Des éditions cartoneras à la cyberculture

Catégorie : cyberculture (Page 1 of 2)

Artiviste non binaire en Colombie

Mujeres creando – Le féminisme Bolivien

Mujeres Creando est un collectif militant créé en 1992 suite à l’élection d’Evo Morales à la tête de la Bolivie. La cause des femmes est vivement utilisée dans sa campagne électorale puis abandonnée ensuite lorsque ce dernier devient président de la Bolivie. C’est dans la rue que Mujeres creando naît, en réunissant des jeunes et notamment des femmes qui soutiennent des manifestations, blocages et événements de contestation dans la rue. Un collectif de femmes se crée et met en place des assemblées générales afin de discuter de la situation politique du pays et de s’organiser pour le futur. Cette assemblée féministe prend forme sous l’impulsion de Maria Galindo, Julieta Paredes et Monica Mendoza et se met en place dans la rue, dans un café de la Paz, ainsi que dans une maison artistique nommée “ la virgen de los deseos”. 

“En tant que Mujeres Creando nous avons aussi redéfini le féminisme, à partir de nos racines, en tant que proposition politique, éthique, philosophique qui vient de notre corps à n’importe quel moment de l’histoire, dans n’importe quelle partie du monde, contre le patriarcat, ce qui veut dire qu’il y a simultanéité de féminismes, il n’y a pas un fait fondateur.” 

Entretiens avec Julieta Paredes 

Le collectif lutte dans de nombreux domaines de la vie bolivienne. Le racisme omniprésent, le travail domestique asservissant et non rémunéré, entre autres, a mené les militantes à revendiquer un salaire domestique. La clé, c’est de combiner les luttes de classe, de race et de genre. Mujeres creando permet l’expérimentation et la réalisation de ce qu’elles appellent la “politique concrète”. C’est un mouvement qui dure depuis 30 ans et ce qui fait sa force selon Maria Galindo, c’est qu’il ne s’épuise jamais. Mujeres creando parvient à réunir des femmes d’horizons très variés, des ouvrières, des syndicalistes, des femmes qui travaillent sur les marchés, des femmes de la classe moyenne, etc. De nombreuses militantes du collectif se revendiquent lesbiennes. 

Mujeres creando est un mouvement féministe qui prone la réappropriation de l’espace public pour les femmes. Cette appropriation de la rue passe par des graffitis et par la création d’espaces physiques comme le café carcajada et la virgen de los deseos, qui permettent aux militantes et aux concernées de se réunir pour discuter, débattre, faire acte d’adelphité, rire, aimer, s’organiser, etc. Les graffitis ainsi que les performances artistiques sont la manière la plus visible de mettre en avant leurs revendications féministes et politiques. Il y a également la radio, qui permet une appropriation de l’espace de parole, pour permettre une parole libre et engagée. 

C’est un collectif qui se définit comme anticapitaliste, anti-raciste, feministe, composé de femmes.

“’Mujeres creando’ es un movimiento al que me gusta definir con una metáfora: indias, putas y lesbianas, juntas, revueltas y hermanadas” 

Maria Galindo

 

Elles abordent dans leurs lutte divers sujets tels que le racisme, l’avortement, la prostitution, les questions politiques, le féminicide, le colonialisme, le machisme, etc. 

Moyens de lutte 

Les actions de Mujeres creando sont multiples : graffitis, banderoles, actions publiques, réseaux sociaux, création de livres et de films. La majorité de leurs actions prennent donc place dans la rue. L’objectif est l’appropriation de l’espace public Bolivien. Sur internet, un site regroupe les luttes, les évènements artistiques et militants, les graffitis, livres, et lieux dont Mujeres creando sont à l’initiative.

La rue est représentée comme un lieu de vie, de lutte et d’actions. Le fait que des évènements aient lieux dans la rue révèle une conception de l’espace public : les femmes circulent quotidiennement dans la rue, mais les évènement militants auxquelles elles participent, en tant que femme, leur ouvrent une nouvelle conception de l’appropriation de l’espace public. 

Associé à mujeres creando, la radio deseo est une radio féministe. Les principes de base affichés sur le site internet de la radio sont clamés : non au machisme ou à la misogynie, non à l’homophobie, non au racisme, non au classisme. Les luttes sont pour le respect de l’avortement et des femmes dans la prostitution. La radio ne donne aucun accès aux ONG, aux partis politiques et à la religion. 

Les graffitis 

“Una de las formas en las que tomamos el espacio público es mediate los graftis. Esto se realiza desde que nacimos como movimiento. Nuestros grafitis se pueden encontrar en todo el territorio nacional, se renuevan constantemente y son de creación colectiva. Contamos con dos libros recopilatorios de nuestros grafitis, el primero es edición agotada, el segundo aún está disponible.” 

Les graffitis sont la signature de mujeres creando. Ils sont toujours signés et sont présents dans tout le pays. Les sujets qui sont dénoncés sont divers et le site internet de mujeres creando permet une mise en mémoire de ces graffitis grâce à des photos organisées par thèmes.

