 {"id":1708,"date":"2023-04-21T20:19:55","date_gmt":"2023-04-21T18:19:55","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/?page_id=1708"},"modified":"2023-09-17T11:23:55","modified_gmt":"2023-09-17T09:23:55","slug":"mixart-myrys","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/programmation-live\/mixart-myrys\/","title":{"rendered":"Mix&rsquo;Art Myrys"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-cover alignfull has-parallax\" style=\"min-height:100vh;aspect-ratio:unset;\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim-40 has-background-dim\" style=\"background-color:#000000\"><\/span><div role=\"img\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-1965 has-parallax\" style=\"background-position:50% 50%;background-image:url(https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/DF-2.jpg)\"><\/div><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<h4 class=\"wp-block-heading alignwide has-white-color has-text-color\" style=\"font-size:48px;line-height:1.2\"><strong><em>Aux abords d&rsquo;un squat artistique<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#ffffff\"> <\/p>\n\n\n\n<p>Ce collectif, cr\u00e9\u00e9 en 1995, traverse aujourd\u2019hui des conflictualit\u00e9s juridiques avec la municipalit\u00e9. Ces d\u00e9boires sont cependant plus dus \u00e0 une d\u00e9marche politique appliqu\u00e9e au monde de la culture qu&rsquo;\u00e0 de r\u00e9els manques de solutions qui auraient r\u00e9pondus aux besoins du collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce collectif, cr\u00e9\u00e9 en 1995, traverse aujourd\u2019hui des conflictualit\u00e9s juridiques avec la municipalit\u00e9. Ces d\u00e9boires sont cependant plus dus \u00e0 une d\u00e9marche politique appliqu\u00e9e au monde de la culture qu&rsquo;\u00e0 de r\u00e9els manques de solutions qui auraient r\u00e9pondus aux besoins du collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre travail met en valeur le lien que peut entretenir l\u2019art et la politique, ainsi que les cons\u00e9quences de ces deux forces l\u2019une sur l\u2019autre. Tout en retra\u00e7ant l\u2019histoire de Mix\u2019Art Myrys, nous nous concentrerons sur l\u2019impact des politiques publiques sur la vie culturelle locale des lieux dits \u201calternatifs\u201d.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-collectif-dartiste-autogere-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1960\" width=\"142\" height=\"142\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-collectif-dartiste-autogere-1.jpg 945w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-collectif-dartiste-autogere-1-300x300.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-collectif-dartiste-autogere-1-150x150.jpg 150w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-collectif-dartiste-autogere-1-768x768.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 142px) 100vw, 142px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Entretien avec Jo\u00ebl Lecussan<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire de Mix&rsquo;Art Myrys<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/prismes.univ-toulouse.fr\/video.php?code=Ry8Bsqim&amp;width=100%&amp;height=100%\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>Mix&rsquo;Art et l&rsquo;engagement politique<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/prismes.univ-toulouse.fr\/video.php?code=k0NzHxk6&amp;width=100%&amp;height=100%\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>Mix&rsquo;Art et la cr\u00e9ation artistique et musicale<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/prismes.univ-toulouse.fr\/video.php?code=85JUhiP7&amp;width=100%&amp;height=100%\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Un entretien pr\u00e9par\u00e9, men\u00e9 et r\u00e9alis\u00e9 Violette Calvet, Charline Playoult, Pablo Lopez del rio, Mat\u00e9o Vidal, Ana\u00eblle Andrieu, et  Louise Joubert<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignwide is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h4 class=\"wp-block-heading alignwide\"><strong><em>Une identit\u00e9 id\u00e9ologique bas\u00e9e sur la solidarit\u00e9 et le collectif&#8230;<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>D\u00e8s les pr\u00e9mices du Mix\u2019Art, le projet se distingue par une identit\u00e9 et un engagement politique marqu\u00e9. Engag\u00e9s, d\u00e9j\u00e0 de part le lieu o\u00f9 trouve domicile le projet, en 1995 : les usines Myrys, un squat situ\u00e9 \u00e0 Toulouse, entre les quartiers St-Cyprien et Patte d\u2019oie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un squat est un lieu occup\u00e9 par des personnes n\u2019en d\u00e9tenant pas le titre de propri\u00e9t\u00e9. Il existe des squats essentiellement d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00e9bergement de sans-abris, de r\u00e9fugi\u00e9s, de sans-papiers\u2026 Ces squats d\u2019habitation permettent de donner un toit, des ressources et du soutien aux personnes qui en ont besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres squats, appel\u00e9s squats artistiques, sont des lieux d\u00e9di\u00e9s au travail des artistes. Ils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour des r\u00e9sidences, des expositions, des spectacles vivants&#8230; Ces endroits permettent d\u2019exp\u00e9rimenter et de cr\u00e9er une \u00e9mulation artistique propice au processus cr\u00e9atif des artistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cas des usines Myrys, ces deux formes de squat cohabitaient, alliant alors directement les questions sociales aux questions artistiques.