Des éditions cartoneras à la cyberculture

Mois : mars 2020 (Page 1 of 2)

La Rueda Cartonera : une alternative éditoriale à contre-courant

Chaque fin d’année dans la seconde plus grande ville du Mexique a lieu la Feria Internationale du Livre de Guadalajara (FIL). Organisé depuis 34 ans par l’Université de Guadalajara, cet évènement est le plus grand regroupement du monde éditorial latino-américain. Si elle prend la forme d’un festival culturel, la FIL est également un lieu de rencontre d’affaires pour l’industrie du livre, qui réunit des professionnels du monde entier.

Parallèlement, dans cette grande ville aux nombreux centres d’attraction culturels, s’est développé un mouvement éditorial à contre-courant des circuits classiques et officiels. La Rueda Cartonera est l’une des premières maisons d’édition Cartoneras de Guadalajara. Elle fut créée six ans après l’installation du premier éditeur cartonero sur le continent, Eloisa Cartonera en Argentine (2003).  

La Rueda Cartonera est créée dans un contexte d’explosion des Cartoneras en Amérique latine. Ces dernières se développent dans un premier temps dans les pays d’Amérique du Sud (Sarita Cartonera au Pérou, Animita Cartonera au Chili, Mangragora Cartonera en Bolivie…), puis se multiplient au Mexique. Désormais, avec le Paraguay et l’Argentine, le Mexique est le pays où il existe le plus grand nombre de Cartoneras.

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La Propia, maison d’édition cartonera, indépendante et autogérée en Uruguay.

La Propia Cartonera a été la première et une des seules maisons d’édition Cartoneras en Uruguay. Créé dans le quartier de Nuevo Paris à Montévidéo en 2009, par un groupe de jeunes entrepreneurs, dont le poète uruguayen Diego Recoba, auteur et co-fondateur de La Propia, l’écrivain, également éditeur et journaliste culturel. 

Inspirées d’Eloisa Cartonera en tant que modèle de coopérative argentin. Née en 2003 dans la période de la crise de 2002, ces créations s’inscrivent dans la réalité de la précarité économique qui les a amenés à développer cette alternative au commerce du livre.  Au travers de la récupération du matériel constitué essentiellement de cartons, la coopérative Eloisa Cartonera aurait commencé à produire des livres et se serait développé en tant que maison d’édition. Ce modèle pionnier de l’édition Cartonera, étant caractérisée par une logique de coopérativisme et de collectivité, a été répandu dans de nombreux pays de l’Amérique latine, comme c’est le cas de l’Uruguay, un pays qui s’est vu fortement influencé par la situation économique de l’Argentine. 

Le contexte de récupération de cette crise économique et financière débuté officiellement en Argentine en 2002. Sur le plan économique et politique, en Uruguay, l’incorporation de Pepe Mujica, au gouvernement du Frente Amplio a été caractérisée par l’implantation de diverses politiques populaires, afin de rétablir la stabilité de l’économie du pays, ainsi qu’à l’avancement socio-éducatif au sein de la population du pays (la coalition de partis politiques d’idéologie progressiste est restée au pouvoir jusqu’à la récente prise de pouvoir de Lacalle Pou, le 2 mars 2020).

Sur le plan culturel, le marché littéraire était lidéré en Uruguay par La Cámara uruguaya del libro, composée de plusieurs maisons d’édition uruguayennes. Cette institution est à l’origine de la feria del libro ayant lieu tous les ans depuis 1978. 

Suivant le modèle systématique de Eloisa Caronera, la Propia fait des livres avec des couvertures en carton avec un principe de travail en collectivité. Certaines activités se réalisent souvent avec des enfants ayant pour but de les encourager à la lecture. 

Resultat d'imatges per a "feria internacional del libro montevideo"

Dans ce cas, le rapport avec les auteurs se résume à un échange où les auteurs cèdent leurs droits de publication et La Propia  qui se charge de l’édition et distribution des ouvrages. 

“Con estos escritores tenemos un pacto de palabra. Ellos ceden sus derechos de publicación y nosotros los editamos. Cuando nos llegan los textos nos encargamos de diagramarlos.”

