Médias contre-hégémoniques: des éditions cartoneras à la cyberculture

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Mujeres creando – Le féminisme Bolivien

Mujeres Creando est un collectif militant créé en 1992 suite à l’élection d’Evo Morales à la tête de la Bolivie. La cause des femmes est vivement utilisée dans sa campagne électorale puis abandonnée ensuite lorsque ce dernier devient président de la Bolivie. C’est dans la rue que Mujeres creando naît, en réunissant des jeunes et notamment des femmes qui soutiennent des manifestations, blocages et événements de contestation dans la rue. Un collectif de femmes se crée et met en place des assemblées générales afin de discuter de la situation politique du pays et de s’organiser pour le futur. Cette assemblée féministe prend forme sous l’impulsion de Maria Galindo, Julieta Paredes et Monica Mendoza et se met en place dans la rue, dans un café de la Paz, ainsi que dans une maison artistique nommée “ la virgen de los deseos”. 

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Linda Vellejo – Make ‘Em All Mexican

Qui est Linda Vallejo ?

Linda Vallejo est une artiste Chicana dont l’importance des œuvres a été soulignée dans de nombreux articles témoignant des expériences de vie des personnes d’origine mexicaine habitant aux États-Unis.  L’artiste raconte avoir été influencée par les nombreux voyages auxquels elle prit part lors de son enfance, l’emmenant à un questionnement sur l’identité américano-mexicaine. Née à Boyle Heights en 1951, elle a passé ses premières années à East L.A. avant de vivre en Allemagne, en Espagne pour finir par s’installer en Alabama – des déménagements motivés par un père qui était colonel dans l’armée de l’air comme nous l’apprend sa biographie présente sur le site de l’Université de Californie. Ce n’est que lorsqu’elle est retourne dans le sud de la Californie à la fin des années soixante qu’elle s’immerge a nouveau dans son héritage chicano. Ayant grandi dans un milieu où la culture dominante était blanche et états-unienne de l’Alabama dans les années soixante au début du mouvement Chicano, il était important pour elle de retravailler, mettre en avant et célébrer des symboles traditionnels et indigènes mexicains. Ces questions précédemment mentionnées emmenèrent une réflexion de la part de l’artiste sur l’importance de la couleur de la peau des individus dans la société états-unienne ainsi que dans la culture populaire et filmique du pays.  

The crux of the matter, it seemed to me, was that visual representations of the American Dream did not include me, or my loved ones. I had never seen the golden images of Americana with familiar “brown” faces. Friendly faces, sure—but not familiar ones. The yearning for familiar faces sent me on a quest for images that I could call my own.

Linda Vallejo

Elle décrit elle-même ses intentions dans la vidéo suivante, provenant de la chaîne Youtube de l’artiste:  

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ImillaSkate “Le pouvoir de l’identité faite poésie”

Producciones, Q. (2021, Summer 9). Cortometraje Imillaskate Cochabamba. Youtube

La présidence d’ Evo Morales a marqué un tournant dans la revalorisation des cultures des indigènes boliviennes. Un des aspects les plus visibles de ce changement est la reconsidération les cholas, les femmes andines en jupes, bottes, mantilles et manteaux. La stigmatisation qui leur était associée a changé un peu avec l élection de 2005. Il y a un véritable trésor symbolique dans ces femmes indigènes. “Les Cholitas vont continuer à porter leurs gilets et chapeaux parce qu’elles portent leur culture dans leurs vêtements, leur identité.” Sous le mandat de Morales, premier président autochtone de Bolivie, les électeurs ont adopté une nouvelle constitution qui reconnaissait officiellement 36 langues autochtones et donnait aux autochtones de la nation des droits plus étendus, comme la propriété foncière communale.

