Fortement inspiré par les théories socioculturelles d’apprentissage (Vygotsky, 1986) et convaincu de la nécessité de re-conceptualiser la recherche en acquisition langagière pour y réintégrer le rôle des facteurs contextuels et socioculturels (Firth & Wagner, 1997; Norton, 2000, 2013), le projet SOFRA vise à comprendre l’appropriation du français par les demandeurs d’asile syriens apprenant le français en France. 36 informateurs ont été recrutés dans la région Occitanie pour une étude longitudinale constituée de trois sessions au cours d’environ 10 mois, contribuant des données langagières et socioculturelles constituées de récits de fiction dans les deux langues concernées (arabe syrien L1, français L2), de discours argumentatifs dans les deux langues, d’entretiens bilingues, d’un test de niveau langagier, et d’un mini-questionnaire sur les valeurs personnelles. Un sous-groupe (N=10) d’informateurs a également contribué des productions écrites dans le cadre d’ateliers volontaires de rédaction où ils pouvaient recevoir une aide personnalisée.
Le projet SOFRA a permis de monter un protocole multidisciplinaire visant à comprendre les mécanismes d’apprentissage par une population peu visible, et peu étudiée (van Tubergen, 2010; Véronique, 2021). Le corpus généré permet d’explorer plusieurs nouvelles perspectives de recherche en acquisition d’une langue additionnelle à travers un prisme socioculturel.