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-3-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1962\" width=\"298\" height=\"498\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-3-2.jpg 531w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Logo-3-2-180x300.jpg 180w\" sizes=\"auto, (max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Les squats s\u2019inscrivent dans un mouvement contestataire du syst\u00e8me capitaliste actuel car de part leur existence m\u00eame, ils remettent en question et bouleversent l\u2019ordre social \u00e9tabli ainsi que la notion de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. De plus, l\u2019engagement des squats artistiques, s\u2019incarne par l\u2019\u00e9mancipation cr\u00e9atrice propos\u00e9e par ces lieux : d\u00e9brid\u00e9s de tous carcans de productivit\u00e9, de rentabilit\u00e9 et laiss\u00e9s libres \u00e0 tous de s\u2019emparer pleinement et dans toute ses formes de l\u2019espace. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les occupants d\u2019un squat sont irr\u00e9m\u00e9diablement amen\u00e9s \u00e0 repenser leur conception et leurs rapports au collectif et \u00e0 leur lieu de vie\/de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus les squats peuvent t\u00e9moigner de r\u00e9alit\u00e9s d\u2019existence diverses et parfois complexes. La vie en collectivit\u00e9 qu\u2019implique un tel lieu place alors l\u2019entraide et la solidarit\u00e9 comme primordiales. Jo\u00ebl Lecussan \u00e9voque une \u00ab solidarit\u00e9 du quotidien \u00bb et t\u00e9moigne que \u00ab tr\u00e8s vite cette question de l\u2019\u00e9tranger, du sans papier \u00e0 \u00e9t\u00e9 aussi fondatrice de ce qu\u2019est devenu [&#8230;] le collectif \u00bb. Cela leur \u00e0 permis d\u2019entretenir et de questionner leurs relations \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9, au syst\u00e8me, \u00e0 l\u2019institutionnalisation&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard, en 1998, les usines Myrys sont vou\u00e9es \u00e0 la destruction et le collectif re\u00e7oit un ordre d\u2019expulsion. Mix\u2019Art Myrys fait alors valoir la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un tel lieu-projet en r\u00e9alisant des occupations \u00ab ill\u00e9gales et l\u00e9gitimes \u00bb : un peu partout dans la ville, le collectif ouvre des lieux et y organise des spectacles, concerts et autres expositions pendant quelques jours. Le but n\u2019est pas seulement pour eux de trouver un endroit o\u00f9 continuer leurs activit\u00e9s artistiques. En effet, ces ouvertures sont \u00e9minemment politiques ; elles naissent aussi d\u2019une volont\u00e9 de tester de nouveaux espaces de cr\u00e9ation, de les faire vivre, de les partager et de r\u00e9inventer l\u2019espace en se l\u2019appropriant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, tous les aspects sociaux et politiques inh\u00e9rents \u00e0 la vie dans un squat, font alors partie int\u00e9grante de l\u2019id\u00e9ologie du Mix\u2019Art.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignwide is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h4 class=\"wp-block-heading alignwide\"><strong><em>\u2026qui m\u00e8ne \u00e0 une volont\u00e9 de p\u00e9renniser un projet pr\u00e9caire \u00e0 l\u2019origine<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Entre 1998 et 2005 le Mix\u2019Art ouvre de nombreux lieux et commence \u00e0 s\u2019implanter solidement dans l\u2019espace culturel et urbain de Toulouse. Les projets artistiques et les \u00e9v\u00e8nements se multiplient et le collectif commence \u00e0 acqu\u00e9rir une certaine notori\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La volont\u00e9 de p\u00e9renniser ce projet devient alors n\u00e9cessaire. Cette p\u00e9rennisation est multifactorielle et intervient \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, le Mix\u2019Art doit \u00e9tablir des relations avec les politiques publiques, la municipalit\u00e9\u2026 Le collectif r\u00e9ussit peu \u00e0 peu \u00e0 tisser des liens avec les politiques publiques locales \u00e0 travers la culture de l\u2019engagement : \u00ab nous on vous dit qu\u2019on va quitter un lieu, et bien on le quittera bel et bien ; donc