Mais la discrimination et le racisme envers la culture chola ne sont pas des problèmes que la société bolivienne conservatrice a réussi à surmonter. Il n’y a pas si longtemps, il était mal vu et quasi impossible qu´une chola entre dans un studio ou un hôtel cinq étoiles. Les autochtones aymaras et quechuas – facilement reconnaissables à leurs vêtements distinctifs – se voyaient refuser l’accès à certains restaurants, taxis et même certains bus publics. Pendant des générations, ils n’ont pas été autorisés à marcher librement sur la place centrale de la ville, ni dans les banlieues riches. Ségrégation incompréhensible dans un pays où plus de la moitié de la population se considère comme autochtone.

D’après les données de la CEPALC, la Bolivie compte la plus forte proportion d’autochtones de la région. Plus de la moitié de la population bolivienne est d’ascendance autochtone. L’aymara et le quechua sont les deux langues autochtones les plus parlées dans le pays

Carte de l ‘ État plurinational de la Bolivie.

On dit souvent que Cochabamba est la région métisse par excellence. Les vallées cochabambinos ont été le lieu de contacts historiques entre différents groupes, ce qui a donné naissance à une dynamique régionale dans laquelle les femmes rurales jouent un rôle important mais ont une identité incertaine. Pendant des siècles, les femmes rurales ont participé à la production agricole, au commerce, à la production de chicha (boisson qui provient de l’empire Inca et est faite à base de maïs fermenté) et à d ‘ autres activités, contribuant ainsi à la survie de leurs familles et communautés dans des conditions difficiles. Cependant, leurs contributions au développement régional ne sont pas reconnues en termes d’avantages sociaux et économiques.

Les principales institutions boliviennes et cochabambines sont patriarcales. Dans les zones rurales, les femmes ont de fortes responsabilités au sein de leur foyer, les hommes étant nettement plus nombreux dans toutes les institutions juridiques, politiques, religieuses et syndicales. Dans ce pays, un certain nombre d ‘ indicateurs sociaux restent bien en deçà des moyennes régionales et des inégalités marquées subsistent entre les régions, entre les zones rurales et les zones urbaines, entre les hommes et les femmes et entre les autochtones et les non-autochtones.

Naissance d’ImillaSkate

Les Imillas patinent dans la rue de Cochabamba.
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DANY GOUTTIÈRE- Artiviste colombien, transactiviste, non-binaire

Le contexte et la lutte pour les droits de la population LGTB en Colombie

Comme en Amérique Latine, en Colombie, la population LGTB est l’objet de plusieurs violences et de vulnération de leurs droits. Certains articles affirment même qu’être trans en Colombie est une sentence de mort (DW.Historias Latinas, 2021). Pour comprendre le complexe panorama colombien en termes de violence, il faut partir du nombre moyen d’homicides depuis l’année 2011 et jusqu’à l’année 2020 : 110 par an. Cependant, dans l’année 2020, marquée par la pandémie, ce chiffre est monté à 226, le double de la moyenne. De même, les menaces verbales sont passées de 106 en 2019 à 337 en 2020, les victimes de violence policière sont passées de 109 en 2019 à 175 en 2020. Il est très difficile de déterminer les raisons qui expliquent cette augmentation de la violence car plusieurs facteurs sont à considérer. En premier lieu, les mécanismes de dénonciation ont été diversifiés de sorte que les plaintes ont augmenté.

En deuxième lieu, la hausse de violence est aussi un résultat des mesures de confinement mises en place en raison de la pandémie. Les groupes les plus affectés ont été les femmes trans et les hommes gays. Pour les trans, la forme de violence la plus exercée a été la menace ainsi que pour les hommes gays, l’homicide. Ces statistiques sont partagées par l’organisation de société civile Colombia Diversa, qui travaille autour de la lutte pour les droits de la communauté LGBT. Les formes de violence catégorisées sont les menaces, les homicides et la violence policière. Cependant, d’autres droits sont bafoués constamment. Par exemple, l’accès à la santé, á l’éducation, à un travail et un logement digne, entre autres.