Pour cela, j’ai eu l’occasion d’enquêter Roberto Appratto, (Montevideo, 1959), écrivain, critique littéraire qui est également enseignant de littérature et éducation secondaire à l’institut Artigas. Appratto a publié son ouvrage Impresiones en silencio, en 2011. Après avoir fait la connaissance d’un des éditeurs de La Propia, Diego Recoba en 2011, il lui a parlé d’un ouvrage qu’il avait la volonté de publier face aux difficultés qu’il rencontrait de le faire publier  à une maison d’édition formelle. En effet, il s’agissait d’un livre “très expérimental”, voué à la critique d’oeuvres cinématographiques et littéraires dans lesquelles l’auteur inscrivait sa propre perception lors de la visualisation ou la lecture. 

Selon lui, l’avantage des Cartoneras est l’indépendance dont ils bénéficient du marché éditorial, justement ce qui l’empêchait de publier ailleurs, était lié au besoin de financer la production. Ces éditions indépendantes concèdent à l’auteur une visibilité lors de la présentation du livre ou dans les Ferias. 

Le jour de la présentation de l’ouvrage, le livre a reçu une seule critique littéraire de la part de la Diaria (journal Uruguayen). Ceci a empêché, selon l’auteur, la visibilité et la diffusion de l’ouvrage qui aurait permis la multiplication des ventes, ce qui n’a pas été le cas à l’époque. 

Il a ensuite publié deux ouvrages chez Eloisa Cartonera : Levemente ondulado y Velocidad controlada en 2012. Huit années plus tard, l’ouvrage a été réédité dans une maison d’édition formelle, avec laquelle il avait déjà publié certains ouvrages de poésie. Roberto Appratto continue actuellement d’enseigner à l’université ainsi que de diriger des ateliers de narration créative.

Une des limites de ce système de publication serait le nombre d’exemplaires réduit qu’ils ont la capacité de produire, ainsi que le système de ventes alternatif. Nous avons du mal à retrouver ces ouvrages dans les librairies rattachés à la Cámara Uruguaya del Libro, à part dans las Ferias del libro. Le contexte de l’actuel marché d’édition en Uruguay, qui s’est vu développé lors des dernières années, facilite la publication d’oeuvres, notamment en poésie, ce qui n’était pas le cas dans les années 2010, lors de la formation de la Propia Cartonera. Celle-ci pourrait être une des raisons pour lesquelles le projet uruguayen de La Propia Cartonera n’a pas eu de continuité. 

En octobre 2019, la maison d’édition de La Propia, définie en tant qu’éditoriale indépendante et autogérée, célébrait les dix ans d’existence. 

Leur agenda d’activité proposait, entre autres, des ateliers avec des collégiens, des jeunes, visant à la construction d’un livre écrit par eux-mêmes. 

Ils participaient également à des événements tels que La Feria Internacional del Libro de Montevideo, la Feria del libro del Oeste ou Feria del Libro Independiente y Alternativo (une foire du livre indépendante et alternative, “autogérée, amie, amoureuse et ouverte”.

Si ce sujet vous intéresse, vous trouverez l’histoire de la Propia Cartonera raconté par Diego Recoba, enquêté dans le Court Métrage documentaire projeté en 2013 au festival Cinélatino ; https://www.youtube.com/watch?v=8ZjQbH1tlzU&t=1105s

La Maestra Cartonera : l’école publique comme espace de créativité

La Maestra Cartonera est un projet qui naît à Bogotá, capitale de la Colombie, le 1er janvier 2010. Cette maison d’édition cartonera est l’initiative de l’enseignante du collège Policarpa Salavarrieta Paola Andrea Flórez. Sa devise est : “La escuela pública como espacio de criatividades” (l’école publique comme espace de créativité – traduction libre). Il s’agit en effet d’inviter les élèves dans le monde du livre à travers les procédés artisanaux de la reliure, l’illustration, l’écriture, la fabrication de papier et d’autres aspects de la vie des livres.

Fabrication artisanale de papier

Le collège Policarpa accueille de nombreux.ses élèves provennant de familles défavorisées dans lesquelles la lecture n’est pas une habitude récréative. Lire est en effet  un goût, une habitude liée à la classes sociales. Il faut d’ailleurs rappeler que le salaire moyen, en Colombie, est de 290€ (soit environ 1 115 000 COP). Or, le prix moyen d’un livre neuf est d’environ 10€ (soit environ 40 000 COP) : c’est un produit cher. 

