Arts et innovations en Amérique latine

Médias contre-hégémoniques et représentations audio-visuelles

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Urban Art Mapping : le street art contre les violences policières

Page d’accueil du site Urban Art Mapping

Urban Art Mapping est un site internet visant à répertorier et cartographier les œuvres de street art issues des évènements autour du meurtre de George Floyd par un policier en Mai 2020. Ce site provient du travail d’un groupe de chercheurs et d’étudiants multidisciplinaire de l’Université de Saint Paul, ville jumelle de Minneapolis. Ce collectif cherche à documenter et analyser les œuvres des artistes et militants rattachés au mouvement Black Lives Matter. Urban Art Mapping veille à prendre en compte une grande diversité de productions de la plus petite à la plus grande : stickers, tag, graffiti, peintures murales, installations.

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The Forum, un magazine en ligne au service d’un mouvement activiste aux Etats-Unis.

L’utilisation d’un magazine en ligne pour couvrir les angles morts des grands médias publics. The Forum, une plateforme qui donne voix aux discours engagés sur les problématiques sociales et raciales qui se joue en ce moment aux Etats-Unis.

L’African American Policy Forum (AAPF) est un groupe de réflexion (‘Think Tank’) et d’actions engagé fondé en 1998 par Kimberly Crenshaw – professeure de droit et des droits civils, et Luke Charles Harris – professeur de sciences politiques spécialiste de la Théorie Critique de la Race. Depuis son apparition il y a 25 ans, l’objectif du collectif est de mettre en avant les voix et les idées de personnes engagés dans le mouvement de justice sociale aux Etats-Unis. Leur message principal tourne autour des problèmes d’injustices sociaux et raciaux, et la perpétuation des idéologies raciste et discriminatoires dans la société Nord-américaine. Pour se faire, le forum AAPF recours à l’ouverture d’un dialogue intersectionnel autour du racisme, du genre et des inégalités sociales à travers plusieurs supports médiatiques, artistiques et littéraires. Ces différentes formes de mobilisation permettent, comme le montre leurs actions sociales portées aux fils des années, d’être un acteur d’un mouvement vers une Amérique démocratique, juste et égalitaire.

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Martes Verde : La poésie en action

Le recueil de poésie Marea Verde est diffusé sur la plateforme du média La Primera Piedra. Les différents poèmes qui composent l’anthologie peuvent être entendus comme une forme de militantisme politique. Ces écrits sont donc venus alimenter le débat sur l’avortement. Il n’est donc pas étonnant de retrouver ce genre de production artistique sur des plateformes médiatiques alternatives, tel que la Primera Piedra.

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Empress in Lavender Media : visibilisation des récits des communautés sexo-dissidentes

Le média Empress in Lavender : passer de l’alternatif au mainstream ? 

Empress in Lavender est un média très récent créé en 2019. Plus qu’un site web, c’est une société de production qui a pour objectif premier de faire connaître aux médias grand public les récits des cinéastes, artistes queer, transgenres et travailleur.ses du sexe à travers des productions filmiques. L’ambition première de ce média est donc de vouloir apporter une visibilité aux récits des communautés sexo-dissidentes au-delà de la sphère intracommunautaire. Actuellement, il y a peu de productions disponibles puisque les projets filmiques sont très chronophages. Cependant, d’autres projets sont en cours de réalisation et verront le jour prochainement.

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Dans le corps de subRosa

subRosa est un collectif de chercheuses et chercheurs qui travaillent sur l’art, l’activisme et le politique. Il est fondé en 1998, à Pittsburg, au début de la deuxième vague féministe, par les artistes cyberféministes : Faith Wilding, Mariá Fernandez, Hyla Willis  et Michelle M.Wright. Dans leur manifeste, Rosa fait référence aux femmes féministes qui ont lutté dans différents domaines tels que les sciences (Rosalind Franklin), la politique (Rosa Luxemburg), l’activisme (Rosa Parks) et l’art (Rosa Bonheur). Ce collectif produit des performances artistiques, des manifestations, des publications autour des questionnements que soulèvent les nouvelles technologies sur le corps des femmes. De ce fait, il regroupe les domaines des pionnières dont le groupe s’inspire. Il s’agit d’une critique de la rencontre entre les biotechnologies et le corps des femmes et de l’impact que cela a sur leur corps, leur travail et leur vie. 

