Lettre ouverte de l’AG des étudiant.es de psychologie à leurs enseignant.es (19/10/2026)

Chers professeurs et personnels de l’UFR de psychologie,

Il vous a été proposé de vous réunir aujourd’hui sur demande de votre présidente pour
décider des modalités de reprise de nos cours. Madame Garnier nous a envoyé un mail
nous laissant à penser que nous allions discuter, étudiants et professeurs, des modalités de
reprise d’activité pédagogique, tout en affichant simultanément un calendrier de
fonctionnement décidé par avance. De qui se moque-t-on ?

Nous dénonçons un discours politique bien rodé, laissant sous-entendre que cette
mascarade orchestré par Madame Garnier aurait été mise en place de manière
démocratique.

Nous, étudiants, regrettons que cette AG se tienne sans nous, alors même qu’aucune
concertation ni espace d’échange n’a été ouvert à quelconque moment par la présidence
auprès de ceux qui s’organisent et font vivre la fac depuis deux semaines maintenant : les
étudiants.

Nous comprenons et trouvons tout à fait légitime que les AG réservées exclusivement aux
personnels puissent être tenues, mais nous déplorons que l’UFR refuse de tenir des AG
inter personnels et étudiants, comme cela a pu se faire sur les autres UFR de l’université.
Ce manque d’espace d’échange entre personnel et étudiants crée un clivage qui ne devrait
pas avoir lieu d’être. Aussi la communication et la libre circulation des informations s’en
trouve entravée au même titre que nous n’avons eu aucune réponse concernant le
communiqué fait à l’adresse de la présidente, les CR des AG personnels qui se sont tenus
ces dernières semaines n’ont pas été retransmis aux étudiants de licence et à la plupart des
masters de notre UFR, alors qu’ils ont été adressés aux personnels. Cela représente une
grave entrave à la liberté d’information, la présidence et l’UFR peuvent contacter tout le
personnel et étudiants via des listes de mail mais nous n’avons pas accès à ce canal de
communication pour informer de nos AG étudiantes, transmettre les CR et permettre à
chacun de s’informer et participer. Nous souhaitons que chaque étudiant de notre UFR
puisse avoir accès à ces informations et ainsi avoir l’opportunité de se faire un avis éclairé
sur ce qui se passe dans notre université.

Nous sommes étudiants en psychologie, dans une fac de sciences humaines. Il nous
semble que le mot « humain » a toute son importance aujourd’hui.
Plusieurs de nos camarades ont été blessés physiquement et/ou psychiquement durant ces
dernières semaines, face à une répression policière inédite. Des adolescents, des enfants,
ont subi des coups, ont été gazés, chargés, insultés, arrêtés arbitrairement, détenus dans
des conditions parfois inhumaines et illégales, en toute impunité.

Aujourd’hui, la présidence nous propose de fermer les yeux sur cette réalité qui s’agite dans
nos rues. Ces enfants, ils pourraient être nos proches à tous, cela se passe dans notre ville,
dans notre pays.

Que nous reste-t-il d’humanité si, même en fac de sciences humaines, la seule chose que
nous leur adressons, c’est notre mépris, en continuant nos vies, nos activités comme si de
rien n’était, et même pire, en faisant croire que banaliser une journée par semaine serait
autre chose qu’une tentative de se donner bonne conscience ?

Nous vivons dans une société individualiste où chacun est encouragé à ne s’occuper que
des problèmes qui le concerne directement.

Si même en psychologie, nous nous mettons à penser selon cette logique, alors peut-être
qu’effectivement, nous sommes perdus.

Aujourd’hui, nous vous proposons de nous unir, faire bloc. Nous vous invitons a venir faire
cours sur l’université autonome du Mirail. Engagez-vous à nos côtés et unissons nos forces
pour que l’université remplisse sa fonction première : être un lieu où l’on pense, où l’on
débat, où l’on peut enseigner librement et construire les savoirs de demain.

Nous vous proposons d’ouvrir un espace de discussion libre, comme le font déjà vos
collègues d’autres UFR depuis 2 semaines, et de transmettre du savoir, notamment dans
des cours ouverts à tous et portant sur la psychologie dans le contexte social actuel, de
sensibiliser et accompagner les étudiants dans ce contexte difficile que nous traversons.
L’université n’a pas été pensée pour être l’usine à diplômes qu’elle est devenue, mais pour
être un lieu d’échange qui doit permettre à chacun, quelle que soit sa classe d’origine, de
s’élever intellectuellement.

Aussi, nous demandons que, dans un esprit d’équité et d’universalité, les cours du SED
soient rendus disponibles à tous les étudiants de licence.

Nous demandons également votre soutien pour la réouverture immédiate de la BUC, mais
aussi du CROUS et de l’épicerie solidaire, dont la fermeture met en danger la survie
alimentaire de nombre de nos camarades précaires et précarise encore plus le personnel
non titulaire sur leur poste.

Nous souhaitons aussi que soit mise en place, pour ce semestre, le 10 améliorable, comme
cela a été mis en place en UFR de philo, afin de permettre à chacun de se mobiliser et de
ne pas creuser encore plus les inégalités entre étudiants qui ont les moyens financiers et
matériels de continuer à travailler malgré la fermeture administrative.

Nous avons conscience des difficultés croissantes que vous rencontrez à cause des
restrictions budgétaires toujours plus importantes. Nous souhaitons nous unir pour que cette
violence institutionnelle cesse et permette à chaque professeur d’enseigner et plus
largement à chaque personnel de faire son travail dans des conditions décentes. Nous
souhaitons que chaque université puisse avoir les moyens de fonctionner dignement et dans
cette dynamique nous appelons à ce que le salaire de tous les vacataires soit versé sur la
période de fermeture administrative.

Nous vous convions ainsi a une AG UFR psycho ouverte aux étudiants et aux personnels,
mercredi à 12h devant le bâtiment Malrieu, afin que le personnel administratif en distanciel
puisse nous rejoindre sur zoom (si techniquement possible à mettre en place). Ensemble,
étudiants, professeurs et personnel, titulaires ou non, pensons l’université et le monde de
demain. Débattons ensemble et essayons d’avancer car cette université n’appartient pas à
sa présidente mais à ceux qui la font vivre.

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