Les slogans ont pour thématique l’avortement, les féminicides, les élections, la politiques, et tant d’autres.

D’autres slogans sur les féminicides sont graffités tels que “el feminicidio es una masacre de las mujeres” par exemple, ou encore “todos los partidos son una arma cargada de violencia, machismo y corrupción” 

Des lieux d’expression 

Plusieurs lieux emblématiques du collectif ont été mis en place suite à sa création. Deux lieux ont émergé pour permettre aux militantes de Mujeres creando de se retrouver. 

Le café carcajada

Situé dans la ville d’El Alto, banlieue de la capitale de la Paz. C’est une ville pauvre composée d’une population majoritairement indigène, la situation géographique du café n’est pas un hasard. C’est un café autogéré qui permet de mettre en place les valeurs de mujeres creando. Dans un entretien, Julieta Paredes énonce que “Pour nous la lutte doit forcément être créatrice de plaisir, avec beaucoup de malice, de rire, en jouissant de ce que nous faisons, et nous voulons vivre en communautés, détruire la propriété privée et mettre ce que nous avons en commun, et vivre cette utopie ici et maintenant, au quotidien, entre nous, avec d’autres aussi” et c’est avec l’aide du café que cela peut se concrétiser dans la communauté des militantes de mujeres creando et plus largement, des féministes. 

Le café carcajada, qui signifie crise de fou rire, est un espace de transmission et de développement de la culture féministe. C’est un lieu autonome, autogéré et communautaire. C’est un espace de réunion, de coordination, et d’amitié. 

Autre espace de création, la virgen de los deseos

La virgen de los deseos est un espace artistique vu aussi comme la maison de mujeres creando. Ce lieu est créé en 2005 et propose un marché écologique, des services internet, d’alphabétisation, une douche publique, un logement à bas prix, une librairie et un restaurant. C’est un lieu de réunion qui permet de mettre en place des performances artistiques et militantes. C’est également un lieu qui permet l’isolement, c’est un espace dédié aux femmes en séparation au reste de la société. C’est un lieu de désobéissance et de rébellion. 

bibliographie 

Paredes, Julieta, et Sabine Masson. « Féminismes, lesbianismes et processus révolutionnaires en Bolivie », Nouvelles Questions Féministes, vol. 26, no. 3, 2007, pp. 109-125. 

Mujeres creando “La virgen de los deseos” – 1a ed. – Buenos Aires : Tinta Limón, 2005. 256 p.

Cristina Chiquin, photojournaliste et incarnation du Colectivo Lemow : un individu peut-il représenter, parler au nom de tout le groupe qu’il prétend défendre ?

Cristina Chiquin, photojournaliste guatemaltèque.

Qu’est-ce que le collectif Lemow ?

Le mot Lemow vient de la langue Cakchiquel. Elle est liée au peuple maya éponyme (Cakchiquel), qui vit majoritairement dans le département de Chimaltenango (sud-ouest du pays).

Carte du Guatemala.

Il peut se traduire par reflet ou miroir, et c’est sous ce concept que le collectif s’identifie, parce qu’il cherche à refléter différentes réalités à travers les différentes formes d’art. Le Colectivo Lemow est un collectif crée par des femmes (principalement cinéastes) qui cherchent à rendre visible les droits de l’Homme, la réflexion critique et l’égalité femmes-hommes à travers du contenu artistique et culturel. De cette façon, elles autonomisent, divertissent et créent du lien entre les publics défavorisés du Guatemala (dont la majorité sont des femmes).

Crée en 2013, Lemow se consacre à la création et au partage des expressions culturelles à travers le point de vue des femmes. Elles ont survécu à l’épreuve du temps, aux épreuves de la vie et représentent la culture et les femmes guatémaltèques dans leur pays mais aussi dans le reste du monde. Le collectif est un agent du changement au Guatemala qui cherche à décentraliser le cinéma et en faire un art plus inclusif. Cela donne aux femmes les moyens d’explorer leurs expressions artistiques, reflétant leurs expériences et guérissant leurs émotions à travers l’art. Elles se spécialisent dans les ateliers de photographie, peintures murales, graffitis, musique, communication et cinéma. Elles créent également des ateliers en fonction des besoins des communautés qu’elles rencontrent et soutiennent.            Elles ont, à leur actif plusieurs projets, comme Reflejos (2016) ou encore Origenes (2017).

Reflejos est une exposition itinérante créée en 2016 sur le cinéma de genre, qui a parcouru onze départements du Guatemala avec un total de 22 expositions réalisées dans des écoles, des associations, des espaces publics et des centres culturels. L’exposition comprenait les projets cinématographiques réalisés par le collectif et les courts métrages de cinéastes guatémaltèques invités.