Figure 1 : Types de violence. Colombia Diversa. http://www.colombia-diversa.org/p/que-hacemos.html

Bien qu’actuellement, la législation colombienne ait montré une progression considérable en termes de droits pour la population LGTB, il y a encore plusieurs barrières administratives et de discrimination sociale qui ont ralenti l’application des lois et politiques publiques. La discrimination sociale dans des espaces éducatifs et de travail poussent principalement la population trans à bouger vers des quartiers pauvres, arrêter les études et choisir des professions qui sont transsexualisées telles que le travail sexuel. Ainsi, des problématiques comme la pauvreté, la consommation et le trafic de drogues ainsi que l’accès restreint à la santé sont développées à l’intérieur de cette minorité.  Un autre élément important à considérer est la situation dans laquelle a vécu la population LGTB pendant les années de conflit en Colombie, étant reconnus en tant que victimes du conflit dans l’accord de paix avec la guérilla des FARC. (Colombia diversa, 2019)

Les progressions sur le plan législatif ont pris un certain retard dans le pays. Par exemple, en 1992 l’avocat Germán Rincón Perfetti a présenté pour la première fois une action de tutelle pour réaliser un changement de nom devant la cour constitutionnelle. C’est n’est qu’en 1998 que l’homosexualité n’a plus été une raison pour nier les droits à l’éducation grâce à l’annulation du décret qui signalait que l’homosexualité était une mauvaise conduite de la part des enseignants des écoles. Dans la même période, la cour constitutionnelle a confirmé que l’orientation sexuelle des élèves des écoles ne constituait pas une raison pour nier le droit à l’éducation. Ce n’est qu’en 2007 que le pacs pour les couples du même sexe a été approuvé, de même qu’en 2015 l’adoption d’enfants par des couples du même sexe et en 2016 le mariage égalitaire est devenu légal.

En tenant compte des violences provoquées par le long conflit armé dans le pays, en 2014 la première décision de Justice et Paix est prise, donnant à la population LGTB la condition de victimes des groupes armés. En 2016 l’accord de paix Colombien est devenu pionnier au niveau mondial grâce aux reconnaissances de la population LGTB en tant que victime du conflit armé. Finalement, en 2018 le pays a connu une politique publique LGTB au niveau national. Pour la population trans, quelques progressions arrivent en 2013 avec l’approbation de la cour constitutionnelle des procédures chirurgicales pour des modifications corporelles des personnes trans et pour la première fois, en 2018 l’assassinat d‘une femme trans a été reconnu comme un féminicide. 

Le travail artistique de Danny Gouttière

Danny Gouttière est un artiste colombien de 26 ans qui s’autodéfinie en tant qu’artiviste, transactiviste et non-binaire. Iel est né dans une municipalité proche de la ville de Medellín appelée La Ceja à Antioquia. Sa production artistique est très variée, iel est chanteur·e, peintre, dessinateur·e, écrivain·e, compositeur·e, performeur·se et mannequin. Parmi ses objectifs artistiques nous pouvons trouver la dénonciation de la violence contre les femmes et la population trans ainsi que les impacts du conflit armé sur les territoires colombiens.

Figure 2 : Danny Gouttière. https://danygouttiere.com/
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Arpilleras : la broderie comme pratique de transgression et de subversion féminine. 

En 2000, la Commission mondiale des barrages a indiqué qu’environ 80 millions de personnes étaient déplacées de force en raison de la construction de barrages. Le même rapport indique également que parmi les groupes les plus vulnérables faces aux immenses impacts causés par ces entreprises, figurent les femmes.[1] En 2010, le rapport final de la Commission d’enquête parlementaire sur les barrages, approuvé par le CDDPH – Conseil pour la défense des droits de la personne humaine, indique également que les femmes est l’un des principaux groupes qui subit les impacts de ces entreprises et conclut qu’une action plus spécifique pour ces groupes[2] devrait être prise en compte.