quand vous vous d\u00eetes que le projet est int\u00e9ressant et que vous voulez le soutenir, soutenez-le pour de bon \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le minist\u00e8re de la culture commande un rapport sur les \u00ab nouveaux territoires de l\u2019art \u00bb \u00e0 Michel Dufour, alors secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat. Les nouveaux territoires de l\u2019art sont les friches, les squat artistiques, \u00ab les labos \u00bb\u2026 La d\u00e9marche du minist\u00e8re na\u00eet dans un contexte de d\u00e9centralisation de la culture et vise \u00e0 explorer les types de lieux nouveaux o\u00f9 l\u2019art est exp\u00e9riment\u00e9, et \u00e0 terme, d\u2019en faire politique publique. Cette \u00e9tude s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e au travail du Mix\u2019Art et l\u2019a cit\u00e9 \u00e0 titre d\u2019exemple, accordant alors une l\u00e9gitimit\u00e9 certaine au projet aupr\u00e8s des politiques culturelles de Toulouse. D\u2019apr\u00e8s Jo\u00ebl cela leur \u00ab permet [m\u00eame] d\u2019envisager un processus de l\u00e9galisation \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le collectif est en plus largement soutenu par les habitants de la ville, ce qui renforce leur assise et leur cr\u00e9dibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, toujours dans un souci de p\u00e9rennisation, les membres du Mix\u2019Art sont progressivement amen\u00e9s \u00e0 repenser leur mode de fonctionnement.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part, le syst\u00e8me de fonctionnement du collectif a \u00e9t\u00e9 l\u2019autogestion. Ce-dernier s\u2019est mis en place d\u2019abord spontan\u00e9ment : \u00ab on n\u2019est pas partis de th\u00e9ories ou de [\u2026] concepts pr\u00e9\u00e9tablis [\u2026]. L\u2019autogestion on a mis le mot dessus deux ans apr\u00e8s avoir exp\u00e9riment\u00e9 le lieu dans ses informels \u00bb. L\u2019autogestion est un syst\u00e8me o\u00f9 chacun est libre de proposer ses id\u00e9es et initiatives quant \u00e0 la vie du lieu et \u00e0 la gestion du projet. Dans ce syst\u00e8me d\u2019implication partag\u00e9e, tous et toutes ont le m\u00eame pouvoir d\u00e9cisionnaire, il n\u2019existe pas de hi\u00e9rarchie au sein du collectif. Ainsi, tous les membres sont \u00e0 la fois libres de s\u2019approprier l\u2019espace, et responsables du bon fonctionnement de celui-ci. L\u2019autogestion permet de r\u00e9inventer les sch\u00e9mas commun\u00e9ment \u00e9tablis et d\u2019exp\u00e9rimenter le \u201cfaire soci\u00e9t\u00e9\u201d de mani\u00e8re participative et horizontale. Par ailleurs, cela permet de s\u2019\u00e9manciper de l\u2019image du chef, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans l\u2019inconscient collectif, et de r\u00e9tablir les rapports sociaux sur une base plus \u00e9galitaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quelques ann\u00e9es, le Mix\u2019art a soulev\u00e9 que certaines t\u00e2ches, inh\u00e9rentes \u00e0 la vie du collectif, demandaient une implication personnelle de quelques membres bien trop co\u00fbteuse en temps. Jo\u00ebl Lecussan \u00e9voque un \u00ab ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019usure \u00bb de certains, pr\u00eats \u00e0 \u00ab s\u2019impliquer \u00e0 fond, voire de sacrifier leur temps de cr\u00e9ation pour se consacrer au collectif \u00bb. Une \u00e9quipe salariale appara\u00eet alors au sein du Mix\u2019Art. Au plus fort de son effectif elle \u00e9tait compos\u00e9e de deux r\u00e9gisseurs, d\u2019un responsable administratif, d\u2019un charg\u00e9 de la vie associative et de d\u00e9veloppement, d\u2019un charg\u00e9 de communication et d\u2019un coordinateur. D\u2019apr\u00e8s Jo\u00ebl : \u00ab pour durer \u00e7a nous a paru \u00eatre la solution \u00bb. Malgr\u00e9 tout, il y a toujours demeur\u00e9 une forte volont\u00e9 de garder une \u00e9quipe salariale r\u00e9duite pour ne pas qu\u2019elle remplace l\u2019autogestion ou qu\u2019elle mette \u00e0 mal le syst\u00e8me de responsabilit\u00e9 partag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le Mix\u2019Art entame un dialogue et une collaboration avec quatre repr\u00e9sentantes publiques dans le but de travailler \u00e0 un processus de pseudo l\u00e9galisation qui permettrait au collectif d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des subventions et \u00e0 la location d\u2019un espace pour leurs activit\u00e9s. Ce travail aboutit en 2005 : ils quittent leur derni\u00e8re \u00ab occupation ill\u00e9gale et l\u00e9gitime \u00bb situ\u00e9e dans l\u2019ancienne pr\u00e9fecture, rue de Metz, et d\u00e9m\u00e9nagent dans des locaux allou\u00e9s par la mairie, rue Ferdinand Lassalle. Cette \u00e9tape de l\u2019histoire du collectif marque une concr\u00e9tisation de la reconnaissance de leur d\u00e9marche.Plus tard, en 2012, la volont\u00e9 d\u2019une pleine l\u00e9galisation appara\u00eet. A ces fins, le collectif milite pour une remise aux normes des infrastructures. La mise aux normes du b\u00e2timent, v\u00e9tuste, est trop co\u00fbteuse. Na\u00eet alors un projet de relocalisation aux usines de cartoucherie ; projet auquel est allou\u00e9 un budget cons\u00e9quent, marquant une forme de reconnaissance vis \u00e0 vis du Mix\u2019Art. Cependant, le projet prend de la longueur et est rejet\u00e9 au retour de Moudenc \u00e0 la mairie de Toulouse.