Yayoi Kusama

http://www.bbc.com/culture/story/20180925-yayoi-kusamas-extraordinary-survival-story

Artiste polyvalente des mouvements Pop Art et minimaliste, Yayoi Kusama est un emblème d’un art contemporain féministe engagé, alternant dessins, peintures, sculptures et installations. Toujours vivante, elle est une des femmes artistes dont les oeuvres se vendent les plus chers. 

Ses oeuvres composées de formes avec plein de points sur des fonds unis sont un appel à la relaxation. Ils lui permettent d’une certaine façon d’éliminer ses pensées qui la rongent. Comme un appel à la sympathie de sa part. Certains psychologues considèrent que ses oeuvres sont de l’art thérapeutique inconscient

Née le 22 Mars 1929 dans une famille marchande aisée de Matsumoto, Kusama passe une enfance sous le joug d’une mère étouffante, qui plus est extrêmement jalouse. En effet, celle-ci obligeait sa fille à espionner les affaires extra-conjugales de son mari. Traumatisée, Yayoi Kusama gardera une relation complexe au sexe et à l’homme, détestant la sexualité mais faisant preuve d’une obsession pour elle. 

La jeune fille fait preuve très jeune d’une volonté créative lui permettant de s’échapper de cette situation familiale malsaine et rentrera dans les arts par le biais de l’écriture de poèmes.  

A l’âge de 10ans, Kusama commence à avoir des hallucinations sous forme de flashs de lumières, de couleurs et de fleurs. Pattern qui se retrouve dans ses oeuvres connues pour ses points en tout genre comme le montre ce portrait de sa mère, réalisé à 11ans. Les infinités de points que l’on retrouve dans toutes ses oeuvres sont une représentation des ses hallucinations, de plus, ils représentent le soleil et retranscrit ainsi sa chaleur et son énergie. 

Yayoi Kusama, Untitled 1939, Pencil on paper, 25 × 22 c

En plus de la complexité de la vie à la maison, la vie extérieure n’est pas plus simple, Kusama ayant passé son adolescence pendant la Seconde Guerre mondiale, entre le travail à l’usine et les raids aériens, dans un Japon patriarcal et patriotique. 

En 1948, elle commence des études d’art à Kyoto Municipal School of Arts and Crafts, cependant elle se retrouve confronté à un art trop fermé et encerclé de normes, et se découvre un intérêt pour l’avant garde française et américaine. C’est à cette période que Kusama se lance dans une diversité de matériel et de supports, passant de la toile au mur en passant par ses assistants. Kusama est une précurseuse de la peinture corporelle.

La société japonaise conservatrice ne lui convient plus et elle déménage aux USA en 1958, à l’âge de  29 ans. Sa réputation grandit et elle devient une figure emblématique de l’avant garde. Après plusieurs expositions dans différentes villes, elle installe son studio à New York, où elle militera contre la guerre du Vietnam sous forme de performances en extérieur impliquant de la nudité.

Elle devient son propre emblème en se faisant souvent photographier avec ses oeuvres et en s’habillant de manière excentrique dans le style de son art.  

Kusama ne fait pas de brouillons et passe directement à la création, de son esprit au pinceau. Elle a un rythme de productivité très rapide entraînant des burnouts. Elle n’obtient pas l’argent qu’elle pense mériter et des hommes s’inspirant de ses oeuvres sont plus connus. Elle tentera de se suicider plusieurs fois au long de sa carrière. En 1973 Yayoi Kusama rentre au Japon avec une santé fragilisée.

Fait marquant, en 1977 Kusama se fait interner et finalement décide de rester y vivre en tenant un studio non loin. Pour elle, si ce n’était pour l’art, elle serait déjà morte. 

A cause des hommes elle fut oubliée mais un regain de popularité dans les années 80 se fit sentir, à partir de là, elle organisera des expositions dans le monde entier, les plus connues sont « Mirror » et « Infinity Room ».  

Yayoi Kusama Studio Infinity Mirrored Room – Filled with the Brilliance of Life 2011 © Yayoi Kusama/Yayoi Kusama Studio, Inc

A partir de 1994 Kusama commence les sculptures en plein air, dans le monde entier et dans les années qui suivent gagnera plusieurs prix artistiques. 

En 2017, le Yayoi Kusama Museum à Tokyo ouvre ses portes. 

© Yayoi Kusama
Pumpkins, 2009
Installed in Victoria Miro Gallery’s garden
Photo: Alex Atwater

Dans les expositions et musées, on restreint les visiteurs à seulement quelques minutes voire secondes dans les salles depuis les dernières années, à cause des réseaux sociaux et du temps que les personnes passent à se prendre en photo au milieu de ses installations hautes en couleurs et formes, idéales pour les adeptes des photographies. Beaucoup d’eux ont d’ailleurs découvert son art sur Instagram. 

En 2018 voit jour le film « Infinity » sur sa vie et son oeuvre sous la direction de Heather Lenz. 

Sources:
http://yayoi-kusama.jp/
https://www.tate.org.uk/kids/explore/who-is/who-yayoi-kusama
https://www.theguardian.com/artanddesign/2018/sep/23/yayoi-kusama-infinity-film-victoria-miro-exhibition
https://www.tate.org.uk/art/artists/yayoi-kusama-8094
https://artmap.com/victoriamiro/exhibition/yayoi-kusama-2009?print=do
http://www.bbc.com/culture/story/20180925-yayoi-kusamas-extraordinary-survival-story
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=261146.html