Arts et innovations en Amérique latine

Des éditions cartoneras à la cyberculture

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Naïel Lemoine : quand la photographie trans-cende les normes

Naïel Lemoine est un photographe, écrivain, poète, militant trans/genderqueer/non binaire. Il est d’abord connu pour son travail sur et dans le milieu lesbien/gouinE telle son exposition : http://naiel.net/Dykes_cadre.htm. Depuis son positionnement de minorisé, il entremêle travaux artistiques et réflexions politiques. Il a notamment écrit et auto édité La Cissexualité, ce douloureux problème : quant les minorités viennent nommer et questionner la norme issu de l’exposition du même titre en 2013 à Marseille.

Fucking norms, fucking genders …

« Destroy gender or fucking genders pour une société non binaire » est un projet  de 2007. Il a été présenté pour la première fois en 2008 au Centre LGBTI de Paris. L’exposition est également visible via le médium internet (http://www.naiel.net/index.htm) dans la rubrique « fucking genders » http://www.naiel.net/Fucking_cadre.htm. Ces clichés photographiques dévoilent la multiplicité de corps en résistance (corps trans, corps intersexe, corps queer dont butch, etc) qui se battent contre le/s régimes qui les construisent et tendent  à prouver la fausse naturalité du système sexe/genre. Continue reading

TALLER LEÑATEROS: Collectif artistique et culturel maya

ww.tallerlenateros.com/quienes.php?ira=quienes

 

« Entre sueños nos llegan ideas y diseños. Así es con los Leñateros :

la Luna y las hijas del rayo nos regalan sueños para alumbrar el camino.

Reciclamos nuestras visiones para convertirlas en arte ;

También reproducimos los sueños de otros :

Imagénes de los códices, de los sellos de barro pre-hispánicos,

Motivos de los tejidos y de la cerámica maya. »

Taller Leñateros

Traduction en français:

 

Entre les rêves nous viennent des idées et des dessins. Ainsi est-ce avec les Leñateros :

La Lune et les filles de son rayonnement nous offrent les rêves pour éclairer le chemin :

Nous recyclons nos idées pour les convertir en art :

Nous reproduisons également les rêves des autres :

Images des codex, sceaux d’argiles pré-hispaniques,

Motifs des tissues et céramiques mayas.

Taller Leñateros [1]

Taller Leñateros est un collectif culturel mexicain, qui a été fondé en 1975 à San Cristóbal de las Casas dans l’état du Chiapas, par la poète Ámbar Past. C’est un des premiers collectifs à s’ouvrir aux personnes d’origines indigènes dans la région. Ses principaux adhérents étant des tzotziles et tzeltales résidant dans le quartier de Cuxtitali. Pour réaliser leurs travaux, les membres du collectif utilisent les savoir-faire, traditions et coutumes ancestrales de la culture maya, comme par exemple : l’élaboration des pigments naturels faits à base de plantes, des travaux de reliure, gravure sur bois et xylographie. Ils utilisent également des techniques modernes inventées par eux même et qu’eux seuls maîtrisent, telles que ; l’elotegrafía, la chanclagrafía, la petalografía et la chayotegrafía, ces idées sont basées à partir d’objets du quotidien et présents la nature : elote : maïs, chancla : sandale, pétalo : pétale et chayote : légume du Mexique.

Le but de ces méthodes est de mettre en avant la conscience écologique, une des valeurs principales de ce collectif, en utilisant des matériaux recyclés, comme des déchets agricoles et industriels. Le projet est né avec l’objectif de promouvoir la créativité artistique de groupes minoritaires et de diffuser les valeurs culturelles autochtones et populaires. De plus, ils cherchent à préserver la culture maya a travers la tradition orale.

Ils participent ensemble à la prise de décision, aux propositions des idées innovantes pour le projet en cours ou à venir: Ainsi, ils peuvent tous bénéficier tant individuellement que collectivement du développement de ce projet. [2]

 

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Micaela Távara y las mujeres peruanas: vaginas, polleras y disparidad

¿Te acuerdas cuando…?

