 {"id":923,"date":"2023-09-11T11:57:43","date_gmt":"2023-09-11T09:57:43","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/?p=923"},"modified":"2023-09-11T12:24:36","modified_gmt":"2023-09-11T10:24:36","slug":"le-portrait-romain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/2023\/09\/11\/le-portrait-romain\/","title":{"rendered":"Le portrait romain"},"content":{"rendered":"<p><em>Texte de Pascal Capus, charg\u00e9 des collections de sculptures romaines, fonds numismatique et m\u00e9diterran\u00e9en au Mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Toulouse<\/em><\/p>\n<blockquote><p>La peinture de portraits, qui permettait de transmettre \u00e0 travers les \u00e2ges des repr\u00e9sentations parfaitement ressemblantes, est compl\u00e8tement tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude. On d\u00e9die maintenant des t\u00eates sur boucliers, en bronze, des visages en argent, sans distinguer les traits individuels. On intervertit les t\u00eates des statues, et il y a longtemps que courent \u00e0 ce sujet des vers satiriques. \u00c0 tel point tout le monde pr\u00e9f\u00e8re attirer les regards sur le mat\u00e9riau utilis\u00e9 plut\u00f4t que montrer une image de soi reconnaissable\u2026la mollesse a caus\u00e9 la perte des arts et, puisqu\u2019on ne peut faire le portrait des \u00e2mes, on n\u00e9glige aussi le portrait physique. Il en allait autrement chez nos anc\u00eatres [\u2026].<\/p><\/blockquote>\n<p>Pline l\u2019Ancien, <em>Histoire naturelle<\/em>, 35, 4-6.<\/p>\n<p>La citation de Pline l\u2019Ancien qui nous sert ici d\u2019incipit, outre la complainte \u00e9cul\u00e9e sur l\u2019\u00e9poque contemporaine, sous-tendue par un fort conservatisme qui id\u00e9alise un pass\u00e9 assur\u00e9ment meilleur, permet de souligner toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du portrait dans le monde romain (<em>imago<\/em>) et de sa d\u00e9finition. Car au-del\u00e0 de la simple fid\u00e9lit\u00e9 au r\u00e9el, la repr\u00e9sentation d\u2019un individu demeure, \u00e0 Rome comme ailleurs, fortement tributaire des normes et des valeurs d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 au sein de laquelle celui-ci tend \u00e0 s\u2019int\u00e9grer, non seulement physiquement mais \u00e9galement, artificiellement, au moyen d\u2019un langage artistique.<\/p>\n<p>La civilisation romaine, au sein de laquelle s\u2019impos\u00e8rent les int\u00e9r\u00eats de l\u2019oligarchie r\u00e9publicaine, put compter sur les forces vives de sa structure sociale, incarn\u00e9es par des individualit\u00e9s fortes, obsessionnellement vou\u00e9es \u00e0 leur propre affirmation et \u00e0 la reconnaissance publique. Ainsi, au-del\u00e0 d\u2019un simple visage, le portrait romain associa-t-il plusieurs parties essentielles, susceptibles d\u2019indiquer les valeurs morales, les actions et le rang auquel appartenait l\u2019individu repr\u00e9sent\u00e9. Aux traits physiques, plus ou moins fortement individualis\u00e9s, s\u2019ajoutaient d\u2019autres composants\u00a0: le corps, entier ou r\u00e9duit sous forme de buste, dont le v\u00eatement et les \u00e9ventuels attributs composaient un ensemble particuli\u00e8rement signifiant\u00a0; un <em>titulus <\/em>ou inscription qui permettait de conna\u00eetre nom et qualit\u00e9s\u00a0; enfin, des couleurs, aujourd\u2019hui majoritairement disparues, qui constituaient \u00e0 leur tour un \u00e9l\u00e9ment de langage inh\u00e9rent au message transmis par l\u2019effigie (voir l\u2019article Polychromie et r\u00e9ception de l\u2019Antiquit\u00e9*, d\u2019Adeline Grand-Cl\u00e9ment).<\/p>\n<h2><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le portrait r\u00e9publicain<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., effigies des g\u00e9n\u00e9raux triomphateurs dans l\u2019espace public comme des\u00a0 esclaves affranchis sur les tombeaux, repr\u00e9sentent une v\u00e9ritable syntaxe de la construction sociale romaine. Durant cette phase tardive de la R\u00e9publique, les termes \u00ab\u00a0r\u00e9alisme\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0v\u00e9risme\u00a0\u00bb, quel que soit l\u2019aspect \u00e9cul\u00e9 de ces notions, ont longtemps paru avoir fond\u00e9 l\u2019identit\u00e9 premi\u00e8re du portrait romain<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Et en effet, l\u2019effort de caract\u00e9risation accord\u00e9 aux visages patriciens aujourd\u2019hui conserv\u00e9s surprend par la crudit\u00e9 qui en d\u00e9coule parfois. Le portrait semble dict\u00e9 par un profond d\u00e9sir d\u2019individualisation au moyen de d\u00e9tails physiques sp\u00e9cifiques\u00a0: calvitie, conformation du cr\u00e2ne, dessin de l\u2019oreille, rides de vieillesse et d\u2019expression, rel\u00e2chement cutan\u00e9, verrue. On peut donner comme exemple le Buste de Puissalicon, conserv\u00e9 au Mus\u00e9e Saint-Raymond (fig. 1).<\/p>\n<div id=\"attachment_926\" style=\"width: 1010px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-926\" class=\"wp-image-926 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-1.jpg\" alt=\"\" width=\"1000\" height=\"1500\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-1.jpg 1000w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-1-200x300.jpg 200w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-1-683x1024.jpg 683w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-1-768x1152.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><p id=\"caption-attachment-926\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1. Portrait d\u2019un inconnu, marbre, H. 0,37 m, Puissalicon (H\u00e9rault), Ier s. av. J.-C., mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e d\u2019Arch\u00e9ologie de Toulouse, inv. 2017.1.1. \u00a9Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est cependant pas nouveau. L\u2019\u00e9poque hell\u00e9nistique, en particulier le III<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., nous a l\u00e9gu\u00e9 plusieurs ensembles de portraits d\u00e9pourvus d\u2019id\u00e9alisation. Au contraire de l\u2019\u00e9poque classique, on distingue alors des personnalit\u00e9s, souvent li\u00e9es par des liens familiaux ou bien par un courant de pens\u00e9e : souverains h\u00e9ritiers de l\u2019empire d\u2019Alexandre comme S\u00e9leucos I<sup>er<\/sup> (fig. 2) et philosophes, telle la t\u00eate en marbre d\u2019\u00c9picure, d\u2019\u00e9poque imp\u00e9riale<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, conserv\u00e9e au Metropolitan Museum of Art<a href=\"https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/248475\">[3]<\/a>. Par ailleurs, dans le centre de l\u2019Italie, la civilisation \u00e9trusque fut \u00e0 l\u2019origine d\u2019un grand nombre d\u2019effigies fun\u00e9raires dont la radicalit\u00e9 descriptive de certains caract\u00e8res physiques confinait \u00e0 la caricature.