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignfull is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h4 class=\"wp-block-heading alignfull\"><strong><em>Les cons\u00e9quences de Mix&rsquo;Art sur la localit\u00e9 de Toulouse<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Depuis sa cr\u00e9ation, Mix&rsquo;art divise. De squat artistique en association structur\u00e9e, le collectif toulousain a pourtant impos\u00e9 sa griffe dans le paysage culturel de la ville. Ses partisans parlent de mouvement organis\u00e9 et productif, ses d\u00e9tracteurs de foutoir anarchique et st\u00e9rile. Mais alors qu\u2019en est-il ?<\/p>\n\n\n\n<p>En s\u2019installant dans une ancienne usine r\u00e9habilit\u00e9e en squat depuis peu, les membres de Mix\u2019Art souhaitent que la culture qu\u2019ils proposent cr\u00e9e du lien social et qu\u2019elle favorise l\u2019\u00e9mancipation et l\u2019autonomie des individus. Avec d\u00e8s le d\u00e9but la volont\u00e9 d\u2019\u00eatre et de devenir une structure d\u2019exp\u00e9rimentation permettant le dialogue et l\u2019ouverture. Comme le dit Jo\u00ebl, l\u2019id\u00e9e \u00e9tait d\u2019ouvrir ce lieu \u00ab certes \u00e0 des artistes ou des gens qui se pr\u00e9tendaient artistes, \u00e0 la communaut\u00e9 qui y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9-install\u00e9e mais de l\u2019ouvrir aussi au quartier \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Incluant tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 leur projet la notion d\u2019espace public et d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019espace public, ils inaugurent la rue traversant l\u2019usine Myrys rejoignant directement la rue \u00c9tienne Billi\u00e8res en la baptisant la rue Mix\u2019Art, instituant un faux maire, et invitant tout le quartier \u00e0 repasser par l\u00e0 alors que cet acc\u00e8s leur avait \u00e9t\u00e9 subtilis\u00e9. Ces actions ont permis de \u00ab d\u00e9sacraliser la relation lieu \u00e0 son interlope \u00bb, \u00ab d\u2019entamer ce processus d\u2019ouverture sur le quartier et de se soucier de la relation territoire-voisins, voisines \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les anciennes usines Myrys \u00e9tant vou\u00e9es \u00e0 destruction, le collectif fait valoir la n\u00e9cessit\u00e9 de leur projet \u00e0 travers des \u201coccupations ill\u00e9gales et l\u00e9gitimes\u00bb. N\u2019ayant pas de r\u00e9ponse lorsque le lieu est vendu en janvier 2001, Mix\u2019Art occupe l\u2019Ancienne Pr\u00e9fecture au centre-ville de Toulouse. De par la localisation et l\u2019histoire de ce b\u00e2timent, cette occupation fait beaucoup r\u00e9agir.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1941\" width=\"316\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-4.jpg 540w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-4-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 316px) 100vw, 316px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Occupation de l&rsquo;ancienne Pr\u00e9fecture<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En 2002, Nicolas Sarkozy vient sur Toulouse afin de mettre en \u0153uvre son plan d\u2019action \u00ab S\u00e9curit\u00e9 dans la ville de Toulouse \u00bb, Jo\u00ebl nous dit en rigolant que le collectif Mix\u2019Art se trouvait en deuxi\u00e8me place, derri\u00e8re les int\u00e9gristes musulmans sur la liste.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour celui-ci \u00ab Art ou pas, un squat est un squat, une atteinte \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 \u00bb (\u00e0 ce moment l\u00e0, Mix\u2019Art occupe un b\u00e2timent public et non priv\u00e9). S\u2019ensuit alors 3 mois de r\u00e9f\u00e9rendum o\u00f9 \u00ab les gens pouvaient venir voter pour oui ou non on veut une aventure artistique et humaine avec Mix&rsquo;art \u00bb. C\u2019est une victoire pour le collectif qui avec plus de 15 000 votants re\u00e7oit une r\u00e9ponse positive \u00e0 99,9 %, d\u00e9montrant bien au-del\u00e0 de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de leurs occupations, un r\u00e9el besoin de la part des Toulousains d\u2019avoir un lieu comme celui-ci dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab \u00c7a a \u00e9t\u00e9 notre r\u00e9ponse \u00e0 Sarkozy, au pr\u00e9fet de l\u2019\u00e9poque et c\u2019est ce qui a favoris\u00e9 s\u00fbrement, car le pr\u00e9fet voyait bien l\u2019intelligence produite \u00e0 plusieurs sur un projet comme celui-l\u00e0 \u00bb. Les projets artistiques et les \u00e9v\u00e9nements se multiplient. Mix\u2019Art Myrys devient l\u2019un des lieux les plus fr\u00e9quent\u00e9s de Toulouse et finit par emm\u00e9nager rue Ferdinand Lassalle, qui restera leur adresse jusqu\u2019\u00e0 la fin.