Le «Premio Strega» 2026 : plein feu sur la littérature italienne de l’extrême contemporain

Le Goncourt italien, dit « Lo Strega », est le prestigieux prix littéraire datant de 1947, piloté par la Fondazione Bellonci. Chaque année, un livre paru en Italie entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours est primé, après une sélection basée sur des votes.

Le nom du prix vient de l’entreprise « Strega Alberti » de Benevento (Campanie) au sein de laquelle les dirigeants (la famille Bellonci) ont proposé et organisé le prix, dans la pure tradition du mécénat italien. Le prix est devenu une force motrice dans le monde de la culture italienne.

Liste des lauréats du prix Strega depuis sa fondation.

En 2024, Donatella Di Pietrantonio a reçu le prix avec L’età fragile (Einaudi), et en 2025, c’était au tour d’Andrea Bajani avec L’anniversario (Feltrinelli).

Il est toutefois à noter que le prix se décline en plusieurs sections :

Cette année 2026 a donc vu concourir dans le champ « Narrativa italiana » 12 candidates et candidats, chaque auteur et autrice soutenu·e par une personnalité du monde de la culture : de Maria Attanasio à Marco Vichi, en passant par Ermanno Cavazzoni, Teresa Ciabatti, Mauro Covacich, Michele Mari, Matteo Nucci, Alcide Pierantozzi, Bianca Pitzorno, Christian Raimo, Elena Rui, et Nadeesha Uyangoda.
La page des 12 candidatures sur le site du Premio Strega.

La sélection se déroule en trois étapes, par votations sur le site. Les autrices et auteurs, portés par leurs maisons d’édition (la seconde sélection comporte nécessairement une « maison »editrice » indépendante) sont embarqués dans un (assez long) périple à travers l’Italie, avec escale (forcément) à Benevento, et un détour dans une capitale étrangères (en cette année 2026, c’était au tour de Mexico d’accueillir la petite troupe).

Au terme des votes de la première session à la fin juin, six candidat·es (parité hommes femmes respectée à 100 %) sont en course : ci-dessous, de gauche à droite, Alcide Pierantozzi, Teresa Ciabatti, Michele Mari, Elena Rui, Matteo Nucci, Bianca Pitzorno (qui ne figure pas sur cette photo de groupe ci-dessous, mais sur celle qui ouvre l’article !).

Qui remportera le prix ce mercredi 8 juillet, sous un soleil romain ardent et liquéfiant ?

Teresa Ciabatti, Donnaregina (Mondadori)
Michele Mari, I convitati di pietra (Einaudi)
Matteo Nucci, Platone. Una storia d’amore (Feltrinelli)
Alcide Pierantozzi, Lo sbilico (Einaudi)
Bianca Pitzorno, La sonnambula (Bompiani)
Elena Rui, Vedove di Camus (L’orma)

Et évidemment, si cet article voit le jour ici, c’est aussi parce que, jadis et naguère, Elena Rui a été lectrice d’italien à l’université Jean Jaurès. 🙃