amour, que met au monde V\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pigramme d\u2019Alciat est tout enti\u00e8re \u00e9crite au subjonctif. Cette mani\u00e8re de prescrire une figuration appara\u00eet \u00e0 plusieurs reprises dans les <em>Embl\u00e8mes<\/em> et c\u2019est une des techniques de l\u2019<em>ekphrasis*<\/em> dans le recueil. Par touches successives, le lecteur est invit\u00e9 \u00e0 composer une sc\u00e8ne dont chaque d\u00e9tail peut \u00eatre implicitement compris comme porteur d\u2019un sens all\u00e9gorique.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dition de 1621 de Padoue, reprenant les commentateurs ant\u00e9rieurs, propose un d\u00e9codage terme \u00e0 terme de la figure. La couleur pourpre est utilis\u00e9e pour la toge des plus hauts magistrats romains et conf\u00e8re donc une forme de dignit\u00e9 \u00e0 Honor. La nudit\u00e9, dans l\u2019Antiquit\u00e9, s\u2019oppose \u00e0 l\u2019artifice et convient de ce fait \u00e0 la V\u00e9rit\u00e9. De nombreuses \u00e9pigrammes grecques d\u00e9veloppent l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00c9ros pudique, vertueux, qui s\u2019oppose \u00e0 un \u00c9ros sensuel r\u00e9pr\u00e9hensible. C\u2019est lui auquel r\u00e9f\u00e8re <em>Amor in medio castus<\/em>. Sa place <em>in medio<\/em> symbolise son r\u00f4le de lien entre <em>Veritas<\/em> et <em>Honor<\/em>, les trois personnifications formant une esp\u00e8ce de Triade antique, que le commentaire de 1621 pr\u00e9sente comme une anticipation pa\u00efenne de la Trinit\u00e9 chr\u00e9tienne \u2013 Dieu P\u00e8re, Fils et Saint-Esprit. V\u00e9rit\u00e9 et Honor se donnent la main droite\u00a0: la <em>dextrarum iunctio<\/em> dans l\u2019Antiquit\u00e9 signifie l\u2019engagement, notamment des \u00e9poux dans le mariage. On la trouve sur des monnaies et des sarcophages romains. Le signe demeure vivace \u00e0 la Renaissance dans les rites du mariage chr\u00e9tien. On voit qu\u2019on peut se livrer \u00e0 une forme de \u00ab\u00a0lecture d\u2019image\u00a0\u00bb face \u00e0 un ensemble iconotextuel de ce type, o\u00f9 chaque d\u00e9tail prend sens par rapport aux autres. Il s\u2019agit d\u2019une esp\u00e8ce de langage symbolique dont les diff\u00e9rentes unit\u00e9s convergent pour former un sens global (voir la r\u00e9flexion propos\u00e9e par Beno\u00eet Tane sur la \u00ab\u00a0lecture\u00a0\u00bb d\u2019image*).<\/p>\n<div id=\"attachment_904\" style=\"width: 810px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-904\" class=\"wp-image-904 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-4-large.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"1299\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-4-large.jpg 800w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-4-large-185x300.jpg 185w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-4-large-631x1024.jpg 631w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-4-large-768x1247.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><p id=\"caption-attachment-904\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4 Inscriptiones Sacrosanctae Vetustatis de Petrus Apianus, publi\u00e9es \u00e0 Ingolstadt en 1534, p. CCLXXI \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019\u00e9dition de 1621 est formelle\u00a0: la source d\u2019Alciat est une statue, bien connue des collectionneurs et antiquaires du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, et dont plusieurs ouvrages antiquaires ont donn\u00e9 des repr\u00e9sentations, en particulier les <em>Inscriptiones Sacrosanctae Vetustatis<\/em> de Petrus Apianus, publi\u00e9es \u00e0 Ingolstadt en 1534 (fig. 4)<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Avant l\u2019intervention de Lorenzo Pignoria, les gravures ne permettent gu\u00e8re de deviner qu\u2019Alciat s\u2019inspire d\u2019un bas-relief antique (fig. 5).