Arts et innovations en Amérique latine

Des éditions cartoneras à la cyberculture

Étiquette : Féminisme (page 1 of 2)

B a s t a r d i l l a : la street artiste qui envahit le monde de fresques féministes

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source: http://www.bastardilla.org/hogardepapel/*lxssnm

En Colombie, le street art explose dans les années 2000 envahissant les rues de couleurs, cet art est souvent un outil de dénonciation du système politique ainsi que de la violence régnant dans le pays. Bastardilla est une street artiste venant de Bogota, elle tapisse la capitale colombienne d’images de femmes, mais on retrouve aussi son travail dans d’autres pays tels que la Belgique, l’Allemagne ou l’Italie où elle travaille avec de nombreux artistes.

Le blog

Le blog de Bastardilla est une arme poétique et un hommage à la résistance et à l’empoderamiento des femmes, on y retrouve des dessins revendiquant la place de la femme dans la société colombienne ; comme sur ce dessin ou une femme déracine des godets de pelleteuses dont les racines sont des crânes humains, tandis que sa fille porte dans ses bras un arbre à replanter. Les femmes et la nature sont des thèmes récurrents de ses œuvres et marquent notamment son opposition au machisme, au capitalisme et ici à l’exploitation de la terre.

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Naïel Lemoine : quand la photographie trans-cende les normes

Naïel Lemoine est un photographe, écrivain, poète, militant trans/genderqueer/non binaire. Il est d’abord connu pour son travail sur et dans le milieu lesbien/gouinE telle son exposition : http://naiel.net/Dykes_cadre.htm. Depuis son positionnement de minorisé, il entremêle travaux artistiques et réflexions politiques. Il a notamment écrit et auto édité La Cissexualité, ce douloureux problème : quant les minorités viennent nommer et questionner la norme issu de l’exposition du même titre en 2013 à Marseille.

Fucking norms, fucking genders …

« Destroy gender or fucking genders pour une société non binaire » est un projet  de 2007. Il a été présenté pour la première fois en 2008 au Centre LGBTI de Paris. L’exposition est également visible via le médium internet (http://www.naiel.net/index.htm) dans la rubrique « fucking genders » http://www.naiel.net/Fucking_cadre.htm. Ces clichés photographiques dévoilent la multiplicité de corps en résistance (corps trans, corps intersexe, corps queer dont butch, etc) qui se battent contre le/s régimes qui les construisent et tendent  à prouver la fausse naturalité du système sexe/genre. Continue reading

Micaela Távara y las mujeres peruanas: vaginas, polleras y disparidad

¿Te acuerdas cuando…?

 Te acuerdas cuando los golpes militares eran una constante, la inestabilidad económica ahogaba a la sociedad peruana, el miedo a ser víctima del terrorismo robaba el sueño a tantas personas y lo indígena no era una buena imagen para el país.

Ilustración 1: »El Perú después de 15 años de violencia (1980-1995) » – Rodrigues Montoya Rojas

“[…]porque mis enemigos me persiguen,
halconcito.
Escapé a escondidas
halconcito. […] »

 

Pero ¿acaso solo es un recuerdo?, ¿hemos superado aquella época todos? La artivista Micaela Távara pone sobre la mesa una serie de temas que nos lleva a repensar y cuestionar nuestro presente, nos hace preguntarnos ¿todos los peruanos vivimos la maravillosa coyuntura?

Ilustración 2: Micaela Távara Arroyo (en el centro)

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Monica Mayer : l’artivisme collaboratif au service de l’émancipation féminine

Sous le titre “Si tiene dudas… Pregunte” (si vous avez des doutes… Demandez), l’artiste mexicaine Monica Mayer nous présente son exposition “rétro-collective” qui lui a été consacrée au Musée Universitaire d’Art Contemporain de Mexico en 2016. Au travers de cette exposition, Monica mêle l’art et la lutte contre le harcèlement sexuel. L’artiste insiste sur le fait qu’elle conçoit l’exposition comme un moyen, et non une fin en soi. En d’autres termes, elle envisage l’exposition comme un acte politique, un moyen d’action permettant de faire naître un processus de changement social.