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsqu\u2019on demande \u00e0 Jo\u00ebl si la pr\u00e9sence d\u2019un lieu tel que Mix\u2019Art \u00e9tait venu combler des besoins dans la localit\u00e9 de Toulouse, sa r\u00e9ponse est r\u00e9solue. Pour lui et pour bon nombre de toulousains, Mix\u2019Art \u00e9tait le moyen pour de jeunes artistes ou \u00ab pseudo-artistes \u00bb de pouvoir se produire et partager leur art sans passer par des institutions, \u00ab qui sont quasi inaccessibles pour des jeunes qui n\u2019ont pas la reconnaissance suffisante pour acc\u00e9der \u00e0 ces grandes maisons \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me est qu\u2019\u00e0 Toulouse, il est tr\u00e8s compliqu\u00e9 de pouvoir se produire, jouer ou exposer quand on est pas reconnu, ou qu\u2019on ne sort pas de grandes institutions comme tel.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, \u00e0 part ces grandes institutions comme Le Th\u00e9\u00e2tre de la Cit\u00e9, le Th\u00e9\u00e2tre du Capitole, la Halle aux Grains, etc, peu de lieux disposent des m\u00eames capacit\u00e9s d\u2019\u00e9clairage, de son et de place que ces grandes maisons, si ce n\u2019est d\u2019en faire partie. De plus, ces grandes maisons sont elles aussi soumises \u00e0 des lignes artistiques, des r\u00e8gles dans leur mise en sc\u00e8ne, le choix des \u0153uvres qu\u2019elles peuvent pr\u00e9senter\u2026 Ce qu\u2019on retrouvait dans un lieu tel que le Mix\u2019art au niveau des esth\u00e9tiques et des choix de programmation se voulait diversifi\u00e9, en recherche de fusion artistique et d\u2019exp\u00e9rimentation, \u00ab c\u2019\u00e9tait [un lieu] assez unique et je pense pouvoir dire que c\u2019\u00e9tait assez unique m\u00eame au niveau national \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Au-del\u00e0 de la diversit\u00e9 artistique, la pr\u00e9sence du Mix\u2019Art \u00e0 l\u2019ancienne pr\u00e9fecture en plein centre-ville a \u00e9galement une forte port\u00e9e symbolique sur le plan social. En effet, les centres-villes sont occup\u00e9s par la bourgeoisie, ce qui se ressent dans la vie culturelle de ces quartiers. Ce projet permet aux gens des classes populaires de se sentir int\u00e9gr\u00e9s dans un centre-ville, historiquement accapar\u00e9 par la bourgeoisie.&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"479\" data-id=\"1953\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-6-3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1953\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-6-3.jpg 720w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-6-3-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"681\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-7.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1954\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-7.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-7-300x200.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/AP-7-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Occupation de l&rsquo;ancienne pr\u00e9fecture- centre-ville de Toulouse <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group alignwide is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading alignwide has-text-align-left\"><strong><em>Les rapports entre l\u2019art et le Collectif : le rapport \u00e0 la cr\u00e9ation, le contenu de sa programmation<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation artistique dans le collectif portait l\u2019accent sur le \u201cprocessus\u201d de cette cr\u00e9ation et l\u2019ensemble des r\u00e9flexions qui l&rsquo;accompagnent. Bien qu\u2019une \u0153uvre finalis\u00e9e soit toujours satisfaisante dans la mise en relation avec le public qu\u2019elle occasionne, ce \u201cprocessus\u201d en amont de l&rsquo;\u0153uvre est un moment qui fonde le c\u0153ur de l&rsquo;exp\u00e9rience que le collectif a fait vivre aux artistes qui le fr\u00e9quentaient. Cette notion \u201cd\u2019artiste\u201d est mise en valeur et est pr\u00e9cieuse pour le Mix\u2019Art, tout en ayant conscience que l\u2019un ou l\u2019autre projet finalis\u00e9 cr\u00e9\u00e9 plus de lien avec son public et porte \u00e0 l\u2019artiste une reconnaissance plus profonde qu\u2019\u00e0 un autre issu d\u2019un m\u00eame \u00e9v\u00e9nement. Mais cette consid\u00e9ration n\u2019engendre pas de hi\u00e9rarchisation des artistes qui font part aux \u00e9v\u00e8nements. Le collectif est attach\u00e9 \u00e0 cette valeur dans sa relation avec les artistes. Un artiste peut \u00e0 tout moment cr\u00e9er un lien avec simplement une personne et quel que soit sa