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Nord-Sud IV – La Rochelle 2022

affiche RNS4

Lieu : La Rochelle (17)
Date : 27 au 30 avril 2022
Thème : La place des morts chez les vivants, Architectures, Mémoires et Rituels, de la fin du Mésolithique à l’âge du Bronze

Les 4e Rencontres Nord-Sud se proposaient d’aborder la question des relations entre les structures funéraires et leur environnement, de la fin du Mésolithique à l’âge du Bronze. Tenu à l’université de La Rochelle (Charente-Maritime, Nouvelle-Aquitaine) en avril 2022, ce colloque cherchait notamment à interroger la place du défunt et du sacré dans les sociétés et les paysages anciens, à discuter de l’organisation spatiale des sépultures isolées et des nécropoles, et de l’intégration de ces dernières dans le paysage et le monde des vivants. L’idée étant de balayer, d’un point de vue diachronique (continuités ? ruptures ?), l’évolution de la place du mort et du sacré dans les sociétés anciennes, de l’organisation des structures funéraires (tombes isolées, nécropoles) à l’intégration de celles-ci dans le milieu naturel et parmi les vivants. En d’autres termes, l’architecture funéraire, les pratiques d’inhumation et les objets associés dans les tombes sont l’émanation des organisations sociales et en ce sens elles nous instruisent sur les fonctionnements de ces sociétés.
Nous savons déjà que toutes les populations passées ne sont pas représentées dans les ensembles funéraires étudiés, toutefois les recrutements peuvent nous renseigner sur l’état de la société.

Trois thèmes principaux ont été abordés sous forme de sessions :

Le mort

Cette première session concernait les gestes funéraires et le recrutement des individus.
Il s’agissait de s’interroger sur la question de la variabilité des pratiques funéraires sur une même période chrono-culturelle et sur la longue durée en termes d’évolution, de continuité ou de rupture des pratiques sur des territoires comparables. Le polymorphisme, lorsqu’il est constaté, reflète le statut des défunts selon les périodes et les cultures. Comment comprendre les différentes pratiques funéraires, comme le passage de l’incinération à l’inhumation (et inversement), de la sépulture individuelle à la tombe collective, de l’inhumation isolée à la nécropole à l’échelle d’une période, ou d’une région dans les organisations socio-politiques ?
Si le recrutement des individus est un aspect essentiel à la compréhension des mécanismes sociaux, il est difficile à aborder pour les sociétés anciennes. Le développement de nouvelles méthodes d’investigation sur les squelettes eux-mêmes telles que les recherches sur l’ADN ancien mais également les analyses isotopiques du strontium par exemple, permettent d’aborder les relations de parenté, les sexes, les âges, les territoires d’origine et ceux sur lesquels ils sont inhumés, les régimes alimentaires, les migrations de population au cours de cette longue période.

Dans la tombe

Après l’examen du défunt lui-même et du traitement qui lui est accordé, il convenait de se pencher sur l’organisation et la nature des mobiliers qui l’accompagnent dans la tombe.
La sélection des objets déposés amène à réfléchir sur la valorisation de certaines productions matérielles accompagnant les défunts. Les angles de réflexion sont nombreux et nous souhaitons privilégier les questions de la présence ou de l’absence des productions valorisées dans l’un des deux espaces (funéraire/vivant) ou bien
dans les deux, du rapport entre genre et typologie des matériaux d’accompagnement. Enfin, il nous semble essentiel d’introduire dans cette réflexion les approches fonctionnelles réalisées sur ces dépôts. Ainsi le croisement et la comparaison des analyses menées sur les mobiliers (céramique, parure, etc.) en contexte funéraire versus contexte d’habitat permettront d’aborder la place des productions matérielles/idéelles socialement valorisées et disposées dans les tombes.
S’agit-il d’objets déjà utilisés ou produits pour l’occasion ? quelle est leur organisation dans la tombe ?

Le mort parmi les vivants

L’intégration spatiale des lieux dédiés aux morts bénéficie aujourd’hui de moyens d’investigations puissants (prospections géophysiques par exemple) pour revenir sur l’espace consacré aux morts et au sacré et de son intégration au sein des territoires. L’architecture funéraire constitue un élément pour évaluer la visibilité des emplacements lorsqu’elle est monumentale, mais aussi de l’investissement consenti socialement dans la réalisation de ces constructions qui seront là aussi à mettre en perspective avec l’habitat.
De manière indirecte, il s’agissait de s’interroger sur les choix des environnements naturels sélectionnés par les communautés humaines pour y inhumer leurs morts.
Quelle est la visibilité des monuments funéraires dans le paysage ? Délimitent-ils des espaces culturels ? Qu’en est-il de la réappropriation d’anciennes sépultures néolithiques –tumulus ou grottes par exemple– réoccupées par des cultures différentes ? Existe-t-il une pérennité de certains espaces sacrés ?
La question des structures sans défunts (enclos circulaires, fosses avec dépôt particulier) a également été abordée sous l’angle de la taphonomie (érosion) ou d’une gestuelle volontaire.

Cette année le colloque a été organisé sous l’égide d’InterNéo, en collaboration avec l’APRAB et les RMPR, et en partenariat avec le service archéologique du Département de la Charente-Maritime.

Université de La Rochelle (Charente-Maritime, Nouvelle-Aquitaine)

Retrouvez le programme original de ces rencontres ici.

Les actes en ont été publiés en 2024 par l’Association des Publications Chauvinoises.

Adhérer

Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente
La Chartreuse
15, rue Marengo
13006 Marseille

mail : contact@rmpr.fr

Bibliographie des RMPR et des RNS

Liste des références bibliographiques publiées dans les Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente (RMPR) et des Rencontres Nord-Sud (RNS) telles que saisies dans le groupe Zotero BDA_biblio.

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