Afin d’étendre la temporalité de cette exposition, l’artiste a regroupé son travail au sein d’un blog, qui fait partie intégrante de l’exposition :

http://pregunte.pintomiraya.com/index.php

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LUTTE ANTI-PATRIARCALE EN BOLIVIE :“MUJERES CREANDO” ET FÉMINISME COMUNAUTAIRE

La désobéissance, la résistance et l´anarchisme sont les caractéristiques, révolutionnaires pour l´époque et le milieu social, où naissait le collectif « Mujeres Creando » : la Bolivie des années 90. Cette société aux traits patriarcaux, racistes, classicistes et conservateurs avait mené Maria Galindo et Julieta Paredes à former ce mouvement féministe, artistique et politique

Ces «agitatrices de la rue » comme elles s´auto-dénomment, d´origine aymara, ouvertement lesbiennes se faisaient connaître par leurs écrits contestataires, autant par leur contenu que par leur support, les graffiti sur les murs de la ville de la Paz Continue reading

Feminopraxis, le féminisme en pratique.

Le blog Feminopraxis : origine de la création du blog

Nous avons choisi de présenter un blog féministe mexicain nommé Feminopraxis

De son nom complet ; Feminopraxis: Mujeres Accionando Feminismos, ce blog se caractérise comme une revue féministe consciente en ligne, critique, libre et auto-gérée. Il est créé à l’initiative de quatre femmes mexicaines féministes, intéressées par les courants radicaux du mouvement féministe. En 2016, Jael de la Luz, Eliza Tabares, Pamela Erin Mason et Lídice Villanueva se rencontrent lors d’un colloque. A cette occasion, les quatre autrices présentent leurs écrits et partagent leurs idées féministes. Pour inviter à une réflexion plus forte sur la lutte pour les droits de la femme, toutes les quatre affirment utiliser cet espace pour divulguer de nouvelles manières de penser. Elles annoncent vouloir apporter les outils nécessaires à la prise de pouvoir d’un collectif féministe, autonome et en constante recréation. A la suite de ce colloque, les quatre activistes échangent bon nombre de messages par le biais des réseaux sociaux et par vidéoconférences. De cette nouvelle relation, elles décident de créer Feminopraxis.

http://videopress.com/v/NdeawjM3

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Des poupées Barbie pour dénoncer le machisme en Argentine ?

Escrito en las canciones” est une exposition réalisée par des élèves de Cuarto año de secundaria (ce qui correspond en France à la Seconde) d’un lycée de Tigre, dans la périphérie de Buenos Aires, en Argentine. Ces lycéens, à travers un exercice donné par leur professeure Carolina de la Fuente dans le cadre du programme d’Educación Sexual Integral, ont mis en scène la violence de genre, le machisme et la misogynie présente dans des chansons latino-américaines populaires avec l’aide de poupées Barbie.

  • Le programme d’Educación Sexual Integral

Le programme d’Educación Sexual Integral (ESI) a vu le jour en Argentine en 2006, par le biais de la loi 26.150 d’Educación de la Nación. Le Ministerio de Educación de la Nación a donc pris la décision de créer un programme avec des actions effectives pour promouvoir la réflexion autour du rôle de l’enseignant dans le cadre de l’école comme garant de certains droits, en soulignant particulièrement le droit à l’éducation sexuelle  et en proposant des outils concrets pour développer des activités pédagogiques.

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Teresa Serrano ou l’exploration performative du machisme mexicain

Portrait de Teresa Serrano

Le Mexique actuel c’est un pays de violence envers les femmes. Une violence banalisée, normalisée dans une culture patriarcale face à un État mexicain inefficace, qui n’accomplit pas son devoir pour garantir la sécurité de ses habitantes et la justice.

