Compte-rendu de la réunion du Collège Doctoral de l’Université de Toulouse : projet IDEFI (05/12/2011)

Rappel des projets :

IDEFI

L’IDEFI est un projet né du grand emprunt universitaire mis en place par le gouvernement. Il y a deux ans, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a emprunté de l’argent (plusieurs milliards d’euros) afin de booster l’université et la recherche en France. Ils ont lancés une série d’appel à projets sur des délais extrêmement court, entre 1 et 6 mois, avec les acronymes suivant IDEX (Initiative d’Excellence), LABEX (Laboratoire d’Excellence)… L’IDEFI est un nouvel appel à projet lancé entre les 1er novembre 2011 et 19 décembre 2011 signifiant : Initiative d’Excellence dans la Formation Innovante. Ce dispositif est associé à l’IDEX Toulousain et le dossier déposé nous concerne tout particulière car il porte sur la formation doctorale. Il se nomme EDT (Ecole des Docteurs de Toulouse). L’EDT n’est pas une nouvelle structure type école d’ingénieurs et elle ne se substitue pas aux Écoles Doctorales. Elle se rapporte au CDUT (Collège Doctoral de l’Université de Toulouse) élargie grâce à des moyens financiers supplémentaires. Étant donné que nous (doctorants) sommes au cœur de la formation doctorale, le CDUT a demandé notre avis pour la mise en place du projet.

IDEX

Dans le dossier IDEX, où nous n’avons pas été consulté, il a été décidé (par un groupe de travail constitué des directeurs d’établissements) :

• La création d’une Ecole des Docteurs : « le Collège Doctoral de site sera transformé en École des Docteurs pourvue d’un statut et de moyens humains et financiers nécessaires à une meilleure organisation de parcours doctoraux attractifs, à une grande coordination de la formation doctorale et à une valorisation du doctorat. (…) ».

• Il procède à une unification du mode d’inscription, une harmonisation du mode de gestions des EDs et de la communication interne et externe (site web, rentrée commune…). Mutualisation des offres de formations (…).

• Pour répondre aux objectifs qu’elle s’assigne, l’Université de Toulouse instaurera la délivrance du doctorat par l’Université de Toulouse et confiera à l’École des Docteurs la responsabilité d’initier et de coordonner de nouvelles actions destinées à favoriser l’attractivité du diplôme pour les étudiants, en maintenant un niveau d’exigence élevé du recrutement et en tenant compte des enjeux spécifiques aux différents champs disciplinaires (…).

• Enfin, pour assurer une meilleure insertion des docteurs, elle s’attachera à valoriser les compétences du doctorat auprès du secteur privé et public par la labellisation du diplôme (…).

Articulation de l’IDEX et IDEFI

L’IDEFI est donc un projet associé à l’IDEX mais n’est pas obligé de reprendre l’ensemble des points développés. Pour rester cohérent il serait bienvenu qu’il y ait des ponts possibles entre les projets. Mais si il y a des points de désaccords profonds les deux documents peuvent être différents. Le projet IDEX a été voté dans l’ensemble des CA de tous les établissements du site toulousain et nous ne pouvons donc pas y faire grand chose.

Le Label ingénierie pour l’entreprise

Ce label nous y sommes allés à marche forcée. La CEDEFI (Conférence des Directeurs des Ecoles d’Ingénieurs) a décidé l’année dernière de créer un label national pour le doctorat. Elle a donc demandé aux écoles d’ingénieurs de le mettre en place. Afin de ne pas créer de disparité entre les écoles d’ingénieurs et l’université, le CDUT a décidé d’élargir le plus largement possible ce label. Il faut qu’un doctorant, quel que soit son Ecole Doctorale, puisse demander ce label. Depuis le départ le CDUT est contre la mise en place de labels associés au doctorat (nous en reparlerons plus longuement car cette question à fait l’objet d’un débat, finalement assez consensuel). Le CDUT a finalement été obligé d’y aller et le label est mis en place cette année, inscrit dans le contrat quinquennal. Il sera cependant évalué, renforcé ou supprimé.

Réunion du 5 Décembre 2011

Il y aura finalement deux IDEFIs qui seront présentés sur le site toulousain : l’EDT et celui de TSE (Toulouse School of Economics) qui porte aussi sur les formations doctorales. Globalement cela signifie que, si TSE obtient un financement, il y aura, de facto, une disparité entre les Ecoles Doctorales. Néanmoins, le CDUT a décidé de continuer à travailler de concert afin de présenter un projet le plus cohérent possible.