<\/p>\n<div id=\"attachment_905\" style=\"width: 461px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-905\" class=\"wp-image-905 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-5.jpg\" alt=\"\" width=\"451\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-5.jpg 451w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-5-271x300.jpg 271w\" sizes=\"auto, (max-width: 451px) 100vw, 451px\" \/><p id=\"caption-attachment-905\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5 : Gravure de l\u2019embl\u00e8me Fidei Symbolum dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Paris chez Ch. Wechel en 1534, p. 100 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>Les personnifications sont repr\u00e9sent\u00e9es comme des personnages vivants, avec d\u2019ailleurs souvent des inexactitudes par rapport aux prescriptions de l\u2019\u00e9pigramme. Pignoria d\u00e9nonce cette m\u00e9connaissance et de fait, sous son impulsion, la gravure de 1621 (fig. 6) reprend les repr\u00e9sentations du bas-relief propos\u00e9 par les publications antiquaires ant\u00e9rieures, en particulier celle d\u2019Apianus. Elle introduit cependant de nouvelles inexactitudes, fortement d\u00e9cri\u00e9e dans le commentaire. Le graveur a invers\u00e9 la place d\u2019Honor et Veritas, pourtant pr\u00e9cis\u00e9e par Alciat, et la jonction des mains droites, symboliquement importante, devient une jonction des mains gauches. Cette inversion tient sans doute \u00e0 ce que le dessinateur s\u2019est inspir\u00e9 directement d\u2019une gravure de la pierre sculpt\u00e9e qu\u2019il avait sous les yeux. Or \u00e0 l\u2019impression, le dessin d\u2019une gravure s\u2019inverse.<\/p>\n<div id=\"attachment_906\" style=\"width: 422px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-906\" class=\"wp-image-906 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-6.jpg\" alt=\"\" width=\"412\" height=\"486\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-6.jpg 412w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-6-254x300.jpg 254w\" sizes=\"auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px\" \/><p id=\"caption-attachment-906\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 6 : L\u2019embl\u00e8me Fidei Symbolum dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Padoue chez P. P. Tozzi en 1521, p. 56 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>Les m\u00e9lectures ne s\u2019arr\u00eatent pas l\u00e0. En effet, ce bas-relief et son interpr\u00e9tation ont une histoire \u00e0 rebondissements. Les inscriptions qui figurent dessus\u00a0: <em>Fidei Symbolum, Honor, Amor, Veritas<\/em>, sont en fait des inscriptions tardives ajout\u00e9es au XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Alors que le bas-relief antique ornait une tombe de l\u2019\u00e9poque august\u00e9enne et repr\u00e9sentait un couple avec son enfant, on l\u2019interpr\u00e8te \u00e0 la Renaissance comme all\u00e9gorique et on y voit une forme de triade all\u00e9gorique entre <em>Honor, Amor, Veritas<\/em>, au fondement de la <em>Fides<\/em> (Fid\u00e9lit\u00e9), inspir\u00e9e sans doute de la philosophie alors en vogue de Jean Pic de la Mirandole (1463-1494). Dans les publications antiquaires, on cherche aussi une signification seconde \u00e0 cette repr\u00e9sentation. Au lieu d\u2019y voir simplement une famille romaine, Petrus Apianus l\u2019interpr\u00e8te comme la figuration du dieu des serments, Medius Fidius, interpr\u00e9tation fond\u00e9e sur une erreur de lecture\u00a0:\u00a0<em>Fidei Symbolum<\/em> est lu <em>Fidii Symbolum<\/em>. Il met en relation les trois personnages avec ce dieu qui pr\u00e9side aux serments, et rapproch\u00e9 de trois dieux sabins\u00a0: Sanctus, Fidius, Semipater. Sous ces trois noms, ce serait le m\u00eame dieu qui serait invoqu\u00e9.