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The Phantom Mariachi

Visibilité et invisibilité des minorités urbaines étasuniennes, telle est la réflexion à laquelle invite « The Phantom Mariachi », du performeur Guillermo Gomez Peña. 

Source : https://docs.google.com/document/d/1mGrhzw8aAu0l0y_cyPCOMdhvOJxsA08Z_z9bcCfaBh4/edit. Photo du Phantom Mariachi

Né en 1955 dans la ville de Mexico City, Guillermo Gomez Peña étudie la linguistique et la littérature latino-américaine à l’Université Autonome Nationale de Mexico, puis il poursuit ses études en 1978 à l’Institut d’Art de Californie, où il obtient un master. De 1983 à 1990, il vit à la frontière mexicano-étasunienne entre les villes de San Diego et Tijuana. Son parcours universitaire et ses origines qui l’inscrivent dans la communauté chicana (nom donné aux mexicains vivants aux États-Unis) construisent ses œuvres, dans lesquelles il convoque les thèmes de la frontière mexicano-étasunienne, et des barrières sociales fortement présentes dans la société étasunienne. 

De même, ses performances se distinguent par leur caractère provocateur dont le but est de sensibiliser son public sur les problématiques politiques, et sociales qui touchent les populations minoritaires aux États-Unis : la diaspora mexicaine, les autres minorités racialisés et les minorités queers. 

L’ensemble de ces éléments invite donc Guillermo Gomez Peña à mettre en scène avec Balitronica Gomez de 2015 à 2020 « The Phantom Mariachi ». Cette performance est le fruit de la troupe de performeurs artistique de la Pocha Nostra (crée en 1993, à Los Angeles), qui utilise l’art pour dénoncer et rompre les modèles sociaux instaurés par une politique hétéronormative, xénophobe, raciste, et homophobe pour laquelle Gómez Peña assura la direction artistique et participa à la production internationale de la troupe. 

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Sangre de mi sangre – Colectiva HILOS

“Acción artística participativa contra los feminicidios y las desapariciones en Jalisco y México (Desde 2019)”

Colectiva Hilos, página web

Vista aérea de ‘Sangre de mi sangre’, una obra coordinada por el Colectivo Hilos en Ciudad de México. MÓNICA GONZÁLEZ ISLAS. Fuente : https://elpais.com/mexico/2022-12-12/una-mancha-de-sangre-tejida-en-el-angel-de-la-independencia-se-alza-contra-la-violencia.html 

En la actualidad, se puede decir que México se posiciona como un país pionero en su región en términos de prevención y protección ante la violencia machista ya que cuenta con una gran cantidad de leyes de protección frente a las violencias patriarcales. La Ley General de Acceso de las mujeres a una Vida Libre de Violencia (LGAMVLV) desde el año 2007 reconoce las violencias hacia las mujeres como una problemática social que debe ser atendida. Sin embargo, no es una exageración también decir que hoy en día en México existe un contexto más que preocupante en lo que concierne la violencia patriarcal. Las cifras hablan por sí mismas: aproximadamente 10 mujeres son asesinadas al día según el informe del Secretariado Ejecutivo del Sistema Nacional de Seguridad Pública de 2021. Por otra parte, el Instituto Nacional de Estadística y Geografía indica que el 70.1% de las mujeres de 15 años y más han sido víctimas de violencia patriarcal bien sea física, psicológica, sexual, verbal, patrimonial,… (INEGI, 2021). Frente a esta situación, hay una multitud de acciones feministas militantes que surgen en México. Bien sean en formas de manifestaciones más directas como las movilizaciones ciudadanas o como acciones artivistas. De este último tipo de acciones vamos a hablar a lo largo de este artículo, concentrándonos en la acción artivista de la Colectiva HILOS. 