  • En première partie de réunion, les différentes critiques concernant le texte IDEFI ont été présentées (le nouveau texte IDEFI sera bientôt en ligne sur le blog). Le label qualité, est à différencier des labels attachés au doctorat et reprend les termes de l’appel d’offre du gouvernement. Il s’agit de choisir une norme d’évaluation de la structure Ecole Doctorale. Pour simplifier, le label qualité qualifie l’EDT et non les docteurs. Il s’agit de trouver un moyen cohérent d’évaluation pour la structure. Les écoles d’ingénieurs travaillent sur des normes qualités ISO9001. Le terme n’est donc pas bon, il s’agit de faire une évaluation qualité d’un modèle qui doit être structurant au niveau national et international. Les directeurs d’EDs présents pensent que l’AERES n’est pas le bon niveau pour évaluer l’EDT. Il faut donc trouver les termes efficaces pour ne pas entrer dans le marketing mais afficher de manière visible cette question de l’évaluation.
  • Il faut donc la différencier des différents labels associés au doctorat. Cette question fait parti de l’IDEX mais ne nous a pas semblé pertinente. Nous souhaitons valoriser nos docteurs et le diplôme du doctorat au niveau national et international. Multiplier des labels c’est créer des disparités entre docteurs à l’heure où nous cherchons à construire un doctorat commun, ce n’est pas cohérent. En conclusion, ce n’est pas parce que nous expérimentons le label ingénierie pour l’entreprise que nous sommes obligés de l’afficher comme élément structurant de la formation doctorale. Nous évoquerons en une phrase que nous expérimentons en ce moment un label ingéniérie pour l’entreprise en soulignant qu’il sera évalué et peut-être supprimé s’il n’est pas jugé efficace. Nous nous détachons donc volontairement du dossier IDEX car nous pensons que les labels ne sont pas cohérent pour revaloriser le doctorat.
  • Le web doit être utilisé comme espace de réactivation et non d’apprentissage. Toute référence à l’auto-apprentissage va être supprimée du document final pour éviter qu’il y ait incompréhension avec le présentiel. Il s’agit bel et bien d’un outil pour valoriser la formation en présentiel. Il s’y ajoute mais ne la supplante pas.
  • La semaine d’intégration participe d’une rentrée doctorante commune à toute les EDs. L’IDEX a voté dans les différents CA la dévolution du doctorat à l’Université de Toulouse. Pour le dire simplement, en 2016 le doctorat sera délivré par l’Université de Toulouse. Il y aura une plate-forme commune d’inscription administrative et de formation. Les choses seront précisées dans le texte final et nous serons consultés sur la cohérence du projet.
  • Le Club of Interrest et la Junior Entreprise vont aussi être explicités dans le texte final. Il est tout à fait possible de rajouter des dispositifs supplémentaires, le bureau va réfléchir au CRECE.
  • Le lien avec L/M/D va être supprimé du texte final, le doctorant n’a pas le temps en plus de son temps de s’occuper d’un licence ou un master. C’est quelque chose qui se fait à l’étranger, le doctorant est tuteur d’un M1 ou 2 et l’aide dans la poursuite de ses recherches. Il ne se substitue pas au directeur de recherche mais ajoute un lien supplémentaire entre les différents niveaux. Mais si ce n’est pas jugé pertinent par les doctorants nous le supprimons.

Plusieurs autres points ont été abordés dont voici un rapide résumé :

  • Il faut supprimer le terme « re-valorisation » de la formation doctorale car c’est une critique face au doctorat dans sa forme actuelle.
  • La première partie du document ne place pas suffisamment le doctorat dans notre ville de Toulouse. Il faut faire un état de tout ce qui se fait dans notre ville. Le nombre de labos qu’il y a, insister sur le bassin d’emploi formidable qu’offre la ville (dans l’aéronautique, en économie, en chimie…).
  • Dans le même sens, insister sur l’international et les liens entre des labos toulousains et les labos internationaux.
  • L’Advisory Board, provient d’une journée internationale qui a eu lieu à Taragone il y a trois semaines. Le but est de permettre à des spécialistes de nous critiquer et d’échanger les bonnes pratiques entre Ecoles Doctorales internationales.
  • Enfin au niveau de la gouvernance de l’EDT les élus doctorants au CS ont demandé, et ça a été accepté, que les doctorants soient présents à tous les niveaux. Un doctorant au bureau et plusieurs dans le collège de l’EDT. Pour le reste, il y aura une structure non décisionnaire, un bureau, reprenant le directeur de l’EDT et un chargé de mission pour les 4 piliers développés (international, société, interdisciplinaire et intersectoriel) et un doctorants. La structure décisionnaire est un collège constitué des 15 directeurs d’EDs et des doctorants.