consid\u00e9ration, c\u2019est ce moment qui est pr\u00e9cieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le foisonnement artistique dans la diversit\u00e9 des formes que permettaient Mix\u2019art Myrys, \u00e9tait&nbsp; d\u00fb \u00e0 son statut de collectif\/association. Ne se consid\u00e9rant pas comme une institution, il \u00e9tait donc d\u00e9douan\u00e9 d\u2019attentes artistiques pr\u00e9cises. La diversit\u00e9 du collectif engendrait une importance \u00e0 ce que l\u2019un ou l\u2019autre artiste souhaite exprimer, quel qu\u2019il soit, et dans l\u2019urgence du message qu\u2019il souhaite porter. Que ce soient des artistes ayant, dans leur univers, une port\u00e9e artistique affirm\u00e9e ou au contraire une expression \u00e0 peine naissante, il n\u2019est pas question de comp\u00e9tence mais de maturit\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat est le cheminement de chacun dans son rapport \u00e0 l\u2019art alli\u00e9 \u00e0 la diversit\u00e9 des univers qui peuvent coexister ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque collectif artistique cons\u00e9quent se reconna\u00eet par une singularit\u00e9, et l\u2019aventure du Mix\u2019art est justement ce foisonnement dans la diversit\u00e9 qu\u2019il proposait. Avec des gens qui venaient et partaient, car ce sont des projets ayant besoin d\u2019un mouvement permanent pour exister.<\/p>\n\n\n\n<p>Les esth\u00e9tiques abord\u00e9es avaient un aspect plus \u201cindus\u201d, \u201c trash-indus\u201d ou \u201crock alternatif\u201d et autres courants issus des ann\u00e9es 1990 \u00e0 la naissance du collectif, elles n\u2019\u00e9taient pas encore clairement d\u00e9finies comme telles \u00e0 cette \u00e9poque, mais \u00e9mergeaient toujours dans un milieu que l\u2019on peut qualifier \u00ab d\u2019under-ground \u00bb. L\u2019esth\u00e9tique \u201cfree-party\u201d est arriv\u00e9e plus tard.&nbsp; \u00c0 cette p\u00e9riode le Mix\u2019art \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pourvu de son laboratoire de musique exp\u00e9rimentale, qui fit sensation.<\/p>\n\n\n\n<p>On qualifie de Underground toute production culturelle et artistique \u00e0 caract\u00e8re exp\u00e9rimental, alternatif, souvent en marge de la soci\u00e9t\u00e9 et en opposition \u00e0 l\u2019industrie culturelle dominante. Elle appara\u00eet dans les ann\u00e9es 70 notamment avec l\u2019\u00e9mergence de certains mouvements comme les mouvements punk, m\u00e9tal, gothique ou encore skinhead qui sont bien souvent r\u00e9prim\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9, qui d\u00e9nigre leur anticonformisme revendiqu\u00e9. Elle rassemble des individus et diverses cultures qui se tiennent \u00e0 l\u2019\u00e9cart des habitudes culturelles d\u00eetes \u00ab mainstream \u00bb largement relay\u00e9es par les m\u00e9dias de masse et les institutions. Par ailleurs, la culture underground a souvent recours \u00e0 l\u2019art comme moyen de diffusion d\u2019id\u00e9es, de principes et d\u2019opinions sur divers sujets plus ou moins li\u00e9s \u00e0 l\u2019actualit\u00e9, l\u2019environnement ou encore des enjeux politiques. Cette dimension politique est (comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 vu) indissociable de l\u2019identit\u00e9 du Mix\u2019Art, et il semble pertinent d\u2019\u00e9tablir un lien entre cette identit\u00e9 \u00e9minemment politique et son origine culturelle : la culture Underground.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La programmation du Mix\u2019art a \u00e9t\u00e9 fortement influenc\u00e9e par les lieux qu\u2019il a travers\u00e9s, mais les \u00e9v\u00e9nements qui l&rsquo;ont fait vivre, eux aussi, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant pour construire le collectif et atteindre ce qu\u2019il est devenu. La diversit\u00e9 d\u2019esth\u00e9tiques a \u00e9t\u00e9 une pierre angulaire, qu\u2019elles soient \u201cconventionnelles\u201d, maghr\u00e9bine, africaine, latino-am\u00e9ricaine ou autres. Le collectif n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 faire se croiser ces diff\u00e9rentes esth\u00e9tiques pour cr\u00e9er des \u00e9v\u00e8nements, cela g\u00e9n\u00e9rait des contrastes et des curiosit\u00e9s, auxquels Mix\u2019art portait un fort int\u00e9r\u00eat.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce foisonnement culturel se traduit \u00e9galement dans la multiplicit\u00e9 des disciplines artistiques d\u00e9velopp\u00e9es et diffus\u00e9es par le collectif : musique, peinture, sculpture, spectacle vivant, etc\u2026 Parfois, diff\u00e9rentes disciplines artistiques pouvaient \u00eatre rassembl\u00e9es dans une m\u00eame soir\u00e9e. On peut citer l\u2019exemple du festival de musique \u00ab Le grand bal d\u2019un archet dans le Yucca \u00bb, que le Mix\u2019Art a accueilli durant quelques ann\u00e9es. L\u2019\u00e9dition de 2017 du 16 d\u00e9cembre proposait un loto, un march\u00e9 cr\u00e9ateur \u00e0 17h puis une s\u00e9rie de plusieurs concerts \u00e0 partir de 20h. Cette diversit\u00e9 \u00e9tait notamment possible gr\u00e2ce \u00e0 la structure, permettant la mise en place simultan\u00e9e de diff\u00e9rentes activit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pluralit\u00e9 se trouve \u00e9galement dans d\u2019autres formes transdisciplinaires qui r\u00e9sident dans le m\u00e9tissage de plusieurs arts, que l\u2019on retrouve jusque dans le nom du collectif : Mix\u2019Art.