Des éditions cartoneras à la cyberculture

Catégorie : Cyberculture (Page 2 of 3)

LUTTE ANTI-PATRIARCALE EN BOLIVIE :“MUJERES CREANDO” ET FÉMINISME COMUNAUTAIRE

La désobéissance, la résistance et l´anarchisme sont les caractéristiques, révolutionnaires pour l´époque et le milieu social, où naissait le collectif « Mujeres Creando » : la Bolivie des années 90. Cette société aux traits patriarcaux, racistes, classicistes et conservateurs avait mené Maria Galindo et Julieta Paredes à former ce mouvement féministe, artistique et politique

Ces «agitatrices de la rue » comme elles s´auto-dénomment, d´origine aymara, ouvertement lesbiennes se faisaient connaître par leurs écrits contestataires, autant par leur contenu que par leur support, les graffiti sur les murs de la ville de la Paz Continue reading

Des couleurs qui crient égalité : dessiner la diversité, effacer la discrimination

« No soy tu chiste » de Daniel Arzola

Il y a des mots qui blessent, des mots qui censurent, des mots qui répriment. Ce sont ces discours quotidiens de violence que le jeune dessinateur Daniel Arzola essaie de combattre à travers l’art. Né et ayant grandi au Venezuela, Arzola a lui-même été victime de discrimination dans son pays. Mais il a aussi, comme nous tous, été témoin d’une discrimination et d’une violence constante contre les communautés LGBTQI+ partout dans le monde. En 2013, cette réalité va le pousser à créer sur son blog une campagne qu’il appellera « No soy tu chiste » (« Je ne suis pas une blague ») et qui sera sur les réseaux sociaux tels que Instagram, Tumblr, Facebook et Twitter.

« No soy tu chiste » est une série de 35 dessins graphiques qui cherchent à faire comprendre que l’orientation sexuelle ne devrait pas être une source de moquerie et surtout qu’une personne exprimant sa sexualité comme il ou elle le veut n’est pas un objet d’amusement. En termes de discours, ce qui dénote dans l’œuvre d’Arzola est qu’il ne prétend pas montrer que nous sommes tous pareils, mais plutôt que nous sommes tous différents mais que nous sommes censés être traités tous comme des égaux, car la diversité fait tout simplement partie de la nature humaine. Continue reading

Feminopraxis, le féminisme en pratique.

Le blog Feminopraxis : origine de la création du blog

Nous avons choisi de présenter un blog féministe mexicain nommé Feminopraxis

De son nom complet ; Feminopraxis: Mujeres Accionando Feminismos, ce blog se caractérise comme une revue féministe consciente en ligne, critique, libre et auto-gérée. Il est créé à l’initiative de quatre femmes mexicaines féministes, intéressées par les courants radicaux du mouvement féministe. En 2016, Jael de la Luz, Eliza Tabares, Pamela Erin Mason et Lídice Villanueva se rencontrent lors d’un colloque. A cette occasion, les quatre autrices présentent leurs écrits et partagent leurs idées féministes. Pour inviter à une réflexion plus forte sur la lutte pour les droits de la femme, toutes les quatre affirment utiliser cet espace pour divulguer de nouvelles manières de penser. Elles annoncent vouloir apporter les outils nécessaires à la prise de pouvoir d’un collectif féministe, autonome et en constante recréation. A la suite de ce colloque, les quatre activistes échangent bon nombre de messages par le biais des réseaux sociaux et par vidéoconférences. De cette nouvelle relation, elles décident de créer Feminopraxis.

http://videopress.com/v/NdeawjM3

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Des poupées Barbie pour dénoncer le machisme en Argentine ?

Escrito en las canciones” est une exposition réalisée par des élèves de Cuarto año de secundaria (ce qui correspond en France à la Seconde) d’un lycée de Tigre, dans la périphérie de Buenos Aires, en Argentine. Ces lycéens, à travers un exercice donné par leur professeure Carolina de la Fuente dans le cadre du programme d’Educación Sexual Integral, ont mis en scène la violence de genre, le machisme et la misogynie présente dans des chansons latino-américaines populaires avec l’aide de poupées Barbie.

