 {"id":2850,"date":"2025-09-16T16:53:03","date_gmt":"2025-09-16T14:53:03","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/?page_id=2850"},"modified":"2025-09-16T16:53:03","modified_gmt":"2025-09-16T14:53:03","slug":"noiser-le-concert-de-metal-publics-et-sociabilites","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/programmation-live\/noiser-le-concert-de-metal-publics-et-sociabilites\/","title":{"rendered":"Noiser : le concert de metal, publics et sociabilit\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-cover\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\" style=\"background-color:#505050\"><\/span><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"660\" height=\"342\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-3252\" alt=\"\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_9037.jpeg\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_9037.jpeg 660w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_9037-300x155.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 660px) 100vw, 660px\" \/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-constrained wp-block-cover-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers l\u2019histoire de NOISER, mais aussi de sources externes, nous explorerons comment les concerts participent non seulement \u00e0 la vitalit\u00e9 musicale, mais aussi \u00e0 la construction d\u2019une v\u00e9ritable communaut\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale et internationale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>Un entretien avec Nicolas Bastide, un salari\u00e9 de Noiser, enregistr\u00e9 dans les locaux de la biblioth\u00e8que universitaire centrale du Mirail le 18 d\u00e9cembre 2024.<\/p>\n\n\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Sommaire<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>Introduction et contexte historique <\/p>\n\n\n\n<p>I- Public<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Les caract\u00e9ristiques du public <\/li>\n\n\n\n<li>Les rites du public<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019esth\u00e9tique des shows et le rapport au public<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>II- Le spectacle<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>L\u2019\u00e9conomie du Metal<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019importance des concerts li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;absence du metal dans les m\u00e9dias<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Introduction et contexte historique <\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>N\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970, le metal s\u2019est rapidement impos\u00e9 comme un genre musical \u00e0 part, m\u00ealant riffs puissants, sonorit\u00e9s intenses et univers souvent provocateur. Initialement rejet\u00e9 pour son caract\u00e8re subversif, il a n\u00e9anmoins su f\u00e9d\u00e9rer une communaut\u00e9 passionn\u00e9e et mondiale. Aujourd\u2019hui, le metal ne se limite pas \u00e0 un style musical : il repr\u00e9sente un mouvement culturel global, explor\u00e9 par de nombreux chercheurs.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Au fil des d\u00e9cennies, le genre s\u2019est diversifi\u00e9, donnant naissance \u00e0 une multitude de sous-genres qui refl\u00e8tent la richesse de ses influences (plus de 70 sous-genres \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pertori\u00e9s en 2006 par G\u00e9r\u00f4me Guibert). Le metal a su d\u00e9passer son statut initial de \u00ab sous-courant du rock \u00bb pour devenir un mouvement culturel polymorphe, capable de refl\u00e9ter et de s\u2019adapter aux contextes locaux. Au-del\u00e0 de la simple performance, les concerts et les festivals jouent un r\u00f4le central dans cette culture : ils cr\u00e9ent des espaces dans lesquels les fans peuvent partager une exp\u00e9rience unique, en \u00e9changeant des \u00e9motions et c\u00e9l\u00e9brant leur passion collectivement. Ces \u00e9v\u00e9nements, comprenant leurs propres rites, permettent de renforcer un sentiment d\u2019appartenance. Aujourd\u2019hui, le metal d\u00e9passe les fronti\u00e8res musicales : il est un v\u00e9ritable mouvement culturel, artistique et social. Dans le metal, o\u00f9 la sc\u00e8ne live amplifie l\u2019intensit\u00e9 sonore et visuelle, les concerts incarnent une exp\u00e9rience communautaire unique et un \u201c<em>rituel d\u00e9cisif<\/em>\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;En France, le metal a longtemps \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9 par les circuits musicaux traditionnels. Dans les ann\u00e9es 1980, il \u00e9tait souvent ignor\u00e9 ou critiqu\u00e9 par la presse rock. Pourtant, d\u00e8s les ann\u00e9es 2000, une croissance notable de l\u2019offre de concerts a marqu\u00e9 un tournant, favoris\u00e9e par le d\u00e9veloppement des festivals sp\u00e9cialis\u00e9s comme le Hellfest (2006) et le Motocultor (2007), mais aussi par l\u2019\u00e9mergence d\u2019associations locales d\u00e9di\u00e9es. Ces associations, g\u00e9n\u00e9ralement g\u00e9r\u00e9es par des passionn\u00e9s, ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial en offrant des opportunit\u00e9s aux groupes locaux de se produire dans des caf\u00e9s-concerts, des salles municipales ou des lieux de quartier.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00c0 Toulouse, la sc\u00e8ne metal, autrefois discr\u00e8te, a connu une v\u00e9ritable mont\u00e9e en puissance gr\u00e2ce \u00e0 des initiatives locales, dont l\u2019association<strong> <\/strong>NOISER est un acteur phare. Cr\u00e9\u00e9e en 2009, cette association \u00e0 but non lucratif avait pour mission initiale d\u2019aider les groupes locaux \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 des sc\u00e8nes \u00e9quip\u00e9es et \u00e0 se rapprocher de leur public. En 15 ans, NOISER est pass\u00e9e d\u2019une organisation modeste, g\u00e9r\u00e9e par quatre fondateurs, \u00e0 une structure reconnue regroupant une vingtaine de membres (3 salari\u00e9s et entre 17 et 20 b\u00e9n\u00e9voles). Elle organise aujourd\u2019hui environ 25 concerts par an, accueillant des groupes locaux et internationaux, et a permis \u00e0 plus de 460 groupes de se produire depuis sa cr\u00e9ation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais les associations comme NOISER ne se contentent pas de promouvoir des artistes : ils jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans le d\u00e9veloppement du tissu culturel local. Leur capacit\u00e9 \u00e0 rassembler des acteurs vari\u00e9s t\u00e9moigne de leur importance pour la coh\u00e9sion sociale et la promotion d\u2019une culture accessible \u00e0 tous. Derni\u00e8rement, ils ont notamment effectu\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement collaboratif avec le salon de tatouage toulousain La Cour des miracles<em>,<\/em> <em>&nbsp;<\/em>pour f\u00eater leurs 15 ans d\u2019existence, le dimanche 13 octobre 2024, au Bikini. Cet \u00e9v\u00e8nement a \u00e9galement regroup\u00e9 <em>Les Burning heads <\/em>(groupe punk originaire d\u2019Orl\u00e9ans), <em>Lion\u2019s Law<\/em> (groupe de street punk parisien), les <em>Siberian Meat Grinder <\/em>(formation thrash metal de Russie), et le groupe toulousain de heavy rock <em>Not your mother, <\/em>dans lequel \u00e9voluent les tatoueurs du salon. Deux DJ, <em>Chic Type <\/em>et de <em>Julien13<\/em>,<em> <\/em>\u00e9taient pr\u00e9sent proposant un mix \u00e9lectro et techno ainsi que d\u2019autres artistes locaux de musique et de street art.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;En collaborant avec des artistes locaux et internationaux, des disquaires, des artisans, des producteurs, d\u2019autres associations et m\u00eame des mara\u00eechers,<strong> <\/strong>NOISER incarne une dynamique inclusive et \u0153uvre pour la coh\u00e9sion culturelle tout en offrant une exp\u00e9rience de qualit\u00e9, tant pour les artistes que pour le public.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;Pour r\u00e9diger cet article, nous avons rassembl\u00e9 des sources provenant d\u2019articles scientifiques, journalistiques, de forums ainsi que des vid\u00e9os. Mais nous sommes \u00e9galement all\u00e9s recueillir nos propres donn\u00e9es, notamment en effectuant un entretien avec Nicolas Bastide, l\u2019un des fondateurs de l\u2019association NOISER. Enfin, nous nous sommes aussi d\u00e9plac\u00e9s sur le terrain afin d\u2019effectuer des entretiens informels aupr\u00e8s du public dans quelques soir\u00e9es Toulousaines.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;C\u2019est avec toutes ces recherches que nous avons souhait\u00e9 nous interroger sur la place des concerts dans la musique metal. \u00c0 travers l\u2019histoire de NOISER, mais aussi de sources externes, nous explorerons comment ces \u00e9v\u00e9nements participent non seulement \u00e0 la vitalit\u00e9 musicale, mais aussi \u00e0 la construction d\u2019une v\u00e9ritable communaut\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale et internationale.