Le graphique ci-dessous reporte les habitudes de lecture des jeunes entre cinq et onze ans, en 2012. Plus de la moitié attestent lire une fois par semaine ou moins

Source : https://www.culturarecreacionydeporte.gov.co/sites/default/files/adjuntos_paginas_2014/habitos_de_lectura_web.pdf

Le projet éducatif de la Maestra Cartonera est de rapprocher l’univers des livres, de l’écriture, aux enfants en promouvant leur propre sensibilité, langages et représentations. En ne faisant pas référence à un capital culturel symbolique dicté par les classes hautes (qui exclut les classes les plus basses de la culture littéraire) mais au quotidien, à l’intime, à l’histoire personnelle. Ainsi, le livre redevient un objet d’inclusion, de partage et de plaisir, tant pour les enfants que pour leurs parents. En effet, ceux ci sont invités aux marchés de livres cartoneros produits par le collège, où ils sont invités à découvrir le travail réalisé par leur progéniture et ont la possibilité d’en acquérir à bas prix.

Un des stands du marché aux livres cartoneros annuel du collège Policarpa, 2019

Le nom du projet, “La Maestra Cartonera” n’est pas anodin en Colombie, à l’époque où de nombreux professeurs sont assassinés par les paramilitaires (d’après les sources officielles, en 2019, on recense 250 assassinats sur le territoire colombien). En effet, ces groupes armés de droite menacent des “leaders sociaux”, c’est à dire défenseurs.euses des droits humains, activistes, travailleurs sociaux, professeurs.es qui oeuvre pour plus d’égalité sociale… Ce projet éditorial affirme dès son nom le rôle progressiste de l’éducation, qui se doit d’être inclusive et valorisant les savoirs de toute la population, y compris les classes les moins aisées. 

Pour mieux comprendre la ligne éditoriale de La Maestra Cartonera, nous pouvons présenter certains ouvrages significatifs. 

“Los sin techos” (les sans toits) est une compilation de nouvelles dont les auteurs.ice sont les enfants eux mêmes, qui décrivent et résolvent les mystères du centre ville de la capitale. Pour cela, de nombreuses sorties ont été organisées afin qu’ils.elles puissent parcourir le territoire et nourrir leur inspiration. Il s’agit de promouvoir l’invention à partir du quotidien, valoriser et donner une forme aboutie au monde imaginaire des enfants afin d’explorer les manières dont celui ci s’imbrique avec la réalité. D’autre part, dans les villes la logique de quartiers distincts est très prégnante et significative des inégalités sociales. Inciter les jeunes à s’approprier de leur ville est un thème politique.


Corazon roto” (coeur brisé) est l’autobiographie de Mélodie Rodriguez, 13 ans. Afin d’éditer son histoire, la classe devient un en véritables atelier cartonero. L’organisation et le travail d’équipe, la répartition des tâches font également partie des enseignements de la Maestra Cartonera. Une après midi de lecture autour de l’oeuvre  lancement en présence des parents de l’autrice. 

Le livre « Preguntario » de Jairo Aníbal Niño, écrivain colombien de littérature infantile, a été édité en caractère braille. “Fermez les yeux, ceci sont les lettres de l’obscurité”. Outre la consolidation de leurs techniques éditoriales, cette édition permet d’aborder les thèmes de l’altérité et du handicap.

Enfin, La llegada a la paz est un ouvrage de création collective pour la réflection communautaire.  Situé dans le centre de Bogota, le collège Policarpa partage son espace avec le Musée National, auquel appartiennent les terrains. Le musée demande depuis plusieurs années une relocalisation du collège afin de pouvoir exposer l’intégralité de ses collections. Après des années de refus de la directrice de l’établissement, le collège et la mairie sont arrivés à un accord pour construire le collège dans le quartier de La Paz. La Maestra Cartonera lance un livre “La llegada a la Paz” (L’arrivée à la Paix) dans lequel les élèves ainsi que les professeur.es projettent un collège idéal, et proposent des infrastructures. Le livre cartonero représente dans ce cas un outil de consultation et de propositions citoyennes des usagers du collège. Il faut rappeler que la Colombie est un pays où le détournement d’argent public est courant, notamment lorsqu’il s’agit de chantiers.

 Un cycle de conférences et de débats auxquels les autorités publiques ont été conviées ont accompagné le lancement du livre “La llegada a la Paz”.  Nous pouvons parler d’un outil de démocratie participative dans la mesure où la création de cette édition implique un questionnement et une logique de choix, d’implication dans ce processus de changement. De la même manière, elle démontre aux pouvoirs publics un intérêt citoyen sur la question des infrastructures, notamment lorsque celles ci sont vecteur de pédagogie (notamment dans le domaine botanique). 