Origenes est une exposition de cinéma itinérante réalisée en 2017 et développée en collaboration avec Ixmayab Producciones. Avec un parcours à travers six départements du Guatemala et un total de 28 expositions présentant le portrait de 28 citoyens venant de tout le pays, l’exposition incluait des propositions audiovisuelles de cinéastes émergents/indépendants. En plus, des courts métrages de réalisateurs invités ont été diffusés.

Portraits de femmes, de leurs histoires et de leurs combats

            Projet de communication, Seres de Niebla (2018) cherche à travers la photographie et l’audiovisuel (principalement des capsules documentaires) à projeter et rendre visible la lutte de nombreuses femmes guatémaltèques qui, à travers leurs espaces de travail, obtiennent de meilleures conditions de vie. Rendre visibles les luttes des femmes, c’est reconnaître leur travail et contribuer au développement d’une société plus tolérante.

Il est composé de six courts métrages/capsules documentaires (allant de 4 à 7 minutes). Chacun d’entre eux est introduit, puis conclu par la chanson Tzk’at, de la chanteuse guatémaltèque Rebeca Lane, issue de son album « Obsidiana », sorti en 2018. C’est une artiste engagée ; et ses combats sont partagés par le Colectivo Lemow, ce qui explique l’association artistique entre toutes ces actrices. Les films n’ont pas vraiment de titre. Il y a seulement le nom des personnages principaux, suivi de leur métier. Tout simplement, ces films/ capsules présentent des femmes qui racontent leurs vies et leurs parcours.

L’équipe des films reste similaire sur les six parties. Veronica Sacalxot est la productrice ; Teresa Jimenez s’occupe de la photographie et de la post production ; Yanira Ixmucane gère la direction artistique.

Le premier film est centré sur la photojournaliste Cristina Chiquin        . Le deuxième raconte l’histoire de la chanteuse Aurora Chaj. Le troisième présente le parcours de Galilea Bracho, activiste et défenseuse des droits humains et droits LGBT. Le quatrième met en scène Gilberta Jimenez, activiste Xinca (tribu maya) qui milite pour la protection de la Terre, de la Nature ; la réappropriation et la défense de leur territoire.    Le cinquième montre le parcours de Manuela Xocol, présentatrice radio et communicante. Le sixième film dresse le portrait de la rappeuse Cat Monzon, d’origine Kʼicheʼ (un peuple du sud du pays).

Toutes ces femmes, et les histoires dont elles sont les héroïnes, ont plusieurs points communs. Le principal est que pour chacune d’entre elles, leur moyen d’expression est quelque chose qu’elles pratiquent depuis leur jeunesse, et surtout qu’elles ont toutes grandi dans ces milieux militants ou artistiques.

Cristina Chiquin : incarnation des valeurs du collectif, égérie de Lemow            

  Le premier des court-métrages met en scène Cristina Chiquin. Elle est photojournaliste. Elle explique qu’elle tient cette passion de son père. « Desde pequeña, me gustó mucho la fotografía. Mi papá le gustaba hacer fotografía de paisajes. Le gustaba siempre tener una cámaray en mi casa, al baúl lleno de fotos porque a mi papá le encanta tomar fotos. Creo que ahí me empezó también como las ganas de querer hacer fotografía”. Elle a toujours été engagée dans la défense des droits de l’Homme, et particulièrement les droits des femmes. Alors qu’elle pratiquait la photographie de manière ludique ; en 2012-2013 – à l’occasion de la commémoration des massacres du Rio Negro (1980-1982) –  elle a décidé de devenir photojournaliste, afin de lier ensemble ses deux passions.

En 1980-1982, en pleine guerre civile guatémaltèque, des Mayas Achis protestent contre l’expulsion de leurs terres natales vers des régions plus difficilement cultivables.  Le gouvernement guatémaltèque de l’époque voulait construire dans cette région (département de l’Alta Verapaz) un grand barrage hydro-électrique.  Plus de 400 d’entre eux sont tués par l’armée guatémaltèque.

En 2012, 30 ans après les exécutions, des avocats ont déposé un recours en justice devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme pour obtenir un procès. C’est à cette occasion que Cristina s’est engagée.

Au-delà d’être un moyen d’expression comme les autres, et permettre aux personnes de s’exprimer ; pour Cristina, la photographie permet aussi de véhiculer des émotions. Elle permet de mettre des images sur ce que ressentent les gens – des sentiments qui ne peuvent pas forcément être transmis avec des mots. Comme la photographie reflète le regard de son autrice, c’est comme si la photographe s’exprimait avec des mots. Avec une photographie, il est possible de dire bien plus de choses, qu’avec un texte. Si les photos véhiculent des émotions, elles peuvent aussi plus facilement toucher le cœur des spectateurs. C’est aussi une démarche personnelle, car pour Cristina ; la photographie, c’est son moyen de s’exprimer, à elle, en tant que citoyenne.   