<\/p>\n<p>La gravure de 1621 reproduit l\u2019erreur de lecture de celle qui figure dans l\u2019ouvrage antiquaire d\u2019Apianus. Quant au commentaire de l\u2019\u00e9dition de 1621, \u00e0 la suite de S\u00e1nchez, il tente de faire concorder les deux lectures, expliquant qui est le dieu Fidius, tout en faisant de l\u2019image, comme le titre de l\u2019embl\u00e8me l\u2019y invite, une figuration de <em>Fides<\/em>, la Fid\u00e9lit\u00e9 et la parole donn\u00e9e. Le commentaire all\u00e9gorique pr\u00f4ne la <em>Fides<\/em> principalement dans le cadre du mariage, ce qui renoue avec la fonction originelle du monument sculpt\u00e9\u00a0: comm\u00e9morer les vertus d\u2019une union conjugale.<\/p>\n<h2><strong>La \u00ab\u00a0R\u00e9publique lib\u00e9r\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0: les avatars d\u2019une repr\u00e9sentation symbolique numismatique<\/strong><\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Comme dernier exemple, nous prendrons l\u2019embl\u00e8me <em>Respublica liberata<\/em> d\u2019Alciat, qui ne figure pas dans les premi\u00e8res \u00e9ditions des <em>Embl\u00e8mes <\/em>mais qui a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 par Alciat dans l\u2019\u00e9dition v\u00e9nitienne de 1546. Celui-ci a \u00e9galement une source iconographique antique. L\u2019\u00e9dition de 1621 l\u2019affirme d\u2019embl\u00e9e\u00a0: il s\u2019agit d\u2019une monnaie tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre, un denier que Brutus a fait frapper, avec \u00e0 l\u2019avers son profil et au revers la figuration d\u2019un bonnet phrygien entour\u00e9 de deux poignards. Contrairement au cas pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9tudi\u00e9, cette figuration a bien eu d\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9 un sens symbolique dont le d\u00e9codage nous est parvenu. En effet, Dion Cassius l\u2019\u00e9voque dans l\u2019<em>Histoire romaine<\/em><a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a> et rapporte l\u2019interpr\u00e9tation suivante\u00a0: le bonnet phrygien symbolise la libert\u00e9 retrouv\u00e9e, dans la mesure o\u00f9 il \u00e9tait mis port\u00e9 les esclaves affranchis. C\u2019est un symbole qu\u2019on trouve sur des monnaies grecques et romaines. Les deux poignards mettent en avant, parmi tous les assassins de C\u00e9sar, les deux plus connus\u00a0: Brutus et Cassius. La frappe d\u2019une telle monnaie, dans le contexte des guerres civiles, est un acte de propagande en faveur de Brutus, qui imite l\u2019audace de C\u00e9sar, le premier homme politique Romain \u00e0 avoir fait frapper une monnaie \u00e0 son effigie. Elle exalte un meurtre politique, ce qui est tout \u00e0 fait exceptionnel dans l\u2019iconographie mon\u00e9taire antique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pigramme d\u2019Alciat fait bien r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette monnaie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Caesaris exitio, ceu libertate recepta,<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Haec ducibus Brutis cusa moneta fuit.<\/em><\/p>\n<p><em>En siculi in primis, queis<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><strong>[12]<\/strong><\/a> pileus insuper adstat,<\/em><\/p>\n<p><em>Qualem missa manu seruitia accipiunt.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019assassinat de C\u00e9sar, comme si la libert\u00e9 \u00e9tait retrouv\u00e9e,<\/p>\n<p>Les chefs de guerre de la famille de Brutus<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a> firent frapper une monnaie.<\/p>\n<p>Voici tout d\u2019abord des poignards, surmont\u00e9s d\u2019un bonnet phrygien,<\/p>\n<p>Comme celui que re\u00e7oivent les esclaves affranchis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dition de 1621 rapporte l\u2019indignation de Pignoria\u00a0: les illustrations des \u00e9ditions ant\u00e9rieures ne sont gu\u00e8re fid\u00e8les au texte d\u2019Alciat, et <em>a fortiori<\/em> \u00e0 l\u2019iconographie mon\u00e9taire qui le fonde. La gravure de l\u2019\u00e9dition lyonnaise de 1551, par exemple, figure bien une monnaie, mais avec une inscription peu r\u00e9aliste\u00a0: <em>Bruti nomisma <\/em>(fig. 7).<\/p>\n<div id=\"attachment_907\" style=\"width: 510px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-907\" class=\"wp-image-907 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-7.