<\/p>\n<div id=\"attachment_927\" style=\"width: 428px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-927\" class=\"wp-image-927 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-2.jpg\" alt=\"\" width=\"418\" height=\"597\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-2.jpg 418w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-2-210x300.jpg 210w\" sizes=\"auto, (max-width: 418px) 100vw, 418px\" \/><p id=\"caption-attachment-927\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2. Portrait en buste de S\u00e9leucos, bronze et inclusion d\u2019os et pierre, Herculanum, maison des Papyri, Ier si\u00e8cle av.- Ier si\u00e8cle ap. J.-C., Museo Archeologico Nazionale, Naples, inv. 5590.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019importante galerie de visages r\u00e9publicains l\u00e9gu\u00e9s par Rome se distingue donc \u00e0 son tour par des traits sans concession et l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019expression. Leur production remonte au cr\u00e9puscule de la R\u00e9publique et \u00e0 la premi\u00e8re p\u00e9riode august\u00e9enne, soit la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du dernier si\u00e8cle avant notre \u00e8re. Mais ce sont les origines m\u00eames de cette typologie de portraits romains qui, davantage que pour toute autre civilisation, ne cess\u00e8rent d\u2019interroger les historiens.<\/p>\n<p>La sources de cette tendance au \u00ab\u00a0r\u00e9alisme\u00a0\u00bb r\u00e9sulterait, selon une hypoth\u00e8se tenace, du \u00ab\u00a0droit aux images\u00a0\u00bb. Apanage, au moins au d\u00e9but, de ceux qui endossaient une magistrature davantage que droit collectif dont ne b\u00e9n\u00e9ficierait que la noblesse<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, le <em>jus imaginis <\/em>trouverait sa concr\u00e9tisation la plus directe dans les masques fun\u00e9raires en cire des anc\u00eatres, les fameuses <em>imagines majorum<\/em>. Le principal argument retenu r\u00e9side dans la mani\u00e8re dont furent utilis\u00e9s et per\u00e7us, durant les trois derniers si\u00e8cles de la R\u00e9publique, de tels masques qui, en tant qu\u2019<em>exempla<\/em>, formaient des arbres g\u00e9n\u00e9alogiques (<em>stemmata<\/em>) au sein des demeures aristocratiques, o\u00f9 ils prenaient une importance consid\u00e9rable<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Pline et, avant lui, Polybe, demeurent les deux sources les plus cit\u00e9es quant \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de ces images au visage du d\u00e9funt, \u00e0 partir duquel elles auraient \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9es, comme la mani\u00e8re dont ces <em>imagines <\/em>\u00e9taient utilis\u00e9es, dans et hors de la maison.<\/p>\n<p>Dans le centre de l\u2019Italie, en contexte \u00e9trusque, repr\u00e9senter les anc\u00eatres de mani\u00e8re fid\u00e8le fut une tradition bien enracin\u00e9e. Rome n\u2019y d\u00e9roge pas, aid\u00e9e en cela par son inclination \u00e0 la mise en sc\u00e8ne publique du prestige et des honneurs \u00e0 travers la noble contribution de l\u2019aristocratie s\u00e9natoriale \u00e0 la grandeur de l\u2019<em>Urbs<\/em>. Une c\u00e9r\u00e9monie cristallise \u00e0 elle seule ce dessein\u00a0: la procession fun\u00e9raire (<em>pompa funebris<\/em>). L\u00e0, \u00e9tait prononc\u00e9 l\u2019\u00e9loge fun\u00e8bre et le corps, exhib\u00e9 sur le Forum, dans le secteur des Rostres (tribune aux harangues) et g\u00e9n\u00e9ralement dispos\u00e9 verticalement, c\u00f4toyait les images de ses plus glorieux anc\u00eatres, assis pour leur part sur des si\u00e8ges honorifiques en ivoire (<em>sella curulis<\/em>). Ces portraits se pr\u00e9sentaient sous forme de masques (<em>prosopa<\/em>) en cire selon Pline (<em>Histoire naturelle<\/em>, 35, 6). Ils auraient \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement fid\u00e8les, pr\u00e9cise Polybe (<em>Histoires<\/em>, 6, 53-54), la polychromie appliqu\u00e9e sur la cire participant sans aucun doute \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 recherch\u00e9e. L\u2019auteur d\u2019origine grecque, t\u00e9moin de cette tradition qui lui \u00e9tait \u00e9trang\u00e8re, note \u00e9galement qu\u2019\u00e0 cette similitude des traits s\u2019ajoutaient insignes honorifiques et toge, endoss\u00e9s par des mimes, engag\u00e9s pour la circonstance, dont stature corporelle et gestuelle se rapprochaient du disparu. Apr\u00e8s l\u2019inhumation de ce dernier, son image (<em>imago<\/em>) rejoignait donc celles de ces anc\u00eatres, au sein de l\u2019atrium de la demeure familiale.<\/p>\n<p>On ignore toujours si ces masques de cire \u00e9taient con\u00e7us directement \u00e0 partir des visages m\u00eames ou bien \u00e0 partir de tirages en pl\u00e2tre, eux-m\u00eames r\u00e9alis\u00e9s sur le mod\u00e8le. De plus, aucune source ne nous autorise \u00e0 affirmer que les reproductions m\u00e9caniques initiales, quel que soit le mat\u00e9riau employ\u00e9, aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur le vivant, \u00e0 un \u00e2ge \u00e9tabli, o\u00f9 bien, comme semblerait en attester un passage de Quintilien, au moins dans certain contexte, sur le visage de la personne d\u00e9funte (voir l\u2019<em>Institution oratoire<\/em> VI, 1, 40).<\/p>\n<p>Par la suite, les fun\u00e9railles imp\u00e9riales maintiendront la pr\u00e9sence du portrait en cire dans le cadre de la c\u00e9r\u00e9monie du <em>funus imaginarium<\/em>. Cependant, c\u2019est alors le corps de l\u2019empereur dans son entier qui est repr\u00e9sent\u00e9, v\u00e9ritable double de la d\u00e9pouille, longuement expos\u00e9 avant d\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9 sur le Champs-de-Mars. Et l\u2019on pensera \u00e9galement \u00e0 la repr\u00e9sentation en cire de C\u00e9sar, que l\u2019on peut supposer tr\u00e8s proche du mod\u00e8le, reproduisant sur le Forum, le jour des fun\u00e9railles, le corps mutil\u00e9 par les coups de couteau fatals\u00a0; une effigie th\u00e9\u00e2tralement exhib\u00e9e dans les airs gr\u00e2ce \u00e0 une machine et d\u00e9doublant d\u00e9j\u00e0, de mani\u00e8re in\u00e9dite, le corps du prestigieux d\u00e9funt (Appien, <em>Les Guerres civiles<\/em>, II, 147).<\/p>\n<div id=\"attachment_928\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-928\" class=\"wp-image-928 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-3.jpg\" alt=\"\" width=\"440\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-3.jpg 440w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-3-233x300.jpg 233w\" sizes=\"auto, (max-width: 440px) 100vw, 440px\" \/><p id=\"caption-attachment-928\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3. Portrait hell\u00e9nistique du roi de Pergame Attale I, marbre, H. 0,395 m, IIe s. av. J.