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Le public <\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Les caracteristiques <\/h5>\n\n\n\n<p>La sc\u00e8ne musicale metal, qui s&rsquo;est constitu\u00e9e au fil des d\u00e9cennies comme un v\u00e9ritable mouvement culturel, voit dans le concert un \u00e9l\u00e9ment fondamental de son identit\u00e9. En effet, les concerts ne sont pas seulement des \u00e9v\u00e9nements o\u00f9 l\u2019on \u00e9coute de la musique, mais des espaces o\u00f9 se cr\u00e9ent des liens sociaux forts, o\u00f9 les valeurs de la sc\u00e8ne se vivent et s&rsquo;affirment. \u00c0 travers l\u2019analyse des dynamiques de public, des pr\u00e9f\u00e9rences pour certains types de concerts et des questions de l\u00e9gitimit\u00e9, il appara\u00eet que le concert occupe une place centrale dans la culture metal, fa\u00e7onnant les interactions entre les fans et leur engagement envers ce genre musical.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>Les dynamiques sociales du public du metal : un reflet de l\u2019identit\u00e9 musicale<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;un des aspects les plus frappants du public metal est sa diversit\u00e9 en fonction des genres et sous-genres musicaux.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019association Noiser a observ\u00e9 des distinctions marqu\u00e9es, notamment entre les genres comme le metal progressif et des styles plus extr\u00eames comme le grindcore, le black metal ou le stoner. Le metal progressif, par exemple, attire un public plus ais\u00e9, souvent compos\u00e9 de cadres et d\u2019ing\u00e9nieurs, tandis que des genres plus underground comme le grindcore ou le black metal s\u00e9duisent un public issu des milieux populaires. Cette diff\u00e9rence sociale refl\u00e8te les caract\u00e9ristiques propres aux sous-genres et leur capacit\u00e9 \u00e0 toucher des publics vari\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La tranche d\u2019\u00e2ge des spectateurs est aussi \u00e9tendue et se situe principalement entre 18 et 45 ans. Il est \u00e9galement observ\u00e9 une pr\u00e9sence plus importante de femmes dans des sous-genres comme le <em>hardcore<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Deena Weinstein (1991) a par exemple formul\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se que, bien que prolongeant le mouvement contre-culturel des classes moyennes de la p\u00e9riode hippie, le heavy metal est une musique consomm\u00e9e par les milieux populaires, les \u00ab cols bleus \u00bb, selon ses propres termes. Dans cette perspective, il y aurait donc un rapport d\u2019\u00ab homologie \u00bb entre la situation sociale des amateurs de metal et le contenu th\u00e9matique de ce genre musical. L\u2019imaginaire g\u00e9n\u00e9r\u00e9, relevant de l\u2019id\u00e9ologie, permettrait alors d\u2019oublier la domination mat\u00e9rielle, c\u2019est-\u00e0-dire celle provenant de l\u2019infrastructure \u00e9conomique capitaliste. La perspective marxiste de Weinstein proposait ainsi un autre point de vue que celui de Straw (1990) qui appr\u00e9hendait plut\u00f4t les amateurs de metal selon leur origine g\u00e9ographique. Dans les grandes lignes, pour ce dernier, les genres musicaux se distribuent entre un centre et une p\u00e9riph\u00e9rie. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, en Am\u00e9rique du Nord, le heavy metal est une musique de banlieusards\u20099(\u00ab suburban areas \u00bb) \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du disco ou du punk qui sont davantage des musiques de centres urbains (\u00ab inner urban areas \u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, au-del\u00e0 de ces distinctions, une constante se d\u00e9gage : les fans de metal ne se contentent pas d\u2019\u00e9couter la musique. Ils cherchent \u00e0 vivre une exp\u00e9rience collective au sein de concerts, o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 musicale devient un moyen de se rattacher \u00e0 une culture sp\u00e9cifique, parfois en opposition aux normes dominantes. Ces concerts sont alors des lieux privil\u00e9gi\u00e9s pour l\u2019affirmation de soi et l\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9, o\u00f9 les diff\u00e9rences sociales et g\u00e9n\u00e9rationnelles se m\u00ealent.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>Le concert local : un lieu d\u2019authenticit\u00e9 et de soutien \u00e0 la sc\u00e8ne ind\u00e9pendante<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Plus largement, \u00e0 partir de la notion de \u00ab sc\u00e8ne \u00bb, on peut voir comment les caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques des diff\u00e9rents genres metal sont r\u00e9appropri\u00e9es en fonction des contextes locaux. On sait par exemple que quantit\u00e9 d\u2019artistes black metal scandinaves recourent aux r\u00e9cits mythologiques nordiques pour alimenter leurs \u0153uvres. Cette posture s\u2019inscrit souvent contre les religions monoth\u00e9istes et donc, en majeure partie, \u00e0 rebours des croyances majoritaires. L\u2019article de Meng Tze Chu, qui \u00e9voque le cas du black metal \u00e0 Ta\u00efwan, nous montre un processus inverse. Dans ce pays qui r\u00e9siste aux pressions expansionnistes chinoises, le black metal d\u00e9fend un registre de nation ancestrale qui \u00e9pouse \u00e0 la fois le discours des autorit\u00e9s en place et les sentiments de la population ta\u00efwanaise. Ce qui donne \u00e0 penser que le caract\u00e8re transgressif du metal peut, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00eatre en phase avec des options politiques dominantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les concerts locaux jouent un r\u00f4le central dans la sc\u00e8ne metal, en particulier parmi les jeunes adeptes. Contrairement aux grands festivals ou aux grandes sc\u00e8nes, les concerts dans des lieux plus intimes, comme les skateparks ou les petites salles, sont particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9s. Ces \u00e9v\u00e9nements sont per\u00e7us comme offrant une ambiance plus authentique, propice \u00e0 une connexion directe avec les artistes et les autres membres de la communaut\u00e9. Il ne s&rsquo;agit pas seulement de d\u00e9couvrir de nouveaux groupes, mais de participer \u00e0 une exp\u00e9rience partag\u00e9e, loin des enjeux commerciaux des grandes sc\u00e8nes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les publics de metal, selon les membres du public interrog\u00e9, semblent privil\u00e9gier les concerts locaux, o\u00f9 il est possible de soutenir directement les artistes \u00e9mergents. Cette pr\u00e9f\u00e9rence pour des lieux de concert plus petits t\u00e9moigne \u00e9galement d\u2019une volont\u00e9 de vivre la musique de mani\u00e8re plus authentique. L\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue dans ces concerts est per\u00e7ue comme un lieu d\u2019\u00e9change et de partage o\u00f9 les valeurs de solidarit\u00e9 et de soutien \u00e0 la sc\u00e8ne locale prennent tout leur sens.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambiance particuli\u00e8re qui caract\u00e9rise ces concerts locaux devient un facteur d\u00e9terminant pour les spectateurs, qui y voient l\u2019opportunit\u00e9 de s\u2019impliquer pleinement dans cette culture musicale, souvent en dehors des circuits commerciaux traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>L\u2019importance de la l\u00e9gitimit\u00e9 et de l\u2019identit\u00e9 dans la sc\u00e8ne metal<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Le concert dans la sc\u00e8ne metal n&rsquo;est pas seulement un lieu d\u2019\u00e9coute musicale, mais \u00e9galement un espace de validation sociale et d\u2019appartenance. La question de la l\u00e9gitimit\u00e9, tr\u00e8s pr\u00e9sente dans le metal, fait du concert un moment cl\u00e9 o\u00f9 les publics peuvent prouver leur implication dans le monde du metal. En effet, au-del\u00e0 de la simple \u00e9coute, il s\u2019agit de d\u00e9montrer une connaissance et une exp\u00e9rience authentique du genre, ce qui passe par une participation active \u00e0 des concerts, la reconnaissance des sous-genres et des groupes moins m\u00e9diatis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019explique Harris M. Berger dans son ouvrage <em>Metal, Rock and Jazz<\/em> (1999), les fans de metal souhaitent s\u2019\u00e9manciper des groupes sociaux traditionnels pour revendiquer une plus grande libert\u00e9 d\u2019expression. Cela se traduit par une grande tol\u00e9rance vis-\u00e0-vis des th\u00e9matiques abord\u00e9es dans le metal, qu\u2019il s\u2019agisse de la violence, de la guerre, ou de croyances alternatives.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, malgr\u00e9 cette distanciation des conventions sociales, la sc\u00e8ne metal impose des crit\u00e8res d\u2019engagement sp\u00e9cifiques. Par exemple, les fans consid\u00e8rent comme l\u00e9gitimes ceux qui connaissent v\u00e9ritablement les codes et les groupes du genre, tandis que ceux per\u00e7us comme des \u00ab poseurs \u00bb sont facilement exclus, notamment en raison de leur apparence ou de leur consommation superficielle de la culture metal.