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"465\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-7.jpg 500w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-7-300x279.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><p id=\"caption-attachment-907\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 7 : Gravure de l\u2019embl\u00e8me Respublica liberata dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Lyon chez Mac\u00e9 Bonhomme en 1551, p. 163 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>Le chapeau ne correspond gu\u00e8re \u00e0 la forme du <em>pileus <\/em>antique, au lieu de deux poignards, on ne voit qu\u2019une dague. Le commentateur espagnol S\u00e1nchez avait d\u00e9j\u00e0 protest\u00e9 contre cette repr\u00e9sentation infid\u00e8le\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai la monnaie \u00e0 la maison, mais elle comporte un bonnet phrygien allong\u00e9 au milieu de deux poignards dress\u00e9s. La gravure doit \u00eatre corrig\u00e9e.\u00a0\u00bb En r\u00e9alit\u00e9, le texte d\u2019Alciat lui-m\u00eame contient une impr\u00e9cision, puisque le bonnet phrygien surmonte les poignards selon lui, alors que sur la monnaie antique, ils l\u2019encadrent. Pignoria a fait rectifier la gravure en fonction de la monnaie, qu\u2019il conna\u00eet tr\u00e8s certainement (fig. 8), et renvoie pour cela \u00e0 plusieurs publications savantes r\u00e9centes qui en ont trait\u00e9. M\u00eame si la gravure comporte encore des diff\u00e9rences avec la monnaie antique (les deux poignards y \u00e9taient ainsi diff\u00e9rents l\u2019un de l\u2019autre, comme l\u2019explique Dion Cassius), elle s\u2019en rapproche beaucoup plus. Elle restitue notamment l\u2019inscription <em>EID. MAR.<\/em> (<em>Ides de Mars<\/em>).<\/p>\n<div id=\"attachment_908\" style=\"width: 445px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-908\" class=\"wp-image-908 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-8.jpg\" alt=\"\" width=\"435\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-8.jpg 435w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/08\/Emblemes-et-symboles-8-290x300.jpg 290w\" sizes=\"auto, (max-width: 435px) 100vw, 435px\" \/><p id=\"caption-attachment-908\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 8 : Gravure de l\u2019embl\u00e8me Respublica liberata dans l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Padoue chez P. P. Tozzi en 1521, p. 641 \u00a9 Glasgow.<\/p><\/div>\n<p>\u00c0 la fin du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et au d\u00e9but du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les commentateurs et \u00e9diteurs des <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat sont de plus en plus sensibles \u00e0 sa grande connaissance de l\u2019Antiquit\u00e9, y compris des vestiges mat\u00e9riels qu\u2019on retrouve alors. Ils r\u00e9clament des graveurs une culture antique plus pouss\u00e9e, tenant compte notamment de la circulation des images venues de l\u2019Antiquit\u00e9 par le biais de recueils d\u2019inscriptions ou de monnaies, qui comportent de multiples gravures. Alors que les premi\u00e8res \u00e9ditions d\u2019Alciat donnaient \u00e0 voir une Antiquit\u00e9 souvent transpos\u00e9e dans un monde contemporain des lecteurs, celles du d\u00e9but XVII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle visent \u00e0 proposer un imaginaire plus marqu\u00e9 par l\u2019\u00e9rudition antiquaire, sans y parvenir totalement, par \u00ab\u00a0l\u2019incurie des graveurs\u00a0\u00bb \u00e0 en croire les \u00e9diteurs scientifiques. Elles demeurent cependant une \u0153uvre po\u00e9tique et cr\u00e9atrice, alliant savoir humaniste, plaisir des yeux et all\u00e9gorisme moral pour l\u2019\u00e9dification des lecteurs. D\u00e8s l\u2019origine, Alciat, dans sa d\u00e9dicace \u00e0 Peutinger, un humaniste de la cour de Maximilien I<sup>er<\/sup> amateur d\u2019antiquit\u00e9s, avait pr\u00e9vu que ses <em>Emblemata<\/em> pourraient fournir des mod\u00e8les iconographiques aux artistes et artisans. De fait, ils ont jou\u00e9 un tr\u00e8s grand r\u00f4le dans toute l\u2019Europe humaniste pour diffuser un langage symbolique, qui devient \u00e0 la mode et dans lequel on puise pour d\u00e9corer tant des b\u00e2timents que divers objets, m\u00ealant \u00e9rudition antique et r\u00eaverie moderne.