-C., Pergame, Acropole, Berlin, Pergamonmuseum, inv. P 130 \u00a9Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<p>D\u00e9terminer les origines du portrait tardo-r\u00e9publicain de type \u00ab\u00a0r\u00e9aliste\u00a0\u00bb \u00e0 partir de la seule tradition du masque de cire para\u00eet pourtant extr\u00eamement r\u00e9ducteur. Il semble en effet n\u00e9cessaire de prendre en compte l\u2019importance des mani\u00e8res, ou, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, des styles, repr\u00e9sent\u00e9s par les diff\u00e9rents ateliers de sculpteurs grecs, dont les productions, ant\u00e9rieures de un \u00e0 deux si\u00e8cles, demeuraient communes aux yeux d\u2019une certaine cat\u00e9gorie de la population romaine (g\u00e9n\u00e9raux et politiques). La pr\u00e9gnance des visages empreints de \u00ab\u00a0pathos\u00a0\u00bb des souverains hell\u00e9nistiques, diadoques et successeurs (voir par exemple ce buste d\u2019Attale de Pergame (fig. 3) ou ce portrait en bronze d\u2019un homme de D\u00e9los<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>), d\u00e9termine bien les ports de t\u00eate, comme les expressions, de nombreuses effigies de Romains des II<sup>e<\/sup> et I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C, comme ce buste de Pomp\u00e9e (fig. 4). D\u2019autre part, le vieillard (<em>senex<\/em>) appartenant \u00e0 la noblesse romaine, dont l\u2019\u00e2ge r\u00e9el, lors de l\u2019exercice de la plus haute charge, n\u2019exc\u00e9dait cependant que rarement 50 ans, se porte garant de vertus (<em>auctoritas<\/em>, <em>gravitas<\/em>, <em>severitas, dignitas\u2026<\/em>) n\u00e9cessairement refl\u00e9t\u00e9es dans son portrait. Un portrait dans lequel le ciseau du sculpteur a su si souvent capter avec acuit\u00e9 les caract\u00e9ristiques psychologiques de son mod\u00e8le.<\/p>\n<div id=\"attachment_929\" style=\"width: 424px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-929\" class=\"wp-image-929 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-4.jpg\" alt=\"\" width=\"414\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-4.jpg 414w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-4-207x300.jpg 207w\" sizes=\"auto, (max-width: 414px) 100vw, 414px\" \/><p id=\"caption-attachment-929\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4. Buste de Pomp\u00e9e, marbre, H. 0,62 m, \u00e9poque august\u00e9enne, d\u2019apr\u00e8s un mod\u00e8le des ann\u00e9es 70-60 av. J.-C., ancienne collection Grimani, Mus\u00e9e arch\u00e9ologique national de Venise, inv. 62. \u00a9Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache, la trop forte caract\u00e9risation physionomique de certains visages permet de supputer que cette qu\u00eate d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 un peu \u00e2pre s\u2019accorde davantage avec le d\u00e9sir de rendre l\u2019image sociologiquement parlante. Ainsi la conception du portrait serait-elle avant tout dict\u00e9e par le besoin d\u2019exprimer un statut, une charge ou des actions guerri\u00e8res, au moyen d\u2019une d\u00e9monstration plastique (d\u00e9multiplication des rides, lourdeur des arcades sourcili\u00e8res\u2026). \u00c0 travers ces visages \u00e9maci\u00e9s, burin\u00e9s et aux sillons profond\u00e9ment creus\u00e9s, s\u2019expriment un id\u00e9al physique, celui du sacrifice de soi au profit de la R\u00e9publique et du bien de Rome.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le influen\u00e7a par la suite, \u00e0 Rome comme dans les cit\u00e9s italiques, les affranchis (voir ainsi l\u2019exemple d\u2019un bas-relief conserv\u00e9 au British Museum<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> et d\u2019une st\u00e8le fun\u00e9raire conserv\u00e9e au Mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Toulouse<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>). Ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas du droit \u00e0 l\u2019image, ce groupe social en pleine expansion se fit repr\u00e9senter \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des villes, sur leurs tombeaux. Si leurs visages retranscrivent sans concession d\u00e9fauts et autres asp\u00e9rit\u00e9s physiques, le d\u00e9sir d\u2019ostentation demeure identique. Ils y associent une inscription qui informe de leur nom et vante leurs m\u00e9rites et leur position et mettent ainsi en avant leur \u00e9l\u00e9vation sociale. En fonction de leurs possibilit\u00e9s financi\u00e8res, ils font concevoir leur effigie en calcaire ou en marbre, sous forme de statue, \u00e0 l\u2019image des monuments honorifiques \u00e9lev\u00e9s par la classe dirigeante sur les places publiques de la cit\u00e9, ou bien en simple buste. Mais c\u2019est le v\u00eatement, toge masculine et manteau soigneusement ajust\u00e9 f\u00e9minin, qui d\u00e9termine alors leur int\u00e9gration dans le syst\u00e8me des valeurs romaines.<\/p>\n<p>Mais un nouveau mod\u00e8le appara\u00eet pour toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019individus, entre les ann\u00e9es 40 et 30 avant J.-C.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>\u00a0: le portrait de C\u00e9sar. Une d\u00e9marche mim\u00e9tique, nouveau ph\u00e9nom\u00e8ne, va caract\u00e9riser toute la p\u00e9riode imp\u00e9riale.<\/p>\n<h2><em>\u00a0<\/em><em>\u00a0<\/em><strong>Le portrait d\u2019\u00e9poque imp\u00e9riale\u00a0: de la t\u00eate&#8230;<\/strong><\/h2>\n<p><em>\u00a0<\/em>\u00c0 partir du d\u00e9but de notre \u00e8re, de nouvelles r\u00e9f\u00e9rences apparaissent. Elles sont \u00e0 rechercher du c\u00f4t\u00e9 de la Maison imp\u00e9riale. Auguste et ses successeurs fondent un type de portrait de type classicisant qui prend d\u00e9sormais ses distances avec la caract\u00e9risation physique et individuelle du I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle finissant.<\/p>\n<p>Qu\u2019il soit ex\u00e9cut\u00e9 en marbre, bronze ou terre cuite, c\u2019est le portrait de l\u2019empereur qui devint subtilement codifi\u00e9, par le prince lui-m\u00eame, comme le furent de plus en plus r\u00e9guli\u00e8rement, \u00e0 partir du dernier tiers du I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., ceux des membres de la famille imp\u00e9riale, imp\u00e9ratrice et h\u00e9ritiers appel\u00e9s \u00e0 la succession. Ces portraits officiels, celui de l\u2019empereur en premier lieu, furent abondamment copi\u00e9s, et non dans le meilleur style, comme en t\u00e9moigne le passage, dans une lettre de l\u2019auteur antique Fronton, cit\u00e9 par Thomas Pek\u00e1ry dans le catalogue de l\u2019exposition <em>Le regard de Rome<\/em>, au sujet des portraits de l\u2019empereur Marc Aur\u00e8le : \u00ab Tu sais que tes portraits sont expos\u00e9s dans tous les bureaux de change, dans toutes les \u00e9choppes, toutes les boutiques du march\u00e9, sur toutes les \u00e9tag\u00e8res, dans les vestibules et les encadrements des fen\u00eatres, o\u00f9 que ce soit et partout, la plupart mal peints, model\u00e9s et sculpt\u00e9s de fa\u00e7on grossi\u00e8re, vraiment mis\u00e9rable\u00a0\u00bb (<em>Ad M. Caes<\/em>., 4, 13).