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/le-grand-bal-du-yucca-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1956\" width=\"387\" height=\"516\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/le-grand-bal-du-yucca-1.png 760w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/le-grand-bal-du-yucca-1-225x300.png 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 387px) 100vw, 387px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Le grand bal d&rsquo;un archet dans le Yucca<\/em>, 16 d\u00e9cembre 2017 &#8211; <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/festival.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1957\" width=\"359\" height=\"507\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/festival.png 724w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/festival-212x300.png 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 359px) 100vw, 359px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Sound Wise,<\/em> 10\u00e8me \u00e9dition-  Sound Systems, Roots Reggae<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"http:\/\/www.mixart-myrys.org\/agenda\/2018\/avril\/punk-circus-festival-1\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"295\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Punk-circus-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1959\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Punk-circus-1.jpg 784w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Punk-circus-1-300x113.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/Punk-circus-1-768x289.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Punk Circus festival<\/em> &#8211; Abril 2018<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Un d\u00e9cloisonnement pr\u00e9curseur a eu lieu dans ce collectif entre deux cultures : la culture hip-hop plus issue des quartiers et la culture Street-art plus compos\u00e9e de gens qui provenaient des beaux-arts, d\u2019un milieu bourgeois en somme. Ils ont r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er des passerelles gr\u00e2ce \u00e0 des conjonctions qu\u2019on peut qualifier d\u2019inopin\u00e9es et non ma\u00eetris\u00e9es, mais qui, par les interactions et les rencontres au sein du collectif, ont pu engendrer ces associations.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes ces choses mettaient \u00e0 plat les consid\u00e9rations de cat\u00e9gories sociales \u00e0 travers ce foisonnement artistique et la consciences des luttes et probl\u00e9matiques que certains artistes, \u00e9trangers ou non, rencontraient. V\u00e9ritable articulation d\u2019une force artistique qui, par sa port\u00e9e, permet aux gens de d\u00e9passer leur propre clivage tout en faisant honneur \u00e0 une r\u00e9elle expression artistique qui fait valoir son combat issu de sa r\u00e9alit\u00e9 sociale, politique et sensible.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading alignwide has-text-align-left\"><strong><em>Une aventure l\u00e9gitime<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Pour conclure, il semble primordial de pr\u00e9ciser qu&rsquo; en r\u00e9alit\u00e9, l\u2019histoire Mix\u2019Art est un exemple r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019impact des politiques publiques sur ces lieux de cr\u00e9ations alternatifs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Durant les ann\u00e9es 90, toutes les grandes villes avaient leurs squat artistiques. La volont\u00e9 de reconna\u00eetre et l\u00e9galiser ces lieux de cr\u00e9ation de la part du Gouvernement Jospin au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 a permis de leur accorder une certaine l\u00e9gitimit\u00e9, consid\u00e9r\u00e9s comme les \u201cnouveaux territoires de l\u2019art\u201d. L\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de la droite marque un tournant radical dans la consid\u00e9ration qui leur est accord\u00e9e, et donc dans les politiques publiques mises en place.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La fermeture du Mix\u2019Art et ses conflits avec la mairie de Toulouse est un exemple r\u00e9v\u00e9lateur de ce d\u00e9sint\u00e9ressement et ce m\u00e9pris de ces squats artistiques de la part des politiques locales.