En revenant à la capsule documentaire, elle peut se diviser en deux parties. La première moitié présente Cristina dans son atelier, caractérisé par le mur tapissé de photographies. L’œuvre de Cristina semble la surplomber, comme pour symboliser tout le chemin parcouru par la photojournaliste. La capsule alterne tour à tour entre des prises de vue montrant Cristina qui s’exprime face caméra, qui montre certains de ses clichés ou encore qui contemple le mur de son œuvre.  

La seconde partie suit Cristina dans l’environnement dans lequel elle se sent la plus à l’aise : le milieu urbain. Elle se décrit elle-même comme une journaliste urbaine. Ici, son outil de travail – son appareil photo – illustre la métaphore du regard. Si Cristina pointe son objectif dans une direction pour saisir un instant, un moment ; la photographie qui en résulte est son regard (à elle) sur le monde qui l’entoure.  C’est une manière pour elle de se réapproprier le regard sur le monde. Pour cela, elle propose aux spectateurs son propre regard sur son monde, grâce à ses photographies. Ce n’est qu’un regard de plus : un parmi les autres.

Pour Cristina ; une image vaut mieux qu’un long discours (peut-être parce qu’elle est plus émouvante et plus personnelle, intime).

Linda Vellejo – Make ‘Em All Mexican

Qui est Linda Vallejo ?

Linda Vallejo est une artiste Chicana dont l’importance des œuvres a été soulignée dans de nombreux articles témoignant des expériences de vie des personnes d’origine mexicaine habitant aux États-Unis.  L’artiste raconte avoir été influencée par les nombreux voyages auxquels elle prit part lors de son enfance, l’emmenant à un questionnement sur l’identité américano-mexicaine. Née à Boyle Heights en 1951, elle a passé ses premières années à East L.A. avant de vivre en Allemagne, en Espagne pour finir par s’installer en Alabama – des déménagements motivés par un père qui était colonel dans l’armée de l’air comme nous l’apprend sa biographie présente sur le site de l’Université de Californie. Ce n’est que lorsqu’elle est retourne dans le sud de la Californie à la fin des années soixante qu’elle s’immerge a nouveau dans son héritage chicano. Ayant grandi dans un milieu où la culture dominante était blanche et états-unienne de l’Alabama dans les années soixante au début du mouvement Chicano, il était important pour elle de retravailler, mettre en avant et célébrer des symboles traditionnels et indigènes mexicains. Ces questions précédemment mentionnées emmenèrent une réflexion de la part de l’artiste sur l’importance de la couleur de la peau des individus dans la société états-unienne ainsi que dans la culture populaire et filmique du pays.  

The crux of the matter, it seemed to me, was that visual representations of the American Dream did not include me, or my loved ones. I had never seen the golden images of Americana with familiar “brown” faces. Friendly faces, sure—but not familiar ones. The yearning for familiar faces sent me on a quest for images that I could call my own.

Linda Vallejo

Elle décrit elle-même ses intentions dans la vidéo suivante, provenant de la chaîne Youtube de l’artiste:  

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ImillaSkate “Le pouvoir de l’identité faite poésie”

Producciones, Q. (2021, Summer 9). Cortometraje Imillaskate Cochabamba. Youtube

La présidence d’ Evo Morales a marqué un tournant dans la revalorisation des cultures des indigènes boliviennes. Un des aspects les plus visibles de ce changement est la reconsidération les cholas, les femmes andines en jupes, bottes, mantilles et manteaux. La stigmatisation qui leur était associée a changé un peu avec l élection de 2005. Il y a un véritable trésor symbolique dans ces femmes indigènes. “Les Cholitas vont continuer à porter leurs gilets et chapeaux parce qu’elles portent leur culture dans leurs vêtements, leur identité.” Sous le mandat de Morales, premier président autochtone de Bolivie, les électeurs ont adopté une nouvelle constitution qui reconnaissait officiellement 36 langues autochtones et donnait aux autochtones de la nation des droits plus étendus, comme la propriété foncière communale.

Mais la discrimination et le racisme envers la culture chola ne sont pas des problèmes que la société bolivienne conservatrice a réussi à surmonter. Il n’y a pas si longtemps, il était mal vu et quasi impossible qu´une chola entre dans un studio ou un hôtel cinq étoiles. Les autochtones aymaras et quechuas – facilement reconnaissables à leurs vêtements distinctifs – se voyaient refuser l’accès à certains restaurants, taxis et même certains bus publics. Pendant des générations, ils n’ont pas été autorisés à marcher librement sur la place centrale de la ville, ni dans les banlieues riches. Ségrégation incompréhensible dans un pays où plus de la moitié de la population se considère comme autochtone.

D’après les données de la CEPALC, la Bolivie compte la plus forte proportion d’autochtones de la région. Plus de la moitié de la population bolivienne est d’ascendance autochtone. L’aymara et le quechua sont les deux langues autochtones les plus parlées dans le pays

Carte de l ‘ État plurinational de la Bolivie.