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, le concert occupe une place centrale dans la sc\u00e8ne metal, bien au-del\u00e0 de son r\u00f4le musical. Il constitue un espace essentiel pour l\u2019affirmation d\u2019une identit\u00e9 collective et individuelle, o\u00f9 les valeurs de libert\u00e9, de solidarit\u00e9 et d\u2019authenticit\u00e9 se manifestent pleinement. Le concert devient un lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour l\u2019\u00e9change et la socialisation, mais aussi un moment cl\u00e9 de validation sociale o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 au sein de la sc\u00e8ne metal se construit. Que ce soit lors de concerts locaux ou de grands \u00e9v\u00e9nements, la musique metal se vit d\u2019abord dans la proximit\u00e9 et la communion des fans avec les artistes. \u00c0 travers le concert, la sc\u00e8ne metal se d\u00e9finit comme une culture vivante, o\u00f9 l\u2019engagement personnel et l\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9 jouent un r\u00f4le essentiel dans la p\u00e9rennit\u00e9 et l\u2019\u00e9volution de ce genre musical. Le concert, loin d\u2019\u00eatre une simple performance musicale, est un acteur majeur dans la culture metal.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les rites <\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Les concerts de metal et de punk ont, au fil des ann\u00e9es, d\u00e9velopp\u00e9s de nombreux \u00e9l\u00e9ments r\u00e9currents \u00e0 chaque \u00e9v\u00e9nement, des nouvelles danses, fa\u00e7ons d\u2019investir l\u2019espace et d\u2019interactions entre groupes et public. En parall\u00e8le, des modes vestimentaires ont accompagn\u00e9 le d\u00e9veloppement de la sc\u00e8ne metal depuis les ann\u00e9es 70 jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces rites rassemblent les anciens et les nouveaux \u00e9coutants, cr\u00e9ant un sentiment de communaut\u00e9 et d\u2019appartenance.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Cornes du diable \u00bb,&nbsp; \u00ab mosh pit \u00bb, \u00ab slam \u00bb et autres \u00ab headbang \u00bb , nous allons voir cela tous ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cornes du diables sont popularis\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 par Ronnie James Dio, le chanteur de Black Sabbath durant la tourn\u00e9e <em>Heaven and Hell. C<\/em>e signe qui revient \u00e0 dresser l\u2019index et l\u2019auriculaire en repliant le majeur et l\u2019annulaire sous le pouce, lui vient de sa grand-m\u00e8re originaire d\u2019Italie. En effet, dans la culture italienne, c&rsquo;est un signe utilis\u00e9 pour lever le mauvais \u0153il. L\u2019ancien chanteur de Black Sabbath, Ozzy Osbourne, pr\u00e9curseur du metal communiquait avec le public en faisant le V des deux mains et bras lev\u00e9s inspir\u00e9 par la culture hippie de la fin des ann\u00e9es 60. Pour ne pas copier son pr\u00e9d\u00e9cesseur Dio d\u00e9cide de reprendre le signe qu\u2019il voyait faire sa grand-m\u00e8re plus jeune. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"515\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_201003.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3254\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_201003.jpeg 527w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_201003-300x293.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Un des mouvements qui caract\u00e9rise les \u00ab metalleux \u00bb est le <em>headbang<\/em>, une danse apparue aux concerts de Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60. Consistant \u00e0 bouger violemment la t\u00eate en cercle ou d\u2019avant en arri\u00e8re en rythme avec la musique. Le headbang fonctionne mieux avec des cheveux longs pour donner une amplitude aux mouvements de cou. Ces m\u00eames mouvements peuvent provoquer des probl\u00e8mes aux cervicales si ex\u00e9cut\u00e9s trop fort, comme Tom Araya le bassiste de Slayer qui ne peut plus headbanger \u00e0 cause d\u2019une op\u00e9ration des cervicales<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/DSC_1556_edit_9791471724026-683x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3253\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/DSC_1556_edit_9791471724026-683x1024.jpeg 683w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/DSC_1556_edit_9791471724026-200x300.jpeg 200w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/DSC_1556_edit_9791471724026-768x1152.jpeg 768w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/DSC_1556_edit_9791471724026-1024x1536.jpeg 1024w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/DSC_1556_edit_9791471724026.jpeg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Plusieurs danses sont apparues durant cette p\u00e9riode du d\u00e9but de la culture metal. L\u2019exemple le plus marquant est le <em>pogo<\/em>, cette danse invent\u00e9e par Sid Vicious, bassiste des Sex Pistols consiste pour les danseurs \u00e0 sauter de fa\u00e7on d\u00e9sordonn\u00e9e tout en bousculant les autres personnes alentours. Le nom vient des <em>pogo stick,<\/em> nom anglais du b\u00e2ton sauteur<em> <\/em>invent\u00e9 par les allemands &nbsp;Max Pohlig et Ernst Gottschall dans les ann\u00e9es 20. Le pogo n\u2019est pas une danse violente malgr\u00e9 ce que l\u2019on pourrait penser aux premiers abords, les accidents graves sont tr\u00e8s rares et les participants qui chutent sont imm\u00e9diatement relev\u00e9s par leurs camarades de danse. Les comportements abusifs ou irrespectueux sont rappel\u00e9s \u00e0 l\u2019ordre et le responsable pourra se faire expulser de force du pogo. Cette premi\u00e8re danse apparut dans les concerts punk des d\u00e9buts en a engendr\u00e9 d\u2019autres par la suite.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier enfant du pogo, plus violent et rencontr\u00e9 aux concerts plus orient\u00e9s hardcore est le <em>mosh<\/em> ou<em> slam dancing. <\/em>Le mosh prend part dans un lieu sp\u00e9cifique de la salle ou du lieu du concert, \u00ab le <em>mosh<\/em> <em>pit \u00bb, <\/em>ou fosse en fran\u00e7ais. Les origines remontent \u00e0 la toute fin des ann\u00e9es 70 et le d\u00e9veloppement des premiers groupes de punk hardcore californien puis l\u2019essor grandissant de la sc\u00e8ne new-yorkaise. Le mosh rajoute des mouvements de bras en avant ou en arri\u00e8re qui ressemblent \u00e0 un moulin \u00e0 vent ou sur les c\u00f4t\u00e9s comme du karat\u00e9. Le <em>two-step<\/em> est une forme de danse typique du hardcore o\u00f9 les danseurs font passer un pied devant l\u2019autre en ramenant la jambe en l\u2019air en arri\u00e8re, avec ou sans mouvements de bras. Le <em>circle pit<\/em> est litt\u00e9ralement un mosh pit en cercle, o\u00f9 le but est de courir en rond le plus vite possible sans tomber. Les anglo-saxons utilisent aussi le terme \u00ab <em>crowdkiller \u00bb<\/em>, qui traduit litt\u00e9ralement donne \u00ab tueur de foule \u00bb pour d\u00e9signer les individus ayant les mouvements les plus extr\u00eames qui peuvent entra\u00eener des blessures (le plus souvent un poing dans le visage) et qui peuvent effrayer les novices.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>slam <\/em>ou <em>crowdsurf <\/em>nous vient d\u2019Iggy Pop en 1970 au festival Summer Pop de Cincinnati o\u00f9 il se fait porter par la foule jusqu\u2019au milieu du public. Le slam est tr\u00e8s populaire aux concerts de metal et surtout en festival o\u00f9 l\u2019on peut voir des hordes de slameurs arriver \u00e0 la <em>crash barrier<\/em> pour se jeter dans les bras des agents de s\u00e9curit\u00e9 qui sont l\u00e0 pour les r\u00e9cup\u00e9rer. Le Hellfest est un exemple frappant o\u00f9 aucun concert ne se passe sans <em>crowdsurfers. <\/em>Une pratique li\u00e9e au slam est le <em>\u00ab stage dive \u00bb <\/em>qui consiste \u00e0 se jeter dans la foule depuis la sc\u00e8ne. Une des premi\u00e8res occurrences c\u00e9l\u00e8bres prit place au premier concert aux Pays-Bas des Rolling Stones o\u00f9 le public grimpe sur sc\u00e8ne et rejoint la fosse en slamant. C\u2019est la pratique la plus dangereuse car certaines personnes le faisant se jettent sur le public sans que personnes soient pr\u00eates \u00e0 les r\u00e9ceptionner. Cela peut causer des hospitalisations voir m\u00eame la mort comme lors du concert de Suicidal Tendencies en Suisse en 2014, o\u00f9 un jeune fan meurt \u00e0 l\u2019h\u00f4pital apr\u00e8s une mauvaise chute. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"680\" height=\"608\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_200039.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3256\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_200039.jpeg 680w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_200039-300x268.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 680px) 100vw, 680px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le<em> Wall of Death<\/em> est probablement le moment le plus marquant et impressionnant d\u2019un concert. La plupart du temps, il est initi\u00e9 par une demande explicite du vocaliste, mais des fois, il se produit spontan\u00e9ment dans le public, au d\u00e9but ou pendant une pause dans la chanson. Il consiste \u00e0 s\u00e9parer la foule en deux et au signal les deux c\u00f4t\u00e9s se faisant face se courent mutuellement dessus comme une charge de cavalerie m\u00e9di\u00e9vale. Le wall of death viendrait de la sc\u00e8ne hardcore new-yorkaise puis a \u00e9t\u00e9 popularis\u00e9 dans la fin des ann\u00e9es 90 par des groupes comme Sick of It All, Lamb of God et Sepultura. Lou Koller, vocaliste de Sick of It All a dit dans une interview en 2019 <em>\u201c<\/em><em>We didn&rsquo;t invent it, but we&rsquo;re the ones who brought it back. When we were kids going to shows \u2014 metal or hardcore \u2014 we used to do it\u201d.