
Les publics de La Cabane au cœur de la Cartoucherie
Dans le cadre de l’enquête école menée en 2025-2026, les étudiant·es de première année du Master Médiation de la musique de l’Université Toulouse – Jean Jaurès ont travaillé sur les publics de La Cabane, salle de concert située au sein du quartier de la Cartoucherie à Toulouse.
Cette enquête s’inscrit dans un projet partenarial associant les Halles de la Cartoucherie, le Master Médiation de la musique et le Master SOAP – Sociologie des Organisations et de l’Action Publique. Elle avait pour objectif de mieux comprendre les profils, les pratiques culturelles et les représentations des publics fréquentant La Cabane, tout en interrogeant les liens entre la salle, les Halles et le quartier de la Cartoucherie.
Un terrain d’enquête entre questionnaires et interviews
L’enquête s’est déroulée entre novembre 2025 et janvier 2026, à partir de plusieurs événements accueillis à La Cabane. Deux concerts ont servi de terrain pour la passation des questionnaires : Puggy, représentant un public large autour du rock, et Hanabie, groupe de metalcore / J-pop attirant un public plus spécialisé.
En complément, des interviews ont été réalisées lors de deux autres événements : Tribute Muse et U2, ainsi qu’Opération Bretzel, spectacle d’humour. Ce travail de terrain a permis de croiser des données quantitatives et qualitatives afin de dresser un portrait descriptif d’une partie des publics de La Cabane.
Au total, 360 participations au questionnaire ont été recueillies, auxquelles se sont ajoutées 51 interviews sous forme de micro-trottoir, ainsi qu’un entretien plus approfondi. Ces échanges ont permis d’interroger les spectateur·rices sur leurs habitudes culturelles, leurs motivations, leur rapport au lieu et leur perception du quartier.
Un public culturellement engagé et mobile
Les résultats de l’enquête font apparaître un public majoritairement adulte, actif et diplômé, avec une forte représentation des 26-50 ans. Les personnes interrogées témoignent d’un rapport régulier à la culture : beaucoup fréquentent plusieurs événements culturels dans l’année, notamment des concerts, mais aussi des spectacles d’humour, des expositions ou du théâtre.
La sortie culturelle est également apparue comme une expérience sociale importante. Les publics se rendent majoritairement aux événements entre ami·es, en couple ou en famille. Les entretiens ont confirmé l’importance du partage, de la convivialité et de l’expérience collective dans la venue à La Cabane.
L’enquête montre aussi une forte mobilité des publics. Une partie importante des personnes interrogées se dit prête à se déplacer dans une autre ville, un autre département ou une autre région pour assister à un événement culturel. Cette mobilité semble souvent liée à l’attachement à un artiste ou à un groupe précis.
Venir pour l’artiste, découvrir le lieu
L’un des principaux enseignements de l’enquête concerne les motivations de venue. Les publics viennent d’abord pour les artistes programmés, puis pour le genre musical ou la proximité géographique. La Cabane apparaît ainsi, pour une partie des spectateur·rices, comme un lieu de diffusion découvert à l’occasion d’un concert précis, plus que comme une salle déjà identifiée pour sa programmation globale.
Ce constat est renforcé par le nombre important de personnes venant pour la première fois à La Cabane. La salle, récente dans le paysage culturel toulousain, semble encore construire son identité auprès des publics. Les spectateur·rices interrogé·es se montrent globalement satisfait·es de la programmation et des tarifs, mais beaucoup connaissent encore peu l’ensemble de l’offre proposée.
La Cabane, les Halles et le quartier de la Cartoucherie
L’enquête a également permis d’interroger la relation entre La Cabane, les Halles de la Cartoucherie et le quartier. Les Halles sont largement identifiées comme un lieu convivial, associé à la restauration, à la sociabilité et à la sortie. Pour une partie du public, la venue à La Cabane s’inscrit dans un parcours plus large : boire un verre, manger aux Halles, assister au concert, puis prolonger la soirée.
Le quartier de la Cartoucherie bénéficie d’une image globalement positive. Il est perçu comme agréable, sécurisé, bien équipé et attractif culturellement. Les répondant·es soulignent toutefois certaines limites, notamment autour de l’accessibilité, du stationnement ou du coût de la vie dans le quartier.
Les Halles apparaissent comme un marqueur fort de la transformation du quartier. La Cabane participe elle aussi à cette dynamique, mais son rôle reste encore en construction dans les représentations des publics.
Des enjeux de médiation et de fidélisation
Les conclusions de l’enquête mettent en évidence un enjeu central : transformer un public venu ponctuellement pour un artiste en un public davantage attaché au lieu. Autrement dit, l’un des défis pour La Cabane serait de passer d’une logique de venue événementielle à une relation plus durable avec les spectateur·rices.
Cette évolution ouvre plusieurs pistes de médiation : renforcer l’identification de la salle, rendre la programmation plus visible, créer des passerelles entre La Cabane, les Halles et le quartier, ou encore accompagner les publics dans la découverte d’autres propositions artistiques.
L’enquête souligne ainsi le fort potentiel de fidélisation de La Cabane. La qualité du site, le sentiment de sécurité, l’expérience positive des publics et l’articulation avec les Halles constituent une base solide pour développer des actions de médiation ciblées et renforcer l’appropriation symbolique du lieu.
Ce travail a permis aux étudiant·es du Master Médiation de la musique de mettre en pratique des outils d’enquête sociologique, d’analyse des publics et de réflexion sur les enjeux de médiation culturelle. Il a également offert un terrain concret pour interroger la place d’une salle de concert dans un quartier en transformation, entre pratiques culturelles, sociabilités et dynamiques territoriales.
Nous remercions l’équipe de La Cabane et des Halles de la Cartoucherie pour leur accueil et leur disponibilité, ainsi que l’ensemble des participant·es à l’enquête pour le temps accordé aux étudiant·es.