On dit souvent que Cochabamba est la région métisse par excellence. Les vallées cochabambinos ont été le lieu de contacts historiques entre différents groupes, ce qui a donné naissance à une dynamique régionale dans laquelle les femmes rurales jouent un rôle important mais ont une identité incertaine. Pendant des siècles, les femmes rurales ont participé à la production agricole, au commerce, à la production de chicha (boisson qui provient de l’empire Inca et est faite à base de maïs fermenté) et à d ‘ autres activités, contribuant ainsi à la survie de leurs familles et communautés dans des conditions difficiles. Cependant, leurs contributions au développement régional ne sont pas reconnues en termes d’avantages sociaux et économiques.

Les principales institutions boliviennes et cochabambines sont patriarcales. Dans les zones rurales, les femmes ont de fortes responsabilités au sein de leur foyer, les hommes étant nettement plus nombreux dans toutes les institutions juridiques, politiques, religieuses et syndicales. Dans ce pays, un certain nombre d ‘ indicateurs sociaux restent bien en deçà des moyennes régionales et des inégalités marquées subsistent entre les régions, entre les zones rurales et les zones urbaines, entre les hommes et les femmes et entre les autochtones et les non-autochtones.

Naissance d’ImillaSkate

Les Imillas patinent dans la rue de Cochabamba.
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DANY GOUTTIÈRE- Artiviste colombien, transactiviste, non-binaire

Le contexte et la lutte pour les droits de la population LGTB en Colombie

Comme en Amérique Latine, en Colombie, la population LGTB est l’objet de plusieurs violences et de vulnération de leurs droits. Certains articles affirment même qu’être trans en Colombie est une sentence de mort (DW.Historias Latinas, 2021). Pour comprendre le complexe panorama colombien en termes de violence, il faut partir du nombre moyen d’homicides depuis l’année 2011 et jusqu’à l’année 2020 : 110 par an. Cependant, dans l’année 2020, marquée par la pandémie, ce chiffre est monté à 226, le double de la moyenne. De même, les menaces verbales sont passées de 106 en 2019 à 337 en 2020, les victimes de violence policière sont passées de 109 en 2019 à 175 en 2020. Il est très difficile de déterminer les raisons qui expliquent cette augmentation de la violence car plusieurs facteurs sont à considérer. En premier lieu, les mécanismes de dénonciation ont été diversifiés de sorte que les plaintes ont augmenté.

En deuxième lieu, la hausse de violence est aussi un résultat des mesures de confinement mises en place en raison de la pandémie. Les groupes les plus affectés ont été les femmes trans et les hommes gays. Pour les trans, la forme de violence la plus exercée a été la menace ainsi que pour les hommes gays, l’homicide. Ces statistiques sont partagées par l’organisation de société civile Colombia Diversa, qui travaille autour de la lutte pour les droits de la communauté LGBT. Les formes de violence catégorisées sont les menaces, les homicides et la violence policière. Cependant, d’autres droits sont bafoués constamment. Par exemple, l’accès à la santé, á l’éducation, à un travail et un logement digne, entre autres.

Figure 1 : Types de violence. Colombia Diversa. http://www.colombia-diversa.org/p/que-hacemos.html

Bien qu’actuellement, la législation colombienne ait montré une progression considérable en termes de droits pour la population LGTB, il y a encore plusieurs barrières administratives et de discrimination sociale qui ont ralenti l’application des lois et politiques publiques. La discrimination sociale dans des espaces éducatifs et de travail poussent principalement la population trans à bouger vers des quartiers pauvres, arrêter les études et choisir des professions qui sont transsexualisées telles que le travail sexuel. Ainsi, des problématiques comme la pauvreté, la consommation et le trafic de drogues ainsi que l’accès restreint à la santé sont développées à l’intérieur de cette minorité.  Un autre élément important à considérer est la situation dans laquelle a vécu la population LGTB pendant les années de conflit en Colombie, étant reconnus en tant que victimes du conflit dans l’accord de paix avec la guérilla des FARC. (Colombia diversa, 2019)

Les progressions sur le plan législatif ont pris un certain retard dans le pays. Par exemple, en 1992 l’avocat Germán Rincón Perfetti a présenté pour la première fois une action de tutelle pour réaliser un changement de nom devant la cour constitutionnelle. C’est n’est qu’en 1998 que l’homosexualité n’a plus été une raison pour nier les droits à l’éducation grâce à l’annulation du décret qui signalait que l’homosexualité était une mauvaise conduite de la part des enseignants des écoles. Dans la même période, la cour constitutionnelle a confirmé que l’orientation sexuelle des élèves des écoles ne constituait pas une raison pour nier le droit à l’éducation. Ce n’est qu’en 2007 que le pacs pour les couples du même sexe a été approuvé, de même qu’en 2015 l’adoption d’enfants par des couples du même sexe et en 2016 le mariage égalitaire est devenu légal.