<\/em><em> <\/em>Un des plus grands wall of death du monde a eu lieu au Hellfest 2024 \u00e0 Clisson pr\u00e8s de Nantes lors du concert du groupe de deathcore russe Slaughter to Prevail. R\u00e9sultat de nombreuses blessures lors de la collision entre les diff\u00e9rentes parties de la foule.<\/p>\n\n\n\n<p>La culture metal se caract\u00e9rise aussi par les styles vestimentaires variant en fonction de l\u2019\u00e9poque et du sous-genre \u00e9cout\u00e9. Ils se sont forg\u00e9s dans les ann\u00e9es 70 avec le d\u00e9veloppement des premiers groupes de heavy metal tel Iron Maiden et Judas Priest, inspir\u00e9 par la mode des motards avec la veste en cuir et le jean comme \u00e9l\u00e9ments principaux. Le noir est la couleur dominante de cette esth\u00e9tique, les t-shirts \u00e0 l\u2019effigie des groupes restent le centre de la mode \u00e0 l\u2019heure actuelle, car facile \u00e0 porter et \u00e0 se procurer. Au fil du temps, de nouveaux v\u00eatements s\u2019introduisent, induit par l\u2019\u00e9mergence de nouveaux styles. Par exemple, les ceintures de balles et treillis ont \u00e9t\u00e9 popularis\u00e9s par le thrash et le black metal des ann\u00e9es 80, les habits oversize et streetwears par nu metal des ann\u00e9es 90 et les sweatshirts par le metalcore des ann\u00e9es 2000. D\u2019autres styles plus loufoques, comme le glam, ont mit en avant les permanentes, les pantalons en cuir moulant et les motifs l\u00e9opard. Le maquillage fait partie des visuels des groupes, mais aussi du public. Le glam par exemple est ax\u00e9 sur le mascara et le fond de teint pour un rendu androgyne. Les accessoires notables sont le bracelet \u00e0 clous ou la veste \u00e0 patchs, v\u00e9ritable vitrine des groupes \u00e9cout\u00e9s. Traditionnellement r\u00e9alis\u00e9e de fa\u00e7on <em>DIY,<\/em> elle recueille des patchs de groupes, pin\u2019s et tout ce qui vient \u00e0 l\u2019imagination de son cr\u00e9ateur. L\u2019\u00e9l\u00e9ment embl\u00e9matique de la culture metal est le port des cheveux longs pour les hommes, h\u00e9rit\u00e9 des ann\u00e9es 60 et des premiers rockers. Les styles plus r\u00e9cents comme le nu metal ou le deathcore tendent vers des coupes courtes, le death et black metal restent quant \u00e0 eux fid\u00e8les aux cheveux longs. Les tatouages et piercings sont aussi tr\u00e8s r\u00e9pandus dans la communaut\u00e9. L\u2019esth\u00e9tique des habits est influenc\u00e9e par la culture des films d\u2019horreurs des ann\u00e9es 80, du satanisme ou des mythologies nordiques et germaniques. Cette culture s\u2019est vue anticonformiste et utilise des \u00e9l\u00e9ments provoquant avec une imagerie parfois violente ou gore comme signe de r\u00e9volte sociale. Les rites du metal sont&nbsp;une partie int\u00e9grante de cette culture et le concert en est leur lieu de d\u00e9monstration comme la convention peut l\u2019\u00eatre pour les cosplayeurs. Les metalleux sont au moment du concert dans la communion entre les spectateurs et les groupes, que ce soit en participant activement dans le pit ou juste en portant le t-shirt du groupe qu\u2019ils aiment.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"623\" height=\"611\" src=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_200549.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3255\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_200549.jpeg 623w, https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/files\/2025\/01\/IMG_20250107_200549-300x294.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 623px) 100vw, 623px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Si les metalleux aiment en mettre plein la vue dans la fosse et sur leurs corps, les concerts et la sc\u00e8ne ne sont pas en reste.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les estHetiques des shows et le rapport au public<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Parler de l&rsquo;esth\u00e9tique du metal est quelque chose de complexe. On serait tent\u00e9s de dire que le metal a forc\u00e9ment une esth\u00e9tique sombre, voire satanique, mais, m\u00eame si \u00e7a existe, c&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral un clich\u00e9. Le metal est le nom de la grande famille dans laquelle on retrouve un vaste nombre de cousins plus ou moins \u00e9loign\u00e9s, avec des esth\u00e9tiques tr\u00e8s fortes pour certains.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9marcations esth\u00e9tiques entre les styles se trouvent partout : dans la musique \u00e9videmment, les tenues des membres des diff\u00e9rents groupes, les tenues du public et la sc\u00e9nographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Une esth\u00e9tique qui est fortement repr\u00e9sent\u00e9e est la \u00ab\u00a0fantasy\u00a0\u00bb. Bien que ce soit surtout sur les pochettes d&rsquo;album, nombre de groupes de heavy ou de power metal comme Rhapsody of fire ou Manowar embrasse cette esth\u00e9tique issue des jeux de r\u00f4les sur table et des livres comme le seigneur des anneaux ou des films de science-fiction. Certains groupes utilisent ces esth\u00e9tiques sur sc\u00e8ne, en plus des pochettes, comme Twilight force, all for metal et Wind Rose.<\/p>\n\n\n\n<p>Les groupes de metal ne s&rsquo;inspirent pas que de la SF, mais aussi de l&rsquo;Histoire avec un grand H. On pense bien s\u00fbr \u00e0 Sabaton dont le combo pantalon treillis et plaque de metal sur le torse du chanteur est iconique. De plus, lors des morceaux en rapport avec l&rsquo;histoire de leur pays (la Su\u00e8de) les membres portent des manteaux militaires su\u00e9dois du XVII\u00e8. Un nom est incontournable quand on parle d&rsquo;histoire et de metal, c&rsquo;est Iron Maiden, les r\u00e9f\u00e9rences historiques sont l\u00e9gion que ce soit dans les titres, les paroles, les sc\u00e8nes, les costumes du chanteur Bruce Dickinson ou sur les pochettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons rester sur Iron Maiden pour faire un petit d\u00e9tour du c\u00f4t\u00e9 des mascottes, Eddie \u00e9tant la mascotte d&rsquo;Iron Maiden et la mascotte la plus connue du metal, pr\u00e9sente sur toutes les pochettes d&rsquo;album du groupe depuis 1980, et sur sc\u00e8ne. La deuxi\u00e8me mascotte la plus connue est probablement Vic Rattlehead du g\u00e9ant du thrash metal Megadeth, elle aussi pr\u00e9sente sur des albums depuis 1985 et sur sc\u00e8ne. Bien que les deux groupes cit\u00e9s soient plut\u00f4t vieux, les mascottes ne sont pas r\u00e9serv\u00e9es aux anciens. La mascotte de Disturbed, groupe de nu metal, est pr\u00e9sente sur tous les albums depuis leur premier en 2000, sauf un, <em>believe<\/em>, album de 2002.<\/p>\n\n\n\n<p>On va revenir sur l&rsquo;esth\u00e9tique des membres pour quelque chose de plus frappant qu&rsquo;un treillis, les masques. Bien que les artistes cachant leur visage existent en dehors du metal (on peut penser aux rappeurs avec des cagoules), c\u2019est dans le metal que cette esth\u00e9tique est la plus d\u00e9velopp\u00e9e. Que ce soit les groupes \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 plus modeste comme Srail (groupe toulousain), les g\u00e9ants iconiques, comme Slipknot ou Ghost, ou les \u00ab\u00a0petits\u00a0\u00bb nouveaux de Sleep Token, le masque permet de poser une identit\u00e9 visuelle forte et marquante, au-del\u00e0 de simplement cacher le visage. Certains groupes ont m\u00eame des tenues de sc\u00e8ne plus \u00ab\u00a0extr\u00eames\u00a0\u00bb voire ridicules comme Gwar, Hevisaurus ou encore Lordi groupe finlandais ayant remport\u00e9 l&rsquo;Eurovision en 2006.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que ces esth\u00e9tiques soient tr\u00e8s repr\u00e9sent\u00e9es, ce ne sont pas les plus&nbsp; iconiques. Ce statut revient au \u00ab\u00a0corpse paint\u00a0\u00bb, esth\u00e9tique iconique du metal et en particulier du black metal, port\u00e9e par des groupes iconiques, Mayhem (dont le chanteur \u00ab\u00a0Dead\u00a0\u00bb \u00e0 initi\u00e9 la coutume) et Behemoth, entre autres. Dans des tyles musicaux moins extr\u00eames, les membres de Kiss et Alice Cooper aborent aussi un corpse paint. Elle consiste \u00e0 recouvrir son visage en blanc et \u00e0 rajouter des motifs noirs. On peut noter que les fans de black metal peuvent \u00e9galement arborer un corpse paint. Souvent, quand les n\u00e9ophytes pensent \u00e0 une esth\u00e9tique particuli\u00e8re des groupes de metal sur sc\u00e8ne, c\u2019est cette image qui leur vient en t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette esth\u00e9tique des membres est quelque chose qui n&rsquo;est pas si fr\u00e9quent, dans la vaste majorit\u00e9 des cas les membres des groupes ont des esth\u00e9tiques plus \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb, qui pourraient \u00eatre des v\u00eatements de tous les jours, comme Cannibal Corpse ou Metallica.