<\/p>\n<p>Loin de cette m\u00e9diocrit\u00e9, la statuaire imp\u00e9riale, issue des ateliers les plus comp\u00e9tents, conserva l\u2019exclusivit\u00e9 des espaces publics telle la grande aire \u00e0 ciel ouvert du forum et ses annexes (basilique, curie ou b\u00e2timent des assembl\u00e9es municipales et portiques qui y sont associ\u00e9s), les \u00e9tablissements thermaux, les th\u00e9\u00e2tres voire, notamment en Orient, de grands nymph\u00e9es monumentaux\u00a0o\u00f9 elle envahit les niches. Des s\u00e9ries de portraits pouvaient aussi se d\u00e9ployer au sein des grands camps militaires romains (<em>castra<\/em>). Enfin, ce sont de riches demeures priv\u00e9es qui ont livr\u00e9, \u00e0 travers tout l\u2019Empire, des repr\u00e9sentations officielles, distribu\u00e9es sous les portiques ou dans les salles de r\u00e9ception.<\/p>\n<p>Ces \u0153uvres, \u00e9labor\u00e9es selon des param\u00e8tres instaur\u00e9s par leurs commanditaires, d\u00e9pendaient d\u2019artisans qualifi\u00e9s dont le nom n\u2019appara\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement pas, \u00e0 l\u2019image du monde anonyme des artisans de la Rome antique, de quelque talent que ce soit. Le sculpteur, comme tout fabricant d\u2019images, appartient en effet au monde des esclaves et pratique une activit\u00e9 qui n\u2019est pas digne d\u2019un homme libre. Il demeure que l\u2019auteur du prototype d\u2019un portrait officiel \u0153uvrait \u00e0 Rome et \u00e9voluait dans les sph\u00e8res m\u00eames du pouvoir, ob\u00e9issant donc aux sommations imp\u00e9riales en mati\u00e8re d\u2019esth\u00e9tique et de conception. Ce prototype \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre reproduit en de nombreux exemplaires et diffus\u00e9 \u00e0 Rome m\u00eame, comme dans les provinces.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u00e9sormais la figure de l\u2019empereur qui semblent r\u00e9genter l\u2019art du portrait romain et qui donne l\u2019impulsion. Appara\u00eet ainsi un ph\u00e9nom\u00e8ne notable et \u00e9tonnant\u00a0; princes h\u00e9ritiers pr\u00e9somptifs ou directs, individus proches du pouvoir, reprennent, sur leurs repr\u00e9sentations, les caract\u00e9ristiques capillaires de l\u2019empereur voire s\u2019en approprient les traits (\u00ab\u00a0Angleichung\u00a0\u00bb). Le groupe dynastique expos\u00e9 au Mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Corinthe, qui associe l\u2019empereur Auguste \u00e0 ses petits-fils, Gaius et Lucius, princes de la jeunesse, dont les corps nus font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la statuaire grecque de type polycl\u00e9t\u00e9en, repr\u00e9sente en l\u2019occurrence un exemple probant (fig. 5 et 6).<\/p>\n<div id=\"attachment_931\" style=\"width: 691px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-931\" class=\"wp-image-931 size-large\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-681x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"681\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-681x1024.jpg 681w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-200x300.jpg 200w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-768x1154.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-1022x1536.jpg 1022w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-1363x2048.jpg 1363w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-5-scaled.jpg 1703w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><p id=\"caption-attachment-931\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5. Statue d\u2019Auguste, marbre, H. 2,00 m, Corinthe, secteur de la Basilique julienne, fin du Ier si\u00e8cle av. J.-C., mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Corinthe, inv. S 1116 \u00a9Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_932\" style=\"width: 741px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-932\" class=\"wp-image-932 size-large\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-731x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"731\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-731x1024.jpg 731w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-214x300.jpg 214w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-768x1075.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-1097x1536.jpg 1097w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-1463x2048.jpg 1463w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-6-scaled.jpg 1829w\" sizes=\"auto, (max-width: 731px) 100vw, 731px\" \/><p id=\"caption-attachment-932\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 6. Statue de Gaius C\u00e9sar, marbre, H. 1,98 m, Corinthe, secteur de la Basilique julienne, d\u00e9but du Ier si\u00e8cle ap. J.-C., mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Corinthe, inv. S-1080 \u00a9Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<p>Par ailleurs, en imitant forme du visage, chevelure ou expression du dirigeant, ce sont des centaines de \u00ab visages d\u2019\u00e9poque \u00bb (<em>Zeitgesicht<\/em>) qui expriment d\u00e9sormais <em>gravitas<\/em> et<em> dignitas<\/em> autrement que par un ensemble de rides ou un regard qui pouvaient, quelques d\u00e9cennies auparavant encore, les distinguer les uns des autres. On pourra voir ainsi (fig. 7) comme un buste de jeune homme, trouv\u00e9 \u00e0 la villa de Chiragan (Haute-Garonne), se rapproche des portraits de l\u2019empereur Hadrien au d\u00e9but de son r\u00e8gne<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_933\" style=\"width: 610px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-933\" class=\"wp-image-933 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-7.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-7.jpg 600w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-7-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><p id=\"caption-attachment-933\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 7. Buste de jeune homme, marbre, H. 0,64 m, villa de Chiragan, entre 120 et 130 ap. J.-C., mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Toulouse, inv. Ra 73 b \u00a9D. Martin\/MSR.