Méthodologie

Ce programme associe la fouille des deux sites de Los Castillejos de Alcorrín et de La Silla del Papa avec des prospections dans leur environnement et des recherches géoarchéologiques. Quatre tâches sont mises en œuvre :

Tâche 1: acquisition des données spatiales.

Tâche 2: recherches géoarchéologiques.

Tâche 3: prospections pédestres.

Tâche 4 : mise en œuvre et exploitation d’un SIG.

Acquisition des données spatiales

 L’apport du partenaire français sera notamment axé sur trois méthodes complémentaires d’acquisition de l’information spatiale, et sur l’emploi des systèmes aéroportés actuellement développés dans le programme « Archéodrone » de TRACES.

 http://blogs.univ-tlse2.fr/plateformeterrae/2014/10/06/806/

 L’utilisation du GPS différentiel (DGPS) permettra d’obtenir un relevé très précis des structures observées, et d’intégrer l’ensemble de ces données dans un SIG.

 En complément du DGPS, la photogrammétrie par corrélation dense permettra d’obtenir un modèle 3D de façon automatique, à partir d’images numériques acquises lors de survol du site ou prospections pédestres.

 Un survol par drone muni d’une caméra thermique permettra de visualiser d’éventuelles différences de température entre des cavités non repérables en surface et le milieu encaissant, et donc de localiser, par exemple, des tombes.

 Géoarchéologie

 Menées par le partenaire allemand, elles poursuivront sites cinq objectifs principaux : la reconstruction de l’évolution paléogéographique et en particulier celle des milieux littoraux ; l’identification des zones potentiellement favorables à l’agriculture ; l’évaluation de l’influence humaine sur l’évolution de la végétation ; la recherche d’indicateurs du changement climatique ; la recherche d’indices d’événements extrêmes (tsunamis, séismes). Pour ce faire, les archives géo-biologiques disponibles dans les zones d’étude seront analysées à haute résolution. Les caractéristiques sédimentologiques seront mesurées à l’aide d’un granulomètre laser et de mesures de susceptibilité, et les paramètres géochimiques seront étudiés par XRF. On se fondera sur la microfaune (ostracodes, foraminifères) pour déterminer les changements d’environnement des dépôts, notamment la salinité des eaux en zone littorale. Le calage chronostratigraphique des données sera obtenu par plusieurs moyens : étude archéologique de la céramique, datation 14C par AMS et OSL (luminescence stimulée optiquement). Les paléosols et leurs sédiments identifiés dans les archives sédimentaires seront différenciés par micromorphologie. La comparaison des résultats montrera s’il y a eu des événements synchrones ou des périodes de développement diachroniquement semblables dans les deux zones d’étude.

 Prospections pédestres

 Communes aux deux partenaires, elles seront assistées par DGPS et gérées sur une plateforme SIG. Elles suivront la méthode classique en archéologie : parcours en ligne des zones prédéterminées avec pour objectif la localisation de l’ensemble des indicateurs archéologiques : mobilier et microreliefs. Les interventions se centreront sur les espaces périurbains, sur les sites ruraux ainsi que sur d’autres secteurs offrant un potentiel particulier, notamment en ce qui concerne les activités agricoles.

 SIG

 La dernière tâche, mise en œuvre et exploitation d’un SIG, permettra d’obtenir une vision spatiale intégrée de l’ensemble des phénomènes observés, qu’ils soient de nature géomorphologique, pédologique, sédimentologique, paléobotanique ou archéologique, à partir d’un modèle numérique de terrain de haute résolution. L’analyse croisée de toutes ces données servira de base à une modélisation des stratégies protohistoriques d’occupation du terroir et d’exploitation des ressources. Elle aura un rôle central dans le travail de synthèse qui sera l’aboutissement du projet, contribuant à une interprétation économique et sociale des territoires.