Paola Flores (la maestra) remporte en 2019 la seconde place du prix national des enseignants (Prix BBVA). Le prix implique un voyage en Europe pour tisser des liens avec d’autres maisons d’édition cartoneras. Nous remarquons par ailleurs que sa page facebook relaye les activités et des initiatives de Cartoneras partout dans le monde : il s’agit d’une constellation d’inspiration.

Ce projet éditorial nous démontre que l’éducation est aussi une question d’autonomisation : pour faire naître l’intérêt de la lecture, la stratégie ici adoptée est d’inclure les élèves dans l’aspect de la création. La modalité d’atelier permet aux jeunes d’explorer leur créativité et de la valoriser l’artisanat. Le livre est un objet qui nous appartient, et qu’il convient de réinventer. 

« Le cercle de protection nous induit à travailler en union. »

Références : 

https://www.facebook.com/lamaestracartonera/

www.instagram.com/lamaestracartonera/

Page youtube

Sources bibliographiques : 

Habitudes de lecture chez les enfants

https://www.culturarecreacionydeporte.gov.co/sites/default/files/adjuntos_paginas_2014/habitos_de_lectura_web.pdf

Assassinats de leaders sociaux en 2019

https://www.eltiempo.com/colombia/otras-ciudades/cifra-de-lideres-sociales-asesinados-en-el-2019-447954

Prix des enseignants BBVA

https://www.premio-nacional-al-docente-bbva.com.co/ganadores

OTRAPARTE : Un endroit pour créer et transformer des pensées.

Otraparte

La société Fernando González – Otraparte a été créée le 10 avril 2002 à l’initiative de Simón González Restrepo, le plus jeune fils du penseur et philosophe colombien Fernando González. L’objectif principal de l’entité est de diffuser et de préserver le patrimoine de l’écrivain, transformant la maison-musée « Otraparte » en un centre culturel à projection internationale. L’idée est que la Colombie rencontre l’œuvre, les messages et la philosophie de l’écrivain et que cette rencontre soit l’occasion de transformer les rêves de la population colombienne en réalité.

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Ana Mosquera : transmédialité et artivisme à l’heure de la Big Data.

Ana Mosquera et son œuvre, ou comment représenter l’espace virtuel à travers des medias artistiques ?

Les œuvres d’Ana Mosquera, artiste vénézuélienne, s’ancrent dans des espaces bien délimités comme Caracas, Macuto (Vénézuela) ou encore Antofagasta (Chili), mais ces espaces socio-historiques sont toujours mis en relation avec le cyberespace mondialisé. Elle explore cette nature hybride de l’espace urbain tel que nous le connaissons aujourd’hui, en proposant de nouvelles représentations de ces espaces, entre le matériel et l’immatériel, l’empirique et le virtuel, se superposant l’un et l’autre dans une alchimie complexe encore peu interrogée. En effet, il est difficile, à titre d’exemple, de mesurer l’impact des réseaux sociaux, son étendu, sur notre manière d’habiter l’espace, de l’apprivoiser et de l’organiser. L’ensemble de son travail scientifique et artistique s’appuie sur une formation transdisciplinaire qui aborde d’une part, la géographie, l’urbanisme et l’architecture et d’autre part, la photographie, les médias et la communication. L’homme d’aujourd’hui, l’homo protesis dont le corps biologique s’allie continuellement avec la technologieest sans cesse inscrit dans un espace hybride où l’empirique interagi avec le numérique.

« El placer de tinderizar » : la tinderization de l’espace 

Installation présente dans le Musée d’art contemporain de Zulia (collection permanente). Triptyque en papier, dimensions 45 X 200 X 45 cm.
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L’accès à la lecture par et pour tous : Magnolia Cartonera

Daniele Carneiro et Juliano Rocha  donnent naissance à l’editora Magnolia Cartonera en 2014 à Curitiba – Brésil. Fruit d’un projet de long-terme, les deux artistes travaillent depuis 2012  pour favoriser l’accès à la lecture pour tous. Tout commence avec la création d’une bibliothèque communautaire, libre et indépendante dans la zone rurale de Morretes, Etat de Paraná au Brésil. Une bibliothèque communautaire, c’est un espace de lecture, d’apprentissage, qui a surgi à l’initiative de la communauté et qui est géré par elle. En d’autres mots, la bibliothèque est créée par et pour la communauté, dans le but de permettre un accès à la culture, la littérature, les arts, là où cet accès n’existait pas ou peu.

source: bibliotecas do brasil
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Sarita Cartonera : la révolution éditoriale à Lima est « chusca »

Nada de lo que me digan me va a alejar de la calle, sé encontrar la esperanza en las calles, entre los borrachos y las putas, sin irme mas allà buscando el cielo…

Collectif, Manifeste de Sarita Cartonera
Murales représentant Santa Sarita Colonia à Milan, réalisé par les street-artists Hadok e Sef.01.