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Metallica va nous permettre de parler de l&rsquo;esth\u00e9tique de la sc\u00e8ne et de la sc\u00e9nographie. En effet, Metallica poss\u00e8de deux formes de sc\u00e8nes particuli\u00e8res : une sc\u00e8ne ronde avec un trou au milieu, qui est apparu lors de la tourn\u00e9e de l&rsquo;album <em>72 season<\/em>, et une autre sc\u00e8ne avec un prolongement vers l&rsquo;avant. Pour les jeux de sc\u00e9nographie, il y a des prestations iconiques dans le metal. \u00ab\u00a0Rammstein\u00a0\u00bb, par exemple, poss\u00e8dent une grande sc\u00e8ne et ont un gros jeu pyrotechnique : des lances flammes sont pr\u00e9sents sur la sc\u00e8ne, sur les tours au milieu de la fosse, sur les instruments et m\u00eame sur la t\u00eate des membres. Le groupe poss\u00e8de \u00e9galement des bateaux gonflables pour surfer sur le public. Ces esth\u00e9tiques peu communes des shows est b\u00e9n\u00e9fique pour le paysage du metal, car elles peuvent cr\u00e9er de la curiosit\u00e9 et amener de nouvelles personnes \u00e0 entrer dans le metal.<\/p>\n\n\n\n<p>Une histoire de sc\u00e9nographie l\u00e9gendaire est celle de Gorgoroth, groupe de black metal,&nbsp; dont le concert du 1 f\u00e9vrier 2004 \u00e0 Cracovie est consid\u00e9r\u00e9 comme le \u201cpinacle du black metal\u201d. Sur leur sc\u00e8ne, la premi\u00e8re chose qui saute aux yeux sont les quatre croix en bois o\u00f9 des figurants (deux hommes et deux femmes) sont accroch\u00e9s nus avec des cagoules sur la t\u00eate, accompagn\u00e9s de t\u00eates de mouton plant\u00e9es des piquets. Des morceaux d&rsquo;animaux sont aussi pr\u00e9sents sur le devant de la sc\u00e8ne, accompagn\u00e9s de barbel\u00e9s. Si ce concert est un porte-\u00e9tendard du black metal, c&rsquo;est aussi pour son c\u00f4t\u00e9 provocateur, anti-religieux et pour ses d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec la justice, car en Pologne le blasph\u00e8me est p\u00e9nalement r\u00e9pr\u00e9hensible. Le proc\u00e8s du concert aboutira \u00e0 une confiscation des vid\u00e9os du concert (le DVD du live <em>black mass krakow<\/em> ne sortira qu&rsquo;en 2008), \u00e0 une amende pour l&rsquo;organisateur du concert, une interdiction de revenir en Pologne pour le groupe et des critiques d\u2019associations de protection des animaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais tous les groupes de musique extr\u00eame n&rsquo;ont pas une sc\u00e8ne aussi d\u00e9velopp\u00e9e, que cela soit une question de budget, de contrainte du lieu ou, car ce serait inutile. Par exemple, dans les concerts de hardcore, l&rsquo;accent est mis sur la violence de la musique afin de fournir un exutoire pour le public qui va se \u00ab\u00a0battre\u00a0\u00bb dans la fosse. \u201cIl n&rsquo;y a pas de sc\u00e9nographie c&rsquo;est du hardcore, il n&rsquo;y en a pas besoin\u201d. Cet exutoire fait une transition parfaite pour parler du lien entre le groupe et le public.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dit juste avant, le lien entre les groupes et le public est tr\u00e8s fort dans le hardcore, car la musique est faite pour donner envie au public de se l\u00e2cher : \u201cC&rsquo;est le d\u00e9fouloir, c&rsquo;est une autarcie avec le groupe qui joue\u201d. Les musiciens peuvent eux-m\u00eames aller dans la fosse, voir se faire porter par le public (et ce, pas seulement dans les concerts de hardcore) ce qui renforce ce lien entre artistes et fans. On va revenir une derni\u00e8re fois dans l\u2019antre du black metal o\u00f9 des sous-genres visent un public pr\u00e9cis, ayant des mentalit\u00e9s plus \u201cextr\u00eames\u201d. Le DSBM (Depressive Suicidal Black metal) s\u2019adresse, comme son nom l\u2019indique aux personnes ne se sentant pas bien dans leur peau. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, il y a le metal humoristique, avec des groupes comme Ultra Vomit, o\u00f9 le public vient pour s\u2019amuser.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lien entre le groupe et le public ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 la fin du concert. Il n\u2019est pas que les fans augmentent la visibilit\u00e9 des groupes avec des covers. D\u2019autres parts, certaines communaut\u00e9s sont tr\u00e8s investies sur les changements que peuvent effectuer les groupes. Slipknot et leurs masques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9s plus haut, et \u00e0 chaque fois qu&rsquo;il y a un changement de masque d\u2019un ou plusieurs membres, cela provoque une vague d\u2019engouement sur les diff\u00e9rents r\u00e9seaux sociaux, participant \u00e0 la visibilit\u00e9 du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les fans sont, parfois, un peu trop investis et peuvent devenir des \u00ab\u00a0gardiens de la porte\u00a0\u00bb (<em>gatekeepers<\/em> en anglais), herm\u00e9tique \u00e0 la nouveaut\u00e9. Cette mentalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sente dans les ann\u00e9es 90 &#8211; 2000 avec l&rsquo;apparition du nu-metal et des groupes tel que Ko\u044fn ou Limp Bizkit. Aujourd&rsquo;hui, cette mentalit\u00e9 n&rsquo;a pas disparu et des groupes modernes avec une esth\u00e9tique musicale nouvelle ou un peu diff\u00e9rente comme Sleep Token, \u00e9voqu\u00e9 plus haut, doivent encaisser la haine de ces gardiens pour qui \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas du metal\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait encore parler longuement des esth\u00e9tiques musicales ou des artworks avec certains genres avec des visuels \u00e9tranges et d&rsquo;autres avec des visuels TR\u00c8S \u00c9TRANGE et perturbant. Cependant, nous avons d&rsquo;autres th\u00e8mes \u00e0 aborder, notamment une facette de la sc\u00e8ne metal qui est moins connue, mais qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre creus\u00e9e : l\u2019aspect \u00e9conomique de la sc\u00e8ne metal.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Le spectacle<\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019economie du metal<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>Av\u00e8nement de la m\u00e9diatisation et de l&rsquo;industrialisation du metal<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Le metal dans son ensemble est une innovation musicale r\u00e9sultant de facteurs artistiques, culturels, politiques, sociaux, mais aussi \u00e9conomiques. Le rock dans sa globalit\u00e9 entre en effet dans \u201cl&rsquo;\u00e8re de la m\u00e9diatisation de masse d\u00e8s les ann\u00e9es 70 et devient une industrie tr\u00e8s lucrative pour le monde du spectacle et les maisons de disque\u201d. Dans les ann\u00e9es 80, le metal acquiert de plus en plus d&rsquo;autonomie et son potentiel \u00e9conomique, de plus en plus grand, va permettre l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;une structuration par le biais des m\u00e9dias et des maisons de disque ind\u00e9pendantes des grands groupes de presse ou des majors. Selon l&rsquo;\u00e9conomiste Sahar Milani, cette croissance fait basculer le metal et plus particuli\u00e8rement le heavy metal dans le cadre du \u00abbien culturel\u00bb. Cette expression barbare au premier abord, \u00e9voque l\u2019id\u00e9e d\u2019un bien de consommation v\u00e9hiculant des id\u00e9es, des valeurs symboliques et m\u00eame des mani\u00e8res de vivre, et ce, \u00e0 \u00e9chelle mondiale. Cette propagation passe par l\u2019\u00e9coute de musique via des plateformes de streaming, des cd ou de la radio dans une moindre mesure, mais aussi par des concerts live et de la publicit\u00e9. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Ainsi, la musique metal gagne en popularit\u00e9 gr\u00e2ce, en majeure partie, \u00e0 la publicit\u00e9 faite par le bouche-\u00e0-oreille qui se d\u00e9veloppe sur les r\u00e9seaux sociaux comme \u00e9voqu\u00e9s plus haut. Les salles de concert sont donc de plus en plus remplies et les recettes des entr\u00e9es toujours plus cons\u00e9quentes. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la popularit\u00e9 commerciale du metal doit sa renomm\u00e9e \u00e0 la mise en place d&rsquo;un v\u00e9ritable merchandising mondialis\u00e9, dont nous verrons les caract\u00e9ristiques plus tard. Dans un contexte g\u00e9ographique plus local, le ph\u00e9nom\u00e8ne musical va \u00e9galement prendre de l&rsquo;ampleur gr\u00e2ce \u00e0 des associations musicales ind\u00e9pendantes qui promeuvent de plus petits groupes en leur permettant de jouer sur sc\u00e8ne r\u00e9guli\u00e8rement, comme nous allons le voir d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\">Autonomisation et ind\u00e9pendantisation de la structure musicale<\/mark><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Loin des grandes industries musicales, le ph\u00e9nom\u00e8ne se d\u00e9veloppe \u00e9galement par le biais de petites associations ind\u00e9pendantes et auto-entreprenantes. Le but de celles-ci est de programmer de toute notori\u00e9t\u00e9 dans des caf\u00e9s concerts, des bars, des salles de quartiers ou bien dans des maisons de jeunesse. Les membres de ces associations participent de plus en plus \u00e0 la programmation de deux formes d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements musicaux uniquement d\u00e9di\u00e9s au metal : \u00ab les concerts dans des salles priv\u00e9es de taille interm\u00e9diaire et les festivals de petite et moyenne taille \u00bb. C&rsquo;est donc le cas de