HILOS, Ni una menos, ni una sola, 2021

HILOS empieza sus acciones a partir de 2018, en Jalisco, siendo una de las entidades federativas con más prevalencia a la violencia machista (71.9%) según la encuesta del INEGI, también se posiciona como el segundo estado con mayor número de desapariciones, según la revista en línea Zona Docs, que calcula a más de 9.000 personas desaparecidas en marzo 2020. En su página web, HILOS se identifica como una “colectiva interdisciplinaria reunida a partir del interés común en la denuncia social y el cuestionamiento de estructuras tanto artísticas como políticas a través de soportes textiles”. Esta colectiva está formada por mujeres de diferentes sectores laborales, sociales y académicos, lo que demuestra que a pesar de su pluridisciplinariedad se unen en esta acción colectiva textil, a veces muy alejada de sus profesiones pero unidas por la causa feminista. En un manifiesto también accesible en su página web, entendemos todos los aspectos del arte comprometido del colectivo.

Primero que todo, se posicionan como una “colectiva artística feminista” estos tres términos representan en sí tres reivindicaciones importantes. Por una parte el término “colectiva” implica un grupo de personas con un objetivo conjunto, lo que supone lo que podemos determinar como la primera etapa de sus acciones, que por medio de la convocación en espacios públicos o privados realizan encuentros al que cualquier individuo de cualquier género, edad, origen puede unirse a sus acciones. Por otra parte, el hecho de reconocer sus acciones como artísticas plantean el hecho de que el producto final supone ser una obra artística y que utilizan el arte como mediador para hacer pasar un mensaje, su obra artística es principalmente con el tejido aunque no se concentran únicamente en este tipo de acciones como lo demuestra la exposición Levadura. Por último, identificarse con la causa feminista supone como objetivo la voluntad de construir una sociedad igualitaria, incluyente y hacer frente al sistema patriarcal, para llegar a este objetivo es importante el hecho de hacer acciones públicas militantes, es por esto que el espacio público es fundamental en sus acciones, sobre este aspecto la colectiva explica que la “realización de diversas intervenciones sobre monumentos emblemáticos en distintas ciudades y la participación en marchas de protesta y reivindicación” es importante para el mensaje social que defienden. 

YouTube – Sangre de mi sangre: Instalación que simboliza la sangre derramada por los feminicidios en Jalisco – ZonaDocs, 5 de marzo de 2020.

“Sangre de mi sangre” representa hoy en día la acción más importante y perenne de HILOS. Iniciada en Jalisco, mediante una convocatoria todos los domingos desde el 29 de diciembre de 2019 se dio como punto de encuentro el Parque Rojo en Guadalajara, para tejer colectivamente con hilos rojos provenientes de una donación hecha a HILOS. Sus redes sociales fueron esenciales para llevar a cabo estas convocatorias ya que fue mediante a ellas que hicieron el llamado a traves de Facebook e Instagram (abajo la primera convocatoria en Instagram). 

Instagram @colectivohilos – 14 de diciembre de 2019

De esta manera, todos los domingos siguientes se llevó a cabo públicamente el tejido colectivo con el fin de conformar inmensas mantas rojas tejidas que fueron luego instaladas el 7 de marzo de 2020 a los pies del monumento a la Madre Patria de la Plaza de la República.

Sobre lo que podríamos denominar como simbología en esta acción encontramos varios aspectos. El color rojo representa la sangre derramada por las violencias patriarcales pero sobre todo por los feminicidios no solamente en México sino también en el mundo. El acto de tejer significa, según la colectiva “ una metáfora de cómo se construye y transforma el cuerpo social.” No es trivial el hecho de escoger la acción de tejer, varios son los trabajos que implican la importancia de la reapropiación de la costura, el bordado y el tejido en las luchas feministas. En el trabajo de tesis de Alejandra Jiménez Rincón “Devenir mujer(es) en el hacer textil: confeccionando una genealogía feminista” (2021), Rincón implica que así la base de la costura en general esté asociada a la sumisión y a la pulcritud, respondiendo a lo que ella denomina como “ideal de feminidad”, es importante también entender que la costura permite también un pensamiento introspectivo de precisión y que no por ser repetitivo signifique que sea automático ya que es necesaria cierta adaptación según el tipo de textil y el equipo utilizado para llevar a cabo el trabajo. Este trabajo históricamente reservado a las mujeres es reutilizado en la obra « Sangre de mi sangre » retomando igualmente la importancia de transmisión que solía implicar esta profesión. Asimismo, la transmisión del arte del tejido es fácilmente accesible en la página web de la colectiva en el vínculo « Participa », en este encontramos variados videos de tutoriales sobre las técnicas de tejido, donde explican principalmente la realización de la cadena, que sólo necesita del hilo y los dedos para llevarse a cabo.