Le Mexique actuel c’est aussi le pays du féminicide. Ce phénomène qui connaît son paroxysme à Ciudad Juarez, est présent à échelle nationale. En 2016, 2746 femmes furent portées disparues et cette pandémie ne cesse d’augmenter.

C’est dans ce Mexique-là que va surgir une expression artistique des plus riches et des plus virulentes très majoritairement portée par des femmes. Teresa Serrano fait partie de ces artistes. Femme aux arts multiples, elle va, en particulier, développer la vidéo-performance pour montrer les réalités sociales de la femme mexicaine.

Comment la vidéo peut-elle devenir un outil féministe qui permet de transgresser et de transmettre une réalité sociale ?

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Kodama cartonera – L’art des frontières

Kodama est la première maison d’édition cartonera fondée à Tijuana, en novembre 2010. Son nom désigne des esprits de la forêt dans la mythologie japonaise, qu’on retrouve notamment dans les films d’Hayao Miyazaki comme Princesse Monoke. C’est déjà un élément significatif d’ouverture sur le monde et sur les cultures. De plus, la culture japonaise, et notamment la part qui est liée aux animés et aux mangas, est très populaire chez les jeunes dans beaucoup de pays développés. Le fait de reprendre cette culture et de s’en servir par exemple pour illustrer certaines couvertures des œuvres qu’ils éditent participe d’une popularité possible au niveau international. Kodama Cartonera possède un blog tumblr, une page facebook et un compte twitter, ce qui montre aussi son intégration aux canaux de diffusion modernes, présents sur toute la planète, et là encore très populaires chez les jeunes.

Le lieu de fondation, Tijuana, est aussi un élément important, puisqu’il s’agit d’une ville frontière, d’une ville jumelle avec San Diego aux États-Unis. On comprend ainsi qu’une des clés pour analyser cette maison d’édition est la bonne compréhension du contexte social et économique de cette zone. Tijuana tout comme les autres villes frontières avec les États-Unis compte énormément de maquiladoras, ces usines appartenant à des firmes américaines, et qui emploient énormément de mexicains, en particulier des femmes, en les rémunérant très peu alors même que les conditions de travail sont extrêmement difficiles. Cette source d’emploi, même précaire, attire beaucoup d’immigrés notamment des régions rurales et montagneuses du Sud du pays. Les femmes subissent énormément de violences, notamment de la part de leurs employeurs mais pas uniquement. Les violences envers les femmes, pour le seul motif qu’elles soient femmes, sont tellement courantes qu’elles entraînent des milliers de mortes, et qu’on en vient à utiliser le terme féminicide pour qualifier le phénomène. Pour Kodama Cartonera, la lutte contre ces violences, la lutte féministe émancipatrice est très importante, et s’accompagne de manière logique d’une critique du capitalisme et du néo-libéralisme, à l’origine de la situation économique et sociale difficile.

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« Nous nous voulons fortes »

Traduction de la description postée par l’autrice :

«Cette chanson naît de la colère, de la douleur, de l’angoisse parce qu’ils sont en train de nous tuer. Elle naît de là mais elle grandit avec la confiance et l’espoir de la rencontre, nous sommes beaucoup à dire le même discours, si nous sommes ensemble et accompagnées, le monde peut changer. Cette vidéo nous l’avons faites à Cabana, Córdoba, en Argentine. Elle est de toute et pour toute. Merci !»

Traduction de la chanson « Nos queremos fuertes » de Cecilia Griffa :

« Le corps me fait mal

Pour toutes celles qui manquent

La colère me met hors de moi

La rage m’étouffe à l’intérieur

Je ne veux plus me taire

Même si le silence veut s’imposer

Effrayée et triste, ça arrange le patriarcat

Arrêtez de nous tuer, nous ne sommes pas des objets

Nos corps ne vous appartiennent pas

Pour eux inférieures, je ressens leur mépris

Pour eux, nous avons un prix

On nous qualifie de putes, de sorcières, d’hystériques

On nous viole

On nous accuse

On veut nous faire, on veut nous faire fermer nos gueules Continue reading

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