 Te acuerdas cuando los golpes militares eran una constante, la inestabilidad económica ahogaba a la sociedad peruana, el miedo a ser víctima del terrorismo robaba el sueño a tantas personas y lo indígena no era una buena imagen para el país.

Ilustración 1: »El Perú después de 15 años de violencia (1980-1995) » – Rodrigues Montoya Rojas

“[…]porque mis enemigos me persiguen,
halconcito.
Escapé a escondidas
halconcito. […] »

 

Pero ¿acaso solo es un recuerdo?, ¿hemos superado aquella época todos? La artivista Micaela Távara pone sobre la mesa una serie de temas que nos lleva a repensar y cuestionar nuestro presente, nos hace preguntarnos ¿todos los peruanos vivimos la maravillosa coyuntura?

Ilustración 2: Micaela Távara Arroyo (en el centro)

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Monica Mayer : l’artivisme collaboratif au service de l’émancipation féminine

Sous le titre “Si tiene dudas… Pregunte” (si vous avez des doutes… Demandez), l’artiste mexicaine Monica Mayer nous présente son exposition “rétro-collective” qui lui a été consacrée au Musée Universitaire d’Art Contemporain de Mexico en 2016. Au travers de cette exposition, Monica mêle l’art et la lutte contre le harcèlement sexuel. L’artiste insiste sur le fait qu’elle conçoit l’exposition comme un moyen, et non une fin en soi. En d’autres termes, elle envisage l’exposition comme un acte politique, un moyen d’action permettant de faire naître un processus de changement social.

Afin d’étendre la temporalité de cette exposition, l’artiste a regroupé son travail au sein d’un blog, qui fait partie intégrante de l’exposition :

http://pregunte.pintomiraya.com/index.php

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Mamá Dolores Cartonera, une alternative à Querétaro pour les auteurs locaux

Image de couverture du compte Facebook de Mamá Dolores Cartonera

A Querétaro, ville patrimoniale qui mise sur la culture et les arts pour son dynamisme et sa renommée, une maison d’édition cartonera ne pouvait manquer. Surfant sur la vague de création d’éditions cartoneras qui débute en 2008 au Mexique avec La Cartonera, Cuernavaca, Diana Diego et Elizabeth Acosta fondent Mamá Dolores Cartonera (MDC) en 2010. Une pluie d’idées et le nom de Mamá Dolores est choisi pour la sensation maternelle qu’il dégage.

En effet, “Qui n’aimerait pas que sa maman lui dise : je publie ton livre.” confie Diana Diego dans un article de 2012 pour le journal l’Universal Querétaro [1].

Et pour donner plus de corps et de mots à cette figure, les fondatrices invitent des auteurs régionaux à imaginer cette Mama et envoyer leurs textes, recueillis dans ¡Queremos tanto a Mamá Lolita!, premier ouvrage du groupe éditorial publié en 2012.
Les deux jeunes femmes se connaissent lors d’un atelier de création littéraire [2] dispensé par le poète José Manuel Velasco à l’antenne queretana de l’Université Technologique de Monterrey. Continue reading

Sesenta y ocho voces, Sesenta y ocho corazones : une initiative de revalorisation de la culture indigène

 

Illustration de 68 voces

Au Mexique, les populations autochtones représentent environ 12, 4 millions de personnes, soit près de 13 % de la population totale du pays. À l’instar de leurs origines, les langues autochtones sont multiples, regroupant un ensemble de 68 langues différentes, dont découlent 368 variantes répertoriées dans 11 familles linguistiques. Mais si aujourd’hui cette multiculturalité ne fait aucun doute, plus de la moitié des langues autochtones sont pourtant menacées de s’éteindre, en état d’extinction accélérée.

