« Se cultiver, c’est dépasser sa culture d’origine »

 

C’est à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Apprendre pour transmettre, que François Rastier, sémanticien et linguiste, était invité au CRL mardi 4 février 2014 par l’IRPALL pour une rencontre fructueuse, animée par Michel Ballabriga, autour d’un constat : de l’école à l’université, la même idéologie managériale restreint  le contenu des disciplines au profit d’activités diverses, remplace les connaissances par des « compétences » et multiplie les évaluations concurrentielles, comme si l’éducation n’était qu’une préparation à l’emploi et l’homme une « ressource » humaine.

François Rastier - UTM - CRL

Nombreuses ont été les questions abordées…

Quid de l’idéologie managériale, donc, qui se met en place non pas à travers des directives mais à travers des formulaires, moyens de puissance extraordinaire si l’on considère que l’ordre et la nature des champs d’un formulaire impose le cadre dans lequel s’exerce cette idéologie ?

Quid de cette idéologie techniciste, « moyen formidable de déresponsabilisation » qui permet de dire « ça n’est pas moi, c’est le logiciel… »UTM - François Rastier - CRL ?

 

Quid de la disparition de nombre de « langues de culture » (langues qui ont un dictionnaire, une grammaire, un corpus de textes) au profit de « langues de service » (l’anglais pratiqué dans les hôtels, par exemple) qui n’ont pas de corpus, pas d’histoire ? « Il ne suffit pas de parler, il faut savoir comment on considère la langue« .

Quid de la « sécurité linguistique » au travail, quand on sait que moins de la moitié des logiciels sont rédigés dans la langue de l’utilisateur ?

Une rencontre animée donc, qui mériterait bien d’être poursuivie…

François Rastier

 

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