<\/p><\/div>\n<p>Cette recherche du mim\u00e9tisme de la part de personnages qui demeurent en g\u00e9n\u00e9ral anonymes pour nous, trouve un \u00e9cho jusque dans les parties les plus recul\u00e9es de l\u2019Empire en raison de la diffusion \u00e0 tr\u00e8s grande \u00e9chelle du portrait imp\u00e9rial. Aux confins de la Narbonnaise et de l\u2019Aquitaine, ce sont les gisements de marbres d\u00e9couverts \u00e0 Chiragan qui prouvent magistralement, et m\u00eame au-del\u00e0 de toute mesure, le rayonnement, dans les provinces, du portrait imp\u00e9rial et des images d\u2019individus proches du pouvoir. Ce buste cuirass\u00e9 d\u2019homme en est un exemple int\u00e9ressant (fig. 8)<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. La moiti\u00e9 des bustes d\u00e9couverts dans l\u2019ensemble de la Gaule provient, en effet, de ce seul site<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Ces portraits en buste, tr\u00e8s communs dans des contextes fun\u00e9raires, o\u00f9 ils sont d\u00e9pos\u00e9s dans des niches, furent incontestablement privil\u00e9gi\u00e9s dans la sph\u00e8re domestique, au m\u00eame titre que les effigies sur herm\u00e8s<\/p>\n<div id=\"attachment_934\" style=\"width: 778px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-934\" class=\"wp-image-934 size-large\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-8-768x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"768\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-8-768x1024.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-8-225x300.jpg 225w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-8-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-8-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-8-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><p id=\"caption-attachment-934\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 8. Portrait cuirass\u00e9 d\u2019homme, marbre, H. 0,76 m, villa de Chiragan, vers 130 ap. J.-C., mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Toulouse, inv. Ra 73 e \u00a9D. Martin\/MSR.<\/p><\/div>\n<h2><strong>&#8230;aux pieds<\/strong><\/h2>\n<p>Quelle que soit la civilisation et l\u2019\u00e9poque, le portrait ne se r\u00e9sume pas au visage et Rome ne fait pas exception. Les corps des statues, si r\u00e9p\u00e9titifs qu\u2019ils puissent para\u00eetre \u00e0 notre regard distrait, demeurent porteurs d\u2019informations importantes. Ces derni\u00e8res concernent cependant le strict registre officiel et ne r\u00e9v\u00e8lent en aucun cas, bien entendu, un quelconque indice sur la vie priv\u00e9e et intime du mod\u00e8le repr\u00e9sent\u00e9. La statue, comme nous le pr\u00e9cisions plus avant, est majoritairement destin\u00e9e \u00e0 un espace urbain public et r\u00e9unit un ensemble de codes suppos\u00e9s clairs et signifiants pour l\u2019observateur antique\u00a0: format, costume (<em>habitus<\/em>) et attributs, tels le foudre de Jupiter, le globe du pouvoir universel, le sceptre du commandement, la <em>mappa <\/em>ou tissu de l\u2019autorit\u00e9 du consul, le <em>volumen,<\/em> rouleau de la fonction publique ou de l\u2019homme de lettres, la pat\u00e8re du sacrifice, le <em>lituus <\/em>du pr\u00eatre&#8230;<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/p>\n<p>Les corps standardis\u00e9s reprennent un nombre limit\u00e9 de formats qui ne font que poursuivre des formules de l\u2019\u00e9poque hell\u00e9nistique\u00a0: <em>statua pedestris<\/em> (debout) ;<em> statua sedens<\/em> (assise), dont la teneur d\u00e9coulait du type de si\u00e8ge, chaise curule pour les magistrats en toge ou <em>sella<\/em> <em>castrensis<\/em> (si\u00e8ge \u00ab\u00a0de camp\u00a0\u00bb) pour les statues en armure ; <em>statua equestris<\/em> (\u00e9questre) ou encore sur un char, ces deux derni\u00e8res \u00e9quivalant \u00e0 un honneur sup\u00e9rieur \u00e0 tout autre<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. Il faut \u00e9galement souligner l\u2019importante utilisation de l\u2019herm\u00e8s, support quadrangulaire, d\u2019origine grecque, se substituant au corps, utilis\u00e9 jusqu\u2019au II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle dans la partie orientale de l\u2019Empire<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<h2><strong>Portrait et <em>habitus<\/em><\/strong><\/h2>\n<p><em>\u00a0<\/em>Le v\u00eatement participe tout aussi amplement \u00e0 la codification de l\u2019image. Le plus commun demeure la toge, v\u00eatement du citoyen, port\u00e9, au moins, lors des c\u00e9r\u00e9monies. Les couleurs qui la composent et les chaussures avec laquelle on l\u2019accorde r\u00e9v\u00e8lent le rang du mod\u00e8le et la magistrature endoss\u00e9e. Au sommet de la hi\u00e9rarchie, et compl\u00e9t\u00e9s par un attribut, le triomphateur est ainsi rev\u00eatu d\u2019une toge pourpre. Simple consul, il porte la pr\u00e9texte, bord\u00e9e de pourpre<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. Lorsque le portrait montre un pan de la toge ramen\u00e9 sur la t\u00eate, il s\u2019agit de souligner l\u2019acte religieux du sacrifice et \u00e9voquer la charge d\u2019augure. Ainsi en est-il pour l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres portraits d\u2019Auguste, celui de la via Labicana (fig. 9). Il marque la volont\u00e9 de l\u2019h\u00e9ritier de C\u00e9sar de rompre avec la mode de la toge \u00e9troite tardo-r\u00e9publicaine (la\u00a0<em>toga exigua<\/em>) mais \u00e9galement avec la tendance, critiquable, consistant \u00e0 assimiler cet <em>habitus<\/em> au manteau grec (<em>pallium<\/em>). Il s\u2019agit donc de \u00ab\u00a0re-latiniser\u00a0\u00bb le costume officiel du citoyen romain en lui accordant une amplitude dans le drap\u00e9 et une typologie stricte bas\u00e9e sur des d\u00e9tails qui deviendront des signes identitaires immuables durant tout le Haut-Empire\u00a0:<em> balteus <\/em>(\u00ab\u00a0baudrier\u00a0\u00bb qui entoure la taille)<em>, umbo <\/em>(\u00ab\u00a0bosse\u00a0\u00bb, pli qui retombe sur le baudrier devant l\u2019abdomen)<em>, sinus (<\/em>\u00ab\u00a0courbe\u00a0\u00bb form\u00e9e au niveau du genou) et<em> lacinia <\/em>(les deux \u00ab\u00a0bouts\u00a0\u00bb de la toge qui retombent \u00e0 l\u2019avant et \u00e0 l\u2019arri\u00e8re).<\/p>\n<div id=\"attachment_935\" style=\"width: 484px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-935\" class=\"wp-image-935 size-large\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-474x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"474\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-474x1024.jpg 474w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-139x300.jpg 139w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-768x1659.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-711x1536.jpg 711w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-948x2048.jpg 948w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-9-scaled.jpg 1185w\" sizes=\"auto, (max-width: 474px) 100vw, 474px\" \/><p id=\"caption-attachment-935\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 9. Statue d\u2019Auguste, Rome, via Labicana, marbre, H. 2, 05 m, derni\u00e8re d\u00e9cennie du Ier s. av. J.-C.,Rome, Museo nazionale Romano \u2013 Palazzo Massimo, inv. 56230 \u00a9Wikimedia Commons.