Noiser, association ind\u00e9pendante \u00e0 but non lucratif et qui constitue la seule source de revenus de ses trois salari\u00e9s (deux sont administrateurs de production et le troisi\u00e8me est r\u00e9gisseur). Ils poss\u00e8dent ainsi le statut d\u2019intermittents du spectacle, statut exclusivement fran\u00e7ais. Par ailleurs, lors de notre entretien avec Nicolas Bastide, nous avons appris que l\u2019intermittence est une structure \u00e9conomique qui co\u00fbte tr\u00e8s cher pour l&rsquo;association faisant jouer les artistes, qui b\u00e9n\u00e9ficient \u00e9galement de ce statut pour la plupart. \u201cPar exemple, une personne que l\u2019on fait jouer et qui poss\u00e8de le statut d\u2019intermittent co\u00fbte environ 350 et 400 euros par date. La majorit\u00e9 des plateaux sont pay\u00e9s entre 2000 et 4000 euros environ\u201d. De ce fait, puisque c\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement le cas dans les associations similaires \u00e0 Noiser, les tickets des concerts de metal en France sont plus chers que ceux d\u2019autres territoires \u00e9trangers et extra-europ\u00e9ens. Une autre raison est que le territoire fran\u00e7ais et le territoire europ\u00e9en largement pl\u00e9biscit\u00e9 pour la culture metal. Nicolas nous explique cependant qu\u2019en ce qui concerne l\u2019esprit et la logique de son association, il souhaite que les prix des places de concert organis\u00e9 par <em>Noiser <\/em>soient raisonnables, afin que les concerts de metal restent accessibles au plus grand nombre. Selon lui, il faut qu\u2019il y ait \u201cun juste prix entre ce que l\u2019on [Noiser] paie et ce que le public paie\u201d. Cette forme de partage \u00e9quitable est notamment rendue possible gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration entre Noiser et la plateforme Festik, un logiciel de billetterie en ligne, qui permet au public d\u2019avoir des billets \u00e0 prix abordable.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Au d\u00e9but, le budget de l&rsquo;association \u00e9tait assez restreint et leur permettait d&rsquo;organiser des concerts avec des petits groupes r\u00e9gionaux ou familiers, mais petit \u00e0 petit, la fr\u00e9quence des concerts a augment\u00e9 et avec elle la diversification des salles et la qualit\u00e9 de la production des \u00e9v\u00e8nements. Aujourd&rsquo;hui, Noiser programme entre 30 et 50 dates par an et organise \u00e9galement des \u00e9v\u00e8nements artistiques tels que Grand Sabbah qui r\u00e9unissent, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un festival, plusieurs groupes dont les performances se suivent et qui entretiennent entre eux une forme de coh\u00e9rence artistique en conservant des th\u00e8mes communs. Cette logique de marketing qui, tout comme le reste des concerts organis\u00e9s par Noiser est cens\u00e9e attirer le public, est intens\u00e9ment relay\u00e9e par le biais des r\u00e9seaux sociaux tels que Facebook ou Instagram, mais aussi par les mails et les newsletters de l&rsquo;association qui pr\u00e9sentent aujourd\u2019hui de meilleurs acquis financiers et de meilleurs r\u00e9sultats que la communication physique. Si Noiser est compl\u00e8tement d\u00e9tach\u00e9e du minist\u00e8re de la Culture, elle doit en partie son d\u00e9veloppement financier \u00e0 la structure associative toulousaine REGARTS, chez qui elle est en couveuse depuis 2021 et qui lui a permis l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un payroll (liste des employ\u00e9s d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 ou d&rsquo;un organisme, qui sp\u00e9cifie pour chacun le salaire ou les d\u00e9fraiements dont il doit faire l&rsquo;objet). Gr\u00e2ce \u00e0 REGARTS, l&rsquo;association a notamment pu avoir acc\u00e8s \u00e0 des bureaux et s&rsquo;allier avec de nombreuses personnes. C&rsquo;est donc une structure qui se d\u00e9veloppe \u00e9conomiquement sur le mod\u00e8le de l&rsquo;aspect associatif exclusivement. La ville de Toulouse est ainsi dot\u00e9e d&rsquo;une bonne programmation au niveau des concerts de metal ce qui n&rsquo;est pas le cas d&rsquo;autres zones g\u00e9ographiques plus excentr\u00e9es. Cette programmation r\u00e9sulte en effet toujours de la bonne volont\u00e9 des organisateurs et des tourneurs locaux, qui ne sont pas toujours assur\u00e9s de la rentabilit\u00e9 de certains concerts du fait de la pr\u00e9sence et de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du public dont le potentiel est plus faible que dans les grandes villes.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>Le merchandising, une v\u00e9ritable inclusion dans le circuit commercial<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui rapporte le plus aux groupes de metal, c&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement les festivals mais aussi le merchandising car ils repr\u00e9sentent une compensation financi\u00e8re aux tourn\u00e9es qui ne renflouent pas les caisses. Selon Nicolas, les tourn\u00e9es sont \u00e0 perte environ 90% du temps. Puisque la culture metal poss\u00e8de ses propres styles vestimentaires et accessoires, nous avons vu appara\u00eetre au fil des d\u00e9cennies l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un v\u00e9ritable merchandising, c&rsquo;est-\u00e0-dire : \u201cla vente de produits d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;image d&rsquo;un groupe ou d&rsquo;un artiste\u201d, qui repr\u00e9sente une aubaine pour l&rsquo;industrie du disque en g\u00e9n\u00e9ral, mais \u00e9galement d&rsquo;\u00e9normes enjeux \u00e9conomiques. En effet, petit \u00e0 petit, une marchandisation de produits indissociables d&rsquo;un genre ou d\u2019un groupe musical sp\u00e9cifique et propre aux musiques extr\u00eames appara\u00eet et se propage internationalement. De ce fait, de nombreuses boutiques ouvrent et prolif\u00e8rent sur le march\u00e9 depuis les ann\u00e9es 80 et utilisent \u00e9galement la vente \u00e0 distance en offrant une gamme de produits \u00e9tendue. Ces produits int\u00e9ressent un public de plus en plus grand et permettent de donner davantage de visibilit\u00e9 au genre musical. Lors des gros concerts de metal, la vente de produits propres au groupe, cr\u00e9\u00e9s au pr\u00e9alable par des entreprises ou des associations collaboratives ext\u00e9rieures, est de plus en plus courante et lui permet, ainsi qu\u2019\u00e0 son agence, de renforcer financi\u00e8rement le b\u00e9n\u00e9fice d\u00e9j\u00e0 apport\u00e9 par les entr\u00e9es, et donc ses revenus globaux. Ainsi, en guise de souvenir d\u2019un show largement appr\u00e9ci\u00e9, l\u2019objet le plus vendu lors des concerts de rock et de metal reste le fameux \u201ct-shirt&nbsp; \u00e0 manche courte\u201d, accompagn\u00e9 du logo ou d\u2019un autre motif symbolisant le groupe, tel que le r\u00e9v\u00e8le l\u2019\u00e9tude am\u00e9ricaine recens\u00e9e par Clara Lemaire dans son article paru le 22 mars 2024 dans la revue \u00e9lectronique <em>Rock &amp; Folk<\/em>. Un autre article, publi\u00e9 par le photographe sp\u00e9cialis\u00e9 dans la musique Eric Canto le 19 septembre 2024, r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement que l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments participant au succ\u00e8s du festival fran\u00e7ais du <em>Hellfest, <\/em>est son merchandising. En effet, celui-ci est \u201cun moyen de g\u00e9n\u00e9rer des revenus suppl\u00e9mentaires pour le festival, mais c\u2019est \u00e9galement un moyen de renforcer l\u2019image de marque du festival\u201d, et donc sa promotion. Les produits d\u00e9riv\u00e9s du <em>Hellfest <\/em>sont ainsi vendus sur place durant les trois jours de festival et dans diff\u00e9rentes zones d\u00e9di\u00e9es telles que le \u201cHellcity square<em>\u201d, <\/em>le <em>&nbsp;\u201c<\/em>metal Corner<em>\u201d <\/em>ou encore le \u201cmetal Market\u201d. Ils sont ainsi vendus \u00e0 des prix raisonnables, allant de 5 \u00e0 60 euros, afin d\u2019attirer un maximum de clients. Les concerts et les festivals servent donc d\u2019interm\u00e9diaire \u00e0 la marchandise de produits d\u00e9riv\u00e9s de l\u2019image du groupe ou de l\u2019artiste qui performe, et font ainsi marcher le merchandising du metal \u00e0 un niveau mondial.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;Cependant, ce type de merchandising ne profite qu&rsquo;aux groupes mondialis\u00e9s dont les revenus ne cessent d&rsquo;augmenter. Les plus petits groupes, conscients de l&rsquo;impact des possibles retomb\u00e9es \u00e9conomiques et de l&rsquo;impact publicitaire, choisissent plut\u00f4t de faire fabriquer leur propre merchandising qu&rsquo;ils vendent ensuite directement dans leurs concerts ou par le biais de leur label.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">L\u2019importance des concerts li\u00e9e \u00e0 l\u2019absence du metal dans les m\u00e9dias<\/h5>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>Une sous repr\u00e9sentation dans les m\u00e9dias traditionnels<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Le public metal est plus nombreux que les m\u00e9dias traditionnels ne le laissent supposer. Selon l\u2019\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Ipsos pour le CNM en 2023 intitul\u00e9e \u201cLe barom\u00e8tre des usages de la musique en France\u201d, 16% des sond\u00e9s \u00e9coutant de la musique \u00e9coutent r\u00e9guli\u00e8rement du metal. Cependant, les m\u00e9dias traditionnels comme la presse ou la radio passent ce genre de musique sous silence.