En tenant compte des violences provoquées par le long conflit armé dans le pays, en 2014 la première décision de Justice et Paix est prise, donnant à la population LGTB la condition de victimes des groupes armés. En 2016 l’accord de paix Colombien est devenu pionnier au niveau mondial grâce aux reconnaissances de la population LGTB en tant que victime du conflit armé. Finalement, en 2018 le pays a connu une politique publique LGTB au niveau national. Pour la population trans, quelques progressions arrivent en 2013 avec l’approbation de la cour constitutionnelle des procédures chirurgicales pour des modifications corporelles des personnes trans et pour la première fois, en 2018 l’assassinat d‘une femme trans a été reconnu comme un féminicide. 

Le travail artistique de Danny Gouttière

Danny Gouttière est un artiste colombien de 26 ans qui s’autodéfinie en tant qu’artiviste, transactiviste et non-binaire. Iel est né dans une municipalité proche de la ville de Medellín appelée La Ceja à Antioquia. Sa production artistique est très variée, iel est chanteur·e, peintre, dessinateur·e, écrivain·e, compositeur·e, performeur·se et mannequin. Parmi ses objectifs artistiques nous pouvons trouver la dénonciation de la violence contre les femmes et la population trans ainsi que les impacts du conflit armé sur les territoires colombiens.

Figure 2 : Danny Gouttière. https://danygouttiere.com/
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Arpilleras : la broderie comme pratique de transgression et de subversion féminine. 

En 2000, la Commission mondiale des barrages a indiqué qu’environ 80 millions de personnes étaient déplacées de force en raison de la construction de barrages. Le même rapport indique également que parmi les groupes les plus vulnérables faces aux immenses impacts causés par ces entreprises, figurent les femmes.[1] En 2010, le rapport final de la Commission d’enquête parlementaire sur les barrages, approuvé par le CDDPH – Conseil pour la défense des droits de la personne humaine, indique également que les femmes est l’un des principaux groupes qui subit les impacts de ces entreprises et conclut qu’une action plus spécifique pour ces groupes[2] devrait être prise en compte.

Motivées par le fait que les femmes sont particulièrement touchées par la construction de barrages hydroélectriques, les femmes membres du MAB – Mouvement des personnes affectées par les barrages, ont organisé la première réunion nationale des femmes affectées par les barrages en 2011, à laquelle ont participé environ 500 femmes de 16 États brésiliens, des femmes d’Argentine, du Paraguay et du Mexique. L’un des jalons de cette réunion a été la création du collectif national des femmes affectées par les barrages et le lancement d’une lettre dénonçant les violations des droits des femmes, à savoir la non-reconnaissance du travail domestique à la campagne, la perte de travail et de revenus, l’absence des femmes dans les espaces de prise de décision, la non-qualification des femmes rurales pour le travail urbain, entre autres.

Disponible sur https://cnenebio.wordpress.com/2011/06/08/encontro-nacional-das-mulheres-atingidas-por-barragens/
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« Canción sin miedo »: l’hymne à l’amour des Mexicaines

Mexique : pays du féminicide ?

Depuis les années 1990, le Mexique est tristement célèbre pour ses nombreux féminicides. Notamment à travers les cas du massacre d’Acteal en 1994 et des meurtres de femmes de Ciudad Juárez. Selon Amnesty International, plus de 1 653 cadavres ont été trouvés entre 1993 et 2008 et plus de 2 000 femmes sont considérées comme disparues dans cette ville frontière du Nord du Mexique. En 2019, selon l’INEGI (l’institut de statistiques mexicain), plus de 3800 femmes ont été tuées dans le pays, soit plus de 10 femmes assassinées par jour. Parmi elles, la justice a reconnue plus d’un millier de ces meurtres comme étant des féminicides c’est-à-dire que les enquêteurs considèrent qu’elles ont été assassinées uniquement parce qu’elles étaient des femmes. Toujours selon l’INEGI plus de 90% de ces meurtres restent impunis. Les associations et les activistes féministes mexicaines militent alors pour mettre la pression au gouvernement d’Andrés Manuel Lopez Obrador et réclament des politiques publiques efficaces afin de prévenir ces meurtres.

Le 9 février 2020 Ingrid Escamilla, 25 ans, est poignardée par son compagnon qui l’a ensuite dépecée. Les images de son corps mutilé ont été diffusées dans divers médias locaux, déclenchant une manifestation massive le 14 février et un mouvement national contre les féminicides. Le 15 février, la découverte du corps sans vie d’une fille de 7 ans, Fátima Cecilia, au sud-est de Mexico, renforce la mobilisation des féministes mexicaines. La mobilisation se développe également sur les réseaux sociaux avec les hashtags #Justiciaparatodas et #Niunamenos.