<\/p><\/div>\n<p>La formule ne sera v\u00e9ritablement r\u00e9vis\u00e9e qu\u2019\u00e0 partir du d\u00e9but du III<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avec la mani\u00e8re si particuli\u00e8re des \u00e9lites de replier et \u00e9craser le v\u00eatement en diagonale, en avant du buste, afin de lui donner l\u2019aspect d\u2019une large bande (<em>toga contabulata<\/em>). Quant \u00e0 la toge port\u00e9e par la figure du consul barbu d\u00e9couvert \u00e0 Chiragan, repr\u00e9sentant l\u2019empereur Maximien Hercule selon Jean-Charles Balty, celle-ci d\u00e9note la nouvelle mode des alentours de 300 qui voit le v\u00eatement raccourcir nettement<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>Outre la toge du citoyen, les corps pouvaient endosser la cuirasse mais \u00e9galement se pr\u00e9senter d\u00e9nud\u00e9s, manteau roul\u00e9 autour de la taille (<em>H\u00fcftmantel<\/em>) ou bien ramen\u00e9 sur l\u2019\u00e9paule gauche. Sous ces deux formes se pr\u00e9sentent une importante s\u00e9rie de portraits d\u2019anonymes, prioritairement dat\u00e9s de la seconde moiti\u00e9 du II<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et du si\u00e8cle suivant, d\u00e9couverts dans la villa de Chiragan. D\u00e9nudant h\u00e9ro\u00efquement leur torse ou portant la cuirasse, ces portraits masculins, parfois produits \u00e0 partir d\u2019effigies ant\u00e9rieures, retaill\u00e9es, ou, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, \u00ab\u202fr\u00e9adapt\u00e9es\u00bb,\u00a0 ont \u00e9t\u00e9 respectivement interpr\u00e9t\u00e9s comme des militaires ou des philosophes. L\u00e9on Joulin, d\u00e8s 1901, et\u00a0aujourd\u2019hui Jean-Charles Balty, pr\u00e9f\u00e8rent cependant voir dans ces\u00a0images de pr\u00e9sum\u00e9s procurateurs<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Ces derniers, en tant qu\u2019intendants d\u00e9sign\u00e9s par le pouvoir central, g\u00e9raient et administraient directement ce domaine imp\u00e9rial, composante du fisc de l\u2019empereur. On pourra se r\u00e9f\u00e9rer ainsi au buste de jeune homme<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a> et au buste dit d\u2019un intellectuel (\u00a0?)<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>, trouv\u00e9s \u00e0 Chiragan.<\/p>\n<p>Les statues-portraits cuirass\u00e9es (<em>loricata<\/em>) d\u00e9terminent les individus qui b\u00e9n\u00e9ficient de l\u2019autorit\u00e9 militaire (<em>imperium<\/em>), dont le r\u00f4le et les actions militaires sont men\u00e9es au\u00a0 nom de Rome. Empereurs et suppos\u00e9s gouverneurs, ayant endoss\u00e9 plusieurs magistratures, dont les effigies ponctuaient les grands espaces de la villa de Chiragan sont ainsi repr\u00e9sent\u00e9s avec la cuirasse.<\/p>\n<p>Choisir de se faire repr\u00e9senter nu r\u00e9pond \u00e0 un d\u00e9sir diff\u00e9rent. Dans une soci\u00e9t\u00e9 romaine qui r\u00e9cuse officiellement la tradition grecque consistant \u00e0 se d\u00e9nuder lors de l\u2019entra\u00eenement et des activit\u00e9s physiques, il est commun de comprendre, \u00e0 travers ce choix, l\u2019assimilation des qualit\u00e9s d\u2019un h\u00e9ros ou d\u2019une divinit\u00e9 de la part du mod\u00e8le. On qualifie, par cons\u00e9quent, d\u2019h\u00e9ro\u00efsant ou divinisant (<em>in<\/em> <em>formam deorum<\/em>) ce type de repr\u00e9sentation. Les exemples fournis par la famille imp\u00e9riale, d\u00e8s l\u2019\u00e9poque august\u00e9enne, connurent un \u00e9cho important, en premier lieu, peut-\u00eatre, chez les affranchis imp\u00e9riaux<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_936\" style=\"width: 592px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-936\" class=\"wp-image-936 size-full\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-10.jpg\" alt=\"\" width=\"582\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-10.jpg 582w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/files\/2023\/09\/Le-portrait-romain-10-291x300.jpg 291w\" sizes=\"auto, (max-width: 582px) 100vw, 582px\" \/><p id=\"caption-attachment-936\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 10. T\u00e9tradrachme de D\u00e9m\u00e9trios Poliorc\u00e8te, Mac\u00e9doine, argent, 289-288 av. J.-C., 16,98 gr., inv. 2000.15.96, mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Toulouse.<\/p><\/div>\n<p>L\u2019art romain se souvint des attitudes et des poses utilis\u00e9es pour figurer des dieux grecs, tut\u00e9laires ou fondateurs, mises en place depuis au moins le IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C. et entre-temps reprises durant l\u2019\u00e9poque hell\u00e9nistique<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Une c\u00e9l\u00e8bre s\u00e9rie de t\u00e9tradrachmes, par exemple, repr\u00e9sente D\u00e9m\u00e9trios Poliorc\u00e8te, roi de Mac\u00e9doine, int\u00e9gralement nu, une image elle-m\u00eame probablement inspir\u00e9e d\u2019une statue-portrait d\u2019Alexandre le Grand (fig. 10). Dans le monde romain, une m\u00eame composition, associant nudit\u00e9, pied reposant sur un rocher &#8211; ou un quelconque symbole guerrier ou all\u00e9gorique \u2013 et corps pench\u00e9 en avant, fut acclimat\u00e9e au contexte politique de la fin des guerres civiles et adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019univers du portrait par l\u2019h\u00e9ritier de\u00a0C\u00e9sar, Octave, figur\u00e9 de la sorte afin de sugg\u00e9rer sa nouvelle position de ma\u00eetre du monde<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. La posture fut \u00e9galement adopt\u00e9e par des personnalit\u00e9s qui, sans b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une telle aura militaire ou politique, recevaient cependant l\u2019hommage sous forme d\u2019un portrait\u202f; ainsi en est-il pour la statue du duumvir Cartilius Poplicola, d\u00e9couverte au niveau de l\u2019escalier du temple d\u2019Hercule d\u2019Ostie, \u00e9lev\u00e9e durant l\u2019\u00e9poque triumvirale, celle des ann\u00e9es 40-30 avant J.-C<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p>Avec le d\u00e9but du r\u00e8gne d\u2019Auguste, le portrait imp\u00e9rial \u00e0 demi-drap\u00e9, avec son manteau enroul\u00e9 autour des hanches (<em>H\u00fcfmantel<\/em>), dont on conna\u00eet surtout, pour la Gaule, le tr\u00e8s bel exemplaire, monumental, du front de sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre d\u2019Arles, agr\u00e8ge souvent mod\u00e8le vivant et figure divine<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>.