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, dans le monde la presse g\u00e9n\u00e9raliste (type le Monde, le Figaro\u2026), moins de 2% des articles consacr\u00e9s \u00e0 la musique sont orient\u00e9s sur la musique metal. En ce qui concerne la radio, le CNM a r\u00e9alis\u00e9 une \u00e9tude intitul\u00e9e \u201cdiversit\u00e9 musicale\u201d en 2023. Or, lors de l\u2019\u00e9tude, l\u2019institut a choisi de m\u00e9langer deux genres pourtant distincts : le rock et le metal. Cet amalgame a un double effet : d\u2019abord celui de largement surestimer les audiences r\u00e9alis\u00e9es par le metal, car il est combin\u00e9 au rock (si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Ipsos pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9e, le rock est g\u00e9n\u00e9ralement 2 \u00e0 3 fois plus \u00e9cout\u00e9 que le metal). Secondement, l\u2019existence d\u2019un tel amalgame au sein d\u2019une institution cr\u00e9\u00e9 et plac\u00e9e sous la tutelle du minist\u00e8re de la Culture t\u00e9moigne d\u2019un r\u00e9el manque de connaissance sur le sujet \u00e9tudi\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Venons-en aux chiffres, selon cette \u00e9tude du CNM, le panel de radio \u00e9tudi\u00e9s diffuserait 13,4% de metal. Encore une fois, ce chiffre est largement sur\u00e9valu\u00e9 en raison du cumul avec le rock. N\u00e9anmoins, il reste assez repr\u00e9sentatif de la sous repr\u00e9sentation du metal subi par les m\u00e9dias traditionnels et la politique.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant mes recherches, je suis \u00e9galement tomb\u00e9 sur un extrait provenant de \u201cMinute papillon\u201d, une \u00e9mission sur France Bleu anim\u00e9e par Sidonie Bonnec. Lors de cette \u00e9mission dans laquelle elle re\u00e7oit Christian Eudeline, on peut observer celui-ci qui est consid\u00e9r\u00e9 comme quelqu\u2019un qui conna\u00eet la culture metal : \u201cHeureusement que vous \u00eates l\u00e0 Chrisitian pour nous en parler\u201d. De plus, ce dernier est l\u2019auteur de plusieurs livres concernant la culture rock, metal et punk. Malgr\u00e9 cela, lorsqu\u2019il pr\u00e9sente Gojira, qui, rappelons-le, est le plus grand groupe de metal fran\u00e7ais avec des ventes estim\u00e9s \u00e0 plusieurs millions \u00e0 travers le monde et plus d\u2019un milliard de stream sur Spotify, fait l\u2019erreur de dire que le groupe n\u2019a que 10 ans alors que la formation dure depuis plus de 25 ans. Ceci n\u2019est qu\u2019une erreur parmi celle qu\u2019il a pu dire au micro d\u2019une radio prenant ses propos tr\u00e8s au s\u00e9rieux. Ainsi, m\u00eame si le metal a le droit \u00e0 quelques intervenants \u00e0 la radio, on se rend vite compte que leurs interventions sont remplies de st\u00e9r\u00e9otypes et que les chroniqueurs ne sont pas suffisamment qualifi\u00e9s pour \u00eatre si attentivement \u00e9cout\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>Un public tr\u00e8s investi<\/strong><\/mark>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, malgr\u00e9 le fait que les m\u00e9dias parlent tr\u00e8s peu de la sc\u00e8ne metal, celle-ci est souvent haut plac\u00e9e dans les audiences. Lorsque l\u2019on se penche sur d\u2019autres pages de l\u2019\u00e9tude du CNM, on peut apprendre que, les sond\u00e9s qui d\u00e9clarent que le genre de musique qu\u2019ils \u00e9coutent le plus est le metal, \u00e9coutent en moyenne 2 h 44 de musique par jour (deuxi\u00e8me position dans le tableau, apr\u00e8s les musiques \u00e9lectroniques). Pour continuer dans ce sens, une des personnes interrog\u00e9es \u00e0 Axis Musique pour un concert de metal nous a justement confi\u00e9 qu\u2019elle \u00e9coutait beaucoup de genre musicaux et surtout en streaming.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre exemple, le dernier album de Linkin Park n\u2019a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une grande promotion en France : le groupe est uniquement pass\u00e9 sur la cha\u00eene YouTube d\u2019NRJ ne comptant que 300k abonn\u00e9s, peu de mentions du nouvel album dans les radios grand public et aucun passage \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise. En d\u00e9pit de cette non-m\u00e9diatisation, \u201cFrom Zero\u201d a tout de m\u00eame d\u00e9but\u00e9 en premi\u00e8re position dans les charts et se maintient dans le top 10 huit semaines apr\u00e8s sa sortie. Un certain nombre de facteurs entre en compte dans les raisons de la r\u00e9ussite de cet album comme la m\u00e9diatisation de l\u2019album par les metalleux eux-m\u00eames au travers de YouTube par exemple. D\u2019autre part, le rejet du metal par les m\u00e9dias traditionnels a engendr\u00e9 une \u00e9coute accrue par le streaming, les supports physiques et la biblioth\u00e8que num\u00e9rique personnelle.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>D\u00e9couverte de nouveaux groupes par les \u00e9v\u00e8nements live<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Puisque les m\u00e9dias traditionnels rejettent la culture metal, mais que les personnes en \u00e9coutant sont tr\u00e8s investies dans leur culture, la d\u00e9couverte de nouveaux groupes peut se faire par le live. Et en effet, toujours dans l\u2019\u00e9tude du CNM, on apprend que c\u2019est le public qui d\u00e9couvre le plus souvent dans des \u00e9v\u00e8nements live pour d\u00e9couvrir de nouveaux groupes.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, lors d\u2019un de nos petits entretiens informels r\u00e9alis\u00e9s devant des concerts \u00e0 Toulouse, nous avons appris que trois personnes sur six venaient \u00e0 cette soir\u00e9e pour d\u00e9couvrir de nouveaux groupes. Bien entendu, la taille de l\u2019\u00e9chantillon est tr\u00e8s loin d\u2019\u00eatre assez grande pour \u00eatre qualifi\u00e9e de repr\u00e9sentative. N\u00e9anmoins, ces personnes confirment ce que le CNM avait relev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><mark class=\"has-inline-color has-foreground-color\"><strong>L\u2019importance des associations locales<\/strong><\/mark><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque nous avons demand\u00e9 \u00e0 Nicolas quelles sont les raisons qui l\u2019ont pouss\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er Noiser, il nous a dit : \u201dparce qu&rsquo;il n&rsquo;y avait personne qui faisait ce qu&rsquo;on voulait voir.\u201d La r\u00e9ponse para\u00eet simple, mais t\u00e9moigne en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une non-diffusion d\u2019un genre de musique entier sur une zone g\u00e9ographique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, une personne lui a affirm\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il r\u00e9fl\u00e9chissait \u00e0 cr\u00e9er l\u2019association : \u201csi tu le fais pas, quelqu&rsquo;un le fera \u00e0 ta place\u201d. La m\u00eame personne lui ajoute : \u201cfais le d&rsquo;abord pour toi, et apr\u00e8s pour les autres\u201c. Bien que ces phrases sonnent un peu bateau, elles mettent en exergue le besoin d\u2019avoir du metal \u00e0 Toulouse. Si l\u2019on r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la personne qui lui a d\u00e9clar\u00e9 ces mantras, que ce soit Nicolas ou quelqu\u2019un d\u2019autre, une association se serait form\u00e9e pour promouvoir ce genre de musique dans la ville rose.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, comme le fondateur de Noiser le dit lui-m\u00eame, cr\u00e9er une telle association n\u2019est pas une t\u00e2che ais\u00e9e : \u201cnous, il n&rsquo;y a personne qui nous a aid\u00e9 \u00e0 faire \u00e7a. Personne qui nous a dit, vas-y, fais ci, fais \u00e7a\u201d et \u201cpersonne m&rsquo;a dit au CNM, \u201ctiens Nicolas, voil\u00e0, cette petite valise avec tout ce qu&rsquo;il faut dedans\u201d. L\u2019apprentissage compl\u00e8tement autodidacte de ce m\u00e9tier aux multiples facettes est tout sauf une t\u00e2che facile. D\u2019ailleurs, si l\u2019on se fie aux amis de Gabin Lacam qui r\u00e9side \u00e0 Marseille, il y a bien moins de concert de metal l\u00e0-bas qu\u2019\u00e0 Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, nous avons la chance de b\u00e9n\u00e9ficier de Noiser sur le bassin toulousain et nous nous devons de ch\u00e9rir ce genre d\u2019association qui nous permet d\u2019\u00e9couter une musique rejet\u00e9e des m\u00e9dias traditionnels malgr\u00e9 sa riche culture pr\u00e9sente aussi bien dans sa musique que dans sa sc\u00e9nographie ou que son apport dans le tissu social local !<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>R\u00e9f\u00e9rences <\/em><\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p>1&nbsp;<strong>&nbsp;<\/strong>G\u00e9r\u00f4me Guibert et Fabien Hein, \u00ab <em>Les Sc\u00e8nes metal<\/em> \u00bb, <em>Volume!