Vivir Quintana et sa « Canción sin miedo»

C’est dans ce contexte que nait l’hymne féministe désormais célèbre « Canción sin miedo» composé par Vivir Quintana à la demande de la chanteuse chilienne Mon Laferte qui l’a chanté pour la première fois au Zócalo de México, le 7 mars 2020 en commémoration de la journée internationale pour le droit des femmes. Dans une interview réalisée par Sara Caceres pour le magazine Rolling Stone, Vivir Quintana raconte son échange avec Laferte ainsi : «‘Canción sin miedo’ surge a finales de febrero. (…)Mi papá iba a subir la maleta al coche, cuando recibí un mensaje de Mon Laferte diciendo: ‘Voy a cantar el siete de marzo en el Zócalo de la Ciudad de México y creo que es un escenario padrísimo y grandísimo en donde podemos hablar del feminicidio. Que no se crea que este concierto es un festival o celebración, ya que esto no se celebra, se conmemora. Te escribo para ver si tienes una canción que hable del feminicidio’. Y le dije, ‘No tengo, pero la puedo hacer’». Le 7 mars donc, elle monte sur scène au côté de Mon Laferte et du chœur El Palomar devant une foule immense au Zócalo de México et interprète pour la première fois sa chanson.

Suite à cette prestation, la chanson a été reprise aux quatre coins du pays le 8 mars lors des grandes marches féministes. Plus de 80.000 mexicaines ont défilées ce jour-là. Et la « Canción sin miedo» a résonnée à travers tout le pays.

Le 9 mars a été déclaré « la grève des femmes ». Ce mouvement est devenu un événement historique, médiatisé sous les hashtags #UnDíaSinNosotras ou #UnDíaSinMujeres. L’objectif de cette action était de mettre en lumière l’importance des femmes dans la société mexicaine. Cette journée de grève a eu impact important : les mexicaines ont brillées par leur absence (rames de transport vide, rues quasi-désertes) et cette action a eu un impact sur l’économie nationale. La chanson de Quintana est, à cette occasion, entrée dans l’histoire, puisqu’elle était l’accompagnement officiel de chaque marche et s’inscrivait dans les tendances des réseaux sociaux, accompagnant ainsi un contenu qui a été massivement partagé.

Les paroles

Pour le magazine Rolling Stone, Quintana à accepté de revenir sur la signification des paroles de sa chanson. Sa chanson commence ainsi :

« Que tiemble el Estado, los cielos, las calles

Que tiemblen los jueces y los judiciales »

Quintana explique ici que au Mexique, les femmes qui luttent pour la reconnaissance des féminicides sont souvent criminalisées. Le peu de condamnations des coupables et le nombre de féminicides grandissant de jour en jour dans le pays est pour elle aussi lié à une défaillance du gouvernement mexicain qui devient coupable de par son laxisme envers les auteurs de féminicides. Elle soulève le fait que les femmes sont désormais dans la rue, nombreuses et fortes, et qu’elles sont là pour défendre leurs droits.

« A cada minuto, de cada semana

Nos roban amigas, nos matan hermanas »

Elle rappelle ici que les féminicides sont le quotidien des mexicaines, que ce ne sont pas des faits anecdotiques et éloignés dans le temps. Je le rappelle ici, en 2019, 10 femmes sont assassinées chaque jour au Mexique.

« Por todas las compas marchando en Reforma

Por todas las morras peleando en Sonora

Por las comandantas luchando por Chiapas

Por todas las madres buscando en Tijuana ».

L’auteure s’exprime sur ces vers ainsi : «Lo que yo quería hacer con esta canción no era robarme la lucha de nadie, porque dentro del feminismo hay muchas luchas y todas son válidas y se respetan. Quería dejar en claro que era para diferentes frentes, que la lucha era para todas».

« Sonora » fait référence à la manifestation féministe qui a eu lieu au Palais de justice le 24 février 2020, où plus de 1 500 femmes se sont rassemblées. Les autorités ont  éteint les lumières du bâtiment afin de mettre fin à la manifestation. Les manifestantes ont alors allumées leurs flash créant ce que Quintana appelle « une merveilleuse lampe humaine qui semblait briller encore plus fort. ».

Elle parle ici aussi des mères de Tijuana., ville où l’on dénombre le plus de féminicides au niveau national. Elle rend ici hommage à la douleur de ces mères endeuillées, qui bien souvent cherchent où repose le corps de leurs filles, enterrées dans des tombes clandestines.

« Y soy esta que te hará pagar las cuentas »

 Dans son interview pour Rolling Stone, Quintana explique que « ‘esta’ somos todas. Estas que salimos a marchar, tú que te atreves a hablar de estos temas, las que utilizan la música, las compañeras que utilizan sus redes sociales para hacerlo visible». L’activisme et le féminisme peuvent se faire partout, tout le temps. Et les réseaux sociaux permettent de transmettre et diffuser les informations rapidement et aux quatre coins du globe.

« Yo todo lo incendio, yo todo lo rompo »

On nous apprends en tant que femme à ne pas utiliser la violence comme arme, que cette dernière n’est pas une solution. L’auteure à mon avis développe ici l’idée que la colère face aux meurtres de ses amies, ses filles, ses sœurs est légitime et que l’envie de « tout détruire» face à ces injustices est aussi compréhensible.