<\/p>\n<p><strong>Pour aller plus loin<\/strong><\/p>\n<p>Andr\u00e9 ALCIAT, <em>Emblemata. Les Embl\u00e8mes<\/em>, Fac-simil\u00e9 de l\u2019\u00e9dition lyonnaise de Mac\u00e9 Bonhomme de 1551. Pr\u00e9face, traduction de Pierre Laurens de l\u2019Institut, Paris, Les Belles Lettres, 2016, p. ix-xxxvii.<\/p>\n<p>KLINGER-DOLL\u00c9, Anne-H\u00e9l\u00e8ne, Pr\u00e9sentation des <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat et \u00e9chantillon d\u2019embl\u00e8mes \u00e0 faire travailler en classe de latin sur <em>Imago. Lire du latin illustr\u00e9\u00a0<\/em>: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/alciat-et-hercule-gaulois\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cette \u00e9dition, comme la plupart des \u00e9ditions marquantes des <em>Embl\u00e8mes<\/em> d\u2019Alciat, est num\u00e9ris\u00e9e et accessible depuis le site de l\u2019Universit\u00e9 de Glasgow consacr\u00e9 aux <em>Embl\u00e8mes<\/em>\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.emblems.arts.gla.ac.uk\/alciato\/\">https:\/\/www.emblems.arts.gla.ac.uk\/alciato\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Les <em>Emblemata<\/em> traduits par Pierre Laurens et publi\u00e9s aux Belles Lettres en 2016 se fondent sur l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Lyon chez Mac\u00e9 Bonhomme en 1551. Nous proposons un choix d\u2019embl\u00e8mes \u00e0 travailler sur le site <em>Imago. Lire du latin illustr\u00e9<\/em>, qui se fonde sur l\u2019\u00e9dition parue \u00e0 Paris chez Christian Wechel en 1534. Les gravures d\u2019autres \u00e9ditions sont mises en regard.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Toutes les traductions sont personnelles. Elles sont volontairement tr\u00e8s proches du texte latin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Il existe une traduction r\u00e9cente de ce texte, qui s\u2019int\u00e9resse aussi \u00e0 sa diffusion en latin \u00e0 la Renaissance\u00a0: Horapollon, <em>Hi\u00e9roglyphes<\/em>, trad. Claude Fran\u00e7oise Brunon, Saint-Laurent-le-Minier, \u00c9ditions Decoopman, 2019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Il s\u2019agit de l\u2019adage 901 \u1f08\u03bd\u03c4\u03b9\u03c0\u03b5\u03bb\u03b1\u03c1\u03b3\u03b5\u1fd6\u03bd (\u00ab\u00a0Rendre \u00e0 la fa\u00e7on des cigognes\u00a0\u00bb), que l\u2019on peut lire dans la traduction parue aux Belles Lettres en 2011, t. 1, p. 663-664.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> L\u2019\u00e9dition de 1621 fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une monnaie imp\u00e9riale. On peut faire voir aux \u00e9l\u00e8ves l\u2019exemple d\u2019une monnaie r\u00e9publicaine sur le site <em>Imago<\/em> (section 4 de la page consacr\u00e9e aux monnaies romaines dans leur rapport avec les vertus r\u00e9publicaines), <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/vie-politique\/republique\/monnaies-et-valeurs-politiques-romaines\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/vie-politique\/republique\/monnaies-et-valeurs-politiques-romaines\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Donn\u00e9 sur <em>Imago<\/em> \u00e0 la suite de l\u2019embl\u00e8me <em>Gratiam referndam<\/em>, voir la page indiqu\u00e9e n. 6.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Rappelons pour m\u00e9moire que l\u2019<em>ekphrasis<\/em> chez les Anciens ne se limite pas aux \u0153uvres d\u2019art. Elle est une repr\u00e9sentation qui cherche \u00e0 \u00ab\u00a0mettre sous les yeux\u00a0\u00bb du lecteur ou de l\u2019auditeur un objet, une sc\u00e8ne, un paysage, en sollicitant ses capacit\u00e9s imaginatives. La restriction aux \u0153uvres d\u2019art est le fait de la critique litt\u00e9raire contemporaine.