Colectiva HILOS, página web

Por último, es fundamental recalcar la importancia de esta acción artística desde su perspectiva más activista. Es evidente que no supone una casualidad el hecho de que la primera instalación de la obra se haya llevado a cabo en 7 de marzo de 2020, un día antes del Día Internacional por la lucha de los derechos de las mujeres. En esta ocasión luego de instalar las mantas en el monumento de a la Madre Patria, se leyó el manifiesto antes citado, el todo acompañado de un recital musical de Isabel Malacara. Al finalizar, con el tejido se llevó a cabo « una peregrinación que marchó desde dicha locación hasta la Glorieta de las y los desaparecidxs, donde el tejido volvió a extenderse sobre el suelo y se abrió un espacio de escucha y compartición entre familiares de víctimas de desaparición, el resto de asistentes y las integrantes de la Colectiva Hilos ». La acción de HILOS, fue rápidamente reconocida y a partir del mismo año 2020 se corrió la voz de la iniciativa, que se fue multiplicando por todo México, llegando en 2022 a la capital del país instalándose en la emblemática plaza del Ángel de la Independencia. Entre las ciudades donde podemos encontrar esta acción colectiva en 2023 está igualmente Chihuahua, Zacatecas, Querétaro e internacionalmente Santiago de Chile se unió a esta iniciativa, la cual, podemos estar segurxs que seguirá creciendo y conquistando nuevas ciudades en México y el en mundo.

Daniela ROJAS SARABIA

Bibliografia

JIMÉNEZ RINCÓN, Alejandra, Devenir mujer(es) en el hacer textil: confeccionando una genealogía feminista, Bogotá, Colombia: Universidad Nacional de Colombia, 2021.

PEREZ-BUSTOS Tania, MARQUEZ GUTIERREZ Sara, « Aprendiendo a bordar: Reflexiones desde el campo sobre el oficio de bordar y de investigar », Horizontes Antropológicos, 44(21), p. 279–308, 2015.

GARNICA Dolores, « Trama. Colectiva Hilos », Magis, Edición 486, marzo – abril de 2022.

Chicas poderosas, le photojournalisme au service des voix dissidentes en Argentine

Comment le photojournalisme devient-il de l’activisme artistique ? A travers la défense des groupes minoritaires, le photojournalisme rend visible et permet l’empowerment de ceux que l’on passe sous silence.

Chicas Poderosas, représentation et égalité

Créé en 2013 par la portugaise Mariana Santos, le collectif Chicas Poderosas s’est construit afin de lutter pour une meilleure représentation des femmes et des personnes LGBT dans le domaine journalistique. La sur-représentation des auteurs masculins dans les médias amène un agenda éditorial très limité, qui exclut la voix des femmes et en général les voix dissidentes dans le débat politique. Les postes de leader leurs sont très souvent réservés, ce qui entraîne une forme de répétition des inégalités vis-à-vis du genre. Le collectif Chicas Poderosas lutte ainsi pour réduire l’écart lié au genre dans les organes de décision des médias et plus généralement du domaine journalistique. Il promeut de ce fait le leadership féminin et l’égalité des genres. Présent dans 16 pays d’Amérique latine, Chicas Poderosas estime représenter plus de 10 000 femmes dans ce processus de revendication égalitaire.

Pour ce faire, le collectif met en place des actions concrètes permettant l’expression et la production journalistique des femmes désireuses d’êtres entendus. Cela passe par des ateliers de partage, des enquêtes transfrontalières mais aussi des cours en ligne visant le partage de connaissances. Ce réseau d’échange permet ainsi l’empowerment professionnel via la création et l’acquisition de compétences journalistiques.

Territorios y Resistencias, une enquête à la rencontre des voix oubliées en Argentine

Menée dans les 5 grandes régions de l’Argentine (la Patagonie, la région Cuyo, la région centre, le nord-est et le nord-ouest), cette enquête fédérale s’attache à montrer l’impact du changement climatique sur la vie des femmes, les personnes LGBT et les communautés indigènes. Développée via le site Chicas Poderosas Argentina, cette enquête regroupe un bon nombre de femmes journalistes et photographes mobilisées pour aller à la rencontre des populations invisibilisées. Se battre contre l’indifférence que rencontrent ces personnes c’est se battre contre cet hégémonisme argentin qui considère l’homme blanc descendant d’européen comme étant le symbole inébranlable de la nation. Le but de cette enquête est aussi de décentrer l’attention qui est portée de façon constante vers la capitale argentine, Buenos Aires, au détriment des territoires de l’intérieur et du sud du pays.