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2005, les pouvoirs publics et le collectif se mettent d\u2019accord pour une solution de relogement au 12 rue Ferdinand Lassalle. Toujours en bonne entente, ils ont act\u00e9 ensemble en 2009 qu\u2019il fallait trouver une solution de relogement et de pleine l\u00e9galisation du projet. C\u2019est alors en 2012 que le PS arrive au pouvoir et vote un budget de 9 millions d\u2019euros pour la relocalisation du projet aux Cartoucheries. Le projet acquiert une stabilit\u00e9 dans une certaine l\u00e9galit\u00e9. Le projet tra\u00eene en longueur jusqu\u2019aux \u00e9lections municipales, remport\u00e9es cette fois-ci par la droite. Dans ces conditions, le budget initial est rabaiss\u00e9 \u00e0 3 millions d\u2019euros, ne permettant au Mix\u2019Art uniquement d\u2019accueillir des ateliers d\u2019artistes. L\u2019engagement de la mairie n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9, l\u2019accord est refus\u00e9. Ce d\u00e9saccord et ces tensions entra\u00eenent un retard sur les travaux de mise en conformit\u00e9 du b\u00e2timent. En janvier 2020 a lieu une visite inopin\u00e9e de la direction de la s\u00e9curit\u00e9 civile. Le rapport d\u00e9clare une non-conformit\u00e9 du b\u00e2timent aux normes, entra\u00eenant la fermeture administrative du Mix\u2019Art. Les d\u00e9saccords, manifestations, des dynamiques de r\u00e9sistances s\u2019encha\u00eenent. Myrys demande un proc\u00e8s \u00e0 la mairie de Toulouse en raison du non-respect de son engagement ; une audience publique devrait avoir lieu \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2023.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui encore, Macron est un incarnant de cette vision restrictive de la soci\u00e9t\u00e9, nous l\u2019avons vu avec la promulgation de la toute r\u00e9cente loi anti-squat. Jo\u00ebl Lecussan d\u00e9nonce ce projet et cette vision de l\u2019espace public (\u00ab On ne fait plus de politiques publiques, on pond des dispositifs \u00bb), qui pour lui remet gravement en question \u00ab la notion d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et d\u2019utilit\u00e9 publique\u00bb. Il questionne notamment l&rsquo;\u00e9tendue r\u00e9elle de nos propres libert\u00e9s de disposer d\u2019une espace soit disant publique, car de plus en plus privatis\u00e9 ou contr\u00f4l\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenir un projet tel que Mix\u2019Art, c\u2019est revendiquer le droit d\u2019\u00eatre \u201cill\u00e9gal mais l\u00e9gitime\u201d.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover alignfull has-parallax\" style=\"min-height:100vh;aspect-ratio:unset;\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim-40 has-background-dim\" style=\"background-color:#000000\"><\/span><div role=\"img\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-1966 has-parallax\" style=\"background-position:50% 50%;background-image:url(https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2023\/04\/DF-2-1.jpg)\"><\/div><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<h2 class=\"wp-block-heading alignwide has-white-color has-text-color\" style=\"font-size:48px;line-height:1.2\"><strong><em>Remerciements<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns alignwide is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:60%\">\n<p id=\"block-3f84a4f8-2016-43a1-93e6-730d2422d05d\">Nous souhaitions remercier Jo\u00ebl Lecussan, pour son partage d&rsquo;exp\u00e9rience, pr\u00e9cieux dans la r\u00e9alisation de notre projet.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"block-c707c721-6978-4e88-9c53-5810101fcced\">\ufeff<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p id=\"block-dc78e846-28ac-464f-b2b5-8f97054422c8\"><em>Une page et un entretien pr\u00e9par\u00e9s et r\u00e9alis\u00e9s par Violette Calvet, Charline Playoult, Pablo Lopez del rio, Mat\u00e9o Vidal, Ana\u00eblle Andrieu, Louise Joubert<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien avec Jo\u00ebl Lecussan L&rsquo;histoire de Mix&rsquo;Art Myrys Mix&rsquo;Art et l&rsquo;engagement politique Mix&rsquo;Art et la cr\u00e9ation artistique et musicale Un entretien pr\u00e9par\u00e9, men\u00e9 et r\u00e9alis\u00e9 Violette Calvet, Charline Playoult, Pablo Lopez del rio, Mat\u00e9o Vidal, Ana\u00eblle Andrieu, et Louise Joubert Une identit\u00e9 id\u00e9ologique bas\u00e9e sur la solidarit\u00e9 et le collectif&#8230; D\u00e8s les pr\u00e9mices du Mix\u2019Art, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1127,"featured_media":0,"parent":31,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1708","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1708","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1127"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1708"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1708\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2022,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1708\/revisions\/2022"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1708"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}