Arts et innovations en Amérique latine

Des éditions cartoneras à la cyberculture

Étiquette : Argentine

CIENEGUITA CARTONERA L’engagement collectif au service des mots

« Somos mujeres comunes con responsabilidades excepcionales »

« Nous sommes des femmes normales avec des responsabilités exceptionnelles »

En juin 2011 à Las Heras, le projet Cieneguita Cartonera voit le jour à l’initiative d’un groupe de femmes (Gabi, Rosi, Patricia, Raquel, Stella, Silvia, Nancy, Raquel, María, Fabiana, Lucy, Andrea et Adriana) inspiré par le mouvement cartonero déjà largement présent dans le paysage latino-américain. Cette maison d’édition alternative autogérée se donne pour but de proposer de nouvelles formes de communication au travers de la publication de livres artisanaux au contenu engagé socialement. Le local de la maison d’édition se transforme donc en centre culturel qui voit fleurir de nombreux projets sociaux, culturels et politiques au travers d’une expérience collaborative.

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Feminopraxis, le féminisme en pratique.

Le blog Feminopraxis : origine de la création du blog

Nous avons choisi de présenter un blog féministe mexicain nommé Feminopraxis

De son nom complet ; Feminopraxis: Mujeres Accionando Feminismos, ce blog se caractérise comme une revue féministe consciente en ligne, critique, libre et auto-gérée. Il est créé à l’initiative de quatre femmes mexicaines féministes, intéressées par les courants radicaux du mouvement féministe. En 2016, Jael de la Luz, Eliza Tabares, Pamela Erin Mason et Lídice Villanueva se rencontrent lors d’un colloque. A cette occasion, les quatre autrices présentent leurs écrits et partagent leurs idées féministes. Pour inviter à une réflexion plus forte sur la lutte pour les droits de la femme, toutes les quatre affirment utiliser cet espace pour divulguer de nouvelles manières de penser. Elles annoncent vouloir apporter les outils nécessaires à la prise de pouvoir d’un collectif féministe, autonome et en constante recréation. A la suite de ce colloque, les quatre activistes échangent bon nombre de messages par le biais des réseaux sociaux et par vidéoconférences. De cette nouvelle relation, elles décident de créer Feminopraxis.

http://videopress.com/v/NdeawjM3

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Des poupées Barbie pour dénoncer le machisme en Argentine ?

Escrito en las canciones” est une exposition réalisée par des élèves de Cuarto año de secundaria (ce qui correspond en France à la Seconde) d’un lycée de Tigre, dans la périphérie de Buenos Aires, en Argentine. Ces lycéens, à travers un exercice donné par leur professeure Carolina de la Fuente dans le cadre du programme d’Educación Sexual Integral, ont mis en scène la violence de genre, le machisme et la misogynie présente dans des chansons latino-américaines populaires avec l’aide de poupées Barbie.

  • Le programme d’Educación Sexual Integral

Le programme d’Educación Sexual Integral (ESI) a vu le jour en Argentine en 2006, par le biais de la loi 26.150 d’Educación de la Nación. Le Ministerio de Educación de la Nación a donc pris la décision de créer un programme avec des actions effectives pour promouvoir la réflexion autour du rôle de l’enseignant dans le cadre de l’école comme garant de certains droits, en soulignant particulièrement le droit à l’éducation sexuelle  et en proposant des outils concrets pour développer des activités pédagogiques.

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Mariana Eva Perez et la récupération de la mémoire des disparus d’Argentine

 

Mariana Eva Perez – Autrice du blog Diario de una princesa montonera

En Argentine, le 24 mars 1976, un coup d’état mené par le général Rafael Jorge Videla a lieu, il a pour conséquence l’arrivée au pouvoir de la Junte Militaire. S’ensuivent sept années de dictature militaire aussi appelées proceso de reorganizacion nacional, ou guerra sucia. L’objectif du régime politique du général Videla est de revoir toutes les bases du pays. Pour ce faire une politique de répression des subversifs est mise en place. Cette répression se traduit par la création de centres clandestins de détention ou de camps de concentration et d’extermination. C’est ainsi que trente mille personnes ont disparu entre 1976 et 1983, dans ces nombreux disparus sont compris des personnes de tous âges : nourrissons, enfants, adultes… Ces enfants sont maintenant appelés les « disparus vivants » puisqu’ils ont aujourd’hui une trentaine d’années et vivent mais sous une fausse identité qui leur a été attribuée à leur naissance. De plus, ils ont été élevés par un couple n’étant pas leurs parents biologiques, qui sont appelés los apropiadores puisqu’ils se sont appropriés un enfant qui n’était pas le leur. L’autrice du blog Diario de una princesa montonera, Mariana Eva Pérez fait partie de ces « disparus vivants ». Continue reading

« Nous nous voulons fortes »

Traduction de la description postée par l’autrice :

«Cette chanson naît de la colère, de la douleur, de l’angoisse parce qu’ils sont en train de nous tuer. Elle naît de là mais elle grandit avec la confiance et l’espoir de la rencontre, nous sommes beaucoup à dire le même discours, si nous sommes ensemble et accompagnées, le monde peut changer. Cette vidéo nous l’avons faites à Cabana, Córdoba, en Argentine. Elle est de toute et pour toute. Merci !»

Traduction de la chanson « Nos queremos fuertes » de Cecilia Griffa :

« Le corps me fait mal

Pour toutes celles qui manquent

La colère me met hors de moi

La rage m’étouffe à l’intérieur

Je ne veux plus me taire

Même si le silence veut s’imposer

Effrayée et triste, ça arrange le patriarcat

Arrêtez de nous tuer, nous ne sommes pas des objets

Nos corps ne vous appartiennent pas

Pour eux inférieures, je ressens leur mépris

Pour eux, nous avons un prix

On nous qualifie de putes, de sorcières, d’hystériques

On nous viole

On nous accuse

On veut nous faire, on veut nous faire fermer nos gueules Continue reading

Eloísa cartonera

Couverture de l’anthologie Nuevos borders argentinos, 2013

Le projet de Fernanda Laguna, qui cofonde en 2003 aux côtés de Washington Cucurto et de Javier Barilano la première maison d’édition cartonera, est exemplaire de ce processus qui se développe à l’origine en marge des circuits commerciaux et académiques. Située aux antipodes de la logique néolibérale qui préside alors à la restructuration du champ littéraire argentin et en réaction à l’exclusivité des milieux académiques, Eloísa cartonera est la première coopérative autogérée sans but lucratif de fabrication artisanale d’objets littéraires élaborés à partir de textes cédés par les autrices et auteurs selon le principe du copy left (encore appelé « gauche d’auteur ») et dont la couverture est faite de carton, acheté aux cartoneros de Buenos Aires, lesquels participent également de la confection des ouvrages. Un concept qui s’est par la suite largement développé en Argentine, en Amérique Latine et jusqu’en France puisqu’on compte aujourd’hui environ 150 maisons d’édition de ce type dans le monde. Continue reading