Remarquable exemple de conciliation entre revalorisation de la culture populaire urbaine, positionnement politique anti-autoritariste et négociation avec les espaces culturels institutionnels, Sarita Cartonera est la première maison d’édition cartonera péruvienne et la deuxième à être fondée, après Eloisa Cartonera.

Elle est née à Lima en 2004, fondée par Milagros Saldarriaga et Tania Silva, deux jeunes diplômées de la faculté de littérature de l’Université San Marcos. Un an avant, Milagros Saldarriaga rentre dans une librairie à Santiago de Chile et découvre un des livres de carton d’Eloisa Cartonera, fondée en 2001 à Buenos Aires. Touchée par l’initiative d’Eloisa Cartonera, elle ramène l’idée à Lima, où elle fonde Sarita Cartonera avec l’aide d’autres diplômés en littérature.

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Dadaif Cartonera, espace de résistance et de liberté

Les cartoneras en Équateur

Les cartoneras sont, depuis 2003, un véritable acte de résistance social, et c’est un nouvel espace ou la littérature et les arts graphiques peuvent se propager.  Les cartoneras sont très présentes lors d’exposition d’art, de concert et dans les centres d’études alternatifs et cela ouvre de nouvel espace de diffusion de la littérature contemporaine.

L’initiative cartonera est née avec Eloisa Cartonera en Argentine, avec sa volonté de diffuser la culture dans tout les espaces. En Équateur, ce mouvement arrive en 2004 lorsque Victor Vivos revient du Pérou après avoir découvert l’initiative de Sarita Cartonera à Lima. Il va fondé Matapalo Cartonera à Riobamba au Sud de Quito. Elle a été la première cartonera que le territoire et elle est vue comme une des pionnières en Équateur. Ensuite on retrouve la cartonera Murciélago Kartonera à Quito qui est la seule de la capitale, et qui est considérée comme une des cartoneras les plus importante en Équateur. On retrouve ensuite des cartoneras à Guayaquil comme Dadaif et Camareta, puis à Cuenca avec Ninacuro.

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El Taller Leñateros ou la revendication identitaire tzotzile

Au cours de ces 500 dernières années, des générations de peuples autochtones ont été tu(é)es, invisibilisées, marquées par la perte de leur identité, de leur culture et croyances spirituelles qu’a imposées la culture hégémonique occidentale blanche. Ce fut le cas pour les populations Mayas dans les hauteurs du Chiapas. Depuis plus de 500 ans et en s’opposant depuis à la logique de globalisation du néolibéralisme, les populations mayas tzotziles ont toujours lutté pour récupérer et préserver leur tradition orale et leur mémoire ancestrale. Le Taller Leñateros est ce projet mexicain légendaire qui leur permet aujourd’hui de revendiquer leur identité et devient bien plus qu’une proposition éditoriale indépendante alternative face à la domination de grands groupes du secteur de l’édition en Amérique latine depuis la fin du siècle dernier.

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Canita Cartonera, une maison d’édition « 99,9% carcelaría »

Canita Cartonera est une maison d’édition cartonera chilienne qui a vu le jour en 2009, dans la région de Tarapacá, dans le nord du pays.  Ce projet naît de la relation artistique qui unit le Chili et la Bolivie ainsi que de l’influence du projet bolivien mARTadero qui prône l’innovation, la diffusion, la recherche artistique et l’interculturalité. D’autres maisons d’éditions cartoneras, notamment la bolivienne Yerba Mala Cartonera avec qui La Canita est très liée, ont soutenu sa création. Le poète chilien Juan Malebrán Peña (qui fut le premier directeur de ce projet de 2010 à 2013) participe activement au projet mARTadero et est membre du collectif latino américain La Ubre Amarge dont le but est de diffuser et d’échanger autour de la poésie du continent; la maison cartonera Yerba Mala Cartonera l’a publié plusieurs fois. L’engagement de l’artiste a ainsi permis au projet d’acquérir une certaine légitimité aux yeux de tous. 

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