Elle fini sa chanson par une référence quasi littérale à l’hymne national mexicain :

« Y retiemblen sus centros la tierra,

al sororo rugir del amor. »

(Canción sin miedo)

« y retiemble en sus centros la tierra

al sonoro rugir del cañón. »

(Hymne national mexicain)

Elle explique sa volonté de faire référence à l’hymne national mexicain ainsi :

« Terminamos con una alegoría al himno nacional que es súper bélico. Yo sigo creyendo que el movimiento feminista es una revolución amorosa, en la que no necesitamos sacar armas o asesinar a alguien para ganar un puesto en las decisiones que se toman en el país. Se nos dice que tenemos que esperar a que el pueblo decida y, bueno, nosotras somos mayoría en el pueblo».

A travers l’histoire de la création de cet hymne plusieurs idées émergent. Premièrement la musique peut servir la cause féministe et permettre la diffusion des idées féministes et des revendications des femmes à grande échelle. De nombreuses auteures-compositrices-interprètes mexicaines telles que Julieta Venegas, Natalia Lafourcade, Joy Huerta, Ximena Sariñana ou María León ont rejoint la «révolution féministe», utilisant leur musique et leurs chansons comme armes et instruments de changement. Les réseaux sociaux ont aussi participé à la diffusion de cette chanson et plus largement de son message. A l’image de la chanson «Un violador en tu camino » du collectif féministe chilien Las Tesis, cette chanson a été largement partagé à travers le monde, notamment lors des marches féministes. Le Mexique n’a malheureusement pas l’apanage des féminicides dans le monde, et les paroles de Quintana ont trouvé une résonnance auprès de nombreuses femmes en Amérique Latine mais aussi en Europe. Comme en témoigne par exemple, cette reprise de la « Canción sin miedo» réalisée à Toulouse le 25 Novembre 2020, journée internationale pour l’élimination des violence faites aux femmes.

Journal en ligne colombien « La Silla Vacia » et son onglet « Red de Mujeres » : Une indépendance journalistique nécessaire face à une supposée « idéologie de genre »

  1. Le contexte colombien

La Silla Vacia est un journal en ligne indépendant crée en 2009 par Juanita Leon. Son but était de créer un média de communication entièrement digital qui s’intéresse à la politique colombienne. Aujourd’hui le journal frôle les 400 000 abonnés, et atteint près de 1,5 millions de vues par mois et est considéré comme le premier journal politique en ligne colombien. La Colombie est un pays en proie à un conflit armé depuis les années soixante qui, à la base, implique l’armée colombienne et la guérilla révolutionnaire des FARC et a particulièrement touché les civils. De 2002 à 2010, Alvaro Uribe, conservateur de droite issu de l’oligarchie colombienne a gouverné le pays, et s’est toujours opposé à négocier avec la guérilla. C’est en 2010 que Juan Manuel Santos lui succède et met en place des négociations de paix. Le journal, créé en 2009, prospère donc dans un pays évoluant vers la voie des négociations de paix après une décennie militariste. En ce qui concerne la liberté de la presse, la Colombie est tout de même classée 130ème selon le classement établi par RSF en 2020.

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Zinebutch, Un Fanzine destiné à représenter l’identité Butch

Zine Butch / 2016 / hehozines.wordpress.com 
Le Fanzine Butch publié sur le webzine He!Ho!Zine! en 2016, donne une représentation de ce qu’est la vie d’une Butch dans le monde hétéronormé.

L’origine du terme Butch

Le terme Butch apparaît dans les années 40 aux états-Unis pour désigner les lesbiennes masculines et fait partie du duo Butch/Fem, couple lesbien dont l’une est féminine et l’autre masculine. Cet intitulé peut faire référence aux garçonnes des années 20 en France. Les Butchs permettent de rendre visibile l’identité lesbienne mais souffrent d’autant plus de discrimination et de stigmatisation. Cette discrimination se retrouve dès l’adolescence, avec les “garçons-manqués” et les style Tomboy. Jack Halberstram, professeur d’anglais et d’études de genre à l’Université de New York Columbia, étudie la notion de “Tomboyism” et de masculinité chez les femmes. 

Le “Tomboyisme” de l’anglais “Tomboyism” est souvent vu comme un signe d’indépendance et de mode vie généralement naturel chez les garçons et apprécié chez les filles si elle garde une identité de fille. Mais à l’adolescence et en grandissant, le Tomboyisme sera révoqué, souvent par la famille et l’entourage et la jeune fille devra abandonner ces “manières” et tendre à devenir une femme féminine. Halberstam montre que l’adolescence pour une fille est une période de répression et de restriction au niveau de son développement personnel. Ainsi la jeune fille devra être conforme à ce que la société attend d’elle comme devenir. Halberstam indique également qu’il est plus simple pour une jeune fille tomboy et/ou lesbienne de s’affirmer et de s’assumer dès lors qu’elle est au courant de l’existence d’une communauté lesbienne ou qu’elle a dans son entourage un exemple de femme masculine et/ou lesbienne.

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