<\/em> [En ligne], 5 : 2 | 2006, mis en ligne le 15 septembre 2009, URL : http:\/\/journals.openedition.org\/volume\/456 ; DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/volume.456\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/volume.456<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><br>2 G\u00e9r\u00f4me Guibert, \u00ab <em>Les sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles de la production de musique metal. Le cas de l\u2019industrie de la musique live en France <\/em>\u00bb, <em>Volume !<\/em> [En ligne], 15 : 2 | 2019, mis en ligne le 01 janvier 2022&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;3<strong>&nbsp;<\/strong>G\u00e9r\u00f4me Guibert et Fabien Hein, \u00ab <em>Les Sc\u00e8nes metal<\/em> \u00bb, <em>Volume !<\/em> [En ligne], 5 : 2 | 2006, mis en ligne le 15 septembre 2009, URL : http:\/\/journals.openedition.org\/volume\/456 ; DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/volume.456\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/volume.456<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>4 G\u00e9r\u00f4me Guibert, \u00ab <em>Les sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles de la production de musique metal. Le cas de l\u2019industrie de la musique live en France<\/em> \u00bb, Volume ! [En ligne], 15 : 2 | 2019, mis en ligne le 01 janvier 2022<\/p>\n\n\n\n<p>5 \u201c<em>Le plus c\u00e9l\u00e8bre salon de tatouage de Toulouse sort la grosse artillerie pour f\u00eater son anniversaire<\/em>\u201d ActuToulouse, publi\u00e9 le 6 octobre 2024: <a href=\"https:\/\/actu.fr\/occitanie\/ramonville-saint-agne_31446\/le-plus-celebre-salon-de-tatouage-de-toulouse-sort-la-grosse-artillerie-pour-feter-son-anniversaire_61650331.html\">https:\/\/actu.fr\/occitanie\/ramonville-saint-agne_31446\/le-plus-celebre-salon-de-tatouage-de-toulouse-sort-la-grosse-artillerie-pour-feter-son-anniversaire_61650331.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>6 L\u2019association REGARTS notamment, concernant la partie administrative.<\/p>\n\n\n\n<p>7 Entretien r\u00e9alis\u00e9 le 18\/12\/2024.<\/p>\n\n\n\n<p>8 Entretiens r\u00e9alis\u00e9s le 24\/11\/2024 lors du concert de Get The Shot ainsi que le 08\/11\/2024 lors d\u2019une soir\u00e9e organis\u00e9e \u00e0 Axis Musique.<\/p>\n\n\n\n<p>9 url: https:\/\/blabbermouth.net\/news\/how-ronnie-james-dio-popularized-devils-horns-hand-gesture<\/p>\n\n\n\n<p>10 &nbsp;\u201c Bouger violemment la t\u00eate\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>11 <a href=\"https:\/\/hardforce.com\/actu\/15743\/tom-araya-regrette-le-headbanging\">https:\/\/hardforce.com\/actu\/15743\/tom-araya-regrette-le-headbanging<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>12 <a href=\"https:\/\/www.tsugi.fr\/pogo-or-not-pogo\/\">https:\/\/www.tsugi.fr\/pogo-or-not-pogo\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>13 <a href=\"https:\/\/www.flodance.com\/articles\/5066601-what-is-slam-dancing\">https:\/\/www.flodance.com\/articles\/5066601-what-is-slam-dancing<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>14 <a href=\"https:\/\/prettylittlesound.com\/hardcore\/le-mosh-art-de-danser-le-punk-hardcore\/\">https:\/\/prettylittlesound.com\/hardcore\/le-mosh-art-de-danser-le-punk-hardcore\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>15 surfeur de foule\u201d<\/p>\n\n\n\n<p><br>16 <a href=\"https:\/\/www.tf1info.fr\/culture\/un-mort-lors-dun-concert-de-suicidal-tendencies-en-suisse-1539479.html\">https:\/\/www.tf1info.fr\/culture\/un-mort-lors-dun-concert-de-suicidal-tendencies-en-suisse-1539479.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>17 <a href=\"https:\/\/loudwire.com\/wall-of-death-mosh-pit-where-from-origin\/\">https:\/\/loudwire.com\/wall-of-death-mosh-pit-where-from-origin\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>18 <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=F0etYsQjlI8\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=F0etYsQjlI8<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>19 Je me suis cass\u00e9 le poignet pendant cet \u00e9v\u00e8nement et plusieurs personnes \u00e9taient \u00e9corch\u00e9s au poste de secours.<\/p>\n\n\n\n<p>20 <a href=\"https:\/\/www.maxisciences.com\/histoire\/pourquoi-les-metalleux-ont-ils-les-cheveux-longs_art44282.html\">https:\/\/www.maxisciences.com\/histoire\/pourquoi-les-metalleux-ont-ils-les-cheveux-longs_art44282.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>21 <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=YTG7yCsI4ds\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=YTG7yCsI4ds<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>22 <a href=\"https:\/\/metal.nightfall.fr\/index_12411_gorgoroth-black-mass-krakw-2004.html\">https:\/\/metal.nightfall.fr\/index_12411_gorgoroth-black-mass-krakw-2004.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>23 Extrait d\u2019entretien avec le public, 8 novembre 2024, concert de The RedMoths \u00e0 axis music<br><\/p>\n\n\n\n<p>24 Extrait d\u2019entretien avec le public, 24 novembre 2024, concert de Get The Shot au Rex, Toulouse&nbsp;<br><br>25 Fabien Hein, <em>HARD ROCK histoire, cultures, HEAVY metal et pratiquants metal, Musique et soci\u00e9t\u00e9, 2003, p.45<\/em><br>26 <a href=\"https:\/\/inomics.com\/fr\/blog\/the-economics-of-heavy-metal-music-1542565#:~:text=De%20nos%20jours%2C%20la%20plupart,habitants%20en%202021%20et%202022.\">https:\/\/inomics.com\/fr\/blog\/the-economics-of-heavy-metal-music-1542565#:~:text=De%20nos%20jours%2C%20la%20plupart,habitants%20en%202021%20et%202022.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>27 G\u00e9r\u00f4me Guibert, \u00ab Les sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles de la production de musique metal. Le cas de l\u2019industrie de la musique live en France \u00bb, Volume ! [En ligne], 15 : 2 | 2019, mis en l\u00e0 partir de 2010, croissance significative des concerts de metal, p.8<\/p>\n\n\n\n<p>28 Entretien avec Nicolas, administrateur de production de l&rsquo;association <em>Noiser <\/em>r\u00e9alis\u00e9<em> <\/em>le<em> 18 d\u00e9cembre 2024<\/em><br><br>29 Entretien avec Nicolas, administrateur de production de l&rsquo;association <em>Noiser <\/em>r\u00e9alis\u00e9<em> <\/em>le<em> 18 d\u00e9cembre 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>30 Fabien Hein, <em>HARD ROCK histoire, cultures, HEAVY metal et pratiquants metal, Musique et soci\u00e9t\u00e9, 2003, p.145<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>31 <a href=\"https:\/\/www.rocknfolk.com\/news\/une-etude-americaine-revele-les-groupes-qui-vendent-le-plus-de-merchandising\/345837\">https:\/\/www.rocknfolk.com\/news\/une-etude-americaine-revele-les-groupes-qui-vendent-le-plus-de-merchandising\/345837<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>32 <a href=\"https:\/\/www.ericcanto.com\/le-merchandising-du-hellfest-en-6-points\/\">https:\/\/www.ericcanto.com\/le-merchandising-du-hellfest-en-6-points\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>33 <a href=\"https:\/\/magazin.epjt.fr\/metal-dans-les-medias-et-je-coupe-le-son\">https:\/\/magazin.epjt.fr\/metal-dans-les-medias-et-je-coupe-le-son<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>34 <a href=\"https:\/\/www.chartsinfrance.net\/communaute\/index.php?\/topic\/88548-les-ventes-de-gojira-le-groupe-de-metal-fran%C3%A7ais-1-premier-disque-dor\/\">https:\/\/www.chartsinfrance.net\/communaute\/index.php?\/topic\/88548-les-ventes-de-gojira-le-groupe-de-metal-fran%C3%A7ais-1-premier-disque-dor\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>35 <a href=\"https:\/\/kworb.net\/spotify\/artist\/0GDGKpJFhVpcjIGF8N6Ewt_songs.html\">https:\/\/kworb.net\/spotify\/artist\/0GDGKpJFhVpcjIGF8N6Ewt_songs.html<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>PMH 6.1\/6.2 (2011) 116-134] Popular Music History (print) ISSN 1740-7133 doi:10.1558\/pomh.v6i1\/2.116 Popular Music History (online) ISSN 1743-1646<\/p>\n\n\n\n<p>Countercultures Jeremy Wallach Alexandra Levine \u2018I want you to support local metal\u2019: A theory of metal scene formation<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9par\u00e9 et r\u00e9dig\u00e9 par Gabin Lacam Brouard, Gabin Cheveux, Lucas Cerny, Ang\u00e9lina Sierra, Lola Cornuet-Gazel et Lou-Ann Theul\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers l\u2019histoire de NOISER, mais aussi de sources externes, nous explorerons comment les concerts participent non seulement \u00e0 la vitalit\u00e9 musicale, mais aussi \u00e0 la construction d\u2019une v\u00e9ritable communaut\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle locale et internationale.&nbsp; Un entretien avec Nicolas Bastide, un salari\u00e9 de Noiser, enregistr\u00e9 dans les locaux de la biblioth\u00e8que universitaire centrale du Mirail [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1127,"featured_media":0,"parent":31,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-2850","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2850","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1127"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2850"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2850\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3488,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2850\/revisions\/3488"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/31"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/scemuto\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2850"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}