<\/p>\n<p>Le portrait f\u00e9minin, enfin, s\u2019il ne peut \u00e9galer, quantitativement, le portrait masculin, pr\u00e9sente majoritairement les mod\u00e8les dans un manteau soigneusement drap\u00e9, la <em>stola<\/em>, \u00e9vocateur de <em>pudicitas<\/em>, vertu attendue de la matrone la p\u00e9riode tardo-r\u00e9publicaine. On pourra voir ainsi le portrait d\u2019Etruscilla (\u00a0?) trouv\u00e9e \u00e0 la villa de Chiragan<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. Par cons\u00e9quent, la nudit\u00e9 y est\u00a0 bien plus rare encore. Elle se d\u00e9veloppe prioritairement durant l\u2019\u00e9poque antonine et emprunte au r\u00e9pertoire de la statuaire id\u00e9ale grecque, Aphrodite en t\u00eate<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. La notoire f\u00e9condit\u00e9 de la d\u00e9esse permet ici de justifier le d\u00e9v\u00eatement de la matrone. Celle-ci emprunte notamment \u00e0 la sculpture de l\u2019Aphrodite de Praxit\u00e8le du IV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.-C., et \u00e0 ses multiples d\u00e9clinaisons, le mouvement de la main gauche indiquant ses parties g\u00e9nitales, telle cette Maria Furnilla en V\u00e9nus<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.<\/p>\n<p>En toge, cuirass\u00e9 ou nu, le portrait romain v\u00e9hicule donc un message pr\u00e9cis. Par ailleurs, le commanditaire, qu\u2019il s\u2019agisse du sujet lui-m\u00eame ou bien de l\u2019assembl\u00e9e en charge de l\u2019hommage, eut parfois l\u2019occasion de choisir les trois types de repr\u00e9sentations en fonction du lieu d\u2019exposition de l\u2019effigie. Un espace priv\u00e9 ou semi-priv\u00e9, si\u00e8ge d\u2019association ou lieu de r\u00e9sidence, accueille plus ais\u00e9ment un portrait nu lorsque le portrait en armure est parfaitement adapt\u00e9 \u00e0 un emplacement public et particuli\u00e8rement fr\u00e9quent\u00e9 (<em>celeberrimus locus<\/em>), \u00e0 l\u2019exemple d\u2019un forum<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<h2><strong>Particularisme<\/strong><\/h2>\n<p>Outre la destination pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e et soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9e d\u2019un portrait, le syst\u00e8me de valeurs auquel celui-ci renvoie ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme parfaitement homog\u00e8ne d\u2019un point \u00e0 l\u2019autre de l\u2019empire. C\u2019est \u00e0 travers le n\u00e9ologisme de \u00ab\u00a0glocalisation\u00a0\u00bb, employ\u00e9 dans le domaine des sciences sociales, que Matteo Cadario argumente avec pertinence les diff\u00e9rences de perception, dans l\u2019Antiquit\u00e9, sur les diff\u00e9rents types statuaires \u00ab\u00a0en fonction des contextes historique et\/ou g\u00e9ographique\u00a0\u00bb. Prendre en consid\u00e9ration, dans l\u2019Empire, les \u00e9chelles locales par rapport \u00e0 un contexte global, permet en effet de comprendre qu\u2019\u00ab\u00a0un portrait priv\u00e9 en toge \u00e0 Rome, o\u00f9 celle-ci \u00e9tait la norme, avait une signification diff\u00e9rente par rapport, par exemple, \u00e0 Aphrodisias, o\u00f9, durant l\u2019\u00e9poque august\u00e9enne, elle \u00e9tait prestigieuse et repr\u00e9sentait une exception\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>.<\/p>\n<p>Ainsi, dans la partie orientale de l\u2019Empire, c\u2019est l\u2019<em>himation<\/em> grec qui demeure le costume privil\u00e9gi\u00e9 dans le portrait du citoyen. La toge y fait bien figure d\u2019exception, malgr\u00e9 les charges endoss\u00e9es \u00e0 Rome m\u00eame par les figures repr\u00e9sent\u00e9es<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>.<\/p>\n<p>Il est par cons\u00e9quent important de rappeler que derri\u00e8re la fa\u00e7ade unificatrice de l\u2019Empire et le pouvoir centralisateur de Rome, demeure la richesse ethnique et culturelle de la p\u00e9riph\u00e9rie et le maintien des traditions locales.<\/p>\n<h2><strong>Pour aller plus loin<\/strong><\/h2>\n<p>Christophe BADEL,<em>\u00a0La Noblesse de l\u2019Empire romain. Les masques et la vertu, Seyssel<\/em>, 2005, p.\u00a032.<\/p>\n<p>Jean-Charles BALTY, \u00ab Le \u201cC\u00e9sar\u201d d\u2019Arles et le portrait des consuls de l\u2019ann\u00e9e 46 av. J.-C. \u00bb in, Vassiliki Gaggadis-Robin et Pascale Picard, dir., <em>La sculpture romaine en Occident, Nouveaux regards<\/em>, Actes des Rencontres autour de la sculpture romaine, Arles, 2016, p. 39-48.<\/p>\n<p>Jean-Charles BALTY et Daniel CAZES, <em>Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane), I. Les portraits romains I.1 \u00c9poque julio-claudienne<\/em>, Toulouse, 2005.<\/p>\n<p>Jean-Charles BALTY et Daniel CAZES, <em>Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane), I. Les portraits romains I.5 L\u2019\u00e9poque des S\u00e9v\u00e8res<\/em>, Toulouse, 2008.<\/p>\n<p>Jean-Charles BALTY et Daniel CAZES, <em>Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane), I. Les portraits romains I.3 L\u2019\u00e9poque des S\u00e9v\u00e8res<\/em>, Toulouse, 2020.<\/p>\n<p>Jean-Charles BALTY, Daniel CAZES et Emmanuelle ROSSO, <em>Sculptures antiques de Chiragan (Martres-Tolosane), I. Les portraits romains I.2 Le si\u00e8cle des Antonins<\/em>, Toulouse, 2012.<\/p>\n<p>Pascal CAPUS, <em>Les sculptures de la villa de Chiragan<\/em>, Toulouse, 2019 &#8211; en ligne &lt;<a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr<\/a>&gt;<\/p>\n<p>Claude ROLLEY, <em>La sculpture grecque 2, La p\u00e9riode classique<\/em>, Paris, 1999.<\/p>\n<p>Emmanuelle ROSSO, <em>L\u2019image de l\u2019empereur en Gaule romaine : portraits et inscriptions <\/em>(<em>Arch\u00e9ologie et histoire de l\u2019art<\/em>), Paris, 2006.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Francois Queyrel, \u00ab R\u00e9alisme et mode de repr\u00e9sentation dans l\u2019art du portrait hell\u00e9nistique : le cas de D\u00e9los \u00bb, <em>Kt\u00e9ma <\/em>: <em>civilisations de l\u2019Orient, de la Gr\u00e8ce et de la Rome antiques<\/em>, 34, 2009, p. 243-255.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/248475\">https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/248475<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Klaus Fittschen, \u00ab Zur Rekonstruktion griechischer Dichterstatuen, 2. Die Statuen des Poseidippos und des Pseudo-Menander \u00bb, <em>Mitteilungen des Deutschen Arch\u00e4ologischen Instituts<\/em>, 107, 1992, p. 229-271\u00a0; Paul Zanker, \u00ab Individuo e tipo, riflessioni sui ritratti individuali e realistici nella tarda Reppublica \u00bb, in Eugenio La Rocca, Claudio Parisi Presicce, dir., <em>Ritratti: le tante facce del potere<\/em>, catalogue d\u2019exposition, Mus\u00e9es du Capitole, Rome, 2011, p. 109-119.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Christophe Badel, <em>La Noblesse de l\u2019Empire romain. Les masques et la vertu<\/em>, Seyssel, 2005, p. 32.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Voir entre autres Jane Fejfer, <em>Roman portraits in context<\/em>, Berlin-New York, 2008, p. 262-270.