Motivées par le fait que les femmes sont particulièrement touchées par la construction de barrages hydroélectriques, les femmes membres du MAB – Mouvement des personnes affectées par les barrages, ont organisé la première réunion nationale des femmes affectées par les barrages en 2011, à laquelle ont participé environ 500 femmes de 16 États brésiliens, des femmes d’Argentine, du Paraguay et du Mexique. L’un des jalons de cette réunion a été la création du collectif national des femmes affectées par les barrages et le lancement d’une lettre dénonçant les violations des droits des femmes, à savoir la non-reconnaissance du travail domestique à la campagne, la perte de travail et de revenus, l’absence des femmes dans les espaces de prise de décision, la non-qualification des femmes rurales pour le travail urbain, entre autres.

Disponible sur https://cnenebio.wordpress.com/2011/06/08/encontro-nacional-das-mulheres-atingidas-por-barragens/
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« Canción sin miedo »: l’hymne à l’amour des Mexicaines

Mexique : pays du féminicide ?

Depuis les années 1990, le Mexique est tristement célèbre pour ses nombreux féminicides. Notamment à travers les cas du massacre d’Acteal en 1994 et des meurtres de femmes de Ciudad Juárez. Selon Amnesty International, plus de 1 653 cadavres ont été trouvés entre 1993 et 2008 et plus de 2 000 femmes sont considérées comme disparues dans cette ville frontière du Nord du Mexique. En 2019, selon l’INEGI (l’institut de statistiques mexicain), plus de 3800 femmes ont été tuées dans le pays, soit plus de 10 femmes assassinées par jour. Parmi elles, la justice a reconnue plus d’un millier de ces meurtres comme étant des féminicides c’est-à-dire que les enquêteurs considèrent qu’elles ont été assassinées uniquement parce qu’elles étaient des femmes. Toujours selon l’INEGI plus de 90% de ces meurtres restent impunis. Les associations et les activistes féministes mexicaines militent alors pour mettre la pression au gouvernement d’Andrés Manuel Lopez Obrador et réclament des politiques publiques efficaces afin de prévenir ces meurtres.

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Andrea Murcia une photojournaliste au service des combats féministes.

Andrea Murcia est une jeune photojournaliste de 29 ans originaire de Guadalajara. Elle a commencé la photo là-bas en capturant des moments de la vie quotidienne ainsi que des éléments architecturaux.

“Empecé en la fotografía perdiéndome en las calles del Centro Histórico de la Ciudad de Guadalajara. Su arquitectura y la manera en que las personas hacen suyas las calles sin notarlo me atrapó”

Elle travaille aujourd’hui pour la revue photographique Cuartoscuro qui est l’une des agences de photojournalisme la plus importante du pays. De ce fait, elle travaille sur de nombreux sujets bien qu’elle soit reconnue principalement pour son travail auprès des mouvements féministes.

Elle a d’ailleurs reçu le prix allemand de photojournalisme Walter Reuter pour sa photo Barbara 8M prise lors de la journée des femmes le 8 mars 2021.

Barbara 8M
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Journal en ligne colombien « La Silla Vacia » et son onglet « Red de Mujeres » : Une indépendance journalistique nécessaire face à une supposée « idéologie de genre »

  1. Le contexte colombien

La Silla Vacia est un journal en ligne indépendant crée en 2009 par Juanita Leon. Son but était de créer un média de communication entièrement digital qui s’intéresse à la politique colombienne. Aujourd’hui le journal frôle les 400 000 abonnés, et atteint près de 1,5 millions de vues par mois et est considéré comme le premier journal politique en ligne colombien. La Colombie est un pays en proie à un conflit armé depuis les années soixante qui, à la base, implique l’armée colombienne et la guérilla révolutionnaire des FARC et a particulièrement touché les civils. De 2002 à 2010, Alvaro Uribe, conservateur de droite issu de l’oligarchie colombienne a gouverné le pays, et s’est toujours opposé à négocier avec la guérilla. C’est en 2010 que Juan Manuel Santos lui succède et met en place des négociations de paix. Le journal, créé en 2009, prospère donc dans un pays évoluant vers la voie des négociations de paix après une décennie militariste. En ce qui concerne la liberté de la presse, la Colombie est tout de même classée 130ème selon le classement établi par RSF en 2020.

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