Philosophie de la vie PH40705V

Cette unité d’enseignement est assurée en présentiel en deux parties (Pierre Montebello/Sébastien Miravète). A distance, seul le cours de Pierre Montebello sera accessible.

Pierre Montebello

Ce cours porte sur la philosophie de Hans Jonas, plus précisément sur son livre : Le phénomène de la vie, vers une biologie philosophique, traduit par Danielle Lories, De Boeck Université, 2001.

​Trois autres textes de Hans Jonas seront utiles : Le concept de Dieu après Auschwitz, Rivages, 1994 ;  Le principe responsabilité, Champs Flammarion, 1979 ; Evolution et liberté, Rivages, 2000.

Nous allons nous appuyer d’abord ​​sur​ Le phénomène de la vie, traduit en français en 2001, chez De Boeck université. Ce texte est paru en 1966 sous le titre anglais The phenomenon of life. Toward a Philosophical Biology, New York, Harper § Row. La version allemande paraît sous le titre Organismus und Freiheit. Ansätze zu einer philosophischen en 1973.

En 1979, Das Prinzip Verantwortung, traduit par Le principe responsabilité en 1990, est édité chez Cerf puis en 1995 chez Champs Flammarion. Ce livre marque déjà un infléchissement de la pensée de Jonas.

Puis en 2000, est traduit en partie aux éditions Rivages le texte de 1992 Philosophische Untersuchungen und metaphysische Vermutungen (Investigations philosophiques et conjectures métaphysiques), sous le titre Evolution et liberté.

Sur Hans Jonas, signalons le commentaire de Nathalie Frogneux qui donne une bibliographie exhaustive à la fin de son livre Hans Jonas ou la vie dans le monde, De Boeck Université, 2001, Bruxelles.

Pour une réflexion et un élargissement des questions à partir de la philosophie de Hans Jonas : Pierre Montebello, L’autre métaphysique, Paris, Desclée de Brouwer, 2003.

Dans le Phénomène de la vie,  Jonas traite de problèmes qui sont des problèmes métaphysiques en relation avec la vie, la question de la vie. Le lien entre organisme et esprit a toujours été un thème majeur de la culture occidentale, comme le dit la préface : « L’organique, même dans ses formes les plus inférieures, préfigure l’esprit, et l’esprit même dans ce qu’il atteint de plus haut demeure partie intégrante de l’organisme ». La préfiguration de l’esprit par l’organisme était une croyance antique. L’intégration de l’esprit dans l’organisme est au contraire une croyance moderne. L’organisme comme esprit et l’esprit comme organisme, à savoir vitalisme et matérialisme sont-ils vraiment à séparer ? Peut-on les séparer sans ruiner la dimension même de la vie ? Il est évident que pour répondre à cette question, il faut affronter des principes métaphysiques qui se sont imposés dans l’histoire de la pensée.

Sur quelle base. Sur la base du « témoignage de la vie » selon Hans Jonas. Le penseur doit prendre en compte ce témoignage, c’est-à-dire ce qui, en lui, comme sujet vivant, témoigne de la vie et de l’irréductibilité de la vie à des schémas physico-mécaniques. La notion de témoignage est importante (comme chez Nietzsche, Bergson, Whitehead) en ce qu’elle signale que la pensée ne commence pas par des principes mais par ce qui s’impose à elle dans l’expérience. Il n’y a aucun sens, lorsqu’on pense, à annuler l’expérience de la vie qui rend possible la pensée.

Bibliographie :

  • Le phénomène de la vie, vers une biologie philosophique, traduit par Danielle Lories (De Boeck Université, 2001)
  • Le concept de Dieu après Auschwitz (Rivages, 1994)
  • Le principe responsabilité (Champs Flammarion, 1979)
  • Evolution et liberté (Rivages, 2000)

⇒ L’évaluation se fera sur un dossier de 6 à 10 pages sur un thème relatif au cours et qui sera développé personnellement par chaque étudiant.

 

Sébastien Miravète

Penser le vivant : Bergson et la psychologie cognitive

Dans Matière et Mémoire (1896), Bergson soutient que la perception et la mémoire sont des activités réfléchies par notre cerveau ou notre esprit. Elles ne sont pas comparables à des mouvements réflexes ou de simples automatismes. Elles sont le fruit d’instances de décision, c’est-à-dire de structures permettant d’opérer des choix en fonction de données présentes dans l’environnement. Nous découvrirons de quelle manière cette approche rejaillit sur sa conception du vivant dans L’Evolution créatrice et annonce ce qui est, de nos jours, l’idée directrice de la psychologie cognitive, lorsque cette dernière se donne pour objet d’étude les êtres humains ou les animaux.