La lutte des peuples indigènes pour la conservation de leurs terres

L’un de ces témoignages concerne la région de Santiago del Estero, qui se situe dans le nord-ouest du pays, à mi chemin entre la ville de Salta et de Cordoba. Originellement peuplé par des indigènes, cette région rurale de l’Argentine connaît des conditions climatiques assez rudes en été, avec des températures avoisinant quotidiennement les 40 degrés. La journaliste Marcela Alejandra Arce et la photographe Florencia Navarro sont allées à la rencontre d’Angélica Serrano, une femme indigène appartenant au peuple tonokoté Yaku Muchuna et habitante de la région de Santiago del Estero.

Clichés pris par la photographe Florencia Navarro lors de l’enquête effectuée dans la région de Santiago del Estero – Capture d’écran de la page Instagram de la photographe.

A travers une narration puissante et évocatrice, et une série de photographies, l’enquête nous emmène à découvrir le quotidien d’Angélica Serrano et sa lutte contre la déforestation et le mépris des grands investisseurs agricoles. En effet, cette région concentre de grandes plantations de soja, et est victime de déforestation dans le but d’accroître de façon expansive les plantations. Le combat de cette femme réside dans la reconnaissance des droits des populations indigènes et notamment vis-à-vis du droit à la terre. En rasant les forêts primaires qui se trouvent sur des territoires indigènes, les entreprises agricoles détruisent le patrimoine de ces peuples et renforcent ce rapport de force qui a longtemps été en place en Argentine. Historiquement, le pays a mené à la fin de XIXème siècle une politique de blanchiment et de « dé-indianisation » de la population dans le but de créer une nation blanche, à l’effigie de la population européenne. Si ces politiques sont bien révolues, elles ont laissé des traces et notamment vis-à-vis des rapports de domination dont les indigènes sont toujours victimes. En témoignant sur cette situation, Angélica Serrano souhaite changer cette image de victimisation qui est apposée aux peuples indigènes argentins et ainsi récupérer le contrôle sur celle-ci. Cette lutte s’affiche comme ayant un double objectif, une restitution et un respect des droits pour des populations longtemps subordonnées mais aussi un combat pour une meilleure considération à l’égard des peuples indigènes. La citation de cette femme à la fin de l’article résume parfaitement son combat :

“Queremos tener un lugar en esta sociedad y que se nos tome en cuenta. Que sepan que existimos, que tenemos una cultura y derechos también. Que no tenemos que andar con plumas o con las vestimentas que nuestros antepasados solían usar para ser identificados. Somos los indios de hoy. Somos aborígenes de hoy”.

Porter les voix à travers l’art

Grâce à ces rencontres et à ces investigations sur tout le territoire argentin, le média Chicas Poderosas met en lumière la diversité des acteurs activistes mais également des femmes productrices de contenus journalistiques. Les séries de photographies réalisées par les différentes photographes ont ainsi fait l’objet d’exposition dans les différentes régions d’Argentine, accompagnées d’extraits et de note rédigées par les journalistes liées aux enquêtes. A travers ces expositions nationales, le média en ligne Chicas Poderosas ainsi que les pages Instagram des journalistes et photographes exposent les productions artistiques qui donnent la voix à une partie de la population qui n’est souvent pas ou peu considérée. Cette mise en lumière permet l’expression de combats et de sujets de sociétés, sous un prisme bienveillant de visibilisation et non de victimisation comme beaucoup de médias hégémoniques peuvent parfois le faire.

Bibliographie :

Sabine Kradolfer, «Les autochtones invisibles ou comment l’Argentine s’est « blanchie »», Amérique Latine Histoire et Mémoire. Les Cahiers ALHIM, 16 | 2008

Un article explicatif du projet Territorios y resistencias : https://www.chicaspoderosas.org/programas/chicas-poderosas-argentina-publica-la-investigacion-federal-territorios-y-resistencias/

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