C’est donc dans un souci de visibilisation et de revalorisation de la culture indigène au Mexique que Gabriela Badillo proposa en 2013 l’initiative Sesenta y ocho voces, Sesenta y ocho corazones. Son projet, basé sur une série de mini contes, reprend en vidéo certains mythes et traditions orales provenant de diverses cultures indigènes, narrés dans leur langue originale et sous-titrés en espagnol. L’objectif recherché de ces contes est alors de :

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Sarita Cartonera, « ma foi au-delà de ma propre foi »

La maison d’édition alternative péruvienne Sarita Cartonera, propose des ateliers et programmes très particuliers qui touchent aux secteurs plus jeunes pour les sensibiliser et les approcher  à la culture, à l’art,  à l’écologie et à la littérature. Sarita Cartonera travaille avec les institutions publiques qui lui permettent une meilleure visibilité et un financement économique pour atteindre un but en commun : la démocratisation de la littérature et de la culture. Continue reading

Le graff, entre histoire et controverse

Cette vidéo parle de MAL CREW (El Movimiento Artistico Libre), un collectif de Bogota de huit artistes graffeurs créé en 2009. Les œuvres sont spécifiques de part leur grandeur, on parle d’illustrations murales. Ce collectif souhaite intégrer des messages dans ces graffs, alliant un parfait mélange entre le sens des illustrations explicites ou évocatrices et des problématiques politiques et sociales, aussi bien passées que présentes.

Le graff est leur moyen pour intégrer la mémoire de l’histoire (fait historique) dans l’espace public.

« Nous utilisons le passé pour préparer le futur » – MAL Crew

En effet, l’espace public est un lieu où le sens de la controverse d’un graff peut agir comme un révélateur de la situation sociale du pays. Leurs graffs sont tournés autour de la corruption du système politique, mais aussi autour d’autres thèmes tels que l’écologie ou les cultures ethniques.

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Yiyi Jambo: pour un portunhol salvagem

Première maison d’édition cartonera du Paraguay

Yiyi Jambo est une coopérative d’édition alternative paraguayenne qui s’insère dans le mouvement des maisons d’édition cartoneras impulsé par Eloisa cartonera en 2003 à Buenos Aires, Argentine.

Page Facebook officielle de Yiyi Jambo Cartonera. Posté le 29/06/11.

La maison d’édition paraguayenne a été créée en 2007 à la capitale Asunción, et fait partie de la première génération de cartoneras née à la suite d’Eloisa cartonera, aux côtés de six autres éditoriales latinoaméricaines : Animita, Dulcinéia, Sarita, Mandrágora, Yerba Mala, et Matapalo. Elle est également la première maison d’édition cartoneras du Paraguay.

Deux hommes sont à l’origine de cette initiative: Douglas Diegues, poète et peintre paraguayo-brésilien et Cristino Bogado, poète paraguayen. Il s’agit de deux figures de la scène littéraire et artistique paraguayenne, également reconnus au Brésil et en Argentine. Dans la réalisation de leur projet, ils ont été aidé par Javier Barilaro, un membre d’Eloisa cartonera.

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CIENEGUITA CARTONERA L’engagement collectif au service des mots

« Somos mujeres comunes con responsabilidades excepcionales »

« Nous sommes des femmes normales avec des responsabilités exceptionnelles »

En juin 2011 à Las Heras, le projet Cieneguita Cartonera voit le jour à l’initiative d’un groupe de femmes (Gabi, Rosi, Patricia, Raquel, Stella, Silvia, Nancy, Raquel, María, Fabiana, Lucy, Andrea et Adriana) inspiré par le mouvement cartonero déjà largement présent dans le paysage latino-américain. Cette maison d’édition alternative autogérée se donne pour but de proposer de nouvelles formes de communication au travers de la publication de livres artisanaux au contenu engagé socialement. Le local de la maison d’édition se transforme donc en centre culturel qui voit fleurir de nombreux projets sociaux, culturels et politiques au travers d’une expérience collaborative.

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