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/628121\">https:\/\/www.metmuseum.org\/art\/collection\/search\/628121<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.britishmuseum.org\/collection\/object\/G_1954-1214-1\">https:\/\/www.britishmuseum.org\/collection\/object\/G_1954-1214-1<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.pop.culture.gouv.fr\/notice\/joconde\/05630030522\">https:\/\/www.pop.culture.gouv.fr\/notice\/joconde\/05630030522<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Voir J.-C. Balty, 2016, p. 39-47.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir le clich\u00e9 et le commentaire de J-M. Balty, <a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-73-b-jeune-homme\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-73-b-jeune-homme<\/a>. Pour toutes les sculptures de Chiragan, on gagnera \u00e0 consulter le catalogue en ligue, qui permet de \u00ab\u00a0tourner autour\u00a0\u00bb des statues visuellement et dont les \u0153uvres font l\u2019objet de notices approfondies.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-73-e-homme-cuirasse\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-73-e-homme-cuirasse<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Emmanuelle Rosso, <em>L\u2019image de l\u2019empereur en Gaule romaine\u00a0: portraits et inscriptions<\/em> (Arch\u00e9ologie et histoire de l\u2019art), Paris, 2006, p. 179.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Voir Cic\u00e9ron, <em>Lettres \u00e0 Atticus<\/em>, 115, 17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Matteo Cadario, \u00ab\u00a0Il linguaggio dei corpi nel ritratto romano \u00bb in Eugenio La Rocca, Claudio Parisi Presicce, dir., <em>Ritratti: le tante facce del potere<\/em>, catalogue d\u2019exposition, Mus\u00e9es du Capitole, Rome, 2011, p. 209-221.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> J. Fejfer, <em>op. cit.<\/em>, p. 228-233.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> M. Cadario, <em>op. cit.<\/em>, p. 214.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-04-l-antiquite-tardive\/ra-50-bis-ra-97-ra-98-maximilien-hercule-jeux\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-04-l-antiquite-tardive\/ra-50-bis-ra-97-ra-98-maximilien-hercule-jeux<\/a>.\u00a0;\u00a0 J.-C. Balty, 2008,\u00a0p. 69-70.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> L\u00e9on Joulin, <em>Les \u00e9tablissements gallo-romains de la plaine de Martres-Tolosane<\/em>, M\u00e9moires pr\u00e9sent\u00e9s par divers savants \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1<sup>\u00e8re<\/sup> s\u00e9rie, XI.I, Paris, 1901.1901, p. 187-188\u00a0; J.-C. Balty, 2012, p. 263-265.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir le clich\u00e9 et la riche notice\u00a0du Mus\u00e9e Saint-Raymond : <a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-73-a-jeune-homme\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-73-a-jeune-homme<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir le clich\u00e9 et la riche notice Mus\u00e9e Saint-Raymond\u00a0: <a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-59-inconnu\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-59-inconnu<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> A. Lo Monaco, \u00ab\u00a0Algide e belle come dee, imagini private e apoteosi a Roma in et\u00e0 medio-imperiale\u00a0\u00bb, in E. La Rocca, C. Parisi Presicce, dir., <em>Ritratti. Le tante facce del potere<\/em>, catalogue d\u2019exposition, Mus\u00e9es du Capitole, Rome, 2011, p.\u00a0335- 349.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> C. Rolley 1999, p. 333-334.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a>\u00a0Voir ainsi ce denier frapp\u00e9 sous Octavien, entre 30 et 27 av. J.-C., <em>RIC<\/em> 1984, 256, <a href=\"https:\/\/www.wildwinds.com\/coins\/sear5\/s1553.html\">https:\/\/www.wildwinds.com\/coins\/sear5\/s1553.html<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a><a href=\"https:\/\/www.wikidata.org\/wiki\/Q1491410#\/media\/File:Statua_eroica_di_caius_cartilius_poplicola,_I_secolo_ac,_dal_tempio_di_ercole.JPG\">https:\/\/www.wikidata.org\/wiki\/Q1491410#\/media\/File:Statua_eroica_di_caius_cartilius_poplicola,_I_secolo_ac,_dal_tempio_di_ercole.JPG<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/pt.wikipedia.org\/wiki\/Augusto#\/media\/Ficheiro:Auguste-arles1.jpg\">https:\/\/pt.wikipedia.org\/wiki\/Augusto#\/media\/Ficheiro:Auguste-arles1.jpg<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-74-etruscilla\">https:\/\/villachiragan.saintraymond.toulouse.fr\/partie-02-galerie-des-portraits\/ra-74-etruscilla<\/a>, et la notice qui l\u2019accompagne.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> J. Fejfer, 2008, p. 335-348\u00a0; C. H. Hallett, 2005, p. 199-204.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/nemoleon\/42578353290\">https:\/\/www.flickr.com\/photos\/nemoleon\/42578353290<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> M. Cadario, <em>op. cit.<\/em>, p. 219-220.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> M. Cadario, <em>op. cit.<\/em>, p. 209.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> J. Fejfer, <em>op. cit<\/em>, p. 196-197.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Pascal Capus, charg\u00e9 des collections de sculptures romaines, fonds numismatique et m\u00e9diterran\u00e9en au Mus\u00e9e Saint-Raymond, mus\u00e9e arch\u00e9ologique de Toulouse La peinture de portraits, qui permettait de transmettre \u00e0 travers les \u00e2ges des repr\u00e9sentations parfaitement ressemblantes, est compl\u00e8tement tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude. On d\u00e9die maintenant des t\u00eates sur boucliers, en bronze, des visages en argent, sans distinguer les traits individuels. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1264,"featured_media":929,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"categories":[22,29,30,52,27,57],"tags":[],"class_list":["post-923","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-antiquite","category-histoire","category-histoire-de-lart","category-image-antique","category-lettres-classiques","category-sculpture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/923","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1264"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=923"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/923\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":939,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/923\/revisions\/939"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/media\/929"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=923"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=923"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/questions-d-images\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=923"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}