Des éditions cartoneras à la cyberculture

Auteur : theresec

Glossaire

  • LaCyberculture:      On peut la définir comme l’ « Ensemble des techniques matérielles et intellectuelles, des pratiques, des modes de pensée et des valeurs qui se développent sur Internet. » (Dictionnaire Cordial). Alonso et Arzoz développent la définition de Cyberculture dans leur essai intitulé La nueva ciudad de Dios (2002): en effet selon eux, « tout évènement humain qui passe directement ou indirectement par les nouvelles technologies de l’information  appartient pleinement à la cyberculture. »  La Cyberculture se caractérise par l’interaction, la connectivité, l’hypertextualité(qui permet de déboucher sur une multitude d’espaces), la bioingéniéurie (machines et robots semblables aux humains), et la communication accompagnée par ordinateur. Dans le Cyberespace, on voit se développer des groupes communautaires: ce qui les distingue c’est que pour eux la communauté (virtuelle) « fait sens en dehors de toute temporalité » (Howard Rheingold, The virtual Community, 1996, p.32), et en dehors de l’espace physique. Ces caractéristiques permettent de comprendre pourquoi les groupes minoritaires se sont emparés de la cyberculture pour développer et diffuser leurs créations, leurs innovations respectives.
  • féminicide
  • maison d’édition cartonera
  • artivisme

Eloísa cartonera

Couverture de l’anthologie Nuevos borders argentinos, 2013

Le projet de Fernanda Laguna, qui cofonde en 2003 aux côtés de Washington Cucurto et de Javier Barilano la première maison d’édition cartonera, est exemplaire de ce processus qui se développe à l’origine en marge des circuits commerciaux et académiques. Située aux antipodes de la logique néolibérale qui préside alors à la restructuration du champ littéraire argentin et en réaction à l’exclusivité des milieux académiques, Eloísa cartonera est la première coopérative autogérée sans but lucratif de fabrication artisanale d’objets littéraires élaborés à partir de textes cédés par les autrices et auteurs selon le principe du copy left (encore appelé « gauche d’auteur ») et dont la couverture est faite de carton, acheté aux cartoneros de Buenos Aires, lesquels participent également de la confection des ouvrages. Un concept qui s’est par la suite largement développé en Argentine, en Amérique Latine et jusqu’en France puisqu’on compte aujourd’hui environ 150 maisons d’édition de ce type dans le monde. Continue reading