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> On trouvera des pages consacr\u00e9es \u00e0 ces embl\u00e8mes sur <em>Imago\u00a0<\/em>: <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/occasion\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/occasion\/<\/a>, <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/alciat-et-hercule-gaulois\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/superieur\/poemes-illustres\/emblemes-alciat\/alciat-et-hercule-gaulois\/<\/a> et <a href=\"https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/vie-politique\/empire\/hercule-gaulois\/\">https:\/\/imago.langues-anciennes.be\/secondaire\/vie-politique\/empire\/hercule-gaulois\/<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Sur cette pierre et les p\u00e9rip\u00e9ties de son interpr\u00e9tation \u00e0 la Renaissance, voir Phyllis L. Williams, \u00ab\u00a0Two Roman reliefs in Renaissance disguise\u00a0\u00bb, <em>Journal of the Warburg and Courtauld Institutes<\/em>, vol. IV, 1-2, 1940-1941, p. 47-66.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Dion Cassius, <em>Histoire romaine<\/em>, 47, 25, 3.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Forme archa\u00efsante utilis\u00e9e par Alciat pour <em>quibus<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Le pluriel <em>ducibus Brutis<\/em> est \u00e9tonnant. L\u2019expression semble renvoyer aux deux assassins de C\u00e9sar les plus connus, Brutus et Cassius, le deuxi\u00e8me \u00e9tant li\u00e9 \u00e0 la famille de Brutus dans la mesure o\u00f9 il a \u00e9pous\u00e9 la demi-s\u0153ur de Brutus. Une autre explication serait la pr\u00e9sence, parmi les conjur\u00e9s, de deux autres membres de la famille de Brutus, beaucoup moins connus. Voir l\u2019article de St\u00e9phane Rolet qui propose une \u00e9tude beaucoup plus compl\u00e8te de cet embl\u00e8me et de ses r\u00e9sonnances politiques dans le contexte florentin et milanais\u00a0: \u00ab\u00a0Un <em>pileus<\/em> et deux poignards\u00a0: les symboles immuables du tyrannicide du denier <em>EID MAR <\/em>de Brutus \u00e0 l\u2019embl\u00e8me d\u2019Alciat <em>Respublica liberata<\/em> (1546), dans <em>All\u00e9gories et symboles, voies de dissidence\u00a0?<\/em>, dir. Anne Rolet, Rennes, 2012, p. 361-389.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Embl\u00e8mes d\u2019Alciat\u00a0et la r\u00e9ception humaniste des symboles antiques Texte d\u2019Anne-H\u00e9l\u00e8ne Klinger-Doll\u00e9, Universit\u00e9 Toulouse \u2013 Jean Jaur\u00e8s, PLH Ce texte propose d\u2019\u00e9tudier le cas pr\u00e9cis des Embl\u00e8mes d\u2019Alciat, en compl\u00e9ment de l\u2019article plus g\u00e9n\u00e9ral sur la r\u00e9ception des symboles antiques par l\u2019humanisme*. Les Embl\u00e8mes d\u2019Alciat\u00a0: une r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9 par le texte et par l\u2019image Le recueil po\u00e9tique des Embl\u00e8mes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1264,"featured_media":908,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"categories":[22,20,29,30,53,27,28,54,17,24,57],"tags":[],"class_list":["post-900","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-antiquite","category-gravure","category-histoire","category-histoire-de-lart","category-images-et-reception-de-lantiquite","category-lettres-classiques","category-lettres-modernes","category-litterature-et-illustration","category-livre","category-moderne","category-sculpture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1264"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=900"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/900\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":910,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/900\/revisions\/910"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/media\/908"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}