  • Le programme d’Educación Sexual Integral

Le programme d’Educación Sexual Integral (ESI) a vu le jour en Argentine en 2006, par le biais de la loi 26.150 d’Educación de la Nación. Le Ministerio de Educación de la Nación a donc pris la décision de créer un programme avec des actions effectives pour promouvoir la réflexion autour du rôle de l’enseignant dans le cadre de l’école comme garant de certains droits, en soulignant particulièrement le droit à l’éducation sexuelle  et en proposant des outils concrets pour développer des activités pédagogiques.

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L’ébranlement urbain du collectif Fuerza Artística de Choque Comunicativo

« En la acción somos compañeros, en la inacción somos cómplices »

Le collectif argentin Fuerza Artística de Choque Comunicativo (Force Artistique de Choc Communicatif) a été créé pour dénoncer de manière frontale les violations des droits de l’Homme dans leur pays. Ils s’expriment principalement par le biais d’interventions et de performances dans des espaces publics argentins, devant des édifices du gouvernement national et lors de manifestations populaires.

Ce groupe a choisi de mettre son corps en action – souvent de manière angoissante et violente – afin de l’utiliser comme un moyen de revendication et de contestation. La performance a vu le jour dans les années 70, dans ce courant artistique l’œuvre peut-être présentée seul ou à plusieurs, accompagnée de son, d’images ou même d’objets. Le collectif F.A.C.C utilise ici la performance afin de militer, dans une perspective artiviste. L’artivisme désigne l’utilisation de l’art pour des questions d’ordres politiques : revendications, mobilisations ou défense des droits.

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Zapatos Rojos – Des Cendrillons qui ne reviendront pas

     Dans les pas de ces femmes…

Une centaine de paires de chaussures rouges qui envahissent l’espace public, voici l’exposition d’art public proposée par Elina Chauvet depuis une dizaine d’années pour sensibiliser à la violence de genre et au féminicide.

Elina Chauvet par Luis Brito

      L’art – illerie d’Elina Chauvet

Originaire de Ciudad Juarez (Mexique), alors étudiante en architecture, sa sœur décède sous les coups de son mari. Il ne sera jamais inculpé. Inconsolable, elle se réfugie dans l’art, essayant de trouver un moyen d’exprimer sa souffrance. Elle engage son art pour défendre la Femme et toucher l’opinion publique.

« Zapatos Rojos parte del amor y se despliega en la colectividad social…»

Elina Chauvet

Zapatos Rojos, part de l’amour et se déploie au sein de la collectivité sociale

D’inspiration surréaliste, l’exposition Zapatos Rojos née en 2009, dans sa ville natale de Ciudad Juarez. Dans une structure sociale machiste où la discrimination à l’égard des femmes est quotidienne, on assiste à une banalisation et à une normalisation de la violence de genre. À tel point que personne ne prête plus attention à l’amoncellement d’avis de disparition placardés dans les rues.

L’œuvre s’impose dans le quotidien, sur une place ou dans un parc. Par choix ou lors de déplacements, on se retrouve confronté à la réalité : on est impacté visuellement, heurté mentalement.

Le travail d’Elina Chauvet a la particularité d’aller à la rencontre des gens, sans distinction de sexe, âge, niveau de vie, nationalité… Sans un mot, chacun peut être touché.

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Mariana Eva Perez et la récupération de la mémoire des disparus d’Argentine

 

Mariana Eva Perez – Autrice du blog Diario de una princesa montonera

En Argentine, le 24 mars 1976, un coup d’état mené par le général Rafael Jorge Videla a lieu, il a pour conséquence l’arrivée au pouvoir de la Junte Militaire. S’ensuivent sept années de dictature militaire aussi appelées proceso de reorganizacion nacional, ou guerra sucia. L’objectif du régime politique du général Videla est de revoir toutes les bases du pays. Pour ce faire une politique de répression des subversifs est mise en place. Cette répression se traduit par la création de centres clandestins de détention ou de camps de concentration et d’extermination. C’est ainsi que trente mille personnes ont disparu entre 1976 et 1983, dans ces nombreux disparus sont compris des personnes de tous âges : nourrissons, enfants, adultes… Ces enfants sont maintenant appelés les « disparus vivants » puisqu’ils ont aujourd’hui une trentaine d’années et vivent mais sous une fausse identité qui leur a été attribuée à leur naissance. De plus, ils ont été élevés par un couple n’étant pas leurs parents biologiques, qui sont appelés los apropiadores puisqu’ils se sont appropriés un enfant qui n’était pas le leur. L’autrice du blog Diario de una princesa montonera, Mariana Eva Pérez fait partie de ces « disparus vivants ». Continue reading

Teresa Serrano ou l’exploration performative du machisme mexicain

Portrait de Teresa Serrano

Le Mexique actuel c’est un pays de violence envers les femmes. Une violence banalisée, normalisée dans une culture patriarcale face à un État mexicain inefficace, qui n’accomplit pas son devoir pour garantir la sécurité de ses habitantes et la justice.

Le Mexique actuel c’est aussi le pays du féminicide. Ce phénomène qui connaît son paroxysme à Ciudad Juarez, est présent à échelle nationale. En 2016, 2746 femmes furent portées disparues et cette pandémie ne cesse d’augmenter.

C’est dans ce Mexique-là que va surgir une expression artistique des plus riches et des plus virulentes très majoritairement portée par des femmes. Teresa Serrano fait partie de ces artistes. Femme aux arts multiples, elle va, en particulier, développer la vidéo-performance pour montrer les réalités sociales de la femme mexicaine.

Comment la vidéo peut-elle devenir un outil féministe qui permet de transgresser et de transmettre une réalité sociale ?

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« Nous nous voulons fortes »

Traduction de la description postée par l’autrice :

«Cette chanson naît de la colère, de la douleur, de l’angoisse parce qu’ils sont en train de nous tuer. Elle naît de là mais elle grandit avec la confiance et l’espoir de la rencontre, nous sommes beaucoup à dire le même discours, si nous sommes ensemble et accompagnées, le monde peut changer. Cette vidéo nous l’avons faites à Cabana, Córdoba, en Argentine. Elle est de toute et pour toute. Merci !»

Traduction de la chanson « Nos queremos fuertes » de Cecilia Griffa :

« Le corps me fait mal

Pour toutes celles qui manquent

La colère me met hors de moi

La rage m’étouffe à l’intérieur

Je ne veux plus me taire

Même si le silence veut s’imposer

Effrayée et triste, ça arrange le patriarcat

Arrêtez de nous tuer, nous ne sommes pas des objets

Nos corps ne vous appartiennent pas

Pour eux inférieures, je ressens leur mépris

Pour eux, nous avons un prix

On nous qualifie de putes, de sorcières, d’hystériques

On nous viole

On nous accuse

On veut nous faire, on veut nous faire fermer nos gueules Continue reading

Cristhian Hova, de la violence domestique aux stérilisations forcées sous le régime d’Alberto Fujimori

Un crayon pour dessiner la réalité.

De nombreux artistes ont pris position au sujet des violences faites aux femmes et cela en utilisant différents supports. Certains par la musique, d’autres par le théâtre, des documentaires ou encore quelques uns ont sorti leurs crayons et ont utilisé leurs talents mais toujours afin de rallier le même objectif : dénoncer ces violences en les montrant au monde. C’est le cas de Cristhian Hova, dessinateur Péruvien. 

Ce dernier a décidé d’utiliser son Art pour lutter contre un phénomène toujours plus ancré dans nos sociétés. Cette ancrage a bien souvent relégué ces crimes au rang de fait divers. Pourtant loin d’être des actes isolés, Il sont